[Films] Cinéma, dvd, diffusion télé cuvée 2007

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Ben
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Message par Ben » 11 sept. 2007, 16:52

Soshi Yabu a écrit :Faites vous plaisir avec Sicko de Michael Moore. Grosse charge envers le système de santé américain.
Tellement grosse, que je me demande comment y'a pas de pétition pour l'expulser du pays.

Ce n'est pas un documentaire, attention. Michael Moore est de parti pris. C'est un film militant.

Mais il est vraiment très instructif.
Comme tu dis c'est un pamphlet politique, pas un documentaire

J'ai bien aimé mais le portrait idyllique de la France m'a un peu saoulé. C'est trés archétypale et stéréotypé.

Au final, ça ne m'a fais aimer que moyennement ce film. J'avais l'impression que ce film était biaisé depuis le début.


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Ding On
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Message par Ding On » 11 sept. 2007, 17:59

J'ai bien aimé mais le portrait idyllique de la France m'a un peu saoulé. C'est trés archétypale et stéréotypé.
Pas tant que cela en fait.
Hitler, qui était beaucoup plus petit que Mannerheim (Mannerheim mesurait plus de 1,90 m), portait des talonnettes et avait demandé à ses photographes de trouver un angle favorable pour la photo officielle.

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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 12 sept. 2007, 10:10

Moore a expliqué ses choix et donc le biais de sélection du ménage français. Je l'ai vu à la tv il y a peu mais je ne me souviens plus trop où...

Et si je n'ai pas encore vu le film je ne crois pas pour autant que Moore ait eu à bcp travestir la réalité pour servir son propos... Le système français (actuel...) est quand même à des années lumières du système américain.

Sinon, j'ai choppé ça aussi sur le sden :
Armé d’un fil et d’une aiguille, Rick, un jeune chômeur, referme lui-même la plaie longue et profonde qui parcout son genoux : « je n’ai pas les moyens de me payer de véritables soins. » Le plan suivant nous montre Adam, la cinquantaine passée, penché sur la scie électrique qui lui a récemment emporté deux doigts. Un accident domestique comme il s’en produit souvent. Mais lorsqu’il est arrivé à l’hôpital, ses deux bouts de doigt en poche, on lui a sorti les tarifs : 12 000 dollars pour lui recoller l’annulaire, et 60 000 pour le majeur. Adam n’a pu se payer que l’intervention à 12 000 dollars.

Dans quel pays du Tiers-monde ces images ont-elles été tournées ? Aux Etats-Unis d’Amérique, la première puissance économique au monde. On a tous entendu dire que le système de santé américain était très inégalitaire. Mais le dernier film de Michael Moore, Sicko, permet de prendre la mesure de la catastrophe. C’est également un puissant plaidoyer contre ce système de santé rongé par des mutuelles privées uniquement préoccupées par leurs marges de profit.

Comme Adam et Rick, 50 millions d’Américains n’ont pas d’assurance maladie. On estime que 18 000 d’entre eux en meurent, chaque année. « Mais ce n’est pas le sujet du film », explique Michael Moore. Le sujet du film, c’est l’enfer auquel sont confrontés de très nombreux Américains qui ont une mutuelle, lorsque par malheur ils tombent malades. Car le fait d’avoir souscrit une telle assurance n’est pas une garantie que vos soins seront payés. Les mutuelles privées n’ont tout simplement pas intérêt à vous rembourser : il y va de leurs bénéfices. Le remboursement d’un soin est une « perte » ; le refus de le rembourser, un « gain » : ainsi s’exprime-t-on, dans les hautes sphères de ces entreprises qui spéculent sur la santé de millions de travailleurs américains.

Fidèle à sa méthode, Michael Moore recueille toute une série de témoignages poignants qui se complètent pour former une seule et même dénonciation. Par exemple, une mère explique comment son enfant, victime d’un malaise soudain, est mort parce que sa mutuelle refusait qu’il soit reçu aux urgences les plus proches de son domicile.

Dans le bâtiment des urgences, des médecins étaient là qui auraient pu sauver l’enfant. Mais au téléphone, les ordres de sa mutuelle étaient formels : nous ne payeront pas les soins s’ils sont effectués ici. Dès lors, rien à faire : « circulez ». Ulcérée, la mère protestait, insistait, s’acharnait. Mais rien n’y fit. Le temps de se rendre dans le « bon » hôpital, l’enfant s’était éteint.

Sicko rapporte un certain nombre d’histoires dramatiques du même ordre, souvent très émouvantes. La mort n’est pas la seule option : les plus chanceux s’en sortiront avec d’énormes dettes, ou encore d’insupportables souffrances physiques ou psychiques. Au fur et à mesure que le film relate ces vies brisées sur l’autel du profit, on comprend qu’il ne s’agit pas de « faits divers » ou d’exceptions, mais de tragédies fréquentes, conséquences inévitables d’un véritable système.

Ce système, Moore montre aussi ceux qui en profitent : les grands patrons de l’industrie de la santé et les politiciens à leur solde (dans tous les sens du terme). Les bénéfices records, la corruption, les doubles discours : Moore intercale tout cela, sous formes d’images d’archives, entre les différents témoignages. Le contraste est poignant entre, d’un côté, cette caste de millionnaires pétrie de cynisme qui s’arroge le droit de vie ou de mort – et, de l’autre, ces familles dignes, courageuses, mais pauvres, qui racontent leur drame. Au passage, Moore – déjà la bête noire de Bush et des Républicains – discrédite les politiciens démocrates, et notamment Hillary Clinton, dont il dévoile la vénalité et la soumission complète aux intérêts de la classe dirigeante américaine.

Mais les témoignages les plus impressionnants sont peut-être ceux des anciens employés des grandes mutuelles privées, qui ont démissionné pour ne plus se sentir complices. Une ancienne secrétaire raconte, en larmes, qu’elle savait d’un coup d’œil si un dossier de candidature allait être rejeté par ses chefs. Car il faut postuler pour souscrire une assurance privée : celle-ci ne va pas prendre le risque de couvrir quelqu’un dont le passé médical augmente la probabilité qu’il soit malade ! Telle est la complète absurdité de l’affaire. Mais comme le disait Shakespeare, « il y a de la méthode dans cette folie ». Un médecin aillant quitté l’une de ces entreprises explique que son travail consistait à débusquer des vices de procédure, dans les dossiers des assurés, pour éviter d’avoir à payer leurs soins. Un autre raconte qu’il était généreusement augmenté chaque fois qu’il parvenait à réduire le nombre de remboursements. Or plus le mal est grave, plus les soins sont chers, et plus les enjeux financiers, pour la compagnie, sont importants. Ainsi, la course au profit entre en conflit direct avec la santé publique.

Une fois ce constat établi, Michael Moore entreprend un périple dans trois pays – le Canada, la Grande-Bretagne et la France – où il discute avec la population, les médecins et les employés des hôpitaux. L’objectif de Moore est de créer un contraste frappant entre les systèmes de santé de ces pays et celui des Etats-Unis. Ce faisant, Moore force le trait. Les travailleurs français, canadiens et britanniques ne partageront pas son enthousiasme pour leurs systèmes de santé respectifs, que leurs classes dirigeantes, d’ailleurs, ne cessent d’attaquer. Mais Moore ne fait pas dans le détail, pour ainsi dire, et ce jeu de contrastes lui donne une occasion de déployer son excellent humour. Pour finir, il amène un groupe d’Américains malades à Cuba, où ils se verront accorder gratuitement – comme c’est le cas pour tous les Cubains – les soins de qualité qui leur étaient refusés aux Etats-Unis.

Ce film a eu un énorme impact, outre-Atlantique, où il a suscité, chez des milliers de personnes, la volonté de s’organiser et de lutter pour le droit de tout citoyen américain à une véritable assurance maladie. Des réunions publiques ont eu lieu ; des comités de lutte se sont constitués. C’est un symptôme de la grande fermentation sociale à l’oeuvre, dans ce pays.

En France, également, nul doute que le film sera un succès. Il comprend d’ailleurs un avertissement pour la classe ouvrière française. La droite et le MEDEF rêvent de démanteler la sécurité sociale et d’ouvrir davantage le secteur de la santé aux mutuelles privées. Lors de la présentation de Sicko, à Cannes, Michael Moore nous a prévenus : « ne laissez pas Sarkozy s’inspirer de notre système ». Les jeunes et les travailleurs qui n’en seraient pas encore convaincus ont tout intérêt à aller voir ce film.
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"Les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée. Trop de citoyens veulent la civilisation au rabais" - Henry Morgenthau, remettant son rapport sur l'utilisation abusive des paradis fiscaux par les contribuables au président Roosevelt en 1937.

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Message par Ding On » 12 sept. 2007, 10:16

Le système français (actuel...) est quand même à des années lumières du système américain.
L'un est premier à l'OMS, l'autre est 37ème.
Hitler, qui était beaucoup plus petit que Mannerheim (Mannerheim mesurait plus de 1,90 m), portait des talonnettes et avait demandé à ses photographes de trouver un angle favorable pour la photo officielle.

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Message par Kakita Inigin » 12 sept. 2007, 11:54

Car le fait d’avoir souscrit une telle assurance n’est pas une garantie que vos soins seront payés. Les mutuelles privées n’ont tout simplement pas intérêt à vous rembourser : il y va de leurs bénéfices. Le remboursement d’un soin est une « perte » ; le refus de le rembourser, un « gain » : ainsi s’exprime-t-on, dans les hautes sphères de ces entreprises qui spéculent sur la santé de millions de travailleurs américains.
:fou: Bien, nous savons à quoi nous attendre avec la privatisation de la sécu ...
Mais une mutuelle, normalement, c'est mutualiste non ? :chepa:
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Message par Ding On » 12 sept. 2007, 12:02

Oui c'est un abus de langage, y a que des assurances privées aux USA.
Hitler, qui était beaucoup plus petit que Mannerheim (Mannerheim mesurait plus de 1,90 m), portait des talonnettes et avait demandé à ses photographes de trouver un angle favorable pour la photo officielle.

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Message par Ben » 12 sept. 2007, 12:09

bizarre mon couple ne ressemble à celui qui est présenté !!!!

vous gagnez tous ça !!!!

hé bin oui je susi devenu pauvre alors


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Message par Ding On » 12 sept. 2007, 12:48

Le couple français présenté a les mêmes revenus que le couple US qui ouvre le film (celui ayant du revendre sa maison et vivre chez ses enfants à cause des opérations du coeur du mari). Le but n'était pas de présenter un "couple moyen" mais de fournir une comparaison : aux USA même un ménage aisé peut faire faillite à cause du système de santé, en France c'est exclus.
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Message par Toshi » 13 sept. 2007, 04:22

espérons que ça fasse réflechir les français qui critiquent la sécu ... et que ça les fassent aussi réflechir quand les politiques commencent à y toucher ... :chepa:

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Message par Ben » 13 sept. 2007, 06:21

euhhhhhhhh

il faut faire évoluer la sécu, il n'y a pas photo et tout le monde et d'accord la dessus. On ne peux pas rester comme ça.

Par contre faire évoluer ne veux pas dire la dégrader.


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Message par Toshi » 13 sept. 2007, 07:41

oui pardons, par commencer à y toucher j'entendais bien sûr de se la jouer "à l'américaine" ... :jap:

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Message par Ding On » 13 sept. 2007, 08:40

Commençons déjà par demander les milliards d'€ d'impayés que l'Etat et qques grosses boites doivent à la Sécu et on verra si ça comble pas une bonne partie du trou.
La Sécu telle qu'elle ait pourrait très bien marcher si tout le monde jouait le jeu. Des économistes ont calculé qu'avec un taux de chomage de 7%, la Sécu serait à l'équilibre. Si on ajoute à ça diverses réformes (concernant les génériques, etc.) et le fermage de clapet du lobby pharmaco, autant dire que le système serait parfaitement viable.
Mais bon, je rêve un peu là. Certains préfèreront tjs voir crever des gens plutôt que de gagner qques millions de mois par an.
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Message par Pénombre » 13 sept. 2007, 08:43

Ben a écrit :euhhhhhhhh

il faut faire évoluer la sécu, il n'y a pas photo et tout le monde et d'accord la dessus. On ne peux pas rester comme ça.

Par contre faire évoluer ne veux pas dire la dégrader.


BEn
a ce sujet :
La Cour des comptes reproche aux stock-options de plomber la "Sécu" - PARIS (AFP) - 12/09/07 17:52

Les exonérations de cotisations sociales des stock-options ont fait perdre 3 milliards d'euros de recettes à la Sécurité sociale, dont la santé financière reste globalement "fragile", déplore la Cour des comptes dans son rapport annuel publié mercredi.

L'ensemble des mécanismes d'intéressement (stock-options, indemnités de départ, chèques vacances, indemnités de transport), souvent exonérés de cotisations sociales, ont représenté une perte de recettes pour le régime général de la "Sécu" (salariés) comprise entre 6 et 8,3 milliards d'euros en 2005, pour un déficit qui s'élevait cette année-là à 11,6 milliards d'euros.

Le premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, a donné l'exemple de l'exonération de la plus-value d'acquisition des stock-options, ces actions achetées par les cadres d'une entreprise à un prix fixé d'avance, souvent très inférieur au cours de Bourse réel.

Les 8,5 milliards d'euros de stock-options distribués en 2005, qui, selon M. Séguin, constituent "bien un revenu lié au travail, donc normalement taxable", ont ainsi entraîné une "perte de recette aux alentours de 3 milliards d'euros".

"Les 100 premiers bénéficiaires devraient toucher chacun une plus-value de plus de 500.000 euros et les 50 premiers de plus de 10 millions d'euros", a-t-il expliqué. "Rien que pour chacun de ces cinquante-là, les cotisations manquantes s'élèvent à plus de 3 millions d'euros" par bénéficiaire, a ajouté M. Séguin.

"On a parlé de moralisation de ces formules, voilà une piste toute trouvée", a-t-il jugé.

Les indemnités de départ à la retraite ou de licenciement sont elles aussi exonérées de cotisations, "ce qui correspond à une perte de plus de 4 milliards d'euros", a souligné M. Séguin. Quant aux "salaires affectés" (repas, chèques vacances, frais de transport) et avantages octroyés par les comités d'entreprises, ils auraient représenté en 2005 un manque à gagner de 2,5 milliards d'euros.

La Cour estime que le principe de ces dispositifs devrait être la "neutralité" financière pour la Sécurité sociale, dont l'amélioration de la situation reste "fragile et partielle" et nécessite "des réformes structurelles", relève la Cour.

Les magistrats appellent à une "vigilance inquiète" devant l'ampleur du déficit qui s'élevait encore à 8 milliards d'euros l'an dernier, en dépit d'une conjoncture économique plus favorable, et qui selon eux, ne devrait pas être comblé en 2009, comme l'espère le gouvernement.

La Cour relève notamment les dépenses de médicaments, qui ne sont "pas gérées avec le professionnalisme nécessaire" et font peser une charge croissante sur l'hôpital public.

Les médecins libéraux, dont le taux de progression des revenus est "bien plus favorable" depuis 2000 que pour l'ensemble des salariés du public et du privé, sont eux aussi montrés du doigt.

Les chirurgiens pratiquent ainsi des dépassements d'honoraires dans 80% des cas pour des montants parfois "trois à quatre fois supérieurs" au tarif remboursable, ce qui "met en cause le principe de l'égalité d'accès aux soins".


De même, la Cour recommande l'instauration "d'incitations négatives à l'installation" des praticiens dans les zones géographiques déjà bien dotées, comme les grandes villes ou le Sud de la France.

L'Etat est lui aussi mis en cause pour les dettes, supérieures à 10 milliards d'euros, qu'il a cumulées à l'égard de la "Sécu" en ne compensant pas systématiquement les exonérations de charges.
morale de l'histoire : si on encadrait davantage la médecine libérale et sa participation fiscale au système social, si l'état jouait son rôle au lieu de réduire ses "déficits" en se sabordant chaque année un peu plus (et en faisant de la ristourne réflexe aux copains du MEDEF) et si on considérait vraiment les stock options comme des revenus taxables, on irait à contrecourant de la tendance observée depuis des années, qui fait porter le peu d'économies réalisées par les usagers eux-mêmes alors qu'ils ne sont pas et n'ont jamais été la principale source des déficits.

ça ne veut pas dire renoncer aux génériques, au contraire. Mais ça serait bien que ça soit pas toujours les mêmes qui passent à la caisse. Notamment avec les euros non remboursés à chaque consultation par exemple...

maintenant, quitte à jouer le coup de la litote, je me permets de rappeler que depuis plus de 15 ans, les principaux acteurs privés du système de santé, à commencer par AXA, rongent leur frein en attendant une libéralisation sauce américaine de notre système. Pour ces gens là, nos déficits ne sont visiblement pas un obstacle insurmontable mais par rapport à quelles perspectives de services aux usagers ?

on en finit plus avec les mesures qui à chaque fois font porter sur le portefeuille de l'usager ou du contribuable quelques centaines de millions d'euro récupérés péniblement. Entre le carnet de santé que personne ne te demande jamais nulle part, les cartes VITALE avec photo et les déremboursements forfaitaires de consultations, on court avec beaucoup d'effort après quelques miettes de fraude potentielle (la part de la fraude est estimée à moins de 2% du déficit global de la sécu, même en voyant extrèmement large...) alors qu'on continue à laisser des milliards s'envoler sans rien faire.

ce qui veut dire qu'on n'a pas l'intention de régler ce problème. Mais par contre, on habitue les gens à payer de plus en plus cher un service de moins en moins performant. Comme ça, quand on sera passé à un fonctionnement "rentable" comme celui des USA, tout le monde aura pris le pli...

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Message par Doji Satori » 13 sept. 2007, 09:10

Ben a écrit :Comme tu dis c'est un pamphlet politique, pas un documentaire

J'ai bien aimé mais le portrait idyllique de la France m'a un peu saoulé. C'est trés archétypale et stéréotypé.

Au final, ça ne m'a fais aimer que moyennement ce film. J'avais l'impression que ce film était biaisé depuis le début.

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Je n'ai pas vu le film Ben mais je dois dire que le résumé qu'en donne Köjiro par le sden correspond assez bien à ma vision du système de soins américain.

J'ai une cousine médecin (française) qui travaille à l'OMS à Washingtown et ses propos s'inscrivent dans ce résumé. Cela fait quelques années, qu'elle me parle d'articles du washingtown post parlant d'Américains qui sont contraints de vendre leur maison pour se payer des soins médicaux.

Ma cousine bénéficie d'une bonne mutuelle (à l'OMS ils sont plutôt privilégiés ...) et pourtant elle fait tous ses soins médicaux (dentaire etc ...) quand elle revient en France ...

Le prix qu'elle paie en France correspond à peu près à la franchise de sa mutuelle qu'elle aurait aux States. Elle ne se préoccupe pas donc du remboursement de ses soins français.
Et les soins étant de meilleurs qualité en France (c'est un médecin qui le dit) elle n'hésite pas une seconde.

La sécurité sociale française coûte cher à la société mais elle est égalitaire pour tous, elle ne laisse personne sur le coté de la route.
Aller vers une privatisation des remboursements de soins médicaux est nécéssairement une accentuation des inégalités sur le droit à la santé.

Je pense Pénombre que les solutions que tu proposes ne changerait pas fondamentalement le problème. Quel que soit les solutions envisagées, on se heurte toujours au problème d'un seuil de prélèvements obligatioires que l'on peut difficilement augmenter dans le contexte économique actuel.

Si l'on veut effectivement préserver le système de remboursement actuel c'est par les économies que l'on peut y parvenir, pas nécessairement sur la santé mais sur d'autres dépenses publiques (parce que le cloisement Etat - sécu est illusoire).
Aussi, cela passe quand même par une contribution, un coût pour l'utilisateur en ayant les moyens car un système remboursant à 100 % entraine nécessairement des abus.

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Pénombre
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Message par Pénombre » 13 sept. 2007, 09:54

Satori, je n'ai jamais dit que ce que je proposais résoudrait le problème, j'ai dit simplement que ça irait à contrecourant de la tendance que nous connaissons. Qui sous couvert d'économies amène à payer plus pour une prestation qui se dégrade et dans une finalité qui est de toute manière de mettre à bas le système.

Je n'ai jamais évoqué un hypothétique système ou il n'y aurait pas de coùt pour l'utilisateur. Je trouve simplement anormal que ce soit ce même utilisateur qui soit sollicité systématiquement pour combler des déficits dont une bonne part ne relève justement pas de l'usage que lui fait du système.

quand on veut gérer un budget, on a que deux manières d'éviter les déficits : contrôler les recettes et contrôler les dépenses.

on a déjà des pistes intéressantes avec les génériques et le non-remboursement de certains médicaments (encore que là ça demande à être affiné). On oublie aussi qu'il y a un tas de choses qui même sur ordonnance ne sont pas remboursées et ce depuis longtemps.

on a un secteur de médecine conventionné, avec des tarifs contrôlés.

il me semble que pour le contrôle des dépenses, on a déjà des trucs en place et pas des moindres....

après, le coup du parcours de santé qui t'amènes à consulter deux fois au lieu d'une (médecin référant puis spécialiste), ça peut empécher 3 abus et générer 7 doublons à côté, ça reste statistiquement un non sens contreproductif.

maintenant, parlons recettes. Je vais pas ressortir ce que j'évoquais dans le post précédent mais en résumant, c'est là qu'on continue à pécher parce que la solution miracle en termes de recettes est toujours de les faire porter sur l'usager. Il est normal que l'usager soit impliqué, je n'ai jamais dit le contraire. Mais quid des autres sources évoquées plus haut ?

à défaut de solutionner le problème, de telles orientations pourraient au moins à mon sens éviter de multiplier des mesures à la con qui génèrent presque autant de coùts qu'elles prétendent en résorber et font de toute manière toujours peser ces coùts sur l'usager.

j'ai pas parlé de miracle, j'ai parlé d'orientations et je pense que nous sommes d'accord pour dire que celles que nous connaissons et vivons depuis quelques années déjà ne sauverons certainement pas le système.

Verrouillé