Modérateurs : Magistrats de Jade, Historiens de la Shinri
Y'a des trucs tellement énormes dans cet article que j'ai encore du mal à y croire. Genre la formulation de certaines questions. Et le coup de l'amende pour refus de répondre à un questionnaire. A ma connaissance il n'y a que le recensement qui est obligatoire et peut amener d'éventuelles "sanctions". Jamais entendu parler d'une enquête quelconque avec obligation de réponse.«De quel droit le ministère de l’éducation fait-il remplir ces fiches qui interrogent sur la nationalité, les conditions de vie à la maison, sous prétexte d’évaluations pédagogiques?» s'indigne une parent d'élève. Questionnaires diffusés aux élèves et aux parents dans les Pyrénées atlantiques, injonctions chiffrés de l’académie de Besançon concernant les redoublements. Alors que les enseignants comptent les suppressions de poste à la rentrée prochaine, le ministère de l’Education ne renonce pas à ses objectifs statistiques.
Mapi. «A l’école primaire de Monein, charmant petit village du Béarn, sont arrivés, dans un gros carton, les “évaluations expérimentales CM2”. Rien que de très normal, sauf que, premier point surprenant, les dits documents, une fois complétés par les élèves, doivent être retournés directement au ministère, sans que les parents n’en prennent connaissance. Et pour cause! Si les trois premières parties sont anodines, la partie 4 réserve bien des surprises avec des questions comme: "Es- tu né en Frace?" "Ta mère est née en France?" "Ton père est né en France?" "Quelle langue parles tu à la maison?" "Qui vit avec toi à la maison? (ta mère ou une autre femme tenant le rôle de ta mère)". Viennent ensuite les questions concernant les devoirs à la maison: "A la maison j’ai vraiment l’impression de perdre mon temps", "Je fais mes devoirs parce que j’aurais une mauvaise image de moi si je ne travaillais pas". Bref, onze pages de questions qui n’ont rien à voir avec la pédagogie. Quel est le but de ce questionnaire? De quel droit le ministère de l’éducation fait-il remplir ces fiches qui interrogent sur la nationalité, les conditions de vie à la maison, sous prétexte d’évaluations pédagogiques? Ceci n’est pas sans rappeler “base élève”. Sans l’attitude courageuse et civique des enseignants de notre école (qui ont alerté les parents), cette opération se serait déroulée dans le plus grand secret. Cette expérimentation va toucher d’autres écoles!
Nous avons eu un bon relais dans la presse et les radios locales et ce questionnaire a bien circulé entre les mains de parents d’autres communes de notre département (64). Face à ce tollé, la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) a envoyé un mail aux écoles en leur demandant de ne pas compléter la partie 4 du questionnaire. C’est une petite victoire mais nous n’en avons pas fini, puisque qu’un deuxième questionnaire est en cours pour les élèves de 6ème : “le panel des 35000”. Là c’est les parents qui répondent (18 pages de questions!). C’est un véritable questionnaire des RG avec des questions du type: A quelle heure rentrez-vous du travail? A quelle langue parlez vous à votre enfant? Quelle est votre nationalité? Quel est le montant mensuel dont dispose votre famille pour un mois ordinaire? Il n’y a que 10 questions qui concernent la pédagogie! Le plus fort se trouve dans la première page : Un questionnaire reconnu d’intérêt général et de qualité statistique et donc obligatoire! Si les parents ne répondent pas c’est 300 euros d’amende! Comme le questionnaire précédent, il est mis en place en catimini.»
Mathias. «Jusqu’à maintenant, les consignes de limiter le nombre de redoublement n’étaient faites qu’oralement (en donnant un chiffre maximum par classe) ou consistaient pour certains à dire aux enseignants d’éviter les commissions d’appel et d’essayer de convaincre les parents d’accepter une réorientation en BEP plutôt qu’un redoublement. Enseignant, j’ai reçu par l’intermédiaire d’un collègue la note adressée par l’inspecteur d’académie au principal de son établissement à Besançon. Que dit l’inspection?
“Conformément aux objectifs qui vous ont été assignés à votre arrivée au collège, je vous demande expressément de bien vouloir corriger dès cette année scolaire les taux de redoublement. Il est hors de question que ce taux pour les élèves de 6ème soit près du double du taux départemental observé en juin 2007 (9,6% contre 5,7%). Je vous enjoins d’user de votre pouvoir décisionnel pour faire en sorte qu’à l’issue de cette années scolaire, il redescende pour le moins à 7%. Le taux de redoublement en fin de 4ème est plus de quatre fois supérieur au taux départemental. Il ne dépassera pas 10% pour la présente année. Enfin le taux de passage des élèves de 3ème en 2ème général et technologique est de 48,1% alors que celui du département est de 60,6%. Ce taux atteindra obligatoirement pour le moins 55%. Je précise si besoin était que ces minima constituent une injonction de l’inspecteur d’académie qui s’applique à tous les personnels de votre établissement”.
Ce document, par son ton, montre que l’on est passé à un degré supérieur dans les consignes. Un journal du soir comparait l’éducation nationale à l’armée rouge, il sera sûrement satisfait de voir que le vision bureaucratique et comptable est partagée par la hiérarchie (le recteur d’académie et son inspecteur). On a l’impression que dans cette école du respect, les responsables de l’académie de Besançon ne parlent pas d’êtres humains, mais d’objets statistiques. C’est insultant pour les élèves, les parents d’élèves et les enseignants qui font un travail non reconnu long et fastidieux de correction de copies. Seule une vision comptable de l’enseignement, ici le coût du redoublement, peut expliquer une telle dérive.
Cette note montre que l’on ment aux élèves en leur faisant croire qu’ils ont le niveau pour passer en classe supérieure. On ment également aux parents, car on repousse l’échec aux classes supérieures du collège ou en seconde au lycée. On alimente la spirale de l’échec en laissant les lacunes s’accumuler. Les professeurs se retrouvent ainsi avec des élèves qui n’ont pas le niveau en seconde générale sans pouvoir les aider tant les lacunes sont importantes. On assiste actuellement dans de nombreuses classes de seconde à des redoublements ou des réorientations atteignant 10 sur des effectifs de 32. Par la suite les parents tenteront de prendre des cours particuliers payants pour leurs enfants, ce qui permettra au mieux de limiter les dégâts. La responsabilités des échecs retombera bien entendu sur les enseignants véritables bouc émissaires des décisions prises par l’académie et par le ministère. Nous assumons tous les jours nos responsabilités devant les élèves, il serait bon que les auteurs de cette note assument également les leurs devant l’opinion publique».
Réalisé par KARL LASKE
Ah ouais... On sent comme une lourde charge de conservatisme glauque et über-normatif, dans cette formulation...Kakita Inigin a écrit :Urk."Qui vit avec toi à la maison? (ta mère ou une autre femme tenant le rôle de ta mère)".
Voir aussi :Pendant que le service public s’inquiète pour son financement, le gouvernement multiplie les largesses à TF1, M6 et consorts.
RAPHAËL GARRIGOS et ISABELLE ROBERTS
QUOTIDIEN : mercredi 4 juin 2008
C’est une supplique au gouvernement signée de trois quasi SDF : Nonce Paolini, directeur général de TF1 ; Bertrand Méheut, président de Canal + et Nicolas de Tavernost, patron de M6. Dans cette missive, ces trois gagne-petit se disent «stupéfaits» de découvrir que leurs recettes pourraient être taxées afin de financer la télévision publique. «Une nouvelle taxe [qui] viendrait appauvrir notre économie», écrivent les plaideurs, d’autant qu’«aucune des mesures réclamées et attendues par le secteur depuis des mois (déplafonnement de la publicité, application de l’heure d’horloge, seconde coupure publicitaire dans les œuvres, réforme des décrets Tasca) n’est encore décidée…» La lettre est datée du 28 mai, et deux jours après cette lettre, abracadabra, leurs vœux sont exaucés, au-delà même de leurs espérances. Alors que le gouvernement a toutes les peines du monde à trouver un financement viable pour France Télévisions, ce même gouvernement régale grassement les télés privées, à commencer par la première d’entre elles, TF1, propriété, comme chacun sait, de Martin Bouygues, ami intime du président de la République. Déballage des cadeaux.
Une deuxième coupure pub…
Pipi ET vaisselle. Pour le téléspectateur, voilà l’avantage que devrait présenter l’apparition d’un second écran de réclames dans les films et les fictions diffusés. Pour les chaînes privées, c’est fromage ET dessert : alors que TF1 vient très opportunément d’annoncer une baisse de 17 millions d’euros de ses recettes publicitaires pour le premier trimestre 2008, c’est un pactole qui s’annonce. Selon Aegis Medias, entre 300 et 550 millions d’euros. Du coup, la taxe qui «stupéfiait» tant les chaînes privées (en tout 80 millions d’euros destinés au service public) devrait passer un peu mieux.
C’est environ 200 millions d’euros qui pourraient entrer dans les poches de TF1 avec cette nouvelle mesure, et 65 millions d’euros pour M6. Argument de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la communication hier dans les Echos : «La deuxième coupure permettra d’éviter que les films disparaissent des antennes.» Oui, oui. Au passage, c’est la presse écrite qui pourrait aussi pâtir de cette nouvelle coupure publicitaire : ainsi le Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) redoute un «déséquilibre» au profit de la télé et au détriment des journaux, tandis que le Syndicat de la presse magazine (SPMI) a dit sa «consternation» face à ce «cadeau».
…et encore plus de pub…
La deuxième coupure pub, c’est un cadeau bonus. Le reste était prévu de longue date : il s’agit de la transposition - non obligatoire pour les Etats-membres de l’Union - d’une directive européenne. Ainsi les chaînes privées auront-elles désormais droit à neuf minutes de réclames par heure en moyenne, au lieu de six. Déjà, c’est gentil. De plus, il va être mis fin au système de «l’heure glissante», remplacé par celui de «l’heure d’horloge». En clair, TF1 et M6 vont pouvoir bourrer de pubs les carrefours stratégiques de leurs grilles, alors qu’elles étaient limitées jusqu’à présent. Un simple décret suffit à la mise en place de cette augmentation de la pub et, selon Albanel, il est prêt et pourrait être publié «dès l’été».
L’allégement des seuils anticoncentration
Ça, c’est un vieux cheval de bataille de la droite : sitôt au pouvoir, elle veut faire tomber les seuils anti-concentration dans les médias. «Nous réfléchissons, explique Christine Albanel aux Echos, à repenser la règle interdisant à un même groupe de détenir à la fois un journal national, une télévision et une radio.» Un seuil imaginé pour préserver le pluralisme de l’information et un seuil on ne peut plus important quand on sait les multiples amitiés de Nicolas Sarkozy avec les patrons des médias : Martin Bouygues donc, mais aussi Arnaud Lagardère ou encore Bernard Arnault, patron des Echos. C’est notamment sur ce seuil anti-concentration que le rapprochement entre TF1 et le Figaro avait buté à l’été 2004. Le seuil capitalistique se double d’un seuil d’audience : TF1, qui contrôle plus de 50 % de TMC, la première chaîne de la TNT, serait obligée de réduire sa participation si la chaîne atteint les 2,5 % d’audience. Or, laminées par le succès des télés gratuites de la TNT, les chaînes historiques souhaiteraient pouvoir en racheter quelques-unes, histoire de récupérer d’une main la publicité et l’audience qu’elles perdent de l’autre.
Suffisait de demander, et hop, Sarkozy va le faire, qui depuis des mois milite pour «l’émergence de grands groupes de communication audiovisuelle français de premier plan». Car, déclarait le Président en installant en février la commission Copé, «s’il faut mieux financer le service public, il faut aussi permettre au secteur privé d’être plus dynamique en desserrant le corset de contraintes héritées d’un autre temps». Merci Président.
Le Soir a écrit :Deux membres des CCC arrêtés
Pierre Carette et Bertrand Sassoye, deux des quatre membres des Cellules communistes combattantes (CCC), ont été arrêtés ce jeudi matin à Bruxelles, selon la chaîne de télévision flamande VTM. Pour non respect des conditions de leur libération conditionnelle.
Le parquet de Bruxelles a confirmé l’arrestation mercredi de Pierre Carette et de Bertrand Sassoye. Ils ont été arrêtés pour ne pas avoir respecté les conditions de leur libération conditionnelle, a expliqué le porte-parole du parquet.
Ils avaient été les deux derniers des quatre membres des CCC à bénéficier d’une libération conditionnelle. Pierre Carette avait été le dernier à être libéré en 2003.
Les quatre membres des CCC ont été condamnés en 1988 à la perpétuité par la cour d’assises du Brabant pour une vingtaine d’attentats commis en Belgique. Un de ces attentats, le 1er mai 1985 contre l’immeuble de la Fédération des Entreprises de Belgique, à Bruxelles, a coûté la vie à deux pompiers. Les quatre membres des CCC ont été arrêtés en 1985 à Namur.
Les Cellules Communistes Combattantes, mieux connues sous le sigle des CCC, ont régulièrement fait la « une » des journaux belges dans les années 1984 et 1985. Elles ont revendiqué une trentaine d’attentats commis en Belgique durant ces deux années.
La série d’attentats des CCC a débuté le 2 octobre 1984 à Evere. Le premier attentat visait deux firmes dépendant du groupe « Litton Industries ».
Les explosions se sont alors succédé à un rythme accéléré, visant tant l’OTAN que des firmes travaillant pour l’Organisation de l’Atlantique Nord. Les cibles américaines, des objectifs politiques, militaires, ainsi que des banques et d’autres objectifs économiques sont pris pour cibles par les CCC.
Le 1er mai 1985, un des attentats des CCC tourne au drame. Il coûte la vie à deux pompiers et en blesse trois autres. Au cours d’un autre attentat visant le siège de la BBL à Etterbeek, un des terroristes a également tiré à la mitraillette en direction d’un agent de la firme Securitas, qui a été blessé au bras.
La série d’attentats s’est clôturée le 6 décembre 1985 par une attaque contre un pipeline de l’OTAN à Wortegem-Petegem (Deinze). Dix jours plus tard, Pierre Carette et ses compagnons d’arme étaient arrêtés à Namur.
Ils ont été arrêtés pour ne pas avoir respecté les conditions de leur libération conditionnelle : ils ont violé l’article 70 de la loi du 17 mai 2006, a précisé le parquet de Bruxelles. Il n’a pas voulu dire quelles conditions fixées à leur libération n’ont pas été respectées.
EXCELLENT! Le coup des gâteaux, faudra le refaire!Ben a écrit :Tiens petite question que se passe t'il quand on arrive pépére au boulot et que l'on voit des policiers + CRS attendre depuis 6H30 du matin pour mater une manifestation de méchants agents sanguinaires des impôts sur ordre du préfet ?
Ca donne une 20aine d'agents des impôts vendant des gateaux aux gens dans la rue pour financer la grosse gréve de la semaine prochaine face à 5 cars de CRS blasés et se faisant chier.
Ah bordel, j'en rie encore. En tout cas on a bien rigolé avec eux et ils ont bien apprécié les gateaux lol
BEn
Mine de rien, l'amende pourrait être salée.STRASBOURG (AFP) - Seul territoire français où survit encore le Grand hamster menacé d'extinction, l'Alsace peine à mettre en place un plan de sauvetage que Bruxelles juge "insuffisant" et qui pourrait valoir à la France une assignation à bref délai devant la Cour de justice de Luxembourg.
La Commission européenne a annoncé jeudi avoir adressé un "ultime avertissement" à la France, lui donnant deux mois pour décider des mesures "plus ambitieuses" en faveur de la sauvegarde du Grand hamster d'Alsace (Cricetus cricetus), faute de quoi l'affaire pourrait être portée à Luxembourg.
Autrefois considéré comme nuisible par les agriculteurs alsaciens, le Grand hamster ou Hamster d'Europe est protégé depuis 1993 et fait partie des "mammifères les plus menacés d'Europe", estime la Commission qui en veut pour preuve la chute drastique du nombre de terriers en Alsace, de 1.167 en 2001 à 161 en 2007. Adulte il mesure 20 cm.
D'autres spécialistes estiment qu'il reste encore quelque 400 terriers, ce qui reste en-deçà du seuil de 1.500 individus capables d'assurer la survie de l'espèce en Alsace.
Quelque 40 à 60 terriers viennent d'être dénombrés à proximité de l'une des infrastructures en voie d'achèvement, la Voie rapide du piémont des Vosges, ce qui a conduit l'association haut-rhinoise Sauvegarde Faune Sauvage à réclamer un moratoire du projet, en même temps que du Grand contournement ouest de Strasbourg.
Saisie de plaintes de la même association, la Commission européenne avait déjà adressé une première mise en demeure à la France en octobre 2007.
En novembre 2007, le comité permanent de la convention de Berne lui emboîtait le pas en plaçant la France sous surveillance à propos du hamster.
Mi-février, le ministère de l'Ecologie avait finalement annoncé la mise en place d'un plan de sauvegarde doté de 500.000 euros.
Il prévoit la mise en place de 22% de cultures favorables au hamster dans trois zones d'action prioritaire (deux dans le Bas-Rhin, et une dans le Haut-Rhin, pour un total de quelques milliers d'hectares).
L'impact des infrastructures routières sur les zones de présence historique du mammifère sera compensé à raison de deux hectares pour chaque hectare détruit, qui viendront renforcer les zones prioritaires.
Enfin, des contrats devraient être mis en place avec les agriculteurs en dehors des zones prioritaires.
Mais la Commission pense "que les mesures qu'il contient seront insuffisantes pour freiner le déclin" du hamster.
Cette dernière demande notamment que le plan prévoie "davantage de mesures de lutte contre les pratiques agricoles" (en particulier la culture intensive du maïs) et "l'expansion urbaine" qui détruisent l'habitat naturel de cet animal.
Dans un rapport de février 2008 dont l'AFP a obtenu copie, l'Inspection générale de l'Environnement avait déjà préconisé que soient proscrites certaines mauvaises pratiques agricoles. Ainsi, "la culture du maïs devrait être contingentée" et faire l'objet de "rotations pluriannuelles", alors que le hamster se complaît dans la luzerne et le blé.
Le rapport proposait aussi que soit défini "a priori" un "milieu particulier" correspondant aux quelques 70.000 hectares colonisés par le hamster en 1990, dans lequel tout projet de construction devrait être soumis à autorisation, une proposition susceptible de ne pas être du goût des aménageurs du territoire.
Dans les discussions en cours avec les associations et les collectivités locales sur le plan Hamster, l'Etat défendrait ainsi l'idée d'un milieu particulier de 50% moins important, selon une source proche des négociations.
Deux décision font état de "l'insuffisance manifeste" de l'offre de logements sociaux accessibles aux personnes les plus pauvres en France.
Deux décisions rendues publiques, jeudi 5 juin, à Strasbourg font état de "l'insuffisance manifeste" de l'offre de logements sociaux accessibles aux personnes les plus pauvres en France, qui vient de se faire épingler par le Conseil de l'Europe. Ces décisions, qui ont été adoptées il y a quatre mois par le Comité européen des droits sociaux du Conseil de l'Europe, font suite à des réclamations collectives présentées contre la France par le mouvement international ATD Quart Monde et par la Fédération des associations nationales de travail avec les sans-abris (FEANTSA).
Régis Brillat, secrétaire exécutif du Comité européen des droits sociaux, a précisé que c'est la première fois que de tels constats de violation de la Charte des droits sociaux en matière de logement sont rendus par ce Comité à l'égard d'un des 14 pays européens prévoyant la possibilité de réclamations collectives.
"Une faille fondamentale"
Le Comité a jugé que la France violait plusieurs dispositions de la Charte, notamment celles concernant les procédures d'expulsion et leur mise en oeuvre, l'offre -- insuffisante -- de logements à un coût accessible pour les plus pauvres, les modalités d'attribution des logements sociaux -- manquant "d'équité et de transparence" --, le faible nombre d'aires d'accueil pour les gens du voyage et la construction insuffisantes de logements sociaux.
Le Comité a estimé que "les carences du système français en termes de collecte de données concernant les besoins en centres d'hébergement et foyers d'accueil (...) est une faille fondamentale qui empêche les autorités de déterminer l'adéquation des mesures prises pour réduire le phénomène des sans-abris".