Modérateurs : Magistrats de Jade, Historiens de la Shinri
mercredi, 2 novembre 2005 à 22:40
Rediffusions : 04.11.2005 à 00:40
L'Empire De La Passion
Réalisateur: Nagisa Oshima
Auteur: Nagisa Oshima
Image: Yoshio Miyajima
Musique: Toru Takemitsu
Montage: Keiichi Uraoka
Production: Argos Films, Oshima Productions
Producteur: Nagisa Oshima, Anatole Dauman, Anatole Dauman
Son: Tetsuo Yasuda
Avec: Kazuko Yoshiyuki, Tatsuya Fuji, Takahiro Tamura, Takuzo Kawatani , Masami Hasegawa , Taiji Tonoyama , Sumie Sasaki , Eizo Kitamura
Après L'empire des sens, Nagisa Oshima, cinéaste chantre du désir, explore une nouvelle fois les desseins sinueux et inexplicables d'un amour fou. Un film onirique au dénouement funeste.
Pendant l'hiver 1895 dans un petit village du Japon. Gisaburo, pousse-pousse de son métier, soupçonne à juste titre le jeune Toyoji d'être amoureux de sa femme. Dans la journée, Toyoji fait en effet la cour à Seki, son aînée de 26 ans. Une passion ardente consume les coeurs et les corps des deux amants. Ils échafaudent un plan pour se débarrasser de l'encombrant cocu
Depuis longtemps, avec intensité et originalité, la culture japonaise scrute les rapports entre la mort et l'amour, le sang et le sexe. Comme les estampes et la littérature dont il s'inspire, le cinéma érotique nippon - le pinku eiga - est un genre à part entière, dont la portée est aussi émotionnelle, psychologique, philosophique, voire existentielle.
Mourir d'amour
(Allemagne, 2005, 75mn)
Réalisateur: Georg Bense
À travers ses traditions populaires, son théâtre, sa peinture et sa littérature, la culture japonaise est depuis longtemps fascinée par la proximité du principe de plaisir et de l'instinct de mort.
Entre le début du XVIe et la fin du XVIIIe siècle, les artistes peintres japonais ont dessiné et peint des shunga - littéralement des "images de printemps", réunies sous forme de "livres d'oreiller" et destinées à l'éducation des jeunes garçons et filles. Dans le même temps, la littérature classique s'est emparée de l'amour charnel, qu'il soit homosexuel ou hétérosexuel, conjugal ou vénal. Le grand romancier Ihara Saikaku (1642-1693) le place au coeur de ses études de moeurs. Il a écrit Vie d'une amie de la volupté, que Kenji Mizoguchi adaptera en 1952 dans La vie d'Oharu, femme galante. Durant des siècles, aucune pratique sexuelle n'est honteuse ou taboue, le libertinage est aussi bien accepté que le sado-masochisme. Mais avec l'avènement de l'ère Meiji - en 1867 - et le rapprochement avec l'Occident naissent la répression et les interdits. Il fallut attendre la fin des années 1960 pour que le cinéma reprenne à son compte l'imagerie érotique. Aujourd'hui, une continuité de thèmes se dégage : celui notamment de la femme soumise (attachée, emprisonnée) ou, tout au contraire, redoutable séductrice, qui mène les hommes à leur perte. Le dernier exemple en date pourrait être le film de Takashi Miike, Audition, sorti en France il y a deux ans.
et a 0h40 rediff de l'Empire de la passion.vendredi, 4 novembre 2005 à 23:25
Rediffusions :
10.11.2005 à 00:25
La véritable histoire d'Abe Sada
(Japon, 1975, 74mn)
Réalisateur: Noboru Tanaka
Scénariste: Akio Ido
Auteur: Akio Ido
Image: Masaru Mori
Musique: Koichi Sakata
Avec: Junko Miyashita, Hideaki Ezumi, Nagatoshi Sakamoto, Ikunosuke Koizumi, Genshu Hanayagi, Yoshie Kitsuda
L'histoire vraie d'une femme qui, dans les années trente, assassina son amant et l'émascula, magistralement portée à l'écran par un spécialiste du genre.
Le 18 mai 1936, une serveuse découvre le corps étranglé et émasculé d'un homme marié et père de famille, Kichizo. La police arrête Abe Sada, une ancienne prostituée, dans une rue de Tokyo. La femme errait, un couteau dans une main, une corde dans l'autre. Caché contre son coeur, elle garde le pénis de son amant qu'elle a tué peu auparavant. Lorsque la police l'arrête, elle avoue son identité avec fierté et raconte elle-même comment, du 23 avril au 7 mai, elle a poussé jusqu'à l'extrême son amour fou pour Kichizo. Le 20 mai, les journaux annoncent l'arrestation de la "sorcière" Abe Sada.