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par Pénombre » 09 oct. 2007, 21:44
dans le privé, les choses se règlent généralement au niveau de l'entreprise, ou de la branche. Le syndicat n'a pas forcément un poids monstrueux mais les batailles sont plus souvent à sa portée. Quand tu te bats pour quelque chose, tu le vois directement (dixit mon beau-père et ses 35 ans de syndicalisme à la Société Générale).
dans le public, tu as de grosses centrales mais une bonne partie des trucs sont déjà vérouillés : tu ne discutes pas sur les salaires, ni sur les conditions de carrière, ni sur un tas d'autres choses à moins de vouloir lancer un mouvement national et de mobiliser de manière appréciable dans cette tentative.
De même, dans le privé, si tu as un conflit personnel avec ton employeur, soit tu as affaire à lui (PME/PMI), soit ça se termine au niveau d'une direction locale. Plus rarement au niveau du groupe. Ton employeur s'il est de mauvaise foi peut essayer de te débarquer ou te forcer à partir, voire t'offrir une mutation à caractère trop contraignant pour que tu l'acceptes. Le résultat c'est que tu peux te retrouver à la recherche d'un nouveau job. Dans les toutes petites structures, les syndicats ont très peu de poids et généralement, tu te retrouves avec eux le jour ou tu dois aller aux prud'hommes ou pour ton entretien de licenciement, ou suite à un avertissement écrit (je parle du Conseiller du Salarié auquel tu as légalement droit mais il y a très peu d'employeurs qui veulent t'aider à t'en souvenir...).
Dans le public, ton employeur c'est l'état ou la collectivité territoriale. Déjà, faut franchir la barrière de ton supérieur hiérarchique, ensuite faut que ça se règle dans les commissions idoines et après arbitrage la plupart du temps. Si le problème n'est pas jugé important (genre c'est une affaire de personnes ou un truc purement local), on a tendance à préférer calmer le jeu et t'inciter à demander ta mutation ailleurs. Après tout, si t'es pas content ici, tu sais bien que t'as une place autre part.
Si tu es un gros cynique, tu refuses et tu te mets en maladie, ce qui t'arranges peut-être toi mais ni le système, ni tes collègues. Pis ça arrange pas le syndicat qui t'as défendu non plus parce que les autres se privent pas de rappeler qu'ils ont aidé un branleur. Mais bon, chaque chapelle fait de même....
Et si certains fonctionnaires sont coutumiers du fait, la plupart d'entres nous finissent par se plier à l'usage et vont faire un tour ailleurs. Le résultat, c'est que tu débarques avec une réputation déjà faite (je sais que le respect à la vie privée dans le privé est loin d'être respecté en matière d'antécédents professionels mais dans le public, quoi que tu fasses dés que tu as l'air de rappliquer avec un passif tout le monde le sait dans ton nouveau service avant même que tu te sois présenté... c'est vraiment totalement institutionnel et à certains endroits, les langues de putes par vocation sont tellement nombreuses et actives que tu te croirais jour de marché). La plupart du temps, tu finis par t'y faire mais on oublie que ça génère une tranche de salariés qui se retrouvent poussés de mutation en mutation avec une réputation bien établie (et pas toujours véridique) d'emmerdeurs. Ca t'empècheras assez souvent d'arriver aux postes sympas pour ton grade et on te filera très souvent la merde dont personne ne veut, ce qui n'améliorera pas vraiment ta situation et ton comportement...
Disons que dans le public, les fonctionnaires branleurs ou incompétents ne le sont pas toujours en arrivant dans leur premier poste. On aime les fabriquer sans déranger des gens assez bien placés pour continuer à faire du dégat et tous ministères confondus, tu as donc des services ou des établissements dont la réputation est bien établie comme casse-gueule.
Par contre, oui, tu gardes le bénéfice de l'emploi. Tout au moins en France... en Sarkozie, j'attends de voir.