Doji Satori a écrit :Très intéressant.

Mais si tu as des chiffres sur des périodes antérieures, cela m'intéresse encore plus.

Je vais voir ce que je peux trouver... le problème, c'est qu'avant Edo jidai, ils ne faisaient pas beaucoup de recensements...
Pour l'instant, je vais continuer sur ma lancée.
Population des chônin à Edo, Kyôto et Ôsaka
Les chônin (citadins), sont les classes de heimin qui ont le droit de vivre en ville : les artisans (shokunin) et les marchands (shônin). Les paysans (nômin), quant à eux, étaient priés de rester vivre dans leurs villages.
---------------EDO----------KYÔTO---------ÔSAKA
1634-------148 714-------410 098---------279 610
1669-----------------------362 322
1695--env.350 000
1715-----------------------350 986
1721-------501 394-------341 494---------382 471
1729-----------------------374 449
1786-------457 083
1816-------501 161------------------------- 373 045
1834-------522 754--------------------------359 290
1840-------551 365
1858------------------------------------------314 370
Le recensement de 1721 indiquait 323 285 hommes et 178 109 femmes !
Dans le cas d'Edo, la population des buke était plutôt importante, surtout depuis 1635, où le bakufu décréta le
sankin kôtai (service alterné). Ainsi tous les daimyô sans exception devaient posséder et entretenir une somptueuse demeure à Edo, ce qui leur évitait de dépenser leur argent à rebâtir leur château, ou à armer leurs hommes.
Dans ces demeures logeaient en permanence leur femme et leurs enfants. De cette façon, le shôgun avait toujours un moyen de faire pression sur un daimyô récalcitrant.
De plus, ils étaient obligés de venir y vivre une année sur deux, laissant la gestion de leur fief à leur karô. Les daimyô avaient habituellement deux karô : un kuni-karô (chambellan de province) qui s'occupait du fief, et un Edo-karô (chambellan d'Edo) qui s'occupe de leur résidence édoïte.
Dès la moitié du 17ème siècle, il y avait autant de buke que de chônin (environ 150 000); environ 350 000 en 1695, et 530 000 en 1721. Ce qui faisait qu'Edo comptait un peu plus d'un million d'habitants en tout !
La population de buke s'est stabilisée entre 550 et 650 000 membres.
(On y comptait aussi, parmi la population totale de la ville, environ 50 000 représentants des clergés shintô et bouddhiques.
La population des buke se répartissait en moyenne de la façon suivante
sur 530 000 membres
23 000 (4,3%) hatamoto et gokenin
115 000 (21,7%) membres des familles des hatamoto et gokenin
100 000 (18,9%) serviteurs des hatamoto et gokenin
120 000 (22,7%) membres des familles des daimyô en résidence à Edo
30 000 (5,6%) hommes mariés qui vivent en résidences de daimyô
30 000 (5,6%) hommes celibataires en résidence de daimyô
100 000 (18,9%) ashigaru et serviteurs
12 000 (2,3%) autres
Lorsqu'un daimyô, se rendait à Edo tous les deux ans, ou revenait à son fief, son escorte devait être proportionelle à sa puissance. Là encore, le bakufu avait imposé des quota pour que les daimyô dépensent leur argent à loger toute leur escorte dans les auberges des villages étapes du trajet. ( Et qui est-ce qui payait le plus, parce qu'ils habitaient loin d'Edo ? Les tozama-daimyô, évidemment !)
fief du daimyô : 10 000 koku-50 000 koku-100 000 koku-200 000 koku et plus
samurai à cheval:---de 3 à 4---------7---------10-------------de 15 à 20
ashigaru :----------------20----------60---------80-----------de 120 à 130
serviteurs et porteurs :-30---------100---de 140 à 150-----de 250 à 300
Certains daimyô n'avaient pas assez de moyens pour entretenir autant d'hommes à demeure. Il faisaient alors appel à des "watari-kachi", des rônin prêts à travailler comme "intérimaires de l'escorte". Ces rônin sont considérés comme les plus bas, car ils se vendent à un seigneur le temps d'un voyage, avant d'en trouver un autre tout aussi pauvre.
NB pour la population du pays :
(note au sujet des rônin (c'est vrai, quoi, ce sont aussi des buke, non mais !) on estime la population totale de samurai sans maître à 400 000 individus, juste avant la révolte des rônin en 1652)