Glee
Oui, je sais ce que vous allez dire. J'étais comme vous. Pour moi,
Glee c'était une sorte d'
High School Musical - un truc de collégienne niaise en mal de guimauve. Comme quoi hein, quand on sait pas, on ferait mieux de fermer sa gueule.
Heureusement, grâce à un ami, j'ai pu découvrir la première saison de cette série. Et vous savez quoi ? C'est juste de la balle atomique.
Glee nous narre comment, dans un lycée paumé de l'Ohio, un professeur d'espagnol essaie de recréer le Glee Club, la chorale de l'école. Avec les élèves parmi les plus
losers du bahut, il va tant bien que mal y parvenir et attirer enfin le feu des projecteurs. Ce simple résumé ne suffit bien sûr pas à rendre compte de toute la richesse de la série qui aborde de nbx thèmes sans avoir l'air d'y toucher.
Mais déjà et avant tout :
Glee, c'est drôle. Non, c'est hilarant. Entre une galerie de personnages absolument énormes (je défie quiconque de ne pas devenir fan de Sue Sylvester), un humour par l'absurde récurrent (des
flash-backs explicatifs qui partent dans un WTF total - on est pas loin d'une version
live des
Griffin) et des répliques qui te cueillent sans que tu t'y attendes ("
Sinon, tu savais que les dauphins, c'est juste des requins gay ?" - Britanny) : on pleure régulièrement de rire, d'autant que la série n'hésite jamais à être cruelle et politiquement incorrect.
Ensuite,
Glee c'est intelligent. Sans doute la série sur l'adolescence la plus juste du moment - ce n'est pas pour rien que Joss Whedon s'est invité le temps d'un épisode à la réalisation. Et qui, de fait, aborde sans ambages des sujets plutôt difficile : le rejet, la perte des repères, l'ignorance totale dans laquelle les jeunes Américains sont laissés qt à l'éducation sexuelle, le désespoir de finir sa vie où on l'a commencée, le racisme & l'homophobie, la course à la performance qui en oublie les valeurs humaines, la déshérence du système scolaire US, la ségrégation sociale, l'aliénation de la société consumériste, etc. Je n'invente rien : tout y est, et souvent bien frontalement. Il n'est pas rare qu'entre deux tranches de rire, vous vous retrouviez face à une scène particulièrement dure, tendue et poignante (l'émotion est souvent au rendez-vous).
Et enfin,
Glee c'est techniquement parfait. Car oui, n'oublions pas que la série est toute entière un hommage à la comédie musicale. Et là on est gâté : les numéros chantés et dansés sont excellents de bout en bout, avec des morceaux toujours en lien avec le thème de l'épisode en cours. La performance de ces acteurs est assez ahurissante, on imagine le travail qu'il y a derrière et on ne peut qu'être admiratif.
Donc voilà, si comme moi vous êtes pétris de préjugés, un conseil : passez outre !
Glee, c'est une bouffée de bonheur intelligente et spectaculaire, la série qui vous fout la banane pour la journée. L'essayer, c'est l'adopter.