Actualité politique et sociale - Saison 2008 - Episode 1

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Ding On
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Message par Ding On » 01 avr. 2008, 10:21

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080401/t ... 974b3.html
"Cette idée (du RSA) n'est pas du tout enterrée" mais "pour l'instant ce projet présenté par Martin Hirsch est un projet qui a deux inconvénients: il est coûteux, de l'ordre de 2 à 3 milliards d'euros, et puis il conduit à diminuer la Prime pour l'emploi pour un très grand nombre de Français", a-t-il ajouté.
Ah ça, 2 à 3 milliards c'est réellement énorme. Environ... 7 fois moins que le TEPA...
Hitler, qui était beaucoup plus petit que Mannerheim (Mannerheim mesurait plus de 1,90 m), portait des talonnettes et avait demandé à ses photographes de trouver un angle favorable pour la photo officielle.

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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 01 avr. 2008, 10:39

Hirsh avait menacé de se barrer si on lui filait pas les crédits pour la généralisation du rsa cette année. On verra ce que ça donne.

L'un dans l'autre ce serait un coup dur pour le gouvernement je pense. Plus dur que la démission de n'importe quel autre membre de la farce de l'ouverture. Parce que c'était peut être le moins "intéressé" et le plus engagé. En plus, venant d'Emmaüs et n'étant pas politisé (au sens appartenir à un parti ou en être proche) avant il était une sacrée caution de sérieux.

Maintenant je pense qu'il restera car il a l'air du genre persévérant et il tiendra à essayer de finir son "oeuvre"...
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Message par Kzo » 01 avr. 2008, 12:33

Ding On a écrit : Ah ça, 2 à 3 milliards c'est réellement énorme. Environ... 7 fois moins que le TEPA...
D'après le canard c'est la somme qu'a couté une frégate totalement inutile que le contribuable va bien sur devoir payer
"Je suis un gentil, j'ai que des amis et plus d'ennemis :mal:"

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Moto Shikizu
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Message par Moto Shikizu » 01 avr. 2008, 20:30

je prefere les frais de la ministre de la Justice, et sa facon de faire des economies... :mal:
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Message par Kakita Inigin » 01 avr. 2008, 21:28

rhooo ... vous croyez donc que la question de la banderolle lors du match psg-lens serait montée en épingle juste pour éviter au gouvernement de répondre sur cette gestion "particulière" des finances publiques ...
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Message par Kõjiro » 01 avr. 2008, 21:33

Kakita Inigin a écrit :rhooo ... vous croyez donc que la question de la banderolle lors du match psg-lens serait montée en épingle juste pour éviter au gouvernement de répondre sur cette gestion "particulière" des finances publiques ...
Si c'était un fumigène je pense qu'il viserait plutôt à faire oublier l'adoption par le sénat d'une réduction de 30 à 5 ans du délai de prescription des délits de discrimination...
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Message par Kakita Inigin » 01 avr. 2008, 21:38

Mais y'a plus de discrimination en France, c'est bien connue, y'a une rebeu au MJO Ministère de la Justice aux Ordres
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Message par Moto Shikizu » 02 avr. 2008, 07:24

et elle sait gerer son budget !
JUSTICE
Rachida Dati a déjà épuisé deux tiers de ses frais de réception

Cet argent aurait été dépensé en réceptions, voyages, restaurants et dépenses personnelles.




Les frais de réception du ministère de la Justice ont nécessité une rallonge budgétaire de 100.000 euros en 2007 et près des deux tiers des crédits de 2008 ont par ailleurs été dépensés, a indiqué jeudi 27 mars le porte-parole de la Chancellerie, confirmant une information du site Mediapart.

30% de dépassement en 2007

Selon le site, "les dépenses ont grimpé de manière vertigineuse pour finalement atteindre 270.000 euros en décembre 2007, soit un dépassement de 30% par rapport au plafond prévu".
Lors de son point de presse hebdomadaire, le porte-parole de la Chancellerie Guillaume Didier a précisé qu'"à l'automne 2007, il y a eu une rallonge de 100.000 euros", justifiée selon lui par l'organisation de réceptions telles que celle tenue à l'occasion de la fête nationale, le 13 juillet, à la Chancellerie.

200.000 euros par ministère

Guillaume Didier a indiqué qu'une circulaire du Premier ministre François Fillon avait fixé à 200.000 euros "l'enveloppe allouée à chaque ministère pour ses frais de représentation" en 2008.
Mediapart affirme que, "fin mars, le montant des factures à honorer était de... 112.356,67 euros", un chiffre que n'a pas contesté le porte-parole: "il est exact qu'en début d'année, les dépenses sont plus importantes" en raison notamment de l'organisation de cérémonies de voeux. Guillaume Didier a cité également la réception de 70 ministres francophones de la Justice, à Paris les 13 et 14 février.

Un rappel à l'ordre démenti

Guillaume Didier a en revanche démenti qu'une nouvelle rallonge de 100.000 euros était d'ores et déjà prévue pour 2008.
Il a contesté en outre que le contrôleur financier du ministère, un haut fonctionnaire dépendant du ministère du Budget, ait "rappelé à l'ordre" la ministre sur ses dépenses, comme l'écrit Mediapart.
"Toutes les dépenses ont été payées, c'est à dire validées, par le contrôleur financier", a insisté Guillaume Didier.

"Un minimum nécessaire"

Enfin, le porte-parole a réfuté la moindre "prise en charge des dépenses personnelles" de Rachida Dati. Selon Mediapart, cela concernerait "des paires de collants" et des "frais de maquillage". Guillaume Didier a expliqué qu'il y avait simplement au ministère "le minimum nécessaire pour permettre des raccords de maquillage".
Il a assuré enfin que le ministère ferait preuve de "vigilance pour respecter les budgets", assurant que les buffets dressés pour les réceptions de la Chancellerie "sont extrêmement modestes".
Le site Mediapart indique également que l'argent aurait été dépensé pour des voyages et des restaurants.
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Message par Ben » 02 avr. 2008, 11:44

Juste pour vous dire
Ménage annoncé dans
les «placards» du Quai d'Orsay

Marie-Christine Tabet
01/04/2008 | Mise à jour : 21:40 | Commentaires 18 .
La Cour des comptes vient d'épingler le ministère des Affaires étrangères. Un diplomate sur quatre y serait sous-employé.
Un plan social au Quai d'Orsay ! De quoi alimenter les conversations dans les ambassades. Discrètement mis en place en décembre dernier, un premier projet destiné à faire partir les diplomates de plus de 58 ans s'achève dans quelques semaines. Et Bernard Kouchner compte bien obtenir de Bercy, l'ouverture d'un nouveau guichet départs. Cette fois, destiné à attirer les hauts fonctionnaires de moins de 50 ans en leur proposant un pactole contre une démission. Un référé (1) confidentiel de la Cour des comptes, adressé à la fin de l'année 2007 aux ministres des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et du Budget, Éric Woerth, a mis le feu aux poudres.

Dans ce document que Le Figaro a pu consulter, le premier président de la Cour, Philippe Séguin, s'inquiète des «conditions dans lesquelles le ministre des Affaires étrangères est conduit à laisser sans activité définie pendant un délai supérieur à quelques mois un haut fonctionnaire sans affectation adéquate…».

D'après les calculs des magistrats de la rue Cambon, 127 diplomates susceptibles d'occuper une fonction d'ambassadeur étaient employés à des tâches bien inférieures à leur niveau de compétences en 2006. Soit un diplomate sur quatre. Des ministres plénipotentiaires, des diplomates élevés à la dignité d'ambassadeur de France, des conseillers hors classe possédant plusieurs langues et maîtrisant toutes les subtilités de la géostratégie internationale, erreraient dans «le couloir de la mort». C'est ainsi que les collègues du Quai d'Orsay baptisent l'étage de l'immeuble de la rue Lapérouse… qui accueille les ambassadeurs en mission. Pour une population de quelque 400 diplomates pouvant prétendre à une représentation de la France à l'étranger, la Cour évalue en effet à 179 les postes d'ambassadeurs, et une soixantaine d'emplois en administration centrale correspondant à leur calibre. Du coup, ils sont nombreux à rester «sur l'étagère», selon l'autre expression maison.


Des ambassadeurs dans le collimateur

Au moment du contrôle de la Cour des comptes, 14 fonctionnaires étaient même complètement disponibles, 16 bientôt disponibles et 17 autres occupés à des missions ponctuelles ! En termes moins diplomatiques, à attendre que le téléphone sonne. Le rapport relève même une perle : un conseiller des Affaires étrangères a fait valoir ses droits à la retraite à la fin de l'année 2006. Il était sans affectation depuis… 1999.

Au Quai d'Orsay, on minimise beaucoup les chiffres du rapport en invoquant les évolutions du métier : «En 1945, les deux tiers des ambassadeurs étaient à l'étranger, aujourd'hui 50 % de l'effectif travaille à Paris en administration centrale.» Le cabinet de Bernard Kouchner reconnaît que six fonctionnaires sont totalement inoccupés. Pas un de plus. Manifestement, le Quai et la Cour n'ont pas la même conception de la fonction. Les contrôleurs de Bercy se plaignent aussi des données statistiques qui leur sont fournies par le Quai. «Ce ne sont jamais les mêmes effectifs, se plaint un budgétaire, les missions durent plus ou moins longtemps. Il faudrait faire une descente dans les bureaux pour savoir exactement qui fait quoi.»

Le 15 janvier 2008, le ministre du Budget a pris sa plus belle plume pour répondre à Philippe Séguin qu'il «partage les constats de la Cour et approuve la nécessité de procéder à un resserrement des effectifs».

«La Cour estime que pour autant qu'elle soit justifiée, la rémunération des hauts fonctionnaires sans affectation ou volontairement sous-employés de façon prolongée, n'est pas acceptable (…) Elle est coûteuse et fâcheuse sur la gestion des ressources humaines. En outre, elle déroge aux principes et droit de la fonction publique», prévient dans son référé Philippe Séguin, qui remarque que «les agents du MAE (…) disposent de fait de leur rémunération».

En ces temps de disette budgétaire où le nombre des fonctionnaires est compté et recompté, les ambassadeurs sont dans le collimateur. Pourtant, ils ne sont que quelques centaines, une paille à côté des milliers de fonctionnaires en surnombre aux Impôts et au Trésor. Mais ils sont représentatifs d'une administration à la française qui n'a pas su se réformer et qui continue à vivre sur ses prébendes. «Ce sont les notes de frais, les indemnités aux deux tiers défiscalisées, le train de vie d'un poste à l'étranger qui font trop souvent le sel du métier, raconte un haut fonctionnaire. À Paris, leur traitement est de 30 % inférieur à celui de la haute fonction publique. Cela n'incite pas les ambassadeurs à chercher une reconversion en France ou à accepter une deuxième carrière.» Il faudra, à coup sûr, faire le ménage dans le système de rémunération, avant de dépoussiérer les étagères.

(1) Lettre du président de la Cour des comptes adressée aux ministres de tutelles d'une administration pour les informer des griefs observés.
Vous croyez que la nouvelle loi sur la mobilité des fonctionnaires (les mettant en disponibilité (soit sans salaire) aprés deux ans sans poste) sera appliqué à ces hauts fonctionnaires ?

J'aime bien la petite pique à la fin sur les impôts et le Trésor.

Pour info:
Des communes ont déjà commencé à se regrouper pour atteinter une procédure contre l'état dû à leur manque à gagner sur les impôts locaux (TH, TFB, TFNB et TP). En effet, les impôts locaux restant moins importants aux yeux de l'état que l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les sociétés et le recouvrement de la TVA, l'administration mets moins d'effort sur les impôts locaux qui eux sont reversés aux collectivités.

En gros c'est assez simple, moins de "main d'oeuvre" au centre des impôts fonciers donc moins de saisie de nouveaux batiments (dans les dates pour l'établissement des taux communaux) soit moins d'impôts sur la taxe fonciére, soit des problémes sur la taxe d'habitation, soit moins d'impôts reversés aux collectivités qui ne peuvent plus équilibrer leur budget.


BEn
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Moto Shikizu
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Message par Moto Shikizu » 02 avr. 2008, 12:12

Ben a écrit :Juste pour vous dire
Vous croyez que la nouvelle loi sur la mobilité des fonctionnaires (les mettant en disponibilité (soit sans salaire) aprés deux ans sans poste) sera appliqué à ces hauts fonctionnaires ?
Non. Tout comme dans le rapport Attali, ou il tapait sur les fonctionnaires, mais protegeait les Hauts Fonctionnaires (dont il fait partie, ainsi qu'une bonne partie de ceux avec qui il a redige son rapport)...
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Message par Pénombre » 02 avr. 2008, 15:59

c'est un peu plus compliqué que ça en fait : les hauts fonctionnaires sont des gens qui n'ont pas de poste statutaire, c'est à dire que s'ils ne sont jamais vraiment au chomage, ils sont nommés dans tel ou tel poste en fonction des politiques en place

c'est le cas des préfets par exemple, du président de la cour de cassation et d'un certain nombre de gens du même genre

pour mémoire, le président de la république a le pouvoir discrétionnaire de nomination d'un tas de gens parmi les "hauts fonctionnaires". 70.000 au bas mot et c'est tout à fait officiel. (oui, j'ai bien dit 70.000...)

l'intéret du haut fonctionnaire n'est pas d'avoir une place mais d'avoir une place (et elles sont toutes bien rétribuées à la base) qui lui plaise

de fait, ils sont déjà "flexisécurisés" depuis qu'ils existent sauf qu'on ne les verra jamais pointer aux assedics et que si jamais ils "cherchent du boulot", personne leur dira jamais en face "tu crois qu'un connard de fonctionnaire fainéant a sa place dans le privé toi ?"

la plupart de ceux qui finissent par quitter la haute fonction publique se retrouvent assez facilement dans les états-majors des partis politiques ou nommés comme "personnalités extérieures" ou "experts" dans des conseils d'administration ou l'on ne mégote pas sur les petits à côtés sympathiques

après, on a une autre catégorie de haut fonctionnaire assez répandue, c'est le cumulard. C'est à dire le gars qui fait l'ENA, passe les concours, prend un poste prestigieux et se met ensuite en dispo pour faire de la politique, sauf que quelques décennies plus tard, il peut bénéficier de la retraite de son grade en plus de celle d'élu s'il l'a été

exemple frappant : Juppé, Alain. L'homme qui a fait partie de ceux en 2003 qui soutenaient l'allongement des cotisations retraites de Raffarin, ce qui ne l'a pas empéché la même année de faire jouer son droit à la retraite 37,5 annuités en tant qu'ancien inspecteur des finances, fonction qu'il n'a pas exercé pendant 37.5 années, ça va sans dire...

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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 03 avr. 2008, 13:35

Ils vont décidémment bien ensemble ces deux là...

Quand George W. Bush compare Nicolas Sarkozy à Elvis
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Message par Kõjiro » 03 avr. 2008, 15:07

Les oubliettes de l’Europe
Nathalie Ferré présidente du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés).

Dans deux centres de rétention administrative de la région parisienne, des étrangers en instance d’éloignement se sont mis en grève de la faim pour protester contre les conditions de leur interpellation et de leur incarcération. Ils dénoncent les arrestations «arbitraires» dont ils sont l’objet, les conditions de rétention «indignes», les fouilles «humiliantes», les comptages de nuit répétés et le manque d’hygiène qui leur sont imposés, et se plaignent d’être «traités comme du bétail». Les objectifs chiffrés fixés par le gouvernement pour les reconduites à la frontière ont conduit l’administration à accélérer les procédures et à multiplier, fin 2007, les pratiques arbitraires et les mauvais traitements. Pourtant, ces situations sont le lot commun de ce que vivent tous les jours, sans avoir été condamnés ni jugés, les étrangers, réfugiés, demandeurs d’asile, sans-papiers, dans les multiples lieux d’enfermement administratif qui sont devenus un élément clé de la politique migratoire.

La France est loin d’être la seule concernée : en septembre 2007, sept demandeurs d’asile iraniens sont montés sur le toit du centre de rétention de Nicosie, à Chypre, pour attirer l’attention sur leur sort. Parmi leurs griefs, la durée excessive de leur détention, dans des conditions matérielles et d’hygiène très médiocres, et le comportement violent de la police à leur égard. Au Danemark, en mai 2007, de sévères critiques ont été émises par le comité contre la torture du Conseil de l’Europe sur les conditions de vie des étrangers consignés dans des centres pendant des années en attendant qu’une décision soit prise sur leur sort. Les associations belges dénoncent un régime quasi pénitentiaire provoquant des «ravages humains». A Malte, les observateurs mettent de façon récurrente en garde contre la surpopulation, l’insalubrité, l’hygiène déplorable, l’insuffisance de la prise en charge médicale, l’isolement, les violences policières auxquelles sont soumis les étrangers dans les camps de détention où ils restent de longs mois. La liste serait longue s’il fallait recenser tous les accidents, toutes les tentatives de suicide, toutes les humiliations qui constituent le quotidien dans les camps d’étrangers.

Il n’existe pas de «bonnes» conditions de rétention. Comme le démontrent toutes les observations menées sur le terrain par les ONG ou les chercheurs, comme ceux du réseau Migreurop [réseau européen de militants et chercheurs dont l’objectif est de dénoncer les dérapages des politiques d’asile en Europe, ndlr], l’internement administratif auquel sont soumis les étrangers en Europe est par sa nature même porteur de violations, plus ou moins systématiques, plus ou moins inévitables lorsqu’elles ne sont pas volontaires, de leurs droits fondamentaux : en premier lieu, la liberté d’aller et venir, mais aussi le droit d’asile, le droit au respect de la vie privée et familiale, le droit de ne pas subir des traitements inhumains ou dégradants, ou encore les droits spécifiques des mineurs.

A la racine de ces traitements, on trouve le choix opéré par l’Europe d’une fermeture sélective des frontières, qui privilégie l’immigration «utile» - celle qui permet de répondre aux besoins de main-d’œuvre des Etats membres - au détriment, notamment, de l’immigration familiale pourtant facteur d’intégration. De ce fait, l’essentiel des efforts des Etats membres de l’UE en matière de politique migratoire a porté, au cours des dix dernières années, sur la lutte contre l’immigration irrégulière. Après les charters pour organiser des expulsions collectives, après les murs et les grillages pour empêcher les migrants de venir en Europe, ils discutent en ce moment de l’harmonisation de leurs législations en matière de rétention et d’expulsion des étrangers en situation irrégulière.

Dans ce cadre, la directive «relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier», qui sera soumise au vote du Parlement européen dans les premiers mois de 2008, ouvre la voie à la généralisation d’une politique européenne d’internement des migrants. Loin de réserver l’enfermement administratif à des circonstances exceptionnelles, ou dans le seul but d’organiser leur éloignement, elle prévoit qu’il pourra être ordonné dès lors que l’étranger frappé d’une mesure d’expulsion présentera un risque de fuite ou constituera une menace à l’ordre public. Or, aucune définition de la notion de «menace à l’ordre public» ne vient en encadrer l’utilisation. Quant au «risque de fuite», on peut craindre qu’il ne soit toujours présumé par les Etats ! Il faut donc s’attendre, si la directive est adoptée, à la prolifération sur le territoire européen de camps où les étrangers, populations indésirables, seront placés sous contrôle.

Ce n’est pas tout. Dans ces lieux de mise à l’écart, les étrangers ne seront pas qu’en transit, enfermés le temps que soit organisé leur départ. La directive propose que la détention, d’une durée de trois mois, puisse être prolongée jusqu’à dix-huit mois dans le cas où l’étranger ne coopère pas à son éloignement, ou s’il représente une menace pour l’ordre public, ou encore si l’administration rencontre des difficultés pour obtenir les documents de voyage. Lorsque l’on sait qu’en moyenne, en France, l’éloignement d’un étranger intervient dans les dix premiers jours de sa détention, la prolongation de celle-ci pendant un an et demi ne s’inscrit plus seulement dans une recherche d’effectivité et de rationalisation des procédures, mais vise d’autres objectifs. Lesquels ? Il s’agit d’abord, après le contrôle et la mise à l’écart, de punir et de dissuader. Mais aussi de lancer un message. Aux opinions européennes d’une part, parce qu’en évoquant la prison, le camp d’étrangers alimente dans les esprits l’association étrangers=délinquants, qui à son tour sert à justifier les mesures prises par les autorités en matière de lutte contre l’immigration clandestine, notamment la criminalisation du séjour irrégulier, et plus généralement de durcissement des lois relatives aux étrangers. Aux opinions des pays d’origine des migrants d’autre part, par le «signal fort» envoyé par ce biais aux candidats à l’émigration. Non forcément pour les empêcher de prendre la route. Mais, en faisant peser sur eux la menace permanente de l’interpellation, de l’internement et du renvoi, pour leur rappeler la précarité de leur statut, pour les pousser à l’invisibilité et favoriser leur exploitation.

Dès 1993, en désignant haut et fort comme les «oubliettes de la République» le sinistre «dépôt» de Paris qui servait de centre de rétention, le Gisti obligeait les autorités à le fermer temporairement. Notre vigilance est plus que jamais d’actualité : exigeons de savoir ce qui se passe derrière les barreaux des zones d’attente et des centres de rétention ! Ne laissons pas adopter la «directive de la honte» !

Le Gisti est signataire de l’appel aux parlementaires européens : «Non à la directive de la honte». www.directivedelahonte.org/
Et encore elle reste soft dans ses propos.
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Message par Ben » 03 avr. 2008, 20:56

Kõjiro a écrit :Ils vont décidémment bien ensemble ces deux là...

Quand George W. Bush compare Nicolas Sarkozy à Elvis
Si Nicolas pourrait aussi aller sur Mars, why not :langue:


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Message par Kakita Inigin » 03 avr. 2008, 20:59

Il y est déjà ...
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