Kyorou a écrit :Je suis assez d'accord avec Kaze (cf mon post précédent, en fait). Je ne parierais pas un rat mort sur la nature humaine (j'ai tendance à extrapoler à partir de ce que je connais, c'est-à-dire moi). Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas moyen de rendre le monde plus cool, si ça amuse quelqu'un. OK, allez-y, mais la grande prise de conscience collective qui fera changer les élites d'attitude, j'y crois autant qu'à la résurrection de l'autre charpentier reconverti.
Si tu vois quelque part dans l'échange d'aujourd'hui quelqu'un qui ait dit avoir le moindre espoir envers les élites, tu as halluciné grâve je crois.
Je vais être plus clair encore, à titrer personnel : je n'ai jamais rien attendu d'elles
possédants et possédés ont des intérets divergents, les possédants tentent de soudoyer les possédés à coups de gratifications ciblées pour les diviser et les amener à collaborer passivement ou activement au maintien de cette situation. En instituant une peur fictive de désastre collectif et en faisant de certains possédés les kapos du système, on renforce le mécanisme.
Maintenant, il n'y a pas 36 solutions : soit on trouve ça bien, soit on trouve ça pas bien
si on trouve ça bien, alors je crois que j'ai pas grand chose à partager, d'une façon générale et sur ce genre de sujet en particulier.
si on trouve ça pas bien, ça peut se manifester de diverses manières. La plus répandue, c'est de se dire qu'on peut pas y faire grand chose, que c'est déjà pas mal d'arriver à se protéger soi/sa famille/les gens qu'on aime et qu'il faut baisser la tête pour éviter le prochain coup.
c'est à peu près l'état d'esprit que nous avons tous, de manière plus ou moins prononcée et qui est exacerbé quand on veut nous enfoncer dans le crane que de toute manière les choses sont tellement vastes et que ça se décide à une telle échelle qu'on pourra rien y changer. C'est curieux d'ailleurs qu'on déploie autant d'efforts pour nous matraquer de cette manière... serait-ce que nous avons des neurones potentiellement actifs ?
Curieusement, c'est aussi l'état d'esprit qui rend le plus mal à l'aise parce qu'on réalise très bien que quelque part, on a pas son compte. On est pas satisfait de cela. On en fait son quotidien parce que c'est pas trop moche et que ça pourrait être pire mais on sait très bien que dans le fond, on baisse la tête en espérant que le prochain coup tombera sur le type d'à côté
non, il ne s'agit pas d'une attaque, ni d'une accusation, ni d'une claque métaphorique. Il s'agit d'une constatation toute simple et je doute qu'il y ait beaucoup de gens qui puissent en toute sincérité dire que ça ne les concerne pas d'une manière ou d'une autre. Ca veut dire moi, aussi. Juste pour qu'on évite les comparaisons à la con, hein
Je dirais qu'en soi, ça n'est d'ailleurs pas très important. C'est juste très répandu mais pas important. Ce qui est important, c'est ce qu'on en fait ensuite.
Par exemple, un certain nombre de gens se promènent dans leur entourage pour rappeler régulièrement que la nature humaine, c'est pas joli, que tout le monde à commencer par soi, il est pas très beau et que les agités habituels ben ils sont bien gentils mais bon, ils n'arriveront à rien.
Et le lendemain, comme on a toujours pas son compte, ben on recommence. Parce que ça reste quelque chose de pas trop mal mais qui demeure fondamentalement insatisfaisant.
Je ne dirais même pas qu'ainsi on se fait plaisir. On ne se fait pas "plaisir". On soulage juste une certaine pression interne, parce que par moments, ça fait du bien.
J'ai dit ça, j'ai rien dit. Rien d'important. L'important, c'est ce qu'on fait de ce constat
il suffit de regarder autour de nous pour voir que partout sur la planète, les mêmes mécanismes s'appliquent. Sauf qu'à certains endroits, ça suffit pas de laisser des miettes ou qu'on veut pas partager alors en plus, on massacre et on emprisonne.
je préfère honnètement vivre ici que dans ces endroits là et je ne pense pas qu'il y ait des gens plus méritoires à un endroit de la planète qu'à un autre. Je ne pense pas non plus qu'il y ait des "élus", ou une minorité de gens bien noyés dans une humanité plutôt médiocre. Je ne dirais pas non plus que tout le monde est potentiellement beau et gentil. Des salauds et des làches il y en a plein. Et alors ? c
Je pense par contre que si nous pouvons avoir la vie que nous vivons, c'est le résultat de nos propres efforts, ou des efforts de gens qui nous ont précédés. Ils n'étaient pas des saints mais nous pas davantage il me semble.
A titre d'exemple, ce sont des gens comme nous qui ont permis qu'existent des systèmes ou le fait d'être un malade chronique n'est pas synonime d'aller à la mort directement mais implique plutôt qu'une solidarité collective permette d'espérer continuer à vivre. Et si ce système a périclité, on a bien plus à voir du côté des ristournes et des magouilles de certains de ses participants (le MEDEF et certains médecins en tête) que dans les fraudes si souvent mises en exergue alors que la grande majorité des individus impliqués, vous et moi, ne contribuons en rien à plomber ce système.
Ce sont des gens comme nous qui ont pu obtenir qu'on puisse avoir le droit d'ouvrir sa gueule sans risquer de disparaitre en pleine nuit pour être retrouvé débité en morceaux au bord d'une route de campagne. Evidemment, nous vivons dans un système "cause toujours, tu m'intéresses". Perso, j'aurais pas préféré un système "ferme ta gueule". Parce que depuis bientôt un an, on commence à en avoir quelques très légers aperçus ponctuels et on a tous senti la nuance, non ?
Je pense qu'il y a des moments ou les choses avancent et d'autres ou elles reculent. On a l'impression confortée par un tas de faits, surtout ceux qu'on nous rabache d'ailleurs, que c'est pas une des périodes ou ça avance.
pour chuter, faut bien tomber de quelque part et on y est pas arrivé tous seuls. Il n'y a pas eu un âge d'or depuis lequel les hommes seraient devenus plus cons, plus égoistes et plus mesquins. Il y a simplement eu des moments ou certaines nécessités collectives ont pu s'imposer par les efforts de pas mal de monde et d'autres pas.
Il y a eu un tas de choses dans l'histoire de notre espèce qui nous furent présentées comme grandes et belles et puis après, on a appris qu'elles ne l'étaient pas tant que ça.
Mais il nous vient d'où, ce besoin qui n'a aucune racine religieuse ou ethnique ou nationale de chercher la lumière ? parce que les dieux et les morales, dans toutes leurs imperfections et leurs partis pris, ce sont bien les hommes qui les ont créé pour tenter de satisfaire ce besoin, non ?
si les religions et les idéologies s'appuient sur la nature humaine, sont la création de la nature humaine, même si elles sont prévues et conçues la majeure partie du temps pour servir des intérets partisans, ou qu'elles sont rapidement dévoyées quand ça n'est pas le cas, pourquoi trouvent-elles toujours un terreau fertile ?
pourquoi chacune de ces croyances se retrouve t'elle à un moment ou un autre face à ses propres contradictions ? face au bon vieux "faites ce que je dis..." ? Pourquoi plus une religion est conquérante et fanatisée, plus elle génère en son propre sein des opposants qu'elle doit broyer alors qu'ils sont censés détenir la seule vérité ? Schisme et hérésies qui ont tous pour racine, tous sans exception, l'idée sous-jacente que les choses ont perdu de leur "pureté".
Pourquoi plus une idéologie soit-disant humaniste se dévoie et plus elle mécontente ses propres adeptes ?
Pourquoi ces outils souvent élaborés par les puissants ou dévoyés par eux doivent-ils affronter une crise, plusieurs crises, qui ne sont pas générées par leurs opposants mais par ceux qui en sont les promoteurs, si ce n'est parce que ces outils n'ont
toujours pas réussi à répondre à ce besoin humain fondamental de lumière ?