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par matsu aiko » 15 janv. 2007, 22:19
Voilà ce que j'avais compilé sur le sujet à partir des divers commentaires de la voix, et qui m'a servi de base pour écrire "Les Noces". Accessoirement, je suis toujours intéressée par un feedback sur le récit (merci Ichi-san !)
La notion de femme bushi est très présente en Rokugan mais malheureusement, celle de mariage se calque trop sur des infos concernant le japon
tout ça pour dire que le mariage nippon "classique" si tant est que l'appelation soit valable, mariage repris comme modèle de base à rokugan, délimite clairement les prérogatives et obligations des deux époux et ne laisse guère d'occasions à la femme de sortir de son rôle de maitresse du foyer familial, comptable de la maison, gérante et mère
maintenant, de fait et quel que soit le clan concerné, il était dit dans LRA 1ère édition que mêmes les femmes samurai les plus modestes disposaient d'un certain temps libre. De fait, à l'image des "marchands" Ide ou Daidoji par exemple qui sont bien plus des financiers et des directeurs ou des maitres de caravane que des boutiquiers ou des maneuvres, les femmes samurai sont bien plus des gestionnaires que des ménagères. Un foyer de samurai même très modeste dispose d'au moins un heimin à son service à temps partiel et l'épouse veille surtout à dépenser l'argent familial au mieux, ce qui lui laisse un temps libre considérable
la plupart des épouses passent ce temps libre à lire des "romans d'oreiller", à faire de la calligraphie, composer des poèmes et autres trucs du genre mais qui sont je pense considérées comme relevant à rokugan de la sphère privée (ce qui explique que l'empire ne soit pas noyé sous les vers de plusieurs centaines de milliers d'épouses amatrices de poésie par exemple...). Dans l'absolu, rien n'empèche une femme de poursuivre un certain nombre d'activités antérieures à son mariage y compris de s'entrainer à l'épée par exemple... ça sera pas forcément bien vu dans sa nouvelle famille par contre...
accessoirement, le mariage ne dispense pas une femme-magistrat de ses devoirs à moins que le Champion d'Emeraude ne décide de l'en décharger...
En me basant sur le Japon ancien (periodes Kamakura), je supposerai que le mariage Rokugani classique (sans amour et avec la femme qui rejoint la famille de son mari) se fait avec les voeux suivants :
le mari jure de :
- protéger, de nourrir épouse et enfants
l'épouse de :
- porter et éduquer les enfants de son mari (même s'ils ne sont pas d'elle)
- ne pas être jalouse
- respecter et honorer les ancêtres de sa nouvelle famille
- obeir à sa nouvelle belle-mère
bref, pas de traces de virginité, de fidélite, ni d'un coté ni de l'autre
si c'est le mari qui rejoint une famille (cas des Matsu et Otaku) c'est lui qui devra respecter ses nouveaux ancêtres, le reste ne change pas
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La femme peut répudier l'homme pour plusieurs cas ;
- Ce dernier est incapable de subvenir aux besoins de sa famille.
- Son comportement est indigne et/ou déshonorant
- Cas politique aussi (plus rare et dans des familles vraiment importantes)
rituel du mariage
Une dame d'honneur au costume et à la coiffure élaborés,..guida la jeune femme, par sa main poudrée de blanc, jusque dans une petite pièce, séparée par des paravents du lieu du banquet, où le marié attendait tout seul.
La mariée était vêtue, à la manière traditionnelle, d'un manteau à traîne, en soie d'un blanc éclatant, porté sur un kimono de crèpe blanc, et d'un voile blanc drapé sur sa tête et son visage : rien d'elle n'était visible, lorsqu'elle se mit à genoux et s'inclina profondément devant Motokiyo (son futur époux) et Tamana (sa future belle-mère), sinon ses doigts éffilés comme des glaçons.
La dame d'honneur enleva soigneusement le voile de la tête de la mariée afin que celle-ci pût boire le vin de riz parfumé dans un bol de laque rouge, à petites gorgées, trois-trois-et-trois, avec son époux, moment crucial d'engagement de la cérémonie du mariage.
... Tandis que le couple échangeait le bol rouge de saké avec une détermination cérémonieuse, les yeux de Motokiyo croisèrent uen fois ceux de Yukina...
Ayant quitté ses vêtements blancs rituels pour un ensemble de robes somptueusement colorées, la mariée fut conduite dans la salle de banquet...
Extrait de "Femmes et Samouraï" de Hidéko Fukumoto et Cathérine Pigeaire aux éditions "Des Femmes"
Chapitre "Le Japon et la douceur, à propos de poésie et de fiançailles :
"Ainsi, lorsque, selon la coutume, un père vient demander à un jeune homme de devenir son gendre, et que cette proposition est acceptée, le jeune homme doit se rendre chez sa future épouse, un soir, pour lui présenter sa demande officielle en mariage sous la forme d'un waka (court poème allusif est souvent utilisé dans la vie quotidienne pour transmettre des messages avec élégance) La jeune femme doit y répondre dans les mêmes règles : c'est ce que l'on appèle "la cérémonie d'échange des poèmes". De même le lendemain de la nuit de noces, le mari, rentré chez lui, envoie un messager chez sa jeune épouse, porteur d'un billet exprimant sa satisfaction, et lui faisant la promesse de revenir le soir même.
Voici un exemple d'un waka échangé entre un jeune époux de seize ans et sa jeune épouse de douze :
Rien n'est plus vite arrivé
que ce matin.
Il a fait jour trop tôt.
J'ai hâte que vienne le soir
et que tombe la nuit.
Les jours de printemps
si doux, avec le soleil vert
décroissent très lentement.
(D'interprétation, la jeune femme feint ici de résister à son époux).
Chapitre "Deux femmes de lettres"
"A cette époque, tout nouveau couple doit se conformer à un ensemble de rites destinés à intégrer les époux dans leurs belles-familles respectives. Ces démarches accomplies, la famille de la femme devient toute puissante, c'est elle qui veille au respect du rituel qui jalonnera la vie du couple, les premières années en particulier, tant que dure l'éducation des enfants.
La nuit de l'échange des waka, l'homme se rend chez sa fiancée accompagné d'un cortège conduit par un porteur de flambeau. A l'arrivée de l'escorte chez la jeune fille, un membre mâle de sa famille attend le fiancé, une bougie à la main. La fiancée paraît alors et elle enflamme la bougie au flambeau et en allume le four de la maison, qui brûlera pendant trois jours ininterrompus. Trois nuits de suite, l'un des parents de la mariée (sa mère en général) dort en serrant sur son sein les chuassures de son gendre, lui liant ainsi symboliquement les jambes pour l'empêcher de se rendre chez d'autres femmes.
Dans la chambre à coucher, lorsque le jeune époux à rejoint son épouse et qu'il est allongé à ses côtés, la mère vient les couvrir de l'édredon conjugal. Ce n'est que lorsque le mari s'est rendu, au vu et su de l'entourage, chez sa femme pendant trois nuits consécutives qu'il prend officiellement place dans sa belle-famille.
Il est alors présenté à tous les membres de la maisonnée. C'est d'ailleurs la famille de la femme qui subvient aux besoins du couple ce qui lui donne le droit d'exercer une influence constante et un pesant droit de regard.
En contrepartie, elle s'acquite des obligations financières et offre au jeun époux une garde-robe complète.
Le comportement du gendre fait alors l'obejet d'une étroite surveillance, son premier devoir étant "de rendre visite" à son épouse régulièrement. S'il manque à ce premier devoir, il peut être questionné, réprimandé, voire répudié.
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matsu aiko le 16 janv. 2007, 13:02, modifié 1 fois.