Tentant... Impraticable, mais tentant.Doji Satori a écrit :Il faut voter une loi pour fermer les boites de nuit ?
Modérateurs : Magistrats de Jade, Historiens de la Shinri
Ah tiens, je serai pas contre moi.Doji Satori a écrit :Et ?Kyorou a écrit :Ouaip, et la mentalité c'est "on veut pas d'immigrés dans les boîtes de nuit". Communautarisme rulez.Doji Satori a écrit :La loi ne fait pas changer les mentalités, jamais. Elle ne fait que de s'adapter aux mentalités, à l'évolution des moeurs et de la société.
Il faut voter une loi pour fermer les boites de nuit ?
OK. Fermeture de toutes les boites de nuit en France.Ding On a écrit :Ah tiens, je serai pas contre moi.
Peut être qu'il y a moyen de trouver un juste milieu.Doji Satori a écrit :OK. Fermeture de toutes les boites de nuit en France.Ding On a écrit :Ah tiens, je serai pas contre moi.
Et pour contrer les 80 % d'entreprises pratiquant la discrimination à l'embauche, on rend l'employeur responsable des salariés sous sa responsabilité ?
Que ce soit un excès de vitesse, les propos tenus à un client etc ?
Votre nounou fait un excès de vitesse en ramenant vos gamins de l'école, c'est vous qui payez. C'est normal, c'est vous qui lui avez donné la consigne orale de faire vite.
ne comparons pas les causes et les conséquences. Ce dont tu parles et qui se produit de plus en plus souvent est une conséquence. Elle est entres autres typique d'une certaine conception de la société qui fait fureur aux states et en angleterre depuis des décennies : tu crées la ghettoisation et après tu reproches aux gens dans leurs ghettos de ne pas y admettre ceux de l'extérieurGoju Kaze a écrit :Ce qui est le pire, c'est quo'n en arrive à l'effet inverse, des boites ou les "blancs" ne rentrent pas. La question est : Est ce que là la discrimination serait reconnue?
juste en passant, je ne suis pas non plus persuadé du 80% pour une raison un peu idiote : la discrimination se fait en amont de l'emploi. Même si les choses ont quand même bien progressé en une vingtaine d'années, il reste que les professions les plus qualifiées sont encore majoritairement monopolisées par des gens issus de milieux aisés et que la majeure partie de ces gens là sont blancs (et je crois pas qu'on soit le pays ou la situation est la plus criante en plus, à cet égard)Doji Satori a écrit : Bref, si effectivement 80 % des employeurs pratiquent la discrimination à l'embauche, ce n'est que le reflet de la société française et rien d'autre.
Je suis convaincu qu'elle évolue vers le mieux jour après jour encore faut-il que l'emploi se porte mieux afin réduire dans les faits la discrimination.
En attendant, il n'y a rien d'autre à faire que d'en parler et d'adopter un comportement citoyen, la société est composée d'un ensemble d'individus ...
«Yacht Story», première
Par Daniel SCHNEIDERMANN
QUOTIDIEN : vendredi 11 mai 2007
Donc, il aura fallu vingt ans. Vingt ans de télévision privée en France, pour que l'esthétique, les valeurs, les mythologies, les vedettes, le mode d'effraction de la télévision privée finissent de se confondre avec ceux de la politique, s'installent au sommet de l'Etat, et inaugurent un «Yacht Story» inattendu et discordant (palace mais jean, yacht de soixante mètres mais karaoké), dont l'effet de souffle n'est pas sans rappeler l'apparition du Loft Story de M6.
Le casting ? Il n'y a que l'embarras du choix. Voyez Arthur (ancien producteur du Loft), Steevy (ancien candidat du Loft), Bigard, Clavier, Reno, Villeneuve, à côté du président élu, sur ses tribunes, dans ses meetings, prêts à tout pour être dans le cadre : ce sont les visages des émissions qui font frissonner, des films familiaux du dimanche soir, des concerts-événements au Stade de France. Rien que du majoritaire, de l'écrasant, du fracasseur de records, de l'installé au sommet du podium, de l'exceptionnel. Voyez cette faune se mêler aux futurs ministres, comme sur les plateaux des samedis soirs de TF1. Voyez-la, dans la nouvelle hiérarchie enfin assumée sans complexes, écraser les vieux politiques rasoirs et poussiéreux. Voyez Fabius, par exemple, au soir de la défaite de Royal, interrompu sur TF1 parce que nous avons Johnny à l'instant même, chers téléspectateurs, il sort du Fouquet's, et nous n'allons tout de même pas rater sa première réaction ! (Alors qu'aucune chaîne ne diffuse en direct la réaction de François Bayrou, arrivé troisième à la présidentielle. Retourne donc dans ton Béarn, Bayrou !)
Les mythologies ? Elles se bousculent. Le petit garçon triste des beaux quartiers ( «Je suis parti de rien, j'étais au fond de la salle, rien ne m'a été donné» ) devenu ce chef exigeant de «la firme», qui recrute les meilleurs, paie grassement, et n'admet pas l'erreur. Les yachts, jets privés, limousines scintillantes, copains milliardaires et grands hôtels, et jusqu'à cette épouse fantasque qui s'épuise à ressembler à Jackie : c'est toute une imagerie néokennedyenne de la presse de papier glacé que convoquent les premiers jours du président élu.
Le langage ? Ecoutez cette rhétorique unique qu'il va bien falloir apprendre à déchiffrer, ce mélange d'émotion dans la confidence ( «j'ai changé» ), de compassion (je serai toujours aux côtés des «accidentés de la vie» ), d'effronterie ( «je ne m'excuserai pas» ), d'impudeur, d'insolence et de sincérité provocante ( «pas seulement quand je me rase» ). Ecoutez cette voix de tueur et d'enfant étonné.
Les valeurs ? La télé, là encore. La juste récompense des efforts et du travail (TF1 et sa Star Ac). La vitupération de l'impôt (Pernaut et son «Combien ça coûte ?» ). La plus extrême sévérité s'appliquant aux tricheries des humbles (Villeneuve et ses recyclages périodiques de la «France qui triche» ) plutôt qu'à l'incivisme des autres (Johnny sanctifié, et rentrant triomphalement en France sur le pavois du bouclier fiscal). Le culte du succès pour le succès, et de l'audience comme fin unique (les pages de pub annuelles dans la presse, pour célébrer les plus grosses audiences).
Reste l'essentiel : le mode d'effraction du sarkozysme présidentiel, la manière dont tout ce cortège s'impose dans les salons et dans les têtes les plus réfractaires. Cette technique, c'est la transgression. Le sarkozysme s'impose par l'effroi et le choc, aussitôt autosoulignés par le sauvageon. «Oui, j'ose parler de nation !» «Oui, j'ose dire qu'un voyou est un voyou !» «Oui, j'ose le palace, le jet privé et le yacht !» La transgression «décomplexée», la rupture avec la «bienséance» habituelle. Toute réserve est condamnée d'avance : la transgression se nourrit de l'approbation populaire contre l'effroi des élites. Qu'on se souvienne de l'apparition foudroyante du Loft et du haut-le-coeur polyphonique devant tant de vulgarité affichée : c'est ce haut-le-coeur qui assura le succès durable de l'émission. La transgression a besoin de cet effroi, de la levée de boucliers des vertueux. Aussitôt qu'elle a allumé l'incendie, regardez-la se parer de son innocence effarouchée. Pourquoi devrais-je m'interdire de parler de nation, d'identité nationale ? Pourquoi devrais-je m'interdire d'appeler un voyou un voyou, et de dormir au Fouquet's ? Pourquoi devrais-je m'interdire de me reposer quelques jours avec ma famille dans mon yacht avec karaoké ? La transgression qui ne semble avoir pour but que de faire la une. Hier, des médias nationaux, et demain, si possible, celle de Time et de CNN.
Sarkozy a-t-il construit sa mythologie en regardant TF1 ? Ou bien est-ce TF1 qui, en vingt ans, a préparé le public à l'avènement de Sarkozy ? Insoluble question de l'oeuf et de la poule. Peu importe. Le spectacle est désormais à l'Elysée, comme le pouvoir était à la télé. Les deux lieux se confondent, et sont interchangeables.
PS : Pendant ces longues journées d'installation de la nouvelle mythologie se faufila à la fin des JT une mince silhouette. Laure Manaudou filait en Italie, à l'anglaise, vivre auprès de l'homme qu'elle aime. Nul ne connaît les sympathies politiques de Laure Manaudou. Mais cette évasion amoureuse de la championne, même muette (ou parce que muette ?) apparaissait déjà comme une sorte de dissidence.