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par Pénombre » 26 avr. 2007, 17:32
comme pour les personnalités des clans, il s'agit de versions destinées aux joueurs et qui ne reflètent donc pas la vérité effective mais la version officielle des choses. Je me place dans une perspective antérieure à l'Ere du Vide à toutes fins utiles. Donc rien ne sera dévoilé sur des gens comme Otomo Jama...
voilà déjà un premier jet :
Hantei
Le dernier né des Enfants de la Lune et du Soleil fut comme on le sait dissimulé par sa mère et remplacé par un rocher que dévora le Seigneur Lune Onnotangu, ivre du saké empoisonné que lui avait versé Amaterasu pendant qu’il mangeait leurs enfants. Durant toute son enfance, Hantei séjourna dans diverses cachettes du Tengoku (le Paradis Céleste) et sa mère Amaterasu put compter sur l’aide de nombreux esprits qui protégèrent son fils. Elle l’éleva dans l’idée d’en faire un guerrier qui pourrait un jour venger ses frères et sœurs, malgré l’amour qu’elle continuait à éprouver pour son époux.
Lorsqu’il atteint l’âge adulte, Hantei se vit offrir une épée nommée Grappe de Nuages par les esprits et il se rendit au chevet de son père. Onnotangu sortait tout juste de la langueur du saké empoisonné mais lorsqu’il vit son dernier né, il s’empara promptement de son épée de nuit. Le père et le fils combattirent et malgré sa jeunesse et la langueur de son père, il apparut rapidement que Hantei n’aurait pas le dessus. Mais ses frères et sœurs vivaient toujours dans le ventre de leur père et lorsqu’il entendit leurs gémissements, il eut un sursaut d’énergie et frappa Onnotangu d’un seul coup décisif. Grappe de Nuages fendit le ventre de Seigneur Lune et avec ses tripes en jaillirent ses enfants dévorés. Fou de douleur, Onnotangu riposta et son épée de ténèbres brisa Grappe de Nuages et fendit le Tengoku lui-même, créant une brèche entre les mondes à ses pieds.
Déséquilibrés, les deux adversaires tentèrent de ne pas chuter dans cette brèche mais les frères et sœurs de Hantei s’échappèrent du ventre d’Onnotangu et chutèrent du Paradis Céleste. Le dernier à tomber était Fu Leng et son père tendit la main pour le saisir. Profitant de l’occasion, Hantei trancha la main d’Onnotangu et traversa la brèche avec son dernier frère.
Durant leur chute, Hantei se retrouva près de ses ainés et ils parvinrent à guider leur descente vers le monde des mortels, le Ningen-do. Encore terrorisé et essayant de se libérer de la main morte d’Onnotangu toujours accrochée à lui, Fu Leng ne parvint pas à les rejoindre et chuta à l’écart.
Hantei et les autres devinrent huit étoiles qui se posèrent doucement près de la mer. Sur le Ningen-do, leur chute apparemment instantanée correspondait à plusieurs siècles et le sang d’Onnotangu versé par Hantei s’était mélangé aux larmes qu’Amaterasu avait versé lorsque son époux avait dévoré leurs enfants. L’union des larmes du Soleil et du sang de la Lune avait provoqué la naissance des premiers humains qui avaient rapidement formé des tribus et des civilisations primitives. Nombre de ces humains virent les huit étoiles tomber du ciel ainsi qu’un neuvième astre qui chuta très loin vers le sud. Attirés par ce présage, les humains convergèrent vers le point de chute des huit étoiles.
Sur la petite butte ou ils avaient atterri, Hantei et sa fratrie considéraient ce nouveau monde qu’ils n’avaient jamais vu de près auparavant. Ils virent au loin approcher les tribus humaines si semblables à eux et en même temps si fragiles. Entendant la voix de sa mère, Hantei proposa un tournoi qui déciderait lequel d’entres eux ménerait à la fois sa famille et les tribus mortelles. Ce tournoi prit la forme de nombreuses épreuves dont on n’a retenu que la dernière, celle du combat.
En finale, Hantei se retrouva face à son ainé Akodo et durant leur lutte, il apparut qu’Akodo devenait de plus en plus enragé et décidé à tuer son frère. Alors qu’il allait succomber, Hantei eut une idée qui renversa le cours du combat. Il parvint à capter un reflet d’Amaterasu avec sa lame pour le projeter dans les yeux d’Akodo. Ebloui, Akodo comprit que son frère pouvait désormais le tuer mais Hantei l’épargna, le laissant voir dans le reflet de leur mère la véritable nature du Tengoku.
Alors, Akodo comprit que contrairement à ses frères et sœurs dévorés durant l’enfance, Hantei avait vécu toute sa vie jusqu’à l’âge adulte dans un royaume fabuleux qu’il ne reverrait jamais. Un royaume qu'il était prèt à perdre lorsqu'il se rendit jusqu'à leur père pour l'affronter. Akodo comprit le dévouement de Hantei et il fut le premier des Kami à mettre genou à terre pour lui jurer fidélité.
Alors, Hantei se tourna vers les tribus mortelles assemblées en contrebas. Une prétresse du nom de Seppun s’était courageusement avancée en avant des autres bien que comme eux elle ait gardée la tête baissée devant le fracas des affrontements entre les Enfants de la Lune et du Soleil. Et Seppun fut la première des mortels à entendre la voix du nouvel empereur et la première d’entres eux à entrer à son service.
Lentement, les Kami fédérèrent les tribus et étendirent leur tutelle sur les mortels. Il y eut des guerres mais dans l’ensemble, cette période fut bien plus pacifique que les années qui allaient suivre. Hantei organisa un tournoi afin de se choisir un champion parmi les mortels et il devint ainsi l’ami du jeune vainqueur, Kakita. Cette amitié l’incita ensuite à donner sa bénédiction au jeune homme lorsqu’il déclara vouloir courtiser sa sœur Doji et malgré les épreuves que Doji imposa au jeune mortel, il parvint à devenir le beau-frère de l’Empereur.
L’insistance de Doji ainsi que de ses autres frères et sœurs finit par vaincre la réticence de Hantei, toujours empli de regrets à la perte du Tengoku. Il se résigna lui aussi à prendre épouse parmi les mortels et ses suivants parcoururent son empire pour trouver celle qui deviendrait sa femme.
A l’insu de l’Empereur, un pécheur du clan de la Grue dissimula sa fille Mioko dont la beauté et la douceur étaient célébrées des lieues à la ronde. Mais Hantei et la jeune femme se rencontrèrent et sans rien savoir l’un de l’autre, ils tombèrent amoureux. Par la suite, Hantei apprit tout de cette affaire mais sa promise le persuada de faire preuve de compassion et il se contenta d’exiler le père sur l’île ou il avait dissimulé la jeune femme.
Onze ans s’étaient écoulés depuis son arrivée sur terre lorsque Hantei entendit parler des démons venus du sud auxquels s’opposait son frère Hida. Son union avec son épouse mortelle avait porté ses fruits et un magnifique enfant qui serait appelé plus tard Hantei Genji le Deuxième Empereur avait vu le jour.
Alors que la guerre contre les créatures démoniaques s’intensifiait, les Kami rassemblés à la capitale virent arriver leur frère Fu Leng, impressionnant de noirceur et de pouvoir. Il leur reprocha amèrement de l’avoir abandonné et dans sa folie inspirée par son long séjour dans les enfers de Jigoku, il leur déclara une haine éternelle avant de s’en retourner.
Les années qui suivirent furent marquées par le sang et la guerre tournait inexorablement à l’avantage des abominables légions de Fu Leng malgré des sacrifices sans nombre. Alors survint le vieux sage connu sous le nom de Shinsei et après l’avoir entendu, Hantei pria son frère Shiba de les écouter. La légende veut que durant une nuit entière, Shiba prit note de toutes les paroles qu’échangèrent l’Empereur et le Petit Maitre et rédigea ainsi le Tao dont on perdit l’original par la suite.
Shinsei enseigna à Hantei de nombreuses choses et lui révéla qu’aucun des Enfants de la Lune et du Soleil ne pourrait vaincre Fu Leng. Hantei accepta alors que Shinsei emmène avec lui sept mortels, les Tonnerres, qui pourraient vaincre le Sombre Seigneur.
Durant la quête des Tonnerres, les armées de Fu Leng continuèrent leur progression et attaquèrent la capitale. Les combats furent terribles mais en fin de compte, lorsque très loin de là les Tonnerres abattirent Fu Leng, son pouvoir cessa de s’exercer et la confusion qui s’empara de ses légions provoqua leur défaite.
La plupart des paysans pensent que l’Empereur Hantei demeura encore quelques temps sur le trône avant de céder la place à son jeune fils Genji pour pouvoir enfin retrouver le Paradis Céleste.
Les samurai et les gens plus érudits savent que la vérité est un peu différente. Hantei fut grièvement blessé dans les affrontements à la capitale et c'est son fils Genji qui le porta à l'abri avant que l'Empereur ne lui confie son épée pour qu'il continue à mener les défenseurs d'Otosan Uchi. Malgré les soins dont il fut entouré, Hantei était irrémédiablement atteint et commença inexorablement à dépérir. Finalement, trois ans après la défaite de Fu Leng, le premier empereur s’endormit du dernier sommeil. La plus belle relation de cet évènement est sans conteste la pièce "la Mort de Hantei" écrite par un dramaturge du Scorpion. Dans cette pièce, l'Empereur sur son lit de mort est entouré d'Akodo, Doji et Bayushi. A l'approche du trépas, Akodo et Doji tentent tous deux chacun à sa manière de rassurer leur frère mourant mais c'est finalement Bayushi qui prononce les paroles décisives et incite son souverain à accepter l'inévitable en lui disant
"Tu vas mourir, Hantei. Mais nous te suivrons tous et un jour, nous serons à nouveau avec toi."
Dame Seppun
Lorsque les Kami tombèrent du Tengoku, ils apparurent comme des étoiles filantes aux yeux des mortels qui vivaient sur terre. Nombreux furent les humains à se rendre vers l'endroit ou ce groupe d'étoiles chut et lorsqu'ils arrivèrent, ils purent contempler les Enfants de la Lune et du Soleil.
Parmi les humains rassemblés là, il était une femme qui servait de prétresse à son peuple et qui avait prié toutes les puissances qu'elle pouvait concevoir de lui révéler les mystères du destin. Dans le langage des siens, la prétresse n'était connue que par son titre et tout le monde l'appelait donc Seppun.
Quand Seppun vit les Kami rassemblés, elle sut qu'ils étaient la réponse qu'elle avait tant souhaitée. Lorsque l'un d'eux (dont elle ne savait pas encore qu'il s'appelait Hantei) croisa son regard, il lui demanda si elle parlait au nom des siens et acceptait de servir les Enfants de la Lune et du Soleil.
C'est ainsi que la prétresse devint Dame Seppun et la première représentante de l'humanité à entrer au service des Kami. Ceux qui perpétuèrent son nom devinrent les protecteurs de la lignée Hantei et s'ils forment désormais la garde impériale miharu, on connaît aussi leur grand intérêt pour toutes les questions spirituelles. Fidèles héritiers de leur fondatrice, ils veillent ainsi également sur leur château qui abrite les Quatre Temples, le lieu saint le plus important de l'Empire après ceux de la capitale.
Miya
Miya n'était qu'un jeune guerrier au service du seigneur Otomo quand Fu Leng fut vaincu par les Tonnerres et il combattait devant la capitale lorsque les armées du Sombre Seigneur fléchirent soudainement, privées du soutien de leur maléfique maitre. Après la victoire, Hantei le chargea de parcourir l'Empire pour annoncer à tous ceux qu'il rencontrerait la grande nouvelle : gràce aux Sept Tonnerres, l'Ennemi Suprême était défait.
Miya partit ainsi sur les routes, le cœur rempli d'espoir. Un espoir qui céda rapidement la place à la consternation et à la tristesse car partout, Miya ne découvrit que le désespoir. L'humanité avait vaincu les démons de Fu Leng mais la grandeur de l'Empire était brisée et les cadavres se multipliaient parmi les ruines. Maraudeurs des armées vaincues de Fu Leng, épidémies et famines sévissaient.
Miya décida alors que son message n'aurait aucun sens s'il ne trouvait pas un moyen de rendre l'espoir à ceux qu'il rencontrerait. Il rassembla quelques bonnes volontés et partout où ils s'arrétèrent, ils aidèrent les gens à reconstruire. Ils étaient peu nombreux et ne pouvaient s'attarder mais rapidement, la nouvelle de leur venue les précéda et ils furent considérés comme les porteurs d'un véritable espoir de renouveau.
Lorsqu'il estima avoir rempli sa mission, Miya s'en revint auprès de l'Empereur et lui raconta tout ce qu'il avait vu et tout ce qu'il avait fait. Le Fils du Ciel était impressionné par le courage du jeune homme et par l'effet de ses actes sur le moral de la population. Avec le soutien d'Otomo, il prit alors Miya à son service et lui ordonna de fonder une famille qui aurait pour mission d'agir en tant que hérauts du souverain.
Hantei décida également que le message d'espoir de Miya ne pouvait tomber dans l'oubli. Ainsi, la famille du Premier Héraut est également en charge de la Bénédiction de l'Empereur. Chaque année, les Miya rassemblent des artisans et des samurai de bonne volonté pour former une caravane qui parcourt l'Empire pendant plusieurs mois afin de porter assistance à la population des zones sinistrées et aider les survivants à rebatir. La grande majorité des rokugani naissent, vivent et meurent sans jamais approcher leur souverain mais pour nombre d'entres eux, la Bénédiction de l'Empereur est le témoignage bien réel de la bienveillance du Fils du Ciel et a au moins autant d'importance à leurs yeux que les légendes les plus extraordinaires sur la lignée impériale.
Otomo
Personnage ambigu et équivoque s'il en est, Otomo est un de ces hommes que l'histoire s'est appropriée au point que la vérité à son égard en est devenue indéchiffrable. Autant ses descendants que les chroniqueurs officiels de l'Empire ou ceux qui souhaitent nuire à la réputation de sa famille ont une part de responsabilité dans cette affaire. De l'homme que fut Otomo, on peut simplement s'accorder à dire qu'il était de frèle stature, pourvu d'un esprit pénétrant et doté d'une compréhension innée de tous les mécanismes, toutes les contraintes et tous les impératifs que pouvait avoir un gouvernement comme celui de l'Empire d'Emeraude. On ignore en quoi exactement mais il est indéniable qu'il exerça une influence non-négligeable sur les concepts et les principes de la nation que souhaitaient batir les Enfants du Ciel. Hantei le prit ainsi directement à son service et il fut parmi ses principaux conseillers politiques. Ses descendants devinrent des courtisans, des magistrats et des administrateurs qui veillent depuis toujours à préserver la prééminence du pouvoir impérial sur celui des Clans Majeurs, ce qui n'a pas manqué de créer au cours des siècles des frictions plus ou moins visibles entre les Otomo et les puissants clans fondés par la fratrie du Premier Empereur. Otomo laissa aux siens une maxime des plus singulières qu'ils transformèrent en devise familiale et qui continue à susciter bien des commentaires
"Dans la difficulté réside l'occasion".
Hantei Genji (Hantei II)
Fils ainé de Hantei et de Doji Mioko, Genji fut surnommé le Prince Etincelant et cette appelation le suivit durant son règne en tant qu'Empereur. Il fut couronné en l'an 46 cinq mois à peine après la mort de son père et il régna jusqu'à sa mort en l'an 247. On considère que le sang divin de Genji est responsable de cette longévité incroyable bien que les autres enfants nés des Kami Fondateurs, y compris les autres enfants de Hantei, n'aient pas manifesté cela à un degré comparable. Nombreux sont ceux qui voient en fait dans la longueur extraordinaire du règne de Genji une bénédiction de Dame Soleil qui consacra ainsi la légitimé de la lignée de son fils préféré sur le monde des hommes.
Les deux siècles de règne de Genji s'avérèrent cruciaux dans la construction de l'Empire et certaines des institutions dont il fut à l'initiative sont encore très présentes à l'heure actuelle même si malgré son long règne il ne les vit pas toutes prendre leur forme définitive.
C'est Hantei Genji qui entérina en 153 le code légal rokugani et la charte des magistrats impériaux que lui présenta son champion Doji Hatsu et qui furent réalisés par le subtil Soshi Saibankan. A l'image de son père,il prit épouse au sein de la famille Doji et établit la coutume qui veut que l'épouse de l'Empereur soit toujours issue du clan de la Grue. Son impératrice était la dame Doji Oborozukiyo qui fut considérée comme la plus belle femme de son époque et surnommée par les poètes "la Dame de la lune des brumes". Les premières décennies de son règne sont narrées dans un texte biographique, le Dit de Genji, écrit par le plus jeune des fils de Dame Seppun.
Ce texte rapporte que non content d'avoir bati les premières institutions de l'Empire, Genji contribua à harmoniser sa culture et ses valeurs encore très disparates au sein desquelles perduraient des survivances issues des traditions tribales antérieures à la naissance de l'Empire. La plupart des habitudes vestimentaires, alimentaires ou artisanales que l'on considère désormais comme incontournables n'étaient pas forcément répandues de manière aussi évidente lorsque Genji monta sur le trône et on peut donc considérer qu'à travers ses nombreux efforts il fut bel et bien le creuset d'une nation relativement homogène.
Durant le deuxième siècle, Genji encouragea également les familles Seppun et Isawa à œuvrer de concert et à jeter les bases d'une théologie qui pourrait intégrer les enseignements de Shinsei, les révélations des Enfants de la Lune et du Soleil ainsi que la sagesse héritée des Fortunes Majeures, les dieux que vénéraient les mortels de la Tribu d'Isawa entres autres. C'est ainsi que vit graduellement le jour un système religieux unifié qui finit par se répandre au cours des générations suivantes dans tout l'Empire.
Quatre ans seulement avant la fin de son règne, Genji reçut également en audience l'ingénieux Yasuki Tanaka qui inventa le concept du Koku, une monnaie de métal précieux qui simplifierait considérablement les échanges commerciaux jusqu'à présent basés sur le troc. Cependant, cette pratique ne se répandit que très lentement et même aujourd'hui, elle n'est pas encore omniprésente dans une nation ou elle cohabite avec le troc et le système des faveurs.
Malgré ces réalisations, le règne du Prince Etincelant n'a pas été exempt de certains soucis. On peut citer notamment le conflit qui opposa le clan du Lion et les suivants de Shinjo qui étaient restés dans l'Empire pour veiller sur les terres de la Ki-rin. Genji dut accorder à Akodo les territoires disputés et fit déplacer les suivants de Shinjo jusqu'à Kitsune Mori ou il les autorisa en 90 à fonder le clan mineur du Renard. Dans un registre similaire, il semble qu'après certains évènements qui se déroulèrent à Shiro Shiba en 97, Genji ait à la fois entériné le statut de fortune de la foudre d'Osano-wo et légitimé les prétentions de son fils Kaimetsu-uo qui prétendait diriger "le clan de la Mante" depuis presque une quinzaine d'années. Enfin, Genji autorisa également la création du petit clan du Blaireau en 110, lui confiant la mission de protéger les montagnes qui constituent encore la frontière septentrionale de l'Empire. On peut donc, bien que les circonstances aient été assez particulières dans chacun des cas cités, considérer Genji comme l'empereur qui inventa la notion de clans mineurs.
De son vivant, Genji eut l'occasion de connaître un grand nombre de gens qui marqueraient l'Empire pour les siècles à venir. Il connut les Tonnerres et vit apparaître les premières générations des familles fondées par leurs suivants et les autres vassaux mortels des Kami. Mais il vit aussi partir Shinjo et disparaître tous les autres Enfants de la Lune et du Soleil. Shiba, Hantei, Bayushi, Akodo, Togashi, Doji et finalement Hida disparurent les uns après les autres. Même les cousins de Genji eux aussi héritiers du sang divin ne vécurent pas aussi longtemps que lui et d'une certaine manière, il représente un pas important dans l'histoire de l'Empire car lorsqu'il s'éteignit en 247, le dernier témoin du Jour des Tonnerres et des principaux hauts faits de l'aube de l'Empire disparut avec lui.
C'est son fils ainé qui devint le troisième empereur sous le nom de Hantei Ningi.
Hantei Yamato (Otomo Yamato)
Fils de Hantei et cadet de Genji, Yamato hérita lui aussi de cette ascendance divine mais il ne fut jamais empereur. C'est lui qui le premier décida que pour éviter tout problème de succession, lorsqu'un nouveau souverain serait couronné chacun de ses frères et sœurs cadets portant encore le nom de Hantei à ce moment là devrait l'abandonner et rejoindre une des familles impériales. Yamato fut le premier à montrer l'exemple en rejoignant la famille Otomo (certains historiens confondent Yamato avec le premier Otomo mais malgré la tendance prononcée des Otomo à l'ambiguité, les archives impériales sont claires à ce sujet : Yamato ne fut pas le fondateur des Otomo mais rejoignit une famille qui existait déjà, comme le prouve d'ailleurs la vie de Miya qui servait Otomo jusqu'à obtenir le droit de fonder sa famille, avant le couronnement du frère de Yamato...). A l'instar de Yamato, la plupart des frères et sœurs des empereur successifs rejoignirent également la famille Otomo mais quelques uns préfèrent prendre le nom de Seppun et servir leur souverain différemment. Les Otomo protègent son honneur et les Seppun protègent sa vie. Curieusement, on ne connaît pas d'exemple de Hantei ayant abandonné ce nom pour rejoindre la famille Miya mais comme les mariages entres les lignées impériales sont fréquents, elle est également liée par le sang à la dynastie des empereurs.
Frère de Genji, Yamato vécut certainement bien plus longtemps qu'un simple mortel mais là encore, les détails le concernant sont flous et probablement intentionellement brouillés par les Otomo. Cependant, on lui attribue la paternité d'une œuvre des plus singulières.
Le texte intitulé "le Rameau Divin" serait en effet l'œuvre deYamato bien qu'il soit généralement considéré comme une œuvre assez décousue rédigée dans une calligraphie primitive et somme toute maladroite selon les normes modernes. Le Rameau Divin porte sur des entretiens que Yamato eut avec son père et citerait même des paroles de la divine Amaterasu qui compatit au destin de son fils préféré après qu'il ait établi son empire. Ce texte apporte nombre de détails sur la naissance de l'univers et la vie des Kami avant la Chute et l'apparition de l'humanité. Quoi que puissent en penser ses détracteurs, il est la seule œuvre qui permet d'avoir une idée de ce que fut la vie de Hantei durant son enfance cachée loin de son père, des exploits qu'il dut accomplir pour se forger en un champion capable de défaire son géniteur et de sauver de ses entrailles ses frères et sœurs. Ceux qui ont lu ce texte sont souvent frappés par le contraste qu'il évoque entre le Tengoku ou Hantei est né et le Ningen-do ou il a vécu jusqu'à son dernier jour. Les regrets du premier empereur y sont nettement perceptibles et les lecteurs mesurent très souvent à quel point ses actes furent empreints d'un lourd sens du sacrifice car il renonça au paradis céleste pour sauver sa fratrie et régner sur un monde bien différent des beautés incommensurables du Ciel.
D'aucuns prétendent que Yamato n'écrivit jamais le Rameau Divin ou même qu'il n'était plus qu'un vieillard sénile et à moitié délirant lorsqu'il le rédigea mais nul ne peut nier qu'il s'agit d'un texte au style inimitable empreint d'une étrange beauté souvent dérangeante.
Hantei Ningi (Hantei III)
Si son père fut l'instituteur de la magistrature impériale, c'est le troisième empereur qui fonda le statut moderne du Champion d'Emeraude à la place de l'ancien statut de champion impérial, faisant officiellement du tenant de ce titre le bras droit du souverain en instituant également la création des légions impériales sous son commandement et en transformant la magistrature impériale en Magistrature d'Emeraude. Hantei Ningi jugea également utile alors que son empire prenait de plus en plus d'ampleur d'organiser la cour impériale et d'inventer des charges précises qui ne seraient pas héréditaires mais pourraient être distribuées à ceux que le souverain considéreraient les plus aptes à les accomplir. Ningi institua également le système de propriété foncière légal, qui fait que toutes les terres appartiennent d'abord à l'Empereur qui ne fait que les confier à la gestion de ses vassaux.
Pour résumer l'essentiel, le troisième empereur comprit que la croissance géographique et économique de l'Empire accroissait également la puissance des six clans majeurs au détriment du pouvoir impérial. Afin de garder la nation unie malgré les antagonismes entre certains des clans, il formalisa donc l'autorité jusqu'à présent coutumière du souverain en batissant un véritable système politique donnant un pouvoir réel à une cour impériale structurée. Il reprit et actualisa les travaux réalisés par Dame Doji, Otomo et Soshi Saibankan entres autres pour devenir un législateur particulièrement important dans l'avenir de sa nation.
Couronné en 247 du calendrier officiel, Ningi était le second enfant de Genji mais son premier fils, ce qui établit définitivement la tradition privilégiant la succession par le fils ainé.
Le règne de Ningi fut particulièrement calme et le seul incident remarquable qui se déroula sous son autorité résulte d'une de ses décisions légales. Hantei III souhaitait en effet contrôler l'usage des armes et il officialisa la caste samurai dans ses prérogatives guerrières, privant du même coup les heimin de la possibilité de se défendre par les armes. Lorsqu'il entendit parler des enseignements que dispensait le moine tatoué Togashi Kaze, l'empereur fut intrigué par l'idée de pouvoir combattre à mains nues et vaincre un adversaire équipé. Durant l'année 268, il fit amener Kaze devant lui et lui ordonna de révéler à la cour ses secrets. Togashi Kaze refusa tout net et déclara même qu'il n'utiliserait pas ses talents pour se défendre lorsque l'Empereur ordonna à son champion Doji Kuzume de l'executer pour son impertinence. Kuzume s'inclina respectueusement devant le Fils du Ciel et lui demanda la permission de faire seppuku car il ne pouvait prendre la vie d'un homme qui refusait de se défendre. Ningi l'y autorisa et réitéra son ordre, que Matsu Noshin s'empressa d'executer. L'Empereur ne jugea pas utile de poursuivre cette affaire mais les disciples heimin du défunt Kaze continuèrent à répandre ses enseignements qui jetaient les bases du Jiujutsu. A la longue, non seulement les arts martiaux sans armes pénétrèrent lentement dans les dojo des samurai mais les heimin apprirent à contourner la loi en utilisant pour se défendre des outils agricoles ou des objets pouvant passer comme tels. C'est ainsi que les "armes paysannes" comme on les appelle virent le jour et si certaines comme le Bo (baton) ont droit de cité jusque dans les dojo samurai, la plupart sont encore traitées avec mépris par la caste guerrière.
Ningi régna longtemps avant d'abandonner le trône à son fils, on prétend même qu'il vécut après cela jusqu'à l'âge remarquable de quatre-vingt dix neuf ans. Il est cependant considéré comme le premier empereur vraiment mortel, à l'encontre de son père et de son grand-père.
Hantei Bosai (Hantei IV)
Bosai succéda à Ningi durant les premières décennies du quatrième siècle. A l'instar de son prédécesseur, il entreprit de consolider les fondations d'une nation dont l'expansion commençait tout juste à ralentir. Il fit entreprendre de considérables travaux de cartographie et la plupart des cartes officielles réalisées à son époque furent jugées suffisamment précises pour être encore utilisées à l'époque actuelle. Bosai institua également sous sa forme légale la tradition de la retraite chez les samurai, l'Inkyo. Ainsi, il formalisa un système de succession encore assez chaotique avant lui tout en s'assurant que les congrégations monastiques pourraient continuer à grandir dans un empire encore très vaste. Si de nombreux samurai se retiraient déjà dans les ordres passés un certain âge, on en connaissait tout autant qui restaient au pouvoir ou au service de leur seigneur jusqu'à leur dernier jour. Bosai souhaita accorder à ses vassaux la possibilité d'abandonner leurs devoirs honorablement pour poursuivre une quête plus spirituelle loin des préocuppations politiques de leur caste tout en faisant en sorte que le reste de l'Empire continue à bénéficier de leur expérience. Cette décision contribua grandement à resserer les liens entre les moines, les samurai et le petit peuple alors que cette tendance était encore peu présente en dehors des terres du Dragon et du Phénix.
Durant l'année 339, Bosai manqua de peu être la victime d'un sombre complot orchestré par des maho-tsukai et impliquant un membre de son proche entourage. Fort heureusement, le complot fut éventé par un jeune magistrat, Isawa Chuda, qui parvint à sauver la vie de l'Empereur. Hantei Bosai accorda au jeune homme une faveur et lorsque Chuda lui répondit "je ne souhaite qu'être le serpent qui rampe dans les endroits sombres pour frapper vos ennemis", le souverain le somma de créer un nouveau clan mineur qui aurait pour rôle de traquer les pratiquants de la magie noire. C'est ainsi que naquirent la famille Chuda et le clan du Serpent.
Huit ans plus tard, l'Empereur apprit que l'une des filles d'un daimyo mineur du Phénix avait eu une révélation et semblait connaître des mystères dévoilés par Amaterasu elle-même, mystères qu'elle partageait avec ses sœurs et quelques autres femmes de la petite vallée reculée ou elle résidait. Après enquête et avoir pris conseil de la famille Otomo, Bosai jugea intéressante l'idée d'un culte uniquement dévoué à la mère de son ancêtre mais plutôt que de l'intégrer au sein des temples déjà voués à Dame Soleil, il considéra qu'il serait plus judicieux que l'approche visiblement unique de la petite congrégation isolée soit préservée telle quelle.Apparemment, telle était la volonté d'Amaterasu et cela s'avérerait également plus simple à gérer. Il autorisa donc la fondation d'un autre clan mineur, celui du Mille-pattes, et l'autorisa à demeurer à l'écart dans sa vallée afin de se vouer entièrement à l'écoute d'Amaterasu.
Hantei Fujiwa (Hantei V)
Le règne de Fujiwa fut des plus particuliers car il se déroula de manière très différente de ce que les rokugani considéraient désormais comme la norme. Couronné en 371 à la suite de son père Hantei Bosai, Fujiwa se montra bien plus interventionniste que les deux empereurs qui avaient succédé à Hantei Genji avant son arrivée sur le trône. Il fit de son mieux afin que l'empire bénéficie globalement des réformes et décisions politiques plutôt que de contenter les personnages les plus en vue de sa cour. Fujiwa fut le premier empereur depuis le fondateur de sa lignée à se rendre à la bataille et il mena lui-même les légions impériales. Il apprit en effet que le clan du Crabe menaçait d'être submergé par les créatures que menait le subtil Oni no Usu et il rassembla les Légions Impériales pour voler au secours de Hida Ichido le champion du Crabe. Fujiwa brandit lui-même Akkuai-uo, l'épée de sa lignée forgée à partir des wakizashi des frères et sœurs de son ancêtre et il se plaça de lui-même sous le commandement du champion du Crabe durant la bataille.
De retour à la capitale, il admonesta durement les champions de la Grue et du Lion car il avait appris que leurs manigances avaient suffisamment affaibli le clan du Crabe pour rendre son intervention nécessaire. Cela ne l'empécha pas de perpétuer la tradition et d'épouser à deux reprises des filles de la Grue, même si son premier mariage ne lui donna aucun enfant et que le second ne lui apporta qu'un seul fils pour lui succéder ainsi que deux filles.
Cependant, le règne du cinquième empereur devait se terminer de manière bien moins glorieuse car son caractère affirmé et ses ambitions pour la nation suscitèrent bien des inimitiés contre lui et sa politique. On admet généralement que son intransigeance joua un rôle certain dans la scission de la famille Yasuki qui abandonna la Grue pour le Crabe en 387. L'invasion d'une partie des territoires par le clan du Crabe en manque de ressources et qui se sentait conforté par le soutien passé de l'Empereur s'accompagna en effet d'ordres impériaux très fermes pour que cette famille de la Grue cesse ses nombreux et douteux trafics. Les Yasuki se sentirent probablement pris entre le marteau et l'enclume et prirent une décision lourde de conséquences…
On peut certainement tenir compte de cet évènement pour expliquer que le mécontentement ait continué à progresser, notamment au sein du clan de la Grue. Toujours est-il qu'en 391, un groupe de puissants personnages décida que l'Empereur devait être cantonné dans un rôle plus symbolique car son interventionnisme menaçait trop les délicats équilibres politiques. C'est ainsi que naquit la cabale du Gozoku qui fut menée par le champion du Scorpion Bayushi Atsuki, Doji Raigu l'héritier du champion de la Grue et Shiba Gaijushiko le scribe impérial membre du clan du Phénix.
Ces trois hommes et leurs suivants parvinrent à prendre en otage le fils de Fujiwa et le forcèrent à abdiquer afin de laisser la place à une régence plus satisfaisante pour eux. Brisé et démoralisé, Fujiwa tomba malade et ne survécut que quelques mois à sa destitution déguisée. Il laissait l'Empire aux mains d'un oncle vieillissant manipulé par le Gozoku dont le règne dura jusqu'en 435.
Otomo Tohojatsu
Oncle de Hantei Fujiwa, Tohojatsu avait suivi la coutume qui voulait que les frères et sœurs d'un prince héritier abandonnent le nom de Hantei pour rejoindre une des autres lignées impériales lors de son couronnement. Il rejoignit ainsi la famille Otomo lorsque son frère ainé Bosai (Hantei IV) fut couronné. Quand le Gozoku força le cinquième empereur à abdiquer en 391, la cabale détenait son fils et héritier qui n'était pas encore en âge de régner. Ils décidèrent donc d'instituer la première régence de l'Empire et c'est à Tohojatsu qu'ils accordèrent le statut de régent. Si certains historiens considérèrent par la suite Tohojatsu comme un membre actif de la cabale, voire comme un de ses principaux artisans, la vérité est cependant sensiblement plus banale. Tohojatsu se révéla être un homme de peu de mérites dont l'orgueil dépassait largement le bon sens. Il se vautra sans regrets dans les avantages et les privilèges de sa charge tout en faisant de plus en plus de concessions au Gozoku qui l'isola ainsi progressivement sans qu'il s'en rende compte ou sans qu'il daigne reconnaître la vérité. Officiellement, il conserva les rènes de l'Empire durant six ans et se retira à regrets en 397 lorsque son neveu atteignit l'âge d'être couronné. Il avait cependant permis au Gozoku d'asseoir sa position et de transformer le sixième empereur en un simple pantin dépourvu de tout pouvoir réel.
Hantei Kusada (Hantei VI)
Tenu en respect par les agents du Gozoku, Kusada fut soigneusement préparé par la cabale à jouer son rôle de simple symbôle jusqu'à son accession au trône en 397. Cependant, malgré les précautions prises par les comploteurs, Kusada essaya à plusieurs reprises de juguler leur influence.
On n'en a aucune certitude mais il est tout à fait possible que Kusada ait réussi une première fois à damer le pion au Gozoku lorsque durant l'année 400 il entérina la scission de la famille Yasuki, obligeant les clans de la Grue et du Crabe à abandonner au trône des étendues de terre bordant leurs frontières et à cesser les combats. Dans la foulée, l'Empereur ordonna également au seigneur Doji Onegano de quitter le clan de la Grue pour former le clan mineur du Moineau qui fut placé en charge des terres particulièrement ingrates "cédées" par les deux clans. Il se peut cependant que le Gozoku soit intervenu à un moment ou un autre dans ce processus. Notamment, certains historiens pensent que l'un des dirigeants de la cabale, Doji Raigu, utilisa ces évènements alors qu'il cherchait à asseoir son pouvoir pour devenir le nouveau champion de la Grue à la suite de son père Doji Mizobu. Ceux qui ne le soutenaient pas dans son clan furent certainement affaiblis par la "défaite" de la Grue qui perdait à la fois des terres et l'une de ses principales familles.
Il se peut aussi que la cabale ait été prise au dépourvu et n'ait pu empécher l'Empereur de lui jeter cette pierre, aucune source fiable ne permet encore d'en être certain.
Deux ans plus tard, l'Empire fut bouleversé par la campagne militaire soudaine du clan du Phénix qui rasa complètement le clan mineur du Serpent. Kusada demanda une explication, avec l'aval du Gozoku, et le Conseil des Cinq lui répondit simplement par un message laconique de quelques mots.
"Plus jamais ça".
Le simple fait que cette réponse des plus impolies n'ait jamais été relevée par le souverain éclaire très nettement le statut dans lequel on l'avait cantonné et qui n'échappait apparemment à personne au sein du Conseil des Cinq.
En tant que symbôle national, le seul pouvoir qui restait aux mains de l'Empereur était d'ordre religieux et que ce soit pour maintenir les apparences ou parce qu'il trouvait un certain réconfort à s'occuper de ces tàches, Kusada fut connu pour être un soutien actif de la Confrérie de Shinsei. Le trésor personnel du Fils du Ciel servit à financer la construction d'un grand nombre d'édifices religieux, dont pas moins de vingt-quatre temples et chapelles au sein même de la capitale. D'une certaine manière, le sixième empereur fut celui qui oeuvra le plus à répandre la religion d'état élaborée sous le règne de Hantei Genji.
Le Gozoku prit la précaution de placer tous les fils du souverain auprès de familles affiliées à la cabale qui non content d'éduquer les jeunes garçons veillèrent à les rendre malléables et dépendants de leur entourage. Les filles de l'Empereur furent quant à elles mariées afin de consolider le pouvoir du Gozoku ou placées auprès des autres clans en signe de bonne volonté. C'est précisément cette décision qui causa quelques années plus tard la perte des comploteurs.
Le Gozoku négligea le fait qu'en tant que chef spirituel suprème de la nation, l'Empereur était de facto le maitre de tous les ordres monastiques de l'Empire qui n'étaient d'ailleurs pas inféodés aux clans. Durant l'année 428, Kusada tenta dans une ultime tentative de reprendre le pouvoir d'utiliser la Confrérie de Shinsei comme réseau d'espions. Les moines obéirent à contrecoeur et sous la direction de son chef Bunrakunen, la secte Anshin accepta d'espionner pour le compte de l'Empereur. Malheureusement, quatre de ces moines furent rapidement démasqués alors qu'ils espionnaient le clan de la Grue. Kusada ne souhaitait pas mettre sa progéniture détenue par la cabale en danger et nia toute connaissance du complot. Le Gozoku décida cependant d'éxecuter les espions en guise d'avertissement. Voyant que l'Empereur l'avait abandonné, Bunrakunen s'enfuit et ses disciples disparurent pour la plupart, ce qui mit fin à l'existence de la secte Anshin. Les moines des grandes congrégations et le peuple de l'Empire découvrirent à travers ces executions une facette assez sinistre d'une alliance qui exerçait jusqu'à présent une tutelle connue mais assez discrète sur la nation. Pendant plusieurs mois, les ordres monastiques refusèrent de participer à la plupart des cérémonies sur les terres des clans de la Grue, du Scorpion et du Phénix, ce qui provoqua en représailles l'arrestation du maitre des Quatre Temples et la destruction de plusieurs monastères. Les moines-combattants attaquèrent plusieurs caravanes du Gozoku et la destruction des temples provoqua également la colère des paysans.
La cabale réalisa qu'elle était allée trop loin et cessa d'user de la force pour s'imposer. La tension retomba graduellement mais le mal était fait : les accomplissements bien réels du Gozoku furent oubliés au profit de méfaits autrefois ignorés ou acceptés avec réticence et qui apparaissaient désormais comme autant de crimes. Les révoltes armées cessèrent mais un ressentiment bien réel et durable envers le régime du Gozoku vit le jour. Hantei Kusada ne le sut jamais et mourut de vieillesse en 435 sans avoir l'impression d'être un empereur digne de ce nom mais il était involontairement parvenu à créer les germes de la défaite de la cabale.