Les craintes de récession aux Etats-Unis font plonger les Bourses mondiales
Les craintes de récession aux Etats-Unis ont pesé lourdement, mercredi 16 janvier, sur la Bourse américaine mais aussi sur le reste des Bourses européennes et asiatiques. Londres a perdu 1,37 %, Francfort 1,25 % et Paris 0,48 %, poursuivant la descente amorcée mardi et retrouvant au mieux leur niveau d'août, au plus fort des craintes sur la crise des crédits hypothécaires à risque (subprime). La morosité a également frappé Bruxelles (- 2,54 %), Lisbonne (- 1,94 %) Amsterdam (- 1,69 %), Madrid (- 0,92 %), tandis que Prague chutait de 3,09 % et que Vienne repassait sous les 4 000 points pour la première fois depuis octobre 2006 (- 2,61%). Même scénario en Europe du Nord où la Bourse d'Oslo a dégringolé de 3,26 %. Copenhague a perdu 2,19 %, Helsinki 1,93 % et Stockholm 0,78 %.
Auparavant, l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo avait terminé sur une très forte chute de 3,35 %, au plus bas depuis octobre 2005, tandis que Hongkong avait dévissé de 5,4 % et Shanghaï – habituellement plus déconnectée de l'économie américaine – avait cédé près de 3 %. Bombay avait lâché 3 %, Séoul 2,4 %, Sydney 2,5 %, Kuala Lumpur 3,5 % et Singapour 3,05 %, alors que Taïpeh s'était contracté de près de 3 % et Djakarta de plus de 5%.
4,1 % D'INFLATION EN 2007 AUX ÉTATS-UNIS
Quant à la Bourse de New York, elle restait déprimée mercredi. A 19 heures, le Dow Jones reprenait difficilement 0,13 %, tandis que le Nasdaq perdait 0,57 %. Petite consolation : les actions des banques retrouvaient quelques couleurs, avec notamment JPMorgan Chase en hausse de 4,37 %. Les rumeurs d'une éventuelle réunion d'urgence de la Réserve fédérale américaine (Fed) ont pesé sur le dollar qui s'est replié face à l'euro et a atteint son plus bas niveau face au yen depuis deux ans et demi, accélérant le mouvement de recul à Tokyo, inquiet pour les exportations japonaises.
Déjà paniqués par une entrée en récession que valident la situation désastreuse du secteur financier et un essoufflement de la consommation (qui représente les deux tiers de la croissance américaine), les investisseurs comptaient sur le secteur technologique pour parer à la mauvaise passe des autres pans de l'économie, notamment en raison d'un dollar faible, qui pouvait doper leurs ventes à l'étranger. Mais Intel a fait état mercredi d'un bénéfice trimestriel en deçà des attentes du marché et n'a pas donné de prévisions précises sur ses ventes pour l'exercice en cours.
Autre annonce, cette fois du département du travail américain, qui a pesé sur les marchés : une inflation américaine la plus élevée depuis dix-sept ans. Entraînée par la progression très forte des prix de l'énergie et de l'alimentation, cette dernière a enregistré une hausse de 4,1 %. En 2006, l'inflation s'était établie à 2,5 % seulement. Mesuré hors alimentation et énergie, l'indice de base a progressé de 2,4 % en 2007 contre 2,6 % l'année précédente.