Kitsuki Katsume a écrit :
En l'occurrence, c'est plutôt que l'impact de ses actions durant les guerres d'Italie fut tellement mineur en fait qu'il n'y a pas d'intérêt à parler de lui. Guicciardini est incroyablement objectif pour quelqu'un de cette époque, et il parle avec admiration de d'autres généraux ou chevaliers français, et n'hésitent pas à critiquer les papes, que pourtant il servit.
Il me semble qu'il y a la une contradiction. S'il parle avec objectivité, il ne peut donc parler de héros populaire de toutes façons : une des caractéristiques du héros populaire, c'est d'incarner un trait humain ou un désir, à la perfection et il faut donc être capable d'invention et d'imagination pour les décrire. Ce ne sont pas les historiens qui font les héros, mais les conteurs, les chansons et les comédiens... Les chroniqueurs peuvent parfois tenter de créer des héros à fins de propagande (parfois avec succès) mais ce qui rendra tel le héros populaire, c'est le visage qu'il prendra dans la légende, pas celui qu'il a eu dans l'Histoire.
Kitsuki Katsume a écrit :En ce qui concerne Gilgamesh et les Incas, la question ici n'est pas qu'ils n'aient même pas su qui il était, mais l'auraient-ils considéré comme un héros ?
Nul ne peut pas le dire avec certitude. C'est purement spéculatif comme question...
En revanche ce qui est certain c'est que chaque peuple a ses héros populaires et que, même si quelques traits diffèrent, on retrouve certains mythes communs. Jung parlait d'inconscient collectif, c'est évidemment un modèle théorique à prendre avec des pincettes, mais néanmoins, la théorie a des applications au niveau de la narration...
Je suis d'accord que le débat initial n'était pas exactement celui-ci, mais les deux ne sont pas vraiment dissociables, et ce sont les vainqueurs qui écrivent l'histoire, ce sont donc eux qui définissent ce qu'est un héros et qui peut prétendre à ce titre.
C'est un peu plus compliqué, les exemples de héros populaires qui ont perdus sont légions (Arthur en est un exemple puisqu'il est censé avoir combattus les Saxons et les Angles mais qu'il est devenu un héros pour les Anglo-Saxons après que ceux ci aient vaincus et absorbés les Celtes). L'histoire est peut-être écrite par les vainqueurs mais les légendes peuvent avoir été écrites ou être écrite par des vaincus et parfois même être adoptées par les vainqueurs (ainsi Rome après avoir soumis la Grèce adopta leurs héros... et ensuite ils adoptèrent le Christianisme qui n'était au départ qu'une secte juive parmi d'autres, pays conquis et vaincu par Rome, et au-delà de l'aspect religieux Jésus possède nombres de caractéristiques des héros populaires). En matière de héros, c'est en définitive la légende qui prendra souvent le pas sur l'Histoire pour assurer la pérénnité d'un nom (le d'Artagnan de Dumas sera toujours plus vivant dans les mémoires que sa contrepartie historique, non ?)