Actualité politique et sociale 2007

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Hida Ichi
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Message par Hida Ichi » 08 mars 2007, 23:47

Cela fait longtemps que je n'étais pas intervenu mais je le fais car je voulais exprimer mon opinion sur les excès des sondages.

Il me semble qu'en 2002 après s'être lamentablement, les sondeurs s'étaient flagellés pendant des semaines avec des orties, car ils n'avaient pas su prévoir les résultats du 1er tour, et que tout le monde avait dit "haro sur les sondages", et là on nous bassinent encore et encore...
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Banshee
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Message par Banshee » 08 mars 2007, 23:52

les sondeur on la memoire courte.
et c'est loin d'etre les seuls.
j'en connais qui ont oublier qu'ils etaient la juste pour que ce soit pas l'autre, pas pasque le peuple avais voté pour eux...
"le fait de ne rien faire n'est pas forcement antinomique avec le travail"

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Message par Kakita Inigin » 09 mars 2007, 08:09

faut bien qu'ils mangent.
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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 09 mars 2007, 09:25

En fait en 2002, ce sont les analystes qui se sont flagellés ou auraient du le faire. Parce que les sondages n'étaient pas plus mauvais qu'avant et aussi représentatifs de ce qu'ils mesuraient qu'ils le pouvaient. Le problème vient plutôt d'une mauvaise lecture et d'une encore plus mauvaise "pédagogie" de lecture vis à vis du grand public. J'hésite d'ailleurs entre incompétence et manipulation dans ces cas là... Sans doute un peu des deux.
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Kyorou
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Message par Kyorou » 09 mars 2007, 09:41

Banshee a écrit :les sondeur on la memoire courte.
et c'est loin d'etre les seuls.
Je dirais surtout que ce sont les journalistes qui ont autant de mémoire qu'un poisson rouge. Les instituts de sondage font leur boulot correctement mais ce sont ceux qui transmettent l'info qui n'ont aucune rigueur.
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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 09 mars 2007, 10:36

Tiens j'avais laissé passer ça :

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=18933
Une campagne médiatique aux ordres de Nicolas Sarkozy ?

Après les propos de Ségolène Royal dénonçant les "conglomérats de la finance et des médias" qui, pour la candidate socialiste, soutiennent Nicolas Sarkozy, analysons de plus près la relation entre le candidat UMP et ces conglomérats.

La campagne présidentielle 2007 en France a commencé très tôt. Dès la fin de l’été 2006, l’attention était portée sur l’éventuel(le) candidat(e) du Parti socialiste, force politique de premier ordre. Dès la désignation de Ségolène Royal à l’automne 2006, la population connaissait le nom des autres principaux candidats bien que pas toujours déclarés officiellement : Nicolas Sarkozy pour l’UMP, François Bayrou pour l’UDF, Jean-Marie Le Pen pour le FN.

Michel Rocard a sans doute raison de considérer comme perdue une campagne commencée trop tôt. Elle l’est en termes qualitatifs (pour le moment). Et si nous ne connaissons rien du résultat de mai prochain, nous pouvons craindre les pires éventualités. Par ailleurs, les instituts de sondages qui annoncent des 28 à 35 % des voix au premier tour à l’avantage des deux principaux protagonistes sont à prendre avec prudence.

Les médias ne semblent pas respecter cette circonspection et sont largement demandeurs de ces « prévisions » alors que l’élection est encore très éloignée.

Il faut dire que, depuis quelques semaines, ces sondages sont plutôt favorables au candidat de la droite sortante. Leur publication va dans son sens et il ne cache pas son intérêt pour ces statistiques très relatives. Dernièrement, le ministre de l’Intérieur, président de l’UMP et candidat, a donc commenté avec enthousiasme un sondage qui ne devait paraître que plusieurs jours plus tard.

Cela est facile lorsqu’on a accès aux résultats avant tout le monde, grâce à quelques amitiés journalistiques, mais également grâce à quelques relations de proximité entretenues avec... les dirigeants de ces instituts de sondage (pour exemple, rappelons que Laurence Parisot est la dirigeante de l’Ifop). Ce qui en dit long sur leur crédibilité.

Pourtant, la presse, mais aussi la télévision, la radio et leurs relais sur Internet ne se lassent pas de diffuser ces chiffres (parfois sur le second tour : ce qui a encore moins de sens), sans aucun avertissement quant à leur pertinence éventuelle. Cette diffusion peut toutefois se voir bloquée, dès lors que les résultats ne sont pas satisfaisants pour le candidat UMP. Le directeur de la rédaction de La Tribune a ainsi fait empêcher la publication d’un sondage qui avait le tort de placer la candidate socialiste en tête pour « résoudre les problèmes économiques et sociaux de la France »[1].

Mais la complaisance des médias (en tout cas de la part de leurs dirigeants, les journalistes tendant au contraire à s’opposer de plus en plus à ce genre de bienveillance) vis-à-vis du chef des renseignements généraux, de la DST et des polices de ce pays, ne se limite pas à ce genre de diffusion.

Comme M. Silvio Berlusconi, Nicolas Sarkozy est bien déterminé à contrôler l’opinion grâce à un mélange de marketing politique, d’intérêts croisés avec la presse et l’édition, et de mainmise directe ou indirecte sur le paysage audiovisuel. Pour autant, cela n’a pas suffi au « Cavaliere » de prolonger son mandat en avril 2006, et sa défaite a porté un coup au système clanique italien. Rappelons aussi qu’un an plus tôt, en France, le référendum sur le traité constitutionnel européen établissait qu’il ne suffisait pas de disposer de la quasi-totalité de l’espace médiatique pour convaincre une majorité de citoyens.

L’élection présidentielle 2007 va donc permettre d’apprécier si ce laborieux travail de domestication des médias de la part du candidat UMP ne finit pas, malgré tout, par se révéler payant.

Comme le rappelle Marie Bénilde du Monde diplomatique[2] : « N’est-ce pas ainsi que certains ont interprété la réélection à la tête de l’Etat de M. Jacques Chirac en 2002, sur fond de campagne de presse matraquant le thème de l’insécurité ? » M. Sarkozy dispose d’un atout spécial. Jamais dirigeant politique français n’a bénéficié autant que lui de l’appui des patrons de presse.

Aujourd’hui, on le constate, toute phrase de Ségolène Royal, même sans importance, est transformée en prétendue « bourde » et relayée par l’ensemble des médias. Du côté du ministre-candidat, peu importe qu’il se trompe ou qu’il se contredise, dès lors que nul ou presque dans la presse ne le souligne (ce qui est le cas). Si on ne pardonne pas à Mme Royal d’avoir des sympathies pour la souveraineté du Québec, personne n’ose interroger le candidat se disant parfois « gaulliste » (sic) sur son atlantisme... N’a t il pas trahi son propre gouvernement à l’étranger sans que personne ne s’en émeuve ? Même traitement différencié sur le patrimoine. Alors que tous les médias relaient un e-mail anonyme accusant sans fondement le couple Royal-Hollance de fraude fiscale, on peut s’étonner de la facilité avec laquelle la presse à accepter l’idée selon laquelle cet homme fortuné ne paie l’ISF que depuis un an.... Comme le souligne un journal... suisse (Le Courrier[3]), « qu’il ait refusé d’exhiber sa déclaration d’impôt -contrairement à Mme Royal- n’a pas empêché la presse de croire en ses saintes paroles. »

Il y a pire. Aux Etats-Unis, lorsqu’un responsable gouvernemental avait été accusé d’espionner ses rivaux, cela avait donné le Watergate et la démission du président Nixon. En France, aujourd’hui, avec l’espionnage de Mme Royal, de son entourage, et le suivi de bien d’autres citoyens par les RG dirigés par le ministère de l’Intérieur, « cela vaut trois entrefilets, vite enterrés sous des tombereaux d’ordures », note le même journal. Loin de démissionner, M. Sarkozy compte rester aux commandes jusqu’à la mi-mars 2007, soit seulement un mois avant le scrutin (notons par ailleurs qu’il n’y a pas lieu de comparer à Lionel Jospin, qui était en cohabitation avec le président Jacques Chirac, son adversaire).

D’ici là, Nicolas Sarkozy compte bien tout organiser et imposer son image. On pense d’ailleurs à un vrai culte de la personnalité, tant il apprécie et encourage la publication de ses photos.

Mais les dix couvertures que Le Point lui a consacrées en vingt mois (contre quatre à Ségolène Royal), ou ce Nicolas Sarkozy en majesté à la une de Paris Match - « Un destin en marche » - ne lui suffisent pas.

Alors France 2 a fait un effort pour le satisfaire, avec, comme l’a appelé Le Nouvel Observateur[4], un « Sarkothon » (« A vous de juger », pour le vrai titre) de près de trois heures. Programmé juste avant que les règles du CSA n’empêchent de donner autant de temps à un seul candidat. Déjà, après les émeutes en banlieue de 2005, Sarkozy avait eu droit à une émission spéciale mettant en scène des contradicteurs qui ne risquaient pas de le mettre en difficulté.

Egalement, M. Sarkozy apprécie le « tape-à-l’œil » et veut faire croire qu’il agit sur le terrain. C’est pourquoi, par exemple, on a pu voir, en ouverture de tous les journaux télévisés de fin septembre 2006, un montage vidéo montrant 220 policiers faire une descente dans la cité des Tarterêts pour arrêter douze personnes (plus de dix-huit agents pour un individu) suspectées d’avoir tabassé deux CRS.

Trois jours plus tard, le « guet-apens » invoqué au début est récusé par les enquêteurs et sept des douze personnes arrêtées sont disculpées. Jean-Pierre Pernaut, sur TF1, l’expédiera en huit secondes exactement et Patrick Poivre d’Arvor attendra sept jours -à l’occasion d’une autre descente- pour l’évoquer.

L’intérêt de cumuler les mandats est ici intéressant : quand ce n’est pas le ministre d’Etat ou le ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire qui fait l’actualité, c’est le président de l’UMP ou le candidat à la présidentielle. Plus localement, ce peut être le président du Conseil général des Hauts-de-Seine.

Le soutien massif des médias, Nicolas Sarkozy le travaille. Il a le tutoiement facile avec les journalistes, leur fait parfois la bise, leur donne de l’importance, répond à leurs appels avec l’aide de trois communicants (dont Franck Louvrier) qui peuvent parler en son nom, refuse rarement un entretien, leur sert des confidences, des petites phrases choc du genre « tel ministre est un con » et va même jusqu’à offrir des cadeaux, comme des lecteurs MP3. Nul doute que le président de l’UMP cherche à créer une connivence avec ses interlocuteurs et ne fait pas de discrimination. Chacun a droit aux honneurs de la communication « sarkozienne », qu’il soit éditorialiste ou simple rédacteur, de droite ou de gauche. Vanessa Schneider, de Libération, confiait ainsi : « Il parle autant au débutant qu’au rédacteur en chef. Et il embarque toujours des journalistes lors de ses déplacements, déjeune avec un certain nombre de patrons de presse... Ça doit lui prendre énormément de place dans son emploi du temps. »

Comme le rappelle encore Marie Bénilde dans le Monde diplomatique[5], depuis une vingtaine d’années, l’homme s’est employé à construire un étonnant réseau d’influence dans les médias, au service de ses ambitions. Dans son épais carnet d’adresses d’amis influents dans la presse et l’audiovisuel, on remarque d’abord les familiers, comme Martin Bouygues, patron de TF1 (et LCI) et parrain de son fils, ou M. Bernard Arnault (La Tribune, Investir, Radio Classique), dont la fille Delphine se maria en présence de M. Sarkozy. Habitant Neuilly, MM. Bouygues et Arnault furent tous deux témoins aux mariages du maire de la ville.

En tant qu’avocat, ses relations professionnelles ont affermi des amitiés. Ainsi, M. Lagardère doit à M. Sarkozy le règlement, en 2004, du conflit d’héritage qui l’opposait à sa belle-mère Betty, lorsque l’homme politique et ancien avocat d’affaires avait, en tant que ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, la haute main sur l’administration fiscale. « On signe ton truc fiscal et on passe à autre chose », aurait dit le ministre, sitôt nommé à Bercy[6]. Décédé en 2003, Jean-Luc Lagardère avait lui aussi eu l’occasion d’apprécier, lors de la faillite de La Cinq en 1992, les conseils de l’associé du cabinet Claude-Sarkozy. Depuis, il est arrivé que le candidat UMP soit présenté par Arnaud Lagardère, patron de médias (Europe 1, Europe 2, RFM, Europe 2 TV, etc.) et du principal groupe de presse (Paris Match, Le Journal du dimanche, plusieurs quotidiens régionaux) et d’édition français, « non pas comme un ami, mais comme un frère » (avril 2005, séminaire du groupe Lagardère à Deauville). Ce soutien fut réaffirmé lors d’un meeting de M. Sarkozy (animé par le journaliste Michel Field). Stéphane Courbit, président d’Endemol France, producteur des émissions de Marc-Olivier Fogiel et de Karl Zéro, assistait également à cette réunion électorale.

De son côté, M. Serge Dassault (Le Figaro, Valeurs actuelles, L’Express) se souvient que l’actuel ministre de l’Intérieur a « démêlé » la succession de son père Marcel[7]. Et il n’ignore pas que M. Sarkozy est devenu un familier de son fils aîné Olivier, par ailleurs député UMP. Comme le souligne Marie Bénilde : « Il arrive que les rôles s’entrecroisent : proches de la famille, MM. Bouygues et Arnault comptèrent aussi au nombre des clients du cabinet d’avocats. Et puis, il y a les compagnons de route... cyclable. » MM. Bouygues et Arnault sont à nouveau du nombre, tout comme M. Jean-Claude Decaux, leader mondial de l’affichage urbain, et M. François Pinault, propriétaire du Point. Sans oublier Michel Drucker, animateur populaire de France 2.

Sa qualité de maire de Neuilly a aidé M. Sarkozy à la construction d’un tel réseau, qu’il entretenait pour favoriser son ascension politique. Sa ville, une des plus riches de France, compte près de deux mille cinq cents entreprises, et ainsi de nombreux patrons qui s’intéressaient à lui en voisins ou en simples administrés, à titre personnel ou professionnel. En 1985, Nicolas Sarkozy créa le club Neuilly Communication, lequel compte parmi ses membres Nicolas de Tavernost, président de M6, ou Arnaud de Puyfontaine, patron de Mondadori France (ex-Emap France, troisième éditeur de magazines).

L’actuel candidat UMP veille également à s’entourer de publicitaires, comme MM. Thierry Saussez, président d’Image et stratégie, Philippe Gaumont (FCB), puis Jean-Michel Goudard (le « G » d’Euro RSCG). Il fréquente enfin les grands annonceurs Philippe Charriez (Procter & Gamble) et Lindsay Owen-Jones (L’Oréal).

Marie Bénilde[8] rappelle encore qu’en juillet 1994, l’actuel président de l’UMP devint simultanément ministre de la Communication et ministre du Budget du gouvernement de M. Edouard Balladur, ce qui lui permit d’être à la fois le décideur politique et le pourvoyeur de fonds publics des grands groupes de médias.

Egalement, sa position de porte-parole du gouvernement, puis du candidat Balladur, entre 1993 et 1995, l’amena à rencontrer les hommes d’influence que sont Alain Minc et Jean-Marie Colombani (aujourd’hui dirigeants du Monde). A cette époque son « cercle » s’agrandit avec l’arrivée du sondeur Jérôme Jaffré, alors directeur général de la Sofres.

Nicolas Sarkozy connaissait déjà les « coups bas » et ceux de la campagne 2007 s’inspirent de ceux de la campagne 1995 contre Jacques Chirac alors qu’il soutenait Edouard Balladur. Ainsi, le 22 mars 1995, Le Monde titre en une : « M. et Mme Chirac ont tiré profit d’une vente de terrains au Port de Paris ». L’information émane de la direction du Budget chapeautée par M. Sarkozy.

Déjà, Nicolas Sarkozy s’appuie sur TF1[9]. Une de ses présentatrices, Claire Chazal, signe une biographie particulièrement élogieuse de M. Balladur (cette année, c’est Catherine Nay qui s’est chargée de faire une hagiographie de Nicolas Sarkozy[10] : elle est invitée sur tous les plateaux télé) tandis que M. Bouygues ouvre les portes de sa chaîne à celui qui passe déjà pour un vice-premier ministre. « Pour Martin [Bouygues], explique un observateur, Sarkozy est une espèce de maître à penser. Pour Sarkozy, Martin est une force. Leur duo est une association, une PME. Ce qui explique en partie pourquoi, pendant la campagne de 1995, TF1 est devenue "télé Balladur". Bouygues ne rendait pas service à Balladur, mais à l’un des lieutenants. »[11] Mais malgré ce soutien, ce fut un échec et Jacques Chirac remporta l’élection présidentielle face à Lionel Jospin.

Il découle de cette stratégie un temps de parole exceptionnel : par exemple, le matin sur Europe 1, Jean-Pierre Elkabbach lui octroie couramment vingt minutes supplémentaires d’entretien (ce fut encore le cas mercredi 31 janvier 2007) ; LCI, filiale de TF1, retransmet en direct ses vœux à la presse ; il fait la couverture de TV Magazine[12] (du jamais vu concernant un politique), ce supplément du Figaro diffusé auprès de cinq millions de lecteurs potentiels. « C’est le nouveau présentateur du JT de 20 heures », ironisait, il y a quelque temps, François Hollande, en guise de décompte des apparitions du ministre dans les journaux télévisés. Aucun homme politique n’a été, comme lui, trois fois l’invité de l’émission « 100 minutes pour convaincre » de France 2. Quant à sa relation avec son épouse, Cécilia, elle fait le bonheur de la presse « people » chaque fois qu’elle sert les intérêts du présidentiable, mais provoque l’autocensure, voire la censure, sitôt qu’elle cesse d’être à son avantage. Ainsi, lorsqu’une journaliste de Gala, Valérie Domain, décida en 2005 d’écrire un livre qui n’agréait pas M. Sarkozy, Entre le cœur et la raison, l’éditeur -M. Vincent Barbare- fut convoqué Place Beauvau. Après la publication de photos « compromettantes » de Cécilia Sarkozy, Alain Genestar de Paris Match fut remercié[13].

Comme le relève l’enquête du Nouvel Observateur menée par Claude Soula et Véronique Groussard[14], Nicolas Sarkozy n’a pas affaire à des ingrats. « Quoi qu’il fasse, on envoie qui il faut », dit un journaliste d’Europe 1. « On surcouvre sous de faux prétextes », répond en écho France 2, « on envoie des caméras sans discernement, dans l’espoir d’une petite phrase ».

Nicolas Sarkozy a de délicates attentions. Depuis un an, la société audiovisuelle ETC (Etudes, techniques et communication) « produit et diffuse les images des meetings du futur candidat ». La société de production dispose de l’exclusivité « du filmage des images de l’entrée en scène » de Nicolas Sarkozy. Elle offre également un point de vue privilégié sur le président de l’UMP et sur le public. Les cameramen qui souhaitent fournir des images à leur chaîne se retrouvent en difficulté pour exercer leur travail puisqu’ils « sont relégués sur des praticables, de chaque côté de la scène où se tient le candidat ». Ces images -gratuites- sont maintenant utilisées abondamment par les chaînes de télévision. Le journal Le Monde s’était alors interrogé sur l’indépendance de l’information en raison de cette mise à disposition d’images « made in UMP ». Selon Arnaud Boutet, président de la Société des journalistes de France 2, « la frontière entre propagande, publicité et journalisme peut être assez fine ». C’est un euphémisme.

Désormais, gare à ceux qui pourraient être tentés de faire dissidence. « Je sais tout ce qui se passe dans vos rédactions », lançait-il déjà un jour de janvier 1995 à des reporters lors d’un déplacement dans le Nord[15].

Le dossier du Nouvel Observateur[16] relève encore qu’il lui arrive ainsi de prendre publiquement les gens à partie. Lorsque, devant un parterre d’HEC, le directeur de la rédaction de Challenges, Vincent Beaufils, l’interroge, il l’accuse sur un numéro paru neuf mois plus tôt : « Challenges, vous avez dit ? C’est ce journal qui a fait cette célèbre couverture : "Pourquoi Sarko fait-il peur ?" Eh bien, vous ne manquez pas de courage de m’affronter comme cela ! ».

Nicolas Sarkozy peut être franchement violent. Il menace, intimide... en riant, bien sûr. Recevant la rédaction du Parisien, il interpelle ainsi l’auteur d’articles sur ses déboires conjugaux (alors qu’il avait lui-même « étalé » sa vie conjugale) : « Moi aussi, je sais des choses sur votre vie privée », et insiste : « Moi aussi, je pourrais en dire, des trucs... » A d’autres occasions, le candidat a pointé publiquement un index vengeur sur Hervé Algalarrondo du Nouvel Observateur en s’exclamant : « Je ne l’oublierai pas ! Je ne l’oublierai pas ! », à propos du numéro titré « Sarko secret », qui lui avait déplu.

Est-ce que ce sont les patrons des médias et des sondages qui, en 2007, imposeront en France le nouveau président de la République ? D’ailleurs, continueront-ils à soutenir aussi ouvertement (tout en le niant officiellement) ce candidat qui paraît tout de même bien instable, de plus en plus autoritaire, et alors que de plus en plus de journalistes s’opposent ouvertement à ces ententes ? L’expérience de cette campagne nous montre en tout cas que la proximité et la connivence entre politiques et médias est le symptôme d’une démocratie malade.



Nicolas Cadène


[1] « La Tribune passe Ségolène à la trappe », Le Canard enchaîné, 6 septembre 2006

[2] « M. Sarkozy déjà couronné par les oligarques des médias ? », Le Monde diplomatique, septembre 2006

[3] « France : l’année du caniveau », Le Courrier, mardi 30 janvier 2007

[4] « Comment Sarko met la presse sous pression », Le Nouvel Observateur, 29 janvier 2007

[5] « M. Sarkozy déjà couronné par les oligarques des médias ? », Le Monde diplomatique, septembre 2006

[6] « Le Complot des paranos », Airy Routier, Albin Michel, Paris, 2006, p. 119.

[7] « Sarkozy et les patrons », Le Point, 26 août 2004.

[8] « M. Sarkozy déjà couronné par les oligarques des médias ? », Le Monde diplomatique, septembre 2006

[9] « TF1 un pouvoir », Pierre Péan et Christophe Nick, Fayard, Paris, 1997

[10] « Un pouvoir nommé désir », Catherine Nay, Grasset 2007

[11] « Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus », Victor Noir (nom d’un collectif de journalistes sous la direction de Laurent Valdidié et Karl Laske), Denoël Impact, Paris, 2005

[12] TV Magazine, 26 février 2006

[13] « Selon Alain Genestar, Nicolas Sarkozy est à l’origine de son licenciement », Le Monde, 17 novembre 2006

[14] « Comment Sarko met la presse sous pression », Le Nouvel Observateur, 29 janvier 2007

[15] « Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus », Victor Noir (nom d’un collectif de journalistes sous la direction de Laurent Valdidié et Karl Laske), Denoël Impact, Paris, 2005

[16] « Comment Sarko met la presse sous pression », Le Nouvel Observateur, 29 janvier 2007
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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 09 mars 2007, 10:49

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 843,0.html
Les silences gênés autour de l'affaire de l'appartement de Nicolas Sarkozy

LE MONDE | 08.03.07 | 14h19

Les nouvelles révélations du Canard enchaîné. Dans son édition du 7 mars, l'hebdomadaire publie de nouveaux documents sur la foi desquels le journal conclut, une nouvelle fois, que Nicolas Sarkozy a acquis son duplex sur l'île de la Jatte, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), en septembre 1997, à un tarif préférentiel, avec un rabais "d'au moins 750 000 francs", et a bénéficié de travaux gratuits.

Leur montant s'est élevé à plus de 1,8 million de francs (274 500 euros environ), selon un document du 9 octobre 1997 récapitulant les ordres de service au nom de la SCI Victoria XXI. Selon Le Canard, M. Sarkozy n'aurait réglé que 400 000 francs sur cette somme, laissant le reste à la charge du promoteur, la société Lasserre, par ailleurs client régulier à l'époque de la ville.

La réponse de M. Sarkozy. Depuis la première publication du Canard, le 28 janvier, sur son appartement, dont il avait été informé quelques jours plus tôt, le candidat n'a produit qu'une seule facture concernant les travaux réalisés après l'achat : celle d'un escalier, intégralement réglé selon le candidat, pour 72 360 francs. Mais sur cette somme, affirme le Canard, le promoteur lui a accordé "une remise d'environ 30 000 francs." Claude Guéant, directeur de campagne de M. Sarkozy, avait expliqué au Monde, dans son édition du 1er mars, qu'une partie des factures personnelles du couple se trouvait sans doute "au garde-meuble" où il a entreposé ses affaires, après la vente de l'appartement, le 6 novembre 2006, pour 1,94 million d'euros.

Interrogé à nouveau à ce sujet, mercredi 7 mars, M. Guéant a précisé qu'il n'avait pas retrouvé d'autres factures.

L'indifférence de la justice. Le parquet possède "l'opportunité des poursuites" et peut ouvrir une enquête préliminaire ou une information judiciaire. " Le Canard enchaîné écrit des choses extrêmement précises dont la lecture laisse supposer que des infractions ont été commises, cela mériterait au moins une enquête pour vérifier ces éléments", indique Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature (SM, gauche).

La chancellerie se refuse à tout commentaire. Pour l'heure, le parquet de Nanterre, compétent, ne compte guère agir. Le contexte électoral et l'attente de la nomination d'un nouveau procureur dans cette juridiction ne s'y prêtent pas. En outre, traditionnellement, le parquet répugne à enclencher la machine judiciaire sur la base d'articles de presse. Ce fut pourtant le cas en 1995, quand Le Canard enchaîné révéla une affaire de caisse noire impliquant le CDS. Le garde des sceaux, Pierre Méhaignerie, responsable du CDS, ordonna au parquet de Paris l'ouverture d'une enquête préliminaire.

Une enquête pourrait néanmoins être ouverte si une plainte avec constitution de partie civile était déposée par un individu ou un organisme s'estimant victime de l'éventuel traitement de faveur dont aurait bénéficié M. Sarkozy.

Selon les magistrats et universitaires interrogés par Le Monde, plusieurs infractions pourraient être visées. Il pourrait être reproché à Denise Lasserre, si elle a consenti des avantages à M. Sarkozy, un "abus de bien social" dont son client serait le receleur. La remise évoquée par Le Canard dépasserait en effet les traditionnelles ristournes (10 %) tolérées.

Une éventuelle décision municipale, prise sous la houlette du maire de Neuilly en faveur du promoteur (par exemple une dérogation au cahier des charges de la ZAC sur laquelle a été construit l'immeuble) pourrait par ailleurs recouvrer une "prise illégale d'intérêt". Un hypothétique avantage obtenu du promoteur lors de l'achat de l'appartement pourrait correspondre à une "corruption passive" ou à un "trafic d'influence". Toutefois, la qualification des faits s'avère difficile. Surtout, des problèmes sérieux de prescription se posent, le délai courant à partir du dernier acte du maire. Il faudrait établir qu'il y a eu dissimulation pour que le délai de trois ans ne débute pas au moment de la signature des contrats de vente et de travaux. Or de telles transactions sont publiques.

Le silence de la gauche. L'opposition a fait preuve de retenue dans l'affaire. La publication dans Le Monde et Le Canard enchaîné d'articles mettant en cause la sous-évaluation des biens immobiliers par le couple Hollande-Royal pourrait expliquer la réserve de l'entourage de la candidate. En privé, certains soulignent pourtant la gravité inégale des deux affaires et souhaiteraient une attaque plus franche contre M. Sarkozy.

Gérard Davet, Nathalie Guibert et Piotr Smolar
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Message par Toshi » 09 mars 2007, 10:56

c'est là que j'apprécie le coup de force des politiques .... tout le monde est plus ou moins au courant des magouilles ...... et ça marche quand même ( et toujours) :fou:

j'avoue que c'est un peu ça qui me rebute en politique ... ce sentiment de vraiment rien pouvoir faire ( qui n'est pas qu'un sentiment ... :mal: )

c'est médiatisé depuis longtemps et partout maintenant le "contrôle" de sarco ....... et ??? ... ben rien .....

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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 09 mars 2007, 11:01

Kyorou a écrit :
Banshee a écrit :les sondeur on la memoire courte.
et c'est loin d'etre les seuls.
Je dirais surtout que ce sont les journalistes qui ont autant de mémoire qu'un poisson rouge. Les instituts de sondage font leur boulot correctement mais ce sont ceux qui transmettent l'info qui n'ont aucune rigueur.
Encore que...

Sondage CSA : Bayrou 24, Royal 25, Sarkozy 26. Soit tous dans la marge d'erreur.

Sondage Ipsos (de Mme Parisot) Pour Le Point : Bayrou 20, Royal 26,5 (mettre une virgule quand on a 3 points de marge d'erreur c'est assez amusant), Sarkozy 33..

P'têt que finalement les sondeurs ne sont pas totalement honnêtes non plus... :sarcastic:
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"Les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée. Trop de citoyens veulent la civilisation au rabais" - Henry Morgenthau, remettant son rapport sur l'utilisation abusive des paradis fiscaux par les contribuables au président Roosevelt en 1937.

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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 09 mars 2007, 11:11

Toshi a écrit :c'est là que j'apprécie le coup de force des politiques .... tout le monde est plus ou moins au courant des magouilles ...... et ça marche quand même ( et toujours) :fou:

j'avoue que c'est un peu ça qui me rebute en politique ... ce sentiment de vraiment rien pouvoir faire ( qui n'est pas qu'un sentiment ... :mal: )

c'est médiatisé depuis longtemps et partout maintenant le "contrôle" de sarco ....... et ??? ... ben rien .....
Attaquer Sarkozy est désormais assimilé à un comportement panurgien. Par conséquent celui qui l'attaque aujourd'hui est quasi automatiquement discrédité parce que immédiatement assimilé à une sorte de "mouvement" généralisé, informe et imprécis, mais qui a une caractéristique majeure dans l'esprit commun : l'absence de sens critique. Il faut donner cent mille gages d'objectivité et frapper au moins autant sur un autre candidat (principalement son adversaire socialiste) pour qu'on commence seulement à se dire que peut être vous pouvez chercher quand même à être objectif et sérieux...

Du coup ça porte aussi sur la critique de l'action du ministre de l'intérieur... Qu'AUCUN journaliste mainstream n'a faite...
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Message par Toshi » 09 mars 2007, 11:18

ouais ... moi je dis BOMBE NUCLEAIRE dans leur face !!!!!!!!!!!


(sisi dans "presque" tous les films américains ça résout TOUJOURS les problèmes .... )

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Message par Kyorou » 09 mars 2007, 11:23

Kõjiro a écrit :P'têt que finalement les sondeurs ne sont pas totalement honnêtes non plus... :sarcastic:
J'imagine que non, évidemment. Surtout ceux qui sont dirigés par les potes du nain.

Ce qui est aussi assez marrant, c'est qu'une bonne partie des sondés mentent carrément lorsqu'on les interroge.
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Message par Kakita Inigin » 09 mars 2007, 11:53

Un truc sur Le Monde. Minc réside le conseil de surveillance, Colombai la ligne éditoriale.
Or tous deux sont desamis de Sarko.
Comment l'ami de Sarko et président du conseil de suveillanc va-t-il faire pour empêcher l'ami de Sarko et rédacteur en chef de tenir une ligne pro-sarkozienne ?
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Message par Toshi » 09 mars 2007, 11:56

j'aimerais pouvoir être amis avec tout le monde ça facilite souvent les choses ..... mais y a juste trop de cons .....


(même si on est tous le con de quelqu'un :sueur: )

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Message par Moto Shikizu » 09 mars 2007, 13:12

Kõjiro a écrit : Encore que...

Sondage CSA : Bayrou 24, Royal 25, Sarkozy 26. Soit tous dans la marge d'erreur.

Sondage Ipsos (de Mme Parisot) Pour Le Point : Bayrou 20, Royal 26,5 (mettre une virgule quand on a 3 points de marge d'erreur c'est assez amusant), Sarkozy 33..

P'têt que finalement les sondeurs ne sont pas totalement honnêtes non plus... :sarcastic:
evidemment, deja les sondages ne sont jamais fait nationalement, mais le plus souvent a Paris et generallement par des gens a qui on a demande de poser les questions sans meme leur expliquer comment un sondage doit etre fait (par ex un sondage sur Sarko dans le 93 n'aura certainement pas le meme resultat que si'il est fait a Neuilly)... Du coup meme avec la meilleur volonte du monde les resultats sont directement dependant des conditions dans lesquelles les sondages ont ete fait, mais les analystes ne les connaissent pas, ou les ignorent sciemment. D'ou des ecart de plus de 5 points, ou des variations incroyables du jour au lendemain...
Moto Shikizu
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Hito wa ichidai, na wa matsudai
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Nagareru namida wa mou karehate
chi ni ueta kodoku
shi wa tenshi no nikoge no
nioi wo sasete mau

Verrouillé