GENERALITES
Aux derniers jours de l'automne, la Bénédiction revient sur les terres de la famille Miya. Le maître du convoi donne un rapport détaillé au seigneur Miya, qui vient compléter les rapports successifs reçus à la fin des saisons précédentes.
Le seigneur Miya se réunit alors en conseil avec ses karo, estime les rapports reçus tout au long de l'année en cours par les shisha et les messagers de la famille, afin d'arrêter les trois provinces où la Bénédiction devra se rendre l'année suivante (une par saison), et ce, en fonction des fonds collectés et acheminés par des réseaux similaires à ceux du transport des impôts. Chaque année, tous les membres de la famille Miya mettent de côté une partie de leurs richesses en prévision de la Bénédiction (à peu près quinze pour cent de leurs revenus, bien que beaucoup des membres les plus âgés donnent plus encore).
La gravité des sinistres dans les zones choisies dicte l'ordre dans lesquelles ces provinces seront visitées. Le printemps pour les lieux les plus durement touchés, l'été ensuite, puis l'automne servant parfois davantage à encourager une province ou une cité en plein essor plutôt qu'à réparer des dommages.
Les rares années où l'Empire n'a pas connu de catastrophes ni de guerre, il est arrivé que la Bénédiction ait servi à passer des messages clairs à des seigneurs humiliés par la présence d'un convoi soulignant leur inaptitude à régir efficacement leurs terres. Mais il s'agit de cas exceptionnels, les idéaux véhiculés par la Bénédiction ayant étonnamment bien traversés les siècles, sans être devenu un outil exclusivement politique.
Les membres de la Bénédiction sont alors remerciés et peuvent regagner leur terre ou leur Clan pour l'hiver, libérés de leurs obligations. En fonction des besoins et des mérites individuels, certains se voient proposer d'intégrer à nouveau le convoi pour l'année suivante, sous réserve d'acceptation de leur daimyo, bien qu'elle soit toujours donnée pour une mission si honorable.
Faire partie de la Bénédiction n'est jamais un acquis, et cet honneur peut et doit être reconduit chaque année pour les plus méritants, ou, à un degré moindre, pour des raisons politiques.
Le poste de maître de la Bénédiction est une charge prestigieuse qui obéit en théorie aux mêmes règles, bien qu'en pratique, il est rare qu'un maître compétent ne conserve pas cette position jusqu'à la retraite.
Le daimyo de la famille Miya part ensuite comme de coutume à la Cour d'Hiver de l'Empereur. Chaque hiver, une des premières audiences du Fils du Ciel est accordée au daimyo Miya afin qu'il soumette les projets de la Bénédiction pour l'année suivante.
Rien ne peut être organisé sans l'accord explicite du souverain. Selon les époques, les Empereurs ont pu donner leur aval les yeux fermés ou bien avoir soigneusement étudiés chaque choix avant de les approuver.
Le souverain peut déléguer cette tâche au Chancelier Impérial, voire à ses proches conseillers, mais cela fut très rarement le cas. L'Empereur pouvant révoquer ou adjoindre toutes personnes de sa convenance à la Bénédiction, c'est durant cette audience que de nombreuses manipulations politiques finissent par porter leurs fruits…
Une fois l'aval de l'Empereur donné, le seigneur Miya transmet au maître de la Bénédiction l'ordre d'organiser le convoi de l'année à venir.
Ce dernier aura une grande partie de l'hiver pour s'y atteler.
Sa marge de manœuvre varie grandement selon les années, les moyens, les besoins et bien d'autres facteurs, mais généralement, l'organisation obéit à des schémas similaires :
Utilisant une partie des fonds alloués, le corps du convoi est reconstitué.
- Le matériel et les moyens de transport utilisés les années précédentes sont rénovés en partie, et de nouveaux éléments nécessaires sont achetés, en fonction des provinces à visiter.
- Les matières premières transportables, comme le bois de charpente, les tissus, papiers fins ou épais, l'outillage, sont chargés dans les chariots. Les matériaux plus lourds, comme la pierre de taille, seront pris sur place ou acheminés depuis des carrières ou des mines voisines des provinces de destination.
Dans le cas où les zones choisies sont frappées par la famine, la Bénédiction transportera des quantités parfois importantes de denrées non périssables.
Le maître de la Bénédiction s'assure de réunir, pour la fin de la saison, les personnes qui accompagneront le convoi :
- Plusieurs proches conseillers ; On trouve toujours parmi eux au moins un samurai de la famille Anou, vassale des Miya, descendant du célèbre Kaiu Anou, composée de véritables maîtres de la conception et de la construction de bâtiments. Il est souvent arrivé que le maître lui-même en fasse partie. On trouve aussi parmi ces conseillers des diplomates connaissant les seigneurs des provinces à visiter, des courtisans impériaux et d'autres samurai reconnus pour leur expérience ou leurs connaissances spécifiques.
- Un shisha, messager de la famille Miya, chargé de précéder et d'annoncer la venue de la Bénédiction d'une part, et de faire les rapports saisonniers de l'avancée du convoi au seigneur de la famille Miya.
- Les suites des personnes sus-cités ainsi que leurs gardes personnelles, bushi de Clan en général.
- Des maîtres shokunin (artisans) qui, bien que non samurai, sont reconnus pour leur talent, le plus souvent membres de kabunakama (guildes d'artisans, voir PH : Kyuden Kakita). Bien que la majorité soit des charpentiers, d'autres corps de métier sont représentés. Ils sont en principe au moins une vingtaine.
- De 0 à 3 totei (apprentis) par shokunin ; ils sont liés par un accord, le shomon, à leurs maîtres.
- Une quarantaine de samurai qui sont considérés comme membres des Légions Impériales le temps de la Bénédiction, s'ils n'en font pas déjà partie
- Au moins quatre ou cinq shugenja qui ont surtout pour vocation de procéder aux innombrables rituels et prières qui marquent le pèlerinage de la caravane, ses haltes à différents lieux saints pour qu'à travers elle l'empereur témoigne de son respect envers les puissances célestes ainsi que la bénédiction des ouvrages édifiés durant l'année. Leurs concours s'avèrent particulièrement précieux dans les régions frappées par la famine ou la maladie. Ils peuvent être d'un grand support spirituel pour les populations sinistrées. A ce titre, ils se font souvent accompagner d'un ou deux initiés qui les assisteront dans leurs tâches.
- Une quarantaine de serviteurs qui veillent aux tâches logistiques et au bien-être des samurai ainsi que des heimin les plus importants.
- Pour le reste, une partie non négligeable des fonds serviront à employer des ouvriers sur place.
Au total, la Bénédiction atteint presque toujours la centaine de membres, mais dépasse largement ce nombre fréquemment.
Cela reste néanmoins une taille réduite, puisqu'il s'agit autant d'aider les populations locales dans leurs travaux de reconstruction que de se manifester à travers les sommes d'argent importantes apportées.
Pour toute l'année, le maître de la Bénédiction est considéré comme le seigneur des membres du convoi.
Durant le premier voyage du seigneur Miya, aucune forme d'aide n'était négligée, jusqu'à aider à enterrer les corps. Mais ensuite, le prestige de la Bénédiction, émanation de la bonté du Fils du Ciel, s'assortit bien mal de la présence d'eta dans ses rangs. Aucun membre de cette caste n'accompagne le convoi, bien que les villes visitées mettent tout naturellement une partie des eta y vivant à la disposition permanente de la Bénédiction durant tout le temps de leur séjour.
Dès la fin des festivités de la nouvelle année, la Bénédiction de l'Empereur se met en route pour sa première destination sans tarder. L'autorisation d'utiliser sans restriction les routes impériales, massifs ouvrages de pierres surélevés, permet de réduire grandement les temps de voyage jusqu'à ce qu'il faille les quitter pour les voies secondaires menant à destination.
Les effectifs non négligeables et les chariots de matériels rendent la logistique difficile. Les relais impériaux doivent prêter assistance à la Bénédiction, mais dans la mesure de leurs moyens qui n'atteignent jamais ceux requis par la caravane. Les villes et provinces visitées durant le parcours ont à charge d'assurer le ravitaillement du convoi, ainsi que la mise à disposition de logements provisoires.
Durant le voyage de la caravane, ou du séjour dans les provinces choisies, les membres de la Bénédiction tombent naturellement sous la juridiction de la Magistrature d'Emeraude. Tout problème touchant ou incriminant un de ses membres samurai sera traité par le Magistrat impérial en poste dans la cité ou la province. Cette juridiction peut s'étendre aux maîtres artisans et leurs apprentis, mais jamais aux ouvriers employés sur place, à moins bien sûr que l'affaire concerne aussi un samurai de la Bénédiction.
Une fois annoncé et arrivé dans les lieux sinistrés, le maître de la Bénédiction est reçu par le seigneur ou gouverneur local, qui doit placer tous ses moyens à la disposition du convoi, s'assurer de son installation et de son entretien.
Les travaux peuvent alors commencer. Les maîtres d'œuvre entament leur planification et les ouvriers saisonniers sont engagés parmi la population locale. La Bénédiction apporte son concours pour des tâches très variées : rénovations ou constructions de bâtiments, travaux d'irrigation, gestion de pénuries, aide aux populations locales malades ou affamées, etc.
Il est fréquent que des ordres de la Confrérie de Shinsei situés dans ces régions apportent leur soutien à la Bénédiction.
Les membres de la caravane peuvent assister, mais aussi se substituer à des personnes du cru pour des missions ponctuelles, comme par exemple parlementer avec une province voisine peu conciliante ou encourager la reprise du trafic marchand local.
Les artisans sont bien payés et ne demandent jamais de récompense supplémentaire une fois sur place. Ils travaillent avec diligence et talent, en s'efforçant de ne provoquer aucun trouble durant leur séjour, et laissant derrière eux la Bénédiction de l'Empereur.
Le shisha en poste dans la Bénédiction transmet au moins une fois dans la saison un rapport au daimyo de la famille Miya. Il l'effectue en général le dernier mois des travaux, afin d'avoir un aperçu suffisant de l'ampleur et de l'avancée de ceux-ci.
Le héraut dispose néanmoins de pigeons voyageurs dressés à rejoindre Kyuden Miya si des rapports plus nombreux ou urgents sont nécessaires.
En règle générale, la Bénédiction quitte chaque région au plus tard le premier jour de la saison suivante, mais dans les faits, il peut arriver que l'importance de certains travaux demande un séjour prolongé.
Il incombe au maître de la Bénédiction d'assurer ses délais, et il peut déléguer la finition des travaux qu'il a engagé aux autorités locales. Bien qu'il soit alors de la responsabilité de ces dernières d'achever le travail, la compétence du maître de la caravane pourra être remise en question si ces choix se sont montrés inefficaces. Cela n'est jamais arrivé.
La suite très bientôt, sur le contexte historique de l'époque du Coup d'Etat jusqu'aux grands changements organisés par Miya Satoshi dans les années suivantes 
Encore merci Pénombre-kun, pour tes avis sur la composition en hommes du convoi 