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par Ding On » 09 août 2007, 10:25
Motel :
La vraie bonne surprise de l'été.
Un jeune couple en phase de divorce se retrouve piégé dans un motel louche après être tombé en panne sur la route : un canevas on ne peut plus classique, mais que le réalisateur va mettre à profit à fond, le pousser dans ses derniers retranchements pour livrer un modèle d'efficacité filmique, une oeuvre prenante de bout en bout.
L'alchimie qui permet à ce film de sortir du tout-venant des survival modernes tient finalement à peu de choses : un couple auquel on croit (Luke Wilson, particulièrement bien vu dans le rôle du mari un peu dépassé mais qui se débalonne pas), un huis-clos bien géré (la géographie limitée du motel est très mieux exploitée et mise à profit), une unité de temps et de lieu qui, couplé à une durée courte, permet de maintenir un rythme haletant.
Passée une introduction permettant de faire connaissance avec les protagonistes (rien que du classique encore une fois : un couple détruit par la mort de leur enfant ; ça mange pas de pain mais c'est sobrement expliqué sans en faire trop), la tension s'installe et n'arrête jamais de grimper au point que lorsque le mot fin apparait, on a les doigts encore incrustés dans le siège (aucun épilogue permettant d'évacuer : un choix rare et osé). Enfermement, révélations, lutte pied à pied, fuite, poursuite, scènes chocs : le réalisateur sait parfaitement gérer la situation et dose les décharges d'adrénaline de main de maître. L'absence de gore est également un atout : le film mise plus sur l'ambiance que sur les effets tripaille faciles ; la claustrophobie et la peur de l'inconnu, de l'invisible, sont efficaces à ce titre (très bonne gestion des hors-champs notamment et du son).
Les réactions des personnages sont pour une fois très bien vues. C'est bien la première fois dans un survival que je n'ai pas envie de baffer les héros à cause de leur stupidité. Au contraire même, j'ai trouvé que chaque décision était crédible, prenant en compte ce que les personnages savaient ou ignoraient de leur situation (le coup du camionneur et du flic par exemple) : une sacrée qualité dans ce genre de film où bien souvent les protagonistes font à peu près n'importe quoi (l'excuse de la peur panique n'excusant pas tout).
La mise en scène constitue également un point fort du film. Doté d'une photographie somptueuse (tout se passe de nuit mais reste parfaitement lisible malgré l'obscurité et l'éclairage pâle des enseignes ou lampadaires), la réalisation joue à fond sur le côté huis-clos, décor minimaliste dans lequel les personnages sont enfermés (les cadres sont très bien travaillés en ce sens, jouant énormément sur le fait que des caméras observent chaque partie du motel) et un montage au millimètre assure son quota de sursauts nerveux.
Plein de qualités, ce petit survival mérite réellement qu'on lui donne sa chance en cette période dominée par les blockbusters faisandés.
Hitler, qui était beaucoup plus petit que Mannerheim (Mannerheim mesurait plus de 1,90 m), portait des talonnettes et avait demandé à ses photographes de trouver un angle favorable pour la photo officielle.
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