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par Pénombre » 08 déc. 2006, 10:17
En termes de règles, Kenji illustre bien que le cursus "de base" est souvent assez restrictif. Le nombre de compétences libres est faible au regard de celles imposées dans la plupart des écoles. Le reste est affaire de points de création à dépenser, ce qui implique que certains privilégient le rang des compétences de leur cursus, d'autres multiplient les compétences, d'autres grimpent leurs traits/anneaux etc...
mais le cursus de base imposé par le maitre/l'école, lui est assez limité et spécialisé. Et il ne reflète pas vraiment cette optique de l'excellence en toute chose. Ni même, dans l'absolu, de la connaissance élémentaire/basique en toute chose.
ça, c'était pour les règles
au niveau de l'ambiance, personnellement, j'ai écrit que ça dépendait du maitre et de ce qu'il considérait comme relevant de la formation qu'il dispensait personnellement, de celle qu'il jugeait nécessaire mais préférait confier à un spécialiste réputé (dont la réputation rejaillit sur sa propre formation d'ailleurs... comme dans n'importe quel cursus croisé) ou qu'il laisse cela à l'initiative de l'élève
je ne saurais trop insister sur ce dernier point, quitte à vous sembler un peu en marge. Une bonne partie des enseignements martiaux ou spirituels reposent sur une grande concentration dans les formes car elles sont indispensables. Mais "les formes pour les formes" est une voie stérile, que dénoncent très souvent les sensei. Surtout quand on parle de l'aspect spirituel, toujours présent dans n'importe quelle discipline. Et souvent, la qualité d'un élève ne se juge pas seulement à ce que vous lui transmettez mais à ce qui le différencie des autres. Voilà justement pourquoi des écoles hyper-traditionnalistes comme les Kakita ou les Akodo réservent encore bien des surprises à ceux qui pensent tout savoir des bushi qu'elles forment...
il y a des différences de style incontestable, car les finalités des écoles ne sont pas les mêmes. Un bushi Kakita apprend un certain nombre de choses qui lui permettent de se comporter honorablement dans des circonstances courtoises et d'honorer son clan par son comportement... un bushi Hida lui apprend un certain nombre de choses qui lui permettent de survivre...
la vision du samurai idéalisé, qui excelle dans tout, est un archétype, même dans le japon historique. Il relève du même genre de mythe que le fameux "homme universel" de la renaissance. C'est un idéal, une aspiration qui sous-tend le système mais dans l'absolu, il n'est pas le système et la plupart des gens ne suivent pas cette voie. Certains s'en inspirent de manière philosophique, d'autres tentent de développer certains aspects par rapport à leurs affinités et goùts, mais ça n'est pas à 15 ans qu'on est un homme comme cela. Pas du tout.
c'est justement une des nombreuses choses qui font qu'on juge de la qualité du samurai et que les autres castes les considèrent souvent comme des gens exagérément compliqués : entre le moment ou le samurai atteint l'âge adulte et celui ou il prend sa retraite, à moins de vivre dans une période de guerre continuelle, il n'est pas "oisif" car il travaille ce qu'il sait déjà et étend son domaine de connaissances, d'arts et de pratiques martiales, approfondissant et/ou diversifiant ce qu'il était en devenant un adulte.
il ne faut pas confondre la formation initiale et ce qui suit. Musashi (pour reprendre un cas célèbre) était peut-être un homme d'une certaine profondeur sur le tard, mais certainement pas au moment ou il réchappe de la bataille de Sekigahara....
à L5a, la devise de Dame Doji illustre bien cela je trouve
"l'honneur ne se juge pas dans un acte mais dans la vie dans laquelle cet acte s'inscrit"
nous avons, nous, tendance à voir les choses en termes scolaires, même si la notion de formation continue s'est bcp développée depuis une vingtaine d'années.
avoir un diplome n'est pas être quelqu'un d'important à L5a. Même quand on sort de l'académie Kakita. Avoir un diplome, c'est simplement se voir reconnaitre un statut par rapport aux exigences d'un maitre. Et même si le maitre était exigeant, il y a un monde de différence entre le bon élève et le très bon élève...
le système pousse à ce que seuls les élèves d'un certain niveau soient diplômés mais de fait, ils ne se distinguent pas forcément des autres puisque le système tend vers cela dans toutes les écoles...
avoir son diplôme est souvent à tort perçu comme un but. Alors que ça n'est que le premier (et difficile) pas.