oui, compromission entre impératifs antagonistes. Mais s'ils sont antagonistes, ils n'en existent pas moins, sinon la compromission serait toute faiteMirumoto Moshida a écrit :
on, non, sinon les règles créent des perso morts nés lorsque tu tires sur les tables d'héritage, je pense qu'il faut avoir l'esprit plus large et plus ouvert dans ta réflexion...de plus un personnage si soucieux de vérité et d'honneur, avant de faire seppuku et d'être dans l'abandon de ses idéaux et de sacrifier tout les efforts fait par son sensei et lui même, va chercher au pire, d'accumuler des preuves pour faire tomber la tête de son père, au mieux ira jusqu'au duel à mort pour laver lui même l'honneur de sa famille et ensuite il peut envisager de faire seppuku!
donc, on en revient encore à biaiser : ton personnage est censé parce qu'il est idéaliste (et Idéaliste signifie dans le texte vivre intensément le Bushido, pas la conception particulière du clan du Dragon ou quoi que ce soit d'autre mais bien tendre vers la totalité de ce code moral. Ca n'est pas "j'ai un idéal" mais "le bushido est mon idéal bien plus qu'il ne l'est pour la majorité des autres samurai") aller bien au delà du minimum social attendu en ce qui concerne les questions de déshonneur.
Et il a un sombre secret à 8 points (sur un maximum de 10... c'est un sombre secret colossal... je veux dire qu'un secret à 10 points ça pourrait être à une période du jeu "mon vrai nom est Asahina Yajinden" par exemple...). Le paternel de Mochida, il devrait être au moins général ou chef de la famille Mirumoto pour que son usage de la maho représente un secret si énorme qu'il vaille 8 points...
par ailleurs, si tu as un père très haut placé, il est logique que tu possèdes l'avantage Statut Social, puisque tu es au nombre de ses héritiers possible (même si tu n'es pas la première née, tu es fille de mec super important). A moins qu'il ne t'ait déshérité (ce qui donnerait Brebis Galeuse tout en te permettant de rester une Mirumoto), aux yeux du reste du monde, tu es une fille de seigneur, et pas des moindres
Alors à mon sens, ton histoire de sombre secret à 8 points ne tient pas vraiment la route. Un tel secret devrait être une super-contrainte parce qu'il menacerait d'être rendu public souvent ou de manière facile si seulement quelqu'un se posait les bonnes questions... et que s'il était révélé, il provoquerait un tollé tellement énorme que ton clan serait vraiment embarrassé
il n'y a rien de cela dans ta description.
Akodo Heichin a écrit:Qui défend la vérité en tant que tel: personne ou presque (les kitsuki qui défendent aussi le concept éronné de "justice"). La totalité du systéme social repose sur une énorme compromission entre vérité/honneur/besoin de graisser les rouages à grand coup de mensonges éhontés...
il ne faut pas oublier le principe du "l'apparence prime" dans le sens ou "apparence" n'est pas un terme neutre mais socialement investi.
après, évidemment, le principe des apparences fait que l'on se trouve facilement des boucs émissaires à Rokugan. C'est un peu comme dans la parodie Troops de Starwars (avec les stormtroopers sur Tatooine qui jouent les flics de quartier) : on vit dans un empire merveilleux ou tous les suspects sont coupables... parce que sinon, ben ils ne seraient pas suspects
cependant, personne n'a jamais interdit aux Kitsuki de devenir magistrats impériaux. Parce que le respect des apparences fait que justement, s'il présente bien les choses, on ne dira jamais à un samurai "votre conception de la justice est erronée". Toute la difficulté pour un Kitsuki n'est pas de dire "vous racontez des craques et je peux le prouver" mais de jouer selon les règles du système tout en étayant cela de preuves qui seront utilisées comme autant de prétextes par les décideurs indécis pour rendre leur jugement
dans la pratique, si l'on sait évoluer dedans ou que l'on a la possibilité de parler aux vrais pontes, un daimyo local est très très loin d'avoir l'impunité à L5a. Par contre, il jouit d'une impunité certaine vis à vis de ses vassaux ou des gens de basse extraction, c'est clair
par ailleurs, pour la bonne bouche, la société japonaise jouait à merveille de cette ambiguité. Y compris durant l'ère Tokugawa ou le pays était pourtant bien verrouillé par le pouvoir central. Un pouvoir central fort, comme l'est cepui de Rokugan avant le 12ème siècle en tout cas.
A l'époque des Tokugawa, il arrivait que des seigneurs s'ouvrent le ventre parce que des paysans qui leur étaient inféodés allaient en délégation dénoncer leurs agissements contraire aux attentes du shogunat (fraudes fiscales, guerres privées etc...). Le gag, évidemment, c'est que quelle que soit la décision prise par les autorités, les délégués et leurs familles étaient executés pour impertinence. Ainsi, le système se perpétuait à merveille :
- les impertinents étaient punis, non pas parce qu'ils racontaient des mensonges mais parce qu'ils troublaient l'ordre social
- si l'on considérait leurs accusations comme vraisemblables, on procédait à une véritable enquête. Avec un versant officiel et souvent un versant officieux. Si l'enquête s'avérait sans résultats, le seigneur ne pouvait rien dire puisque l'autorité suprème avait déjà chatié les "impertinents". Et si elle mettait à jour un problème, on ordonnait au mec de s'ouvrir le ventre, on prenait les mesures qui semblaient nécessaires et on oubliait ensuite tout ça.
Les paysans, de leur côté, apprirent vite à envoyer en délégation les vieux ou les malades qui n'avaient plus de famille, voire les désespérés directement ruinés par le seigneur. Des gens qui n'avaient plus grand chose à perdre en fait. Et plus un seigneur abusait, moins il était difficile d'en trouver...
A méditer
