Modérateurs : Magistrats de Jade, Historiens de la Shinri
Pas mal j'aime bien.Ding On a écrit :Être de droite, c'est être pour l'individualisme, estimer qu'on ne se fait que par soi-même, qu'on ne doit rien à la société et qu'en retour la société doit en demander le moins possible. C'est mettre de côté ts les déterminismes sociaux en estimant que chacun part de la même marche sur le gd escalier, et que ceux qui se trouvent des excuses ne sont que des parasites feignants.
Du moins, c'est ainsi que je le perçois depuis plus de 5 ans...
J'applaudis la définition de Ding On, que je partage pleinement.Kakita Inigin a écrit :Pas mal j'aime bien.Ding On a écrit :Être de droite, c'est être pour l'individualisme, estimer qu'on ne se fait que par soi-même, qu'on ne doit rien à la société et qu'en retour la société doit en demander le moins possible. C'est mettre de côté ts les déterminismes sociaux en estimant que chacun part de la même marche sur le gd escalier, et que ceux qui se trouvent des excuses ne sont que des parasites feignants.
Du moins, c'est ainsi que je le perçois depuis plus de 5 ans...
La définition que j'utilise quand je veux être honnête c'est que la gauche considère que les inégalités sont le fait de la société et que pour les réduire il faut agir sur la société. La droite considère que c'est le fait des individus et que chacun peut réussir => ne changeons pas la société. La gauche veut changer la société pour l'améliorer, la droite veut changer les individus (je laisse l'opposition liberté vs égalité de coté, il n'y a pas d'égalité sans liberté - ça se discute - mais il n'y a pas de réelle liberté sans égalité préalable ... enfin c'est un long débat et ça ouvre la question de "égalité jusqu'à quel pint". Baka.)
Ca c'est la version "tout le monde il est gentil".
après, comme il est impossible de nos jours de ne pas comprendre l'importance des déterminismes sociaux, être de droite c'est accepter tacitement que rien ne change. A partir de là, soit on y a intérêt (avoir un intérêt de classe, pour moi, c'est pas "être méchant" c'est juste "défendre sa pomme") soit on est à la masse.
Un homme de droite (j'ai oublié qui) a déclaré peu après l'élection de Sarkozy que ce n'était pas mai 68 qu'il était question de fusiller mais tous les programme du Conseil National de la Resistance, c'est à dire tout ce qui a été mis en place au sortir de la guerre par cette sorte de collusion entre gaullistes et communistes. A l'époque les équilibres politiques ont favorisé des programmes eux mêmes "équilibrés" (ama). Aujourd'hui certains souhaitent profiter du déséquilibre actuel pour revenir sur tout cela.Ils le font peut être de bonne foi d'ailleurs (j'en doute pas mal pour bcp quand même). Mais pour moi ils se plantent totalement.Kyorou a écrit :Inigin, il me semble que, en bon marxiste, tu mets l'accent sur l'aspect socio-économique et omets le volet conservateur et réactionnaire de l'idéologie de droite.
Quand Nico nous fait part de sa volonté de "tourner la page de mai 68", on sent que, au-delà du néo-libéralisme bon teint (qu'on est droit d'aimer, je suis tolérant), il y a un aspect conservateur, voire contre-révolutionnaire dans son programme : le retour vers un ordre social antérieur (et essentiellement fantasmé).
-Kõjiro- a écrit :Très intéressant tout ça. Merci pour les informations (il va me falloir un peu de temps pour tout digérer).
Je rajouterais un élément connexe à tout ça : le passage au karsher de toute la recherche sociologique en matière de déterminismes sociaux et culturels. Comme dit précédemment (wenlock ?) le mythe du self made man est devenu très prégnant. Et il s'appuie sur une remise en cause de la plupart des déterminismes sociaux qui sont balayés face au pouvoir de l'individu transcendant sa condition. "Quand on veut on peut"...
Ca c'est une chose.
Une autre, toujours dans la même veine, c'est que nombre de membres de nos "élites" sont tout sauf des self made man au sens propre justement. Toutefois ils veulent quand même se raccrocher à ce mythe. Alors il leur faut 1- minimiser les facteurs qui gênent la progression sociale (genre minimiser les effets des discriminations sociales, ethniques, sexuelle etc... par exemple) et 2- valoriser les déterminismes individuels (la gagne, la volonté, l'intuition etc...). C'est ainsi qu'on retrouve dans toutes les couches de la population avec des gens qui estiment que leur "réussite" (quelle qu'elle soit) il ne la doivent qu'à eux mêmes. Et dans le même mouvement ils estiment que ceux qui ne s'en sortent pas ce n'est pas du fait du poids des déterminismes sociaux mais bien de leur manque de volonté (ou au mieux d'un manque de chance c'est à dire un truc indéfini qui permet d'écarter tout analyse du problème). Ca devient grotesque quand on a, par exemple (bon ok pas choisi au hasard), un Sarkozy qui nous explique qu'il s'est fait tout seul, que ça n'a pas été facile etc... et qui va nous servir cette fable jusque dans les vestiaires de l'équipe de France de rugby.
Tout cela se sent aussi bien au travers du discours valorisant la réussite personnelle par les déterminismes individuels qu'au travers de celui "expliquant" la non réussite par le même biais et considérant que recourir aux déterminismes socio-culturels comme facteurs explicatifs potentiels (et même pas forcément majoritaires) c'est faire de l'"excusologie". Chercher des excuses.
Ces dernières années Bourdieu, par exemple, en a pris plein la tronche (Acrimed a fait plusieurs articles sur le sujet si je ne trompe pas).
Deux développement potentiels à tout cela qu'on peut prendre en exemple.
- La sécurité. En gros on oublie le contexte et on considère que chaque individu est totalement responsable de ses actes. Ca donne notamment tout le courant de pensée de la "tolérance zéro" façon Giulliani inspiré par des travaux type bell curve de Charles Murray qui nie les déterminisme sociaux et considère que ce sont les individus qui sont totalement responsable. Je pourrais développer plus mais je crois que certains ici connaissent. Le final étant la justification de substitution de politiques pénales renforcées aux politiques sociales pour pallier aux conséquences de la dérégulation économique. Ce n'est pas faute d'aides aux quartiers que les problèmes de délinquance se développent mais du fait de la violence inhérente (génétique ?) de ces individus. D'ailleurs regardez Mouloud qui vient du même contexte il a bien réussi lui alors pourquoi pas eux ?
- L'école. Une autre conséquence de cette élévation au dessus de tout du mérite personnel c'est la négation de l'importance des services publiques qui aident à la formation des individus. Notamment l'école. Si j'ai réussi ce n'est pas parce que les enseignants étaient bon (de toutes manières c'est bien connu le niveau régresse etc...) non c'est parce que MOI j'étais bon. Je ne dois surtout pas ma réussite à cette bande de cons qui ont essayé de m'inculquer quelque chose (à part madame machin mais c'était une exception). Le final là est de dévaloriser toutes formes de redistribution par les politiques publiques sous la forme d'enseignement public ou autre. Donc de justifier la baisse des prélèvements et la baisse des moyens accordés. Puisque ce ne sont pas eux qui m'ont permis d'être ce que je suis ce ne sont pas eux qui aideront les autres. J'ai pris l'école mais ça marche avec la plupart des services publics.
Voilà c'est un poil confus peut être mais je pense que ça s'inscrit bien dans cette thématique individuelle.
Par contre pas vraiment d'idées sur les raisons de ce basculement mais je situe aussi ça dans les années 80 (même si, en France ça s'est pour moi très fortement accéléré ces dernières années comme si on avait rattrapé en peu de temps un sacré retard sur le sujet).
Gné ? J'ai pas vraiment vu ça, perso...JBeuh a écrit :Exemple sur la Voix : la droite jette les pavés dans la marre, le centriste pose une réponse correcte, la gauche s'entredéchire à essayer de perfectionner la réponse précédente incomplète.
Pour placer "Modem" et "avenir" dans une même phrase, il faut avoir un sens très sûr de l'ironie...JBeuh a écrit :Moralité : Le Modem est-il l'avenir de la gauche?
Euh ... pour bien connaître les déchirements de la gauche, on ne s'entredéchirait pas là ... on était plutôt sur la même ligne avec des perfectionnements progressifs débat à gauche = perfectionnement).la gauche s'entredéchire à essayer de perfectionner la réponse précédente incomplète.