Kyorou a écrit :Goju Kaze a écrit :Le smic il pourrait être à 10000 euros net, si tout le reste des prix est à l'avenant, ça n'y changera rien (enfin si, ça fera de facto augmenter le coût du travail).
On parle de 1500€ brut ou net ? Actuellement, il est à combien ?
A part décourager les entreprises de s'installer en France, je vois pas trop ce qu'elle espère en montant le smic...
1500 brut sur 5 ans au pire et si possible avant. Voilà le "programme". C'est un voeux a minima en fait vu que c'est grosso modo le trend de croissance constaté sur les 5 dernières années. Cela dit sur les 5 dernières années il y a eu aussi les rattrapage de manière regrouper les différents smics en un seul. C'est la principale critique de la gauche de la gauche qui dit que c'est largement insuffisant.
Bon pour complexifier un peu le truc quand même.
Accroitre le smic comme le faisait remarquer Kaze en soi ça veut pas dire grand chose. Plus que de pouvoir d'achat lié à l'inflation je parlerais aussi de politique fiscale. Quand, comme sous la droite, on diminue les impôts progressif comme l'impôt sur le revenu pour augmenter les autres impôts on diminue de facto le pouvoir d'achat des catégories à bas revenu. Donc avec une politique fiscale différente une même augmentation du smic aura un résultat en terme de revenu disponible plus intéressant.
Ensuite, il faut arrêter de penser que systématiquement quand on accroit les salaires on plombe directement l'économie par le renchérissement du coût du travail. Là aussi ça dépend de la politique fiscale vis à vis des entreprises. En ensuite ça accroit la demande. Surtout sur les bas salaire qui vont consommer tout de suite cet accroissement de revenu.
Depuis des années on essaie de nous faire croire que la politique de soutien de la demande ne fonctionne pas et que par conséquent il faut plutôt favoriser l'investissement. C'est pour ça qu'on baisse les impôts des plus riches et qu'on diminue les charges. Or depuis 20 ans ces empilements de mesures n'ont servi qu'à nourrir les marges des grandes entreprises qui les réinvestissent en placements financiers... De même pour les particuliers, les baisses d'impôts ne servent qu'à nourrir la spéculation financière ou immobilière ou encore la demande de produits importés et n'aident en rien les pme.
A l'inverse la politique du gouvernement Jospin, bien qu'imparfaite pour différente raisons, avait joué sur la demande. Résultat : baisse du chômage, croissance plus forte que la moyenne européenne tout en maitrisant le déficit et en baissant la dette, et en ayant des comptes sociaux équilibrés. La droite arrive, flingue tout ce bazar, complètement "archaïque économiquement" et pouf retour au taux de chômage des années précédentes, gonflement de la dette, comptes sociaux dans le rouge... Ce n'est qu'en 2006 que le gouvernement Villepin se décide à refaire du contrat aidé (une des manières de soutenir la demande) et hop retour (avec les magouilles que l'on sait) au taux de chômage de 2002... Et hop 5 ans pour rien sur ce domaine. Mais au passage on aura quand même réussi à refaire exploser l'endettement, à mettre les comptes sociaux dans le rouge et, comble de l'ironie, à accroître le taux global de prélèvement en France...
Le dogmatisme économique aujourd'hui est à droite, pas à gauche. Que la gauche se soit lachée et n'ait pas réussi complètement son pari, ok. Mais je préfère une demi victoire améliorable à un échec total. Sans compter que, cf l'accroissement du taux de prélèvement, les inégalités ont été largement creusé vu que l'on a désséré la pression fiscale sur les "riches" pour la reporter sur les "pauvres"...
En enfin, pour revenir sur cette histoire de coût du travail. Actuellement la France a la main d'oeuvre la plus productive d'Europe ou presque (on doit être deuxième si je me souviens bien), il n'est donc pas illogique que le coût du travail soit rémunéré en fonction...