Modérateurs : Magistrats de Jade, Historiens de la Shinri
« La majorité de la presse est craintive, voire complice du président de la République, estime Lara Marlowe, correspondante de l'Irish Times, une semaine après la conférence de presse de Nicolas Sarkozy. Les questions de déontologie et d’éthique relatives aux fonctions du président sont systématiquement éludées ». «Se promener dans l’avion de Vincent Bolloré n’est pas très avisé, juge Mark Hunter, journaliste d’investigation américain, maître de conférences à l'Institut Français de Presse (Université Paris II). Sarkozy dit qu’il ne cache rien, c’est vrai. Sauf le pourquoi de ses relations ! ». Katrin Bennold, correspondante de l'International Herald Tribune, estime qu’en France, les « questions gênantes » sont rarement posées.
«La question essentielle du conflit d’intérêt ne lui est jamais posée»
Lara Marlowe (Irish Times) « Avec la presse, Nicolas Sarkozy a la même attitude qu'avec les partenaires sociaux ou les responsables de sa propre majorité. Dans un premier temps, sa stratégie consiste à cajoler et séduire, mais lorsque ça ne marche pas, à jouer l'agressivité. On l'a vu lors de sa conférence de presse, lors qu'une journaliste de France 24 lui a souhaité une bonne année, il s'est fait complice, amical, mais il n'a pas supporté la question de Laurent Joffrin sur le monarque élu. Il a même rappelé les difficultés financières de Libération.... Poser de bonnes questions équivaut à se griller vis à vis des conseillers: c'est la façon dont les dirigeants français conçoivent les relations entre la presse et le pouvoir. Mais cette situation s'est aggravée par le pouvoir de Nicolas Sarkozy.
Les questions qui fâchent sont donc rares. Il a évité la question du pouvoir d'achat, et pas un journaliste n'est revenu dessus, contrairement à la tradition qui veut qu'on reprenne les questions restées sans réponse. Autre exemple. Avant son élection, il a dit vouloir une république irréprochable. On voit qu'il prend des vacances aux frais d'amis milliardaires. Il répond mais ce n'est pas aux contribuables de payer mes vacances. Il y a pourtant une troisième solution: c'est qu'il paye lui même ses vacances! Cette question essentielle du conflit d'intérêt, personne ne lui a posé. Pour éviter de répondre, il s'est souvent comparé à ses prédécesseurs. Mais là encore, c'était purement dilatoire.
La majorité de la presse est très craintive. Complice. Les pôles de résistance sont rares. Les meilleurs amis de Nicolas Sarkozy sont à la tête des médias les plus influents (TF1, Europe 1, Paris Match, le JDD...), et ce réseau relationnel est durable parce qu'il résulte d'une longue construction. Son comportement avec les journalistes doit aussi être souligné. Il tutoie les journalistes. A la Garden party de Rachida Dati, j'ai entendu des collègues le tutoyer aussi. Si le président de la République n'impose pas la distance nécessaire, c'est le devoir des journalistes de le faire.
Dans la mesure où il est hyperactif, on est obligé de le suivre. On n'y échappe pas. Et je ne pense pas que la journée sans Sarkozy soit une solution... De même qu'on ne peut pas faire l'impasse sur sa vie privée. On l'a bien vu pendant la campagne électorale. Nous avions deux faux couples présidentiels. Les journalistes savaient que Ségolène Royal et François Hollande n'étaient plus ensemble, et que les retrouvailles de Nicolas Sarkozy et de sa femme étaient probablement factices. Ils ont donc joué la comédie... Est-ce que la presse a posé la question? Non. On élude en permanence les vraies questions de déontologie et d'éthique. »
«Je ne vois aucun avantage politique à l’exposition de sa romance glamour»
Mark Hunter. « Les tactiques de Nicolas Sarkozy ne sont pas nouvelles. Avant lui, Jack Lang, par exemple, qui s'inspirait d'ailleurs de Ronald Reagan, avait compris qu'en se concentrant sur l'action, on détournait l'attention des résultats. Nicolas Sarkozy a l'avantage de l'action, et il contraint les autres, en particulier les médias, à suivre. La différence tient dans le raffinement, dans l'implication dans le détail manifestée par Sarkozy et dans la réaction permanente. Il est intéressant de constater qu'il réagit aussi aux médias, en portant son attention sur ce qu'ils désignent comme important. En quelque sorte, il prend les médias à leur propre piège. Il lui reste à espérer que des résultats viennent. L'affaire Clearstream lui a permis de se présenter à l'élection présidentielle comme un outsider, voire un opposant, alors même qu'il partageait la responsabilité gouvernementale. Si la situation de l'économie, et tout particulièrement celle des banlieues continuent de se dégrader, on voit mal comment il pourrait échapper à ce bilan là. Alors qu'il annonce que les caisses sont vides, que le temps des largesses gouvernementales n'est plus de saison, on apprend qu'il a augmenté son salaire et le Parlement ne veut pas rendre ses propres privilèges. Je ne vois aucun avantage politique au spectacle de sa romance glamour, trois mois après un divorce caché, qui a suivi la remise en scène de sa vie de famille pour des raisons électorales. Se promener dans l'avion de Vincent Bolloré, dont on connait les intérêts dans les médias, n'est pas plus avisé. Sarkozy dit: je ne cache rien. C'est vrai, sauf le pourquoi de ses relations! On peut donc se demander quel est le sens et l'utilité de cette exposition médiatique. Nicolas Sarkozy risque fort de donner l'impression de s'occuper de son propre bonheur avant celui des gens de ce pays. A tort ou à raison, c'est d'ailleurs la conclusion que pas mal de gens semblent avoir déjà tiré.»
Mark Hunter est l’auteur de nombreux ouvrages d’enquête et d’un Que sais-je sur le journalisme d’investigation (PUF, 1997).
«Les questions gênantes n’ont pas été posées»
Katrin Bennold (International Herald Tribune). «Nicolas Sarkozy avait annoncé une rupture dans le style de l’exercice présidentiel. Et cette conférence de presse rompt avec le style de la monarchie présidentielle précédente, malgré le contexte d’hyper-présidence. Les journalistes n’auraient certainement pas posé les questions aussi personnelles à ses prédécesseurs… Dans le même temps, les questions n’ont pas été très difficiles sur l’agenda des réformes, qui est au cœur des interrogations. En France, il est rare que les questions gênantes soient librement posées à des conférences de presse. En Angleterre, la tradition inverse existe: celle de poser des questions difficiles tout le temps. C’est une dynamique très saine. Et les hommes politiques sont obligés de s’y soumettre.»
NOUVELOBS.COM | 14.01.2008 | 18:07
Pour faire reconnaître l'irrégularité de contrôles d'identité pratiqués en novembre dans le tribunal de Bobigny à la demande du parquet, une avocate vient d'assigner en justice la garde des Sceaux.
L'avocat de Houria Amari avocate du barreau de Bobigny, a annoncé lundi 14 janvier avoir lancé une requête au civil devant le tribunal de grande instance de Paris, vendredi par voie d'huissier, visant la garde des Sceaux Rachida Dati.
Houria Amari expose son sentiment d'avoir subi, le 14 novembre dernier, dans l'enceinte du tribunal, un contrôle "au faciès" de la part d'un policier CRS. Le contrôle avait été autorisé ce jour-là par une réquisition du parquet au titre de l'article 78-2 du code de procédure pénale pour rechercher d'éventuels porteurs d'armes, a expliqué à l'AFP le parquet de Bobigny.
"Acte de discrimination"
Les contrôles opérés au tribunal avaient pour "unique but d'interpeller les étrangers en situation irrégulière qui s'y rendent", accuse de son côté l'avocate, estimant que ce type de contrôles est "irrégulier" à trois titres.
Invoquant les articles 8 et 16 de la déclaration des Droits de l'homme, elle fait notamment valoir qu'il s'agit "d'une violation du droit d'accès à un juge" pour des sans-papiers qui seraient convoqués au tribunal. Houria Amari estime aussi que la justification du contrôle n'est pas établie, et qu'enfin, ce contrôle est "constitutif d'un acte de discrimination". Elle demande 50.000 euros de dommages, qu'elle s'engage à reverser à une association d'aide aux étrangers, et l'interdiction des contrôles.
Article 78-2
Le parquet de Bobigny a expliqué à l'AFP que le procureur de la République prenait "quelques fois dans l'année" des réquisitions en vertu de l'article 78-2 "lorsque des éléments font craindre des troubles à l'ordre public dans l'enceinte du tribunal", notamment "en cas de procès sensibles de violences urbaines". "Elles valent pour le tribunal et les rues avoisinant", a ajouté le parquet.
"Jamais des poursuites n'ont été engagées contre des sans-papiers suite à ces contrôles", a assuré le parquet. Mi-novembre, le contrôle "visait à rechercher les auteurs d'infractions de port ou transport, sans motif légitime, d'armes de 1ère, 4e et 6e catégorie", a-t-il précisé. Le même jour, des militants de gauche proches du Collectif pour les droits des sans-papiers de Montreuil, venus soutenir un camarade jugé devant la 17e chambre, avaient dénoncé "des contrôles au faciès de blancs" de la part des CRS, présents au nombre d'une vingtaine.
Plusieurs parquets d'Ile-de-France interrogés ont expliqué qu'ils ne délivraient pas de réquisitions 78-2 valant pour l'enceinte de leurs tribunaux, se contentant, ont-ils expliqué, de demander parfois des contrôles aux abords. (Avec AFP)
L’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence a restreint pour les journalistes l’accès aux conseillers et aux ministres juge Axel Krause, secrétaire général de l'association de la presse anglo-américaine à Paris, journaliste au Transatlantic Magazine. « C’est une stratégie de communication qui vise à contrôler l’accès aux sources » analyse-t-il. Il révèle que le président de la République se serait plaint des médias allemands auprès de l’ambassade d’Allemagne à Paris. Longtemps rédacteur et correspondant de l’International Herald Tribune, Axel Krause était présent à l’hyper-conférence de presse de Nicolas Sarkozy le 8 janvier.
Axel Krause: «La conférence de presse de Nicolas Sarkozy m’a rappelé une des dernières conférences de presse du général de Gaulle à laquelle j’ai assisté, en arrivant à Paris. Les questions étaient plus ou moins organisées. Peut-être secondaires. Les collaborateurs de Nicolas Sarkozy donnaient l’impression de tendre le micro à certains journalistes. A mes yeux, quelques questions étaient insuffisamment préparées. Et il n’y a pas eu de follow-up, de reprise des questions. J’ai trouvé le style du Président parfois arrogant. Sur les 35 heures et l’Europe, il a laissé beaucoup de questions en suspens.
Sa stratégie privilégie la communication plutôt que l’information, avec la complicité des médias français. L’Elysée considère les médias étrangers comme beaucoup plus critiques. Selon des confrères journalistes allemands, le président français s’est plaint devant l’ambassadeur d’Allemagne de la façon dont les médias allemands traitaient la politique française. On a vu aussi la manière dont il a brutalement interrompu l’interview de Sixty Minutes lorsque la journaliste de CBS lui a posé une question sur sa vie privée qui, pourtant, faisait les une des journaux.
Les journalistes essayent de faire leur travail mais ont un accès plus restreint aux conseillers des ministres et à ceux de l’Elysée depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Il y a peu de fuites. Les ministres sont très contrôlés et leurs collaborateurs aussi. Ils privilégient les interviews radio ou télé au détriment des points presse. C’est une stratégie de communication qui vise à influencer l’orientation des articles en contrôlant l’accès aux sources. Et qu’est-ce qu’un journaliste sans accès à ses sources?
Par ailleurs, la proximité de l’actuel président avec l’actionnariat de certains médias pèse son poids. Un contrôle s’exerce. J’ai été interviewé au sujet de la conférence de presse par une télévision: ils n’ont gardé que les aspects positifs de ma déclaration. Aujourd’hui, les rapports entre les journalistes français et leur Président sont beaucoup plus difficiles qu’avec Chirac qui était plus décontracté par rapport à l’information. Avec Nicolas Sarkozy, on a presque un événement par semaine qui évoque The West Wing, cette série américaine sur la Maison Blanche. La semaine dernière, Tony Blair s’est rendu à l’UMP. Pour Sarkozy, c’était un événement. Il y a un calendrier d’événements, qui n’aurait pas de sens sans le suivisme de la presse et des médias. Mais le sujet de la vie privée, on l’a vu, est un sujet à double tranchant, puisque l’opinion semble désormais y porter moins d’intérêt qu’aux questions économiques et sociales.»
Avec ça, on va finir par se mettre sur la tronche sur la situation. A titre personnel, une armée reconnue responsable du massacre de millions de chinois qui, bizarrement, veillerait sur la virginité des jeunes filles rencontrées, j'y crois vraiment modérément...Le 1 mars 2007, le premier ministre Shinzo Abe, se prononçant sur le projet de résolution d'appui aux victimes présenté au Congrès américain, a nié l'implication de l'armée shôwa dans l'enlèvement physique des femmes en déclarant «Le fait est qu'il n'y a pas de preuve qu'il y avait eu usage de contrainte». Le député Nariaki Nakayama a quant à lui fait valoir qu'on « peut comparer ces bordels à des cafétérias dirigées par des compagnies privées qui recrutent leurs propres employés, offrent la nourriture et fixent leurs prix. Mais affirmer que les femmes ont été contraintes par les militaires japonais en service est à côté de la coche. Ce dossier doit être reconsidéré, pour le bien de l'honneur du Japon. ».
NOUVELOBS.COM | 15.01.2008 | 13:56
"Comment fonctionne le couple exécutif ? Très bien", a ainsi lancé le Premier ministre, enchainant questions et réponses. "Je vous assure, on arrive à la fin. Sauf si vous avez encore des questions", a-t-il ironisé, sans laisser les journalistes intervenir.
Le Premier ministre François Fillon a innové, mardi 15 janvier, lors de ses vœux à la presse. Il n'a pas répondu aux questions des journalistes mais a posé lui-même à la fois les questions et les réponses.
"Comment fonctionne le couple exécutif? Très bien", a ainsi lancé François Fillon.
Le Premier ministre s'est exprimé de la même façon sur les dossiers qu'il a souhaité mettre en avant, de la baisse au pouvoir d'achat à la réforme du marché du travail.
"Je vous assure, on arrive à la fin. Sauf si vous avez encore des questions", a-t-il ensuite ironisé, sans laisser le temps aux journalistes d'intervenir.
"Etes-vous un Premier ministre heureux", s'est-il demandé pour terminer son allocution, avant de répondre à la salle: "Oui, quand je suis avec vous."
L'intervention du Premier ministre a été saluée par des applaudissements.
Oui j'suis con, j'avais raté le truc sur les cadres, cela m'avait déjà pas mal fait tiquer ... Bon bah Ignigin à dans 7 mois et 3 semaines alorsKõjiro a écrit :Ce sera 7 mois et 3 semaines désormais (vu qu'il est sans doute cadre Inigin).
Le pire c'est que FO cautionne cet accord par sa signature (parce que l'accord n'avait pas besoin de FO, soyons clair CFTC+CFG-CGC+ (évidemment) CFDT aurait suffi). Accord qui est une resaucée, sans le dire, des contrats CNE tout en "assurant" que le CDI est la norme. Cette bonne blague ...Idem, il y a quelques avancés mais vraiment mineures relativement aux concession faites au patronat. La contrepartie des gains de "flexibilité" est vraiment faible. En outre comme tu le dis le problème c'est que ça va juste accroitre la vitesse de rotation de l'emploi pas en créer. Donc la pression sur les salariés restera la même et les principaux problèmes économiques resteront en l'état.
Facile, il ne voulait pas s'encombrer à éluder les questions des journalistes, et comme de toute façon le gouvernement a un blanc sein des journalistes quant aux questions lui étant posées, ça ne posera pas de problème, c'est même un service qu'il leur rend...Sinon, z'avez compris quelle mouche l'a piqué vous ?
La délibération de la HaldeLa Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité s'oppose notamment à "l'identification par les empreintes génétiques des enfants entrant sur le territoire dans le cadre du regroupement familial". Elle demande à être consultée sur les décrets d'application de la loi.
La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité juge "discriminatoires" plusieurs dispositions de la loi relative à la maîtrise de l'immigration, et notamment les tests ADN.
La Halde considère, dans un communiqué publié mardi 15 janvier, que les dispositions en cause "méconnaissent des directives européennes ou des conventions internationales auxquelles la France est partie". Elle évoque notamment "l'identification par les empreintes génétiques des enfants entrant sur le territoire dans le cadre du regroupement familial", les tests ADN.
Obligation de quitter le territoire
La Halde cite aussi "les conditions de ressources exigées pour les personnes handicapées qui demandent le regroupement familial", "la suspension des prestations familiales en cas de non-respect du contrat d'accueil et d'intégration", "la non-motivation de la décision d'"obligation de quitter le territoire français" (OQTF) après un refus ou un renouvellement de titre de séjour" et "l'exigence d'une autorisation spécifique pour les étrangers résidents de longue durée souhaitant exercer une profession commerciale".
Gisti
La Halde précise qu'elle a été saisie par le Gisti (Groupe d'intervention et de soutien aux travailleurs immigrés) sur la loi relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile, publiée le 21 novembre au Journal officiel.
Le collège de la Halde a transmis sa délibération au Premier ministre et au ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement Brice Hortefeux et a demandé à être consulté sur les décrets d'application de cette loi.
Lisez la suite ça en vaut la peine.En premier lieu, le Collège regrette vivement que la haute autorité n’ait pas été consultée par le Gouvernement sur ce projet alors que certaines de ses dispositions relevaient d’une consultation obligatoire en application de l’article 15 de la loi n°2004-1486.