Matsu Yumi a écrit :J'ajouterai qu'à Rokugan, le portrait aurait tendance à être remplacé par une tablette mortuaire où sont inscrits les différents noms du défunt.
Invocation de l'oni rouge!

Me voilà !
Ces tablettes funéraires s'appellent ihai 位牌. Elles sont importée de Chine durant la période de Kamakura avec le bouddhisme zen. Son usage s'est généralisé durant la période d'Edo.
Il y a trois grandes catégories :
- uchi-ihai 内位牌 (shiraki-ihai 白木位牌 = tablette en bois blanc)
- hon-ihai 本位牌(nuri-ihai 塗位牌 = tablette lacquée)
- tera-ihai 寺位牌 = tablette de temple
Les uchi-ihai, sont de simples tablettes de bois blanc sur lesquelles on écrit (à même le bois, ou sur du papier collé dessus) le nom bouddhique (posthume) du défunt, son nom "normal", la date et l'âge de sa mort. La tablette est faite juste après la mort, déposé à côté du lit funéraire, puis utilisé durant les funérailles. Dans le cas d'une inhumation (dosô 土葬), on le laisse posé sur la tombe pendant les 49 jours de chûin (中陰, ou chûu 中有, la période de passage d'une vie à l'autre), ou jusqu'à ce qu'il soit délabré (no-ihai 野位牌). Dans le cas d'une crémation (kasô 火葬), le ihai est emporté à la maison par la famille, et posé sur le butsudan (仏壇 = autel bouddhique domestique). Après la période de chûin, l'uchi-ihai est brûlé, et l'esprit du défunt se déplace vers le moto-ihai.
Les hon-ihai sont fait de bois laqué, souvent magnifiquement doré à la feuille d'or, ou incrusté d'or ou d'argent. Il est posé à jamais sur le butsudan. On y peint (ou grave) le nom du défunt, ou même les deux noms d'un couple.
En plus du hon-ihai, on peut déposer au temple un tera-ihai qui sera conservé dans un ihai-dô (bâtiment des tablettes funéraires), et auquel un service est célébré matin et soir par le personnel du temple.
différences selon les sectes
-secte Zen : au dessus du nom bouddhique, il y a le kanji 空 (vide)
-secte Shingon : au dessus du nom bouddhique, il y a le bonji (caractère sankrit) de Dainichi Nyorai, le buddha-soleil.
-sectes Jôdo et Ji-shû : il y a le bonji d'Amida Nyorai, le buddha de la Terre Pure de l'Ouest.
-secte Nichiren : il y a écrit 妙法 myôhô "Loi Merveilleuse"
-secte Nichiren-shôshû : il y a écrit 妙法蓮華経 Myôhô Renge Kyô "Sûtra du Lotus de la Loi Merveilleuse"
-secte Jôdo-shinshû : les ihai ne sont pas utilisés, mais plutôt un rouleau dans lequel est écrit le nom bouddhique du défunt.
Pour les enfants, on écrit sur le ihai, le bonji de Jizô-bosatsu, le bodhisattva qui protège les enfants.
Dans Baby Cart / Lone Wolf and Cub, Ogami Ittô était accusé de proférer des malédictions à l'égard du shôgun car il y avait dans son temple personnel un ihai aux armoiries des Tokugawa (qu'un méchant shinobi avait nuitamment déposé là).
Toujours dans LW&C, il est question d'un katami-ihai 形見位牌 (ihai-souvenir) qu'une jeune fille possédait. Il était fait à la mémoire des parents et de leur enfant séparé par la vie. Elle le conservait pour prier pour ses parents, et leur promettre de ne jamais les haïr bien qu'ils aient été contraints de la vendre.