Kyorou a écrit :Faudra un jour cesser d'encenser tout ce que Kubrick a fait.
Sauf qu'il y a une différence entre aimer et juger un film.
Remettons les choses à plat, aujourd'hui on regarde du film où les mecs arrivent pas à caser un plan de plus de 5 sec (à part les scorsese et autres spielberg), nous font des trucs épileptiques à tout va. Donc forcément un film comme 2001 qui est diamétralement opposé ça va pas s'avaler comme ça.
On est pas en 1980, en 2007 etc, on est en 1968 qd le film sort. La conquête spatiale est lancée et dans un an l'homme posera le pied sur la Lune. Bref une période où tous les fantasmes jaillissent quand à ce nouveau monde. Là dessus Kubrick fait un film spatial d'un grand réalisme (désolé mais regardez les projets de stations orbitales, de navettes etc des ingénieurs et designers d'aujourd'hui vous serez un chouilla surpris...), qui plus est avec une reflexion philosophique un peu plus poussée (le devenir de l'homme, sa nature, vers quoi il tend etc) au moment aux Etats Unis ca devait plus se soucier de son brushing. Sans compter ces plans "esthétiques" composés à la race, que peu de réalisateur savent faire (bah oui faut avoir des notions de compositions d'une image), les ellipses temporelles, l'histoire épurée au maximum, il n'y a rien de gratuit.
Donc ouais comparé à ce qui sort à l'époque, ce film est juste une grosse bombe. C'est un peu comme Giotto, tu regardes les tableaux, c'est du religieux etc, sauf que c'est un peu un des types qu'a refoutu de la perspective au milieu de tout le courant gothique... En "ART" on appelle ça un précurseur (Faut replacer les choses dans leur contexte, spécialement quand on veut parler d'art..).
C'est long? Ouais mais ça en fait pas une bouse, ou une merde sans intêret. Quand de grands réalisateurs le prennent comme référence, c'est pas pour se la raconter au milieu du beau monde, c'est parce que c'était un réalisateur de fou. De la même façon qu'Orson Welles avec son Citizen Kane, à première vue c'est un film sur la grandeur et la décadence d'un grand patron de la presse; sauf que c'est juste LA leçon de cinéma, sur la réalisation, le cadrage, le montage etc.
Bref bon nombre de films découle de 2001, après lui nombre de réalisateurs ont revu leur façon de réaliser, de cadrer etc, ouais ça on le sait pas juste en regardant le film, et sa façon de réaliser ne nous surprend pas autant vu que les réalisateurs qui ont suivi ce sont grandement inspirés de sa façon de faire. C'est pas pour se la raconter qu'on dit qu'il y a un avant et après Kubrick. Ce mec a eu une influence incroyable dans le monde du cinema. Et c'est pour ça qu'on parle de 2001 comme d'un chef d'oeuvre.
Je comprends qu'on puisse ne pas accrocher, ne pas aimer, comme Ben c'est pas tous les soirs que je serais chaud pour me le regarder.
Mais ne pas aimer c'est une chose, par contre déduire de son sentiment qu'une oeuvre est pourrie, là ça vire à la prétention.
sur ce
