Actualité politique et sociale 2007

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Pénombre
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Message par Pénombre » 10 avr. 2007, 14:46

Kõjiro a écrit :
En fait je me dis que cette histoire de contrats "aidés" sous conditions socio-économiques est peut être une sorte de discrimination positive sans en avoir l'air.

Et le fait que ce soit sur une base "sociale" et pas ethnique est plus rassurant et moins stigmatisant (sur l'ensemble de la population).
ben oui, c'est un autre truc qui m'ennuie.

le souci de la discrimination positive, c'est d'améliorer les chances de ceux qui n'ont rien sans rien changer pour ceux qui ont peu. On le voit déjà avec la CMU et le RMI : une frange de la population qui travaille et à un revenu stable se retrouve à gagner moins bien ou à avoir un niveau de vie aussi borderline que ceux qui sont si souvent caricaturés comme des "chomeurs volontaires".

bonjour les antagonismes et les jalousies que entretient. Amalgamer ça et le bon vieux "elle parle pas français mais comme ils ont 8 gamins, l'assistante sociale leur a dit que...", j'ai déjà vu les dégats que ça pouvait faire. Parce que même si c'est de la discrimination positive "sociale", faut reconnaitre que les classes sociales les moins favorisées ont quand même en majorité une belle coloration ethnique.

le problème de ramener tout le monde à un plateau minimal, c'est de savoir si justement il n'est pas un peu juste, ce "minimal".

sauf que ça impliquerait de revoir un peu ce que sont les classes modestes et les classes moyennes, leur rôle dans la société, comment elles surnagent par le bricolage et/ou le surendettement via le système de crédit et la foultitude de "cartes fidélités" qui posent presque autant de contraintes qu'elles font faire d'économies

bref, ça reviendrait à reconsidérer le rôle des banques, des organismes de prèt, de la grande consommation, les salaires et revenus non-travaillés, la fiscalité et un tas d'autres choses

et outre le casse-tête technique, ça génerait bien trop d'intérets en place pour qu'on y mette les pieds

donc, on perfuse le système en espérant que d'une manière ou d'une autre on réduira les inégalités et que d'ici dix ans, les gosses d'aujourd'hui seront dans une meilleure position que leurs frères et soeurs ainés.

mais dans le fond, on continue à courir après la machine, non ?

parce que même si certains dispositifs sont nouveaux et ont une certaine efficacité potentielle, on peut pas dire que le problème soit nouveau, lui, ni qu'on ait jamais tenté d'y faire quelque chose dans le registre palliatif.

bref, j'ai rien de mieux à proposer mais je crois qu'on recule pour mieux sauter parce que le seul moyen d'y échapper, ça serait de remettre à plat certains automatismes qui entretiennent notre économie

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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 10 avr. 2007, 15:57

Je suis d'accord, c'est pour ça que j'ai parlé de la lettre avant de me prononcer (faute de détail) sur le principe (qui me plait a priori tout en sachant que ça reste un palliatif).

Maintenant, comme je le disais tout à l'heure, justement Royal propose de remettre en cause certaines pratiques bancaires et également de reprendre en main la question urbaine... Si elle remet en marche en l'améliorant la loi sru (comme ce fut discuté par les socialistes au moment de l'élaboration du programme du ps) elle va pouvoir jouer sur l'aspect structurel justement.

C'est bien pour ça aussi que je disais (on se paraphrase) que toutes les autres mesures ne seront que du palliatif agissant sur les symptômes sans guérir la maladie si on ne lutte pas contre l'enclavement et le cumul de handicap qu'il génère --> socio -, primo arrivants, zep, zus et zv, profs jeunes, déficit de tc, déficit de services publics, déficit d'emploi, chômage de masse, discrimination "raciales" etc...

Le truc n'est donc pas de faire un grand plan marshall pour les banlieues comme certains le disent mais de conquérir des territoires enclavés par la résistance de leurs habitants à l'arrivée de ces barbares de pauvres... :sarcastic:

D'où, je me répète, que ce soit dans les discours ou dans l'action passée la gauche a prouvé qu'elle y était relativement intéressée et active alors que la droite y était hostile. Quand à Bayrou je ne l'ai même pas vu en parler. Cela dit, Lagarde (qui fait partie de sa garde rapprochée ohohoh...) a déjà dit des trucs pas con sur ce sujet. Mais bon c'était au moment des "émeutes" (le jour où la France a failli s'effondrer sous les coups de butoir de la racaille) alors c'était de circonstance mais depuis silence radio...

Edit : c'est le même principe que la discrimination positive. Moi ça me paraît utile parce qu'on est dans une telle situation qu'on ne peut pas se permettre d'attendre que des efforts sur les structurel ne portent leurs fruits. Mais en aucun cas ce ne peut être considéré comme autre chose qu'une transition d'accompagnement de vraies réformes structurelles. Parce qu'à terme les effets pervers sont bien pire que les avantages relatifs...
Dernière modification par Kõjiro le 10 avr. 2007, 16:02, modifié 1 fois.
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JBeuh
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Message par JBeuh » 10 avr. 2007, 16:22

Pour ceux que ça intéresse :
[quote="Le Monde - La Fondation Copernic contre "l'effet Bayrou" à gauche"]La Fondation Copernic a décidé, à son tour, de tenter de contrer "l'effet Bayrou" à gauche. Le cercle de réflexion antilibérale s'inquiète de l'attraction que le centriste exercerait sur une partie de l'électorat socialiste.

Il a donc diffusé une note intitulée "L'effet Bayrou ou le retour de la République du centre", livrant une analyse du programme du candidat de l'UDF. "Nous essayons de déconstruire cette image d'homme hors système et de prouver que finalement Bayrou est un libéral", explique Evelyne Sire-Marin, coprésidente de la fondation.



Constatant que M. Bayrou capte une frange d'électeurs "déçue par la campagne menée par le Parti socialiste et les autres composantes de l'ex-gauche plurielle" qui voit en lui un "recours possible", l'auteur, Julien Bach, pseudonyme d'un haut fonctionnaire, explique qu'"il suffit de regarder d'un peu plus près ses (rares) propositions pour mesure à quel point sa vision du monde demeure clairement ancrée à droite".


"PLUS LIBÉRAL QUE SOCIAL"

La note souligne le parcours politique de l'homme, ministre de l'éducation du gouvernement Balladur, qui a ainsi "participé à la thérapie de choc néolibérale infligée à la France de 1993 à 1997".

Son programme actuel n'est pas celui d'un "rebelle" et n'a rien de "social-libéral" comme le prétend le candidat, dénonce la Fondation. Ses principales propositions dévoilent un projet "nettement plus libéral que social", assure M. Bach. Ainsi, de sa volonté de faire de la France "un pays pro-entreprises", de la rigueur budgétaire "érigée en dogme" par sa proposition d'inscrire dans la Constitution l'interdiction pour un gouvernement de présenter un budget déficitaire, "la refonte universelle" des retraites vue comme "un projet de nivellement par le bas", ou encore l'allégement de l'impôt sur la fortune... autant de sujets que l'auteur stigmatise comme étant "la poursuite des politiques néoclassiques" de la droite.

Le projet de société du candidat de l'UDF "est un projet faussement humaniste et authentiquement réactionnaire", dénonce Copernic. "Recyclage" de la théorie du moins d'Etat, rejet de l'immigration parce que le pays "compte quatre millions de chômeurs", remise en question du droit de grève "sous couvert d'un service garanti dans les transports", proposition "aux relents sécuritaires évidents" de mise sous tutelle des allocations familiales quand il y a abandon de responsabilité des parents... les réformes centristes démontrent "l'ambition de parvenir à convertir la France à la démocratie chrétienne", conclut la note.

Pour la Fondation, la preuve est ainsi faite que le programme présidentiel du centriste s'inscrit "dans la grande tradition libérale et réactionnaire" dont M. Bayrou ne serait qu'"une variante actualisée". Un leurre qui, "par sa négation des divergences d'intérêts et l'occultation du conflit social" au profit d'une "régulation paternaliste de la société", pèserait dangereusement sur la vie politique française.

La note rappelle ainsi en exergue la citation du philosophe Alain en 1930 : "Lorsqu'on me demande si la rupture entre les partis de droite et les partis de gauche (...) a encore un sens, la première idée qui me vient est que celui qui demande n'est pas un homme de gauche." Une citation qui tourne déjà sur Internet pour mieux prouver qu'être "au-dessus, c'est être de droite".

Sylvia Zappi[/quote]
Note : 1/ Le Monde est pro-sarko et aimerait se payer la peau de Bayrou...
2/ Copernic est anti-libérale, et pas réellement PS.
3/ Le lien du document se trouve sur un site appelé "clementineautain.fr", qui est une élu PC adjointe au maire de Paris (PS), mais qui est anti-Ségo.
4/ La magnifique phrase d'Alain qui date de 1930 (oui, l'époque où c'était le centre qui faisait les gouvernements)

Et pour ceux qui restent dubitatif de la politique "centriste hors des clivages droite-gauche", je renvoie à l'article (encore du mondre) associé :
[url=http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-893946@51-825418,0.html]Les députés UDF hésitent à rompre avec l'UMP [/url] a écrit :Après avoir souvent mis en doute la stratégie de François Bayrou, les députés UDF profitent de sa percée. Mais restent prudents face à certains mots d'ordre du candidat, comme la "rupture" avec l'UMP et l'effacement du clivage droite-gauche. Des thèmes qui passent mal auprès d'un électorat anciennement ancré à droite.



Certains ont préféré mettre entre parenthèses leur propre campagne. "Sur le terrain, personne ne s'intéresse aux législatives", souligne Rudy Salles, député des Alpes-Maritimes. "Les candidats investis dans le département augmentent leur notoriété en faisant campagne pour François Bayrou, et ça suffit à notre bonheur", ajoute-t-il. Une césure confirmée par Jacques Rocca Serra. "On a pris le parti de ne pas s'occuper des législatives. On concentre tout sur la présidentielle. Pour le reste, on verra après", indique le conseiller régional UDF et adjoint au maire (UMP) de Marseille, Jean-Claude Gaudin.

Député de la Côte-d'Or, François Sauvadet s'efforce de rester "très arrimé sur le fond", en insistant sur le diagnostic socio-économique formulé par le candidat de l'UDF. Son collègue du Calvados, Claude Leteurtre, reconnaît que "les gens ne comprennent pas de prime abord qu'on veuille rompre avec l'UMP". "Il faut expliquer ce qu'on veut faire, que le pays est en pleine crise, qu'il y a nécessité d'une nouvelle donne politique. Culturellement, nos électeurs fonctionnent sur une alliance avec l'UMP. Cela leur semble naturel", poursuit-il. Un rapprochement avec le PS ? "Je ne parle jamais de ce sujet dans mes réunions. Et, on m'en parle peu. Franchement, on ne semble pas prêt à cela. Les alliances, on verra cela après le premier tour. Pour l'instant, chacun roule à fond pour son champion."

Dans la Somme, le ralliement à Nicolas Sarkozy du maire d'Amiens, Gilles de Robien, a créé un certain désarroi. L'ancien suppléant du ministre de l'éducation nationale, Olivier Jardé, n'a pas encore exprimé de préférence entre les candidatures Bayrou et Sarkozy.

L'autre député UDF du département, Stéphane Demilly, a pris position en faveur de M. Bayrou, mais souligne que son suppléant lors des élections législatives de juin sera, comme en 2002, Jean-Pierre Viénot, maire (UMP) de Péronne : "Il y a les jeux stratégiques nationaux et le travail sur le terrain. Ce sont deux choses différentes. Les bagarres à Paris, c'est pas mon truc."

Bien qu'étant sur la ligne Robien, Isabelle Griffoin, présidente de la fédération départementale de l'UDF, a laissé les "clés" de la permanence amiénoise aux militants qui font campagne pour M. Bayrou. Signe d'un climat relativement serein entre la majorité "bayrouiste" et la minorité "robieniste" localisée à Amiens intra-muros.

Approuvant sans réserve la ligne Bayrou, le député de la Loire et président départemental de l'UDF, Gilles Artigues, se dit persuadé que "c'est le moment de sortir le pays d'un affrontement stérile entre la droite et la gauche". Mais il reste discret sur l'éventuelle "rupture" qui pourrait l'amener à conduire sa propre liste aux municipales, face à celle du maire UMP de Saint-Etienne, Michel Thiollière, dont il est l'adjoint. "Rien n'est décidé. Rien n'est exclu, observe-t-il. Je ne le ferai que s'il y a une attente d'une offre différente au niveau local. Je ne veux pas être responsable du basculement de la ville à gauche".

L'autre député UDF de la Loire, François Rochebloine affirme être "totalement en phase" avec M. Bayrou, mais se dit "prêt à suivre" le centriste dans la création d'un nouveau parti politique. Mais le vice-président du conseil général de la Loire reste tout aussi fidèle à son président UMP, Pascal Clément. "L'assemblée départementale, c'est très différent. On est là pour gérer", affirme-t-il.

Député du Nord et maire de Wasquehal, Gérard Vignoble - ancien socialiste passé au Centre des démocrates-sociaux en 1988 - estime être à la tête d'une sorte de "laboratoire" bayrouiste. Pour autant, M. Vignoble relève que "les gens sont référencés par rapport au clivage droite-gauche, et ont du mal à comprendre qu'on puisse changer de système".

Également député du Nord et maire de Hem (Nord), Francis Vercamer assure que "les habitants sont moins politisés qu'on veut bien le dire". Mais insiste sur la dominante protestataire : "Je crois que ces personnes seraient tentées de voter Le Pen pour donner un coup de pied dans ce paysage, s'il n'y avait pas Bayrou. C'est ce que quelqu'un vient de me dire : "Ils n'ont pas encore compris la leçon de 2002 !"".

Dans les terres radicales du Lot-et-Garonne, UMP et UDF travaillent ensemble. Chahuté sur son blog par un internaute "perplexe" devant ses "retournements de vestes", le député UDF Jean Dionis du Séjour a mis sous le boisseau les critiques formulées à l'encontre de M. Bayrou. Mais il prévient toutefois que "les élus vont rester dans leur logique d'alliance avec l'UMP".

Jean-Baptiste de Montvalon (avec nos correspondants)
Morceaux choisis : 1/"Culturellement, nos électeurs fonctionnent sur une alliance avec l'UMP. Cela leur semble naturel", poursuit-il. Un rapprochement avec le PS ? "Je ne parle jamais de ce sujet dans mes réunions. Et, on m'en parle peu. Franchement, on ne semble pas prêt à cela."
2/"Je ne le ferai que s'il y a une attente d'une offre différente au niveau local. Je ne veux pas être responsable du basculement de la ville à gauche". (Gilles Artigues, UDF)
3/Dans les terres radicales du Lot-et-Garonne, UMP et UDF travaillent ensemble. Chahuté sur son blog par un internaute "perplexe" devant ses "retournements de vestes", le député UDF Jean Dionis du Séjour a mis sous le boisseau les critiques formulées à l'encontre de M. Bayrou. Mais il prévient toutefois que "les élus vont rester dans leur logique d'alliance avec l'UMP".

Je veux bien que Bayrou espère faire un gouvernement d'union nationale ; qu'il souhaite sortir du clivage, etc. N'empêche que les autres du groupe et des autres partis ne semblent pas sur la même longueur d'onde... Après, dire qu'il y a hypocrisie et instrumentalisation à vue politique pour la présidentielle, il y a un pas...


JBeuh, dubitatif envers Bayrou...

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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 10 avr. 2007, 17:06

Intéressant tout ça.

Merci aussi pour les vidéos Mikoshi :jap:

Sinon, un débat entre Kahn et Guaino :

http://www.marianne2007.info/Jean-Franc ... a1076.html

Je ne sais pas pourquoi mais le Guaino franchement je le sens pas à l'aise là...

Et un commentaire que j'ai trouvé assez intéressant :

Passionnant… petite impression de départ !
Intellectuellement et du point de vue du comportement c'est encore une fois un grand plaisir d'entendre des positions construites et dans l'écoute.

Maintenant qu'en penser ?
JFK avance plusieurs arguments, je trouve intéressant de revenir dessus.
1 La logique d'opposition entre français
2 un double langage sur le patriotisme et le modèle français
3 la logique d'immigration choisie
4 une combinaison chez Guaino de compétence et de vision assez juste au service du mauvais candidat par naïveté pour la seconde fois (la première étant 1995 pour Chirac)

1 Sur la logique d'opposition, force est de constater qu'elle est là, sourde avec parfois des éclats de violence. Que ce soit par des grèves parfois violentes, rappelons dans le Nord des outils largués dans la rivière ou des menaces d'explosion, rappelons nous les "émeutes" de 2005 ou cette explosion de la gare du nord, parmi bien d'autres faits. La radicalisation est un fait qu'on voit traduit dans les résultats électoraux et les changements violents de majorité depuis au moins les législatives de 1993.
Que Sarkozy stigmatise des fonctionnements humains de type parasites ou anti-lois et violents, comme le soutient Guaino, bon... en revanche c'est passer sous silence 2 points.
Il n'est question dans Ses discours que du voisin de palier, de ces multiples petits bras et non de ces détournements d'une autre échelle que décrivent par exemple Denis Robert, Greenpeace, Attac etc. Nous avons un peu tous des gens autour de nous qui nous paraissent peu citoyens, qui nous irritent mais le discours de Sarkozy de s'en prend véritablement qu'à eux, or ils ne sont que la résultante d'un système soutenu par une élite économique et financière autodestructrice et antilibéral. On peut parfaitement penser que bien des gens véhiculent des valeurs contraires à nos principes : consumérisme et matérialisme absolus, culte du chef imposé par une violence verbale ou physique, logique de meute et replis identitaires (religieux, ethnique…), utilisation régulière de la violence verbale ou physique comme mode relationnel, logique hyper individualiste, culte de l'apparence et de la réussite financière : une somme abominable en résumé. Mais ne s'en prendre qu'à eux, sans donner de porte de sortie ou uniquement par le gain en marchant sur l'autre est mensonger et incendiaire. Il serait plus utile de montrer qu'il sont les petites mains de ce qu'ils décrient eux même sans arrêt, qu'ils ont les mêmes valeurs que leurs « ennemis » NS et consorts.
Les réactions d'hostilités très grande envers Sarkozy s'expliquent donc largement par l'impression, qu'elle soit vrai ou non, de n'avoir qu'une seule cible, le mauvais peuple, en ce sens les mauvais français et non français. On ne peut avoir un langage d'ordre et de justice entendu que si l'on pose ses valeurs au plus au niveau or ce n'est pas le cas. En conséquence il ne fait donc qu'augmenter la pression et il est parfaitement illusoire de croire qu'il va la faire baisser, du fait même de ces choix économiques (j'y reviendrais).

Sur le patriotisme et le modèle français, là aussi il faut décortiquer.
Certes tous ces propos de Sarkozy ont été tenus, et pour qui a un peu de mémoire on se souvient que M. Madelin avait été soupçonné fortement de faire le poisson pilote dans ce souhait de participer à l'intervention américaine. Beaucoup d'échos allaient dans ce sens même si certes Sarkozy n'a pas publiquement souhaiter ce soutien armé. La contradiction vient d'un attelage particulier chez Sarkozy entre volontarisme évident et soutien forcené d'une logique économique d'adaption libérale. NS est ainsi le moins apprécié des candidats au niveau européen car on le voit dans la droite ligne de Chirac et en même temps il est le soutien le plus fort d'une logique de concentrations fusions, de dégagement des "contraintes sociales" liées au droit du travail, de mise en concurrence exacerbée à tous les niveaux et dans tous les domaines.
Incohérence ? Pas forcément. Il n'est pas social libéral et on peut parfaitement imaginer qu'il s'agit bien d'une logique à l'anglo-saxonne ou à l'irlandaise, c'est à dire jouer une carte avant tout personnelle au détriment du collectif Europe. En ce sens il est parfaitement volontariste, totalement libéral et Européen à l'anglaise, c'est à dire pas de politique mais de l'économique dans un sens de dérégulation uniquement pour faire jouer son pays dans le peloton de tête.
C'est bien là le noeud du problème, il soutient activement un fonctionnement qui tend à plus d'inégalités pour pouvoir survivre selon lui. Cela n'empêche pas un fort lien de le ce qui reste d'Etat et du secteur économique sachant que l'Etat est là pour soutenir activement ce type de capitalisme et non rendre une vie plus harmonieuse. C'est en ce sens qu'on peut lire les actions faites par Sarkozy et son interventionnisme... Volontarisme, défense de certaines entreprises, d'une collectivité France ne signifie rien si on ne limite à ça.

On peut en tout cas trouver très discutable la conception républicaine de NS : liberté ? la logique économique qu'il soutient est la négation par excès de libéralisme de ça : oligopoles, jungle des droits et demandes ; égalité ? C'est une logique d'acceptation de l'inégalité comme mode de survie ou de régulation. Fraternité ? cette logique est basée sur la concurrence tous azimuts et l'avoir. Je laisse de côté la laïcité et le République une et indivisible qui là aussi font débat dans les actions et propos de NS depuis de nombreuses années.

L'immigration choisie, en dehors même de ce que souligne JFK est dans la droite ligne de la politique économique prônée par NS, une logique de soudards, peu importe les résultats dans les pays d'origine, on pille les compétences. C'est évidemment contre productif puisqu'en soutenant une logique concurrentielle, on pousse clairement les gens à fuir des pays en crises majeures et on accentue la crise démocratique et républicaine ici.

Le problème de Sarkozy à mon sens c'est que la logique sociétale et économique qu'il défend est fondée sur :
- la consommation avec pour finalité la consommation dénuée de sens, de rapport à la vie
- la mise en concurrence et la logique de prédation ; le plus fort s'en sort, et ne meurent dans son camp que ceux qui n'ont pas joué le jeu, tant pis pour eux
- une prétention à croire que, une fois liquidés les freins sociaux, notre qualification, notre recherche, notre haute productivité nous sauveront. A ce jeu nous seront mangé tout aussi vite face à des concurrents comme la Chine, l'Inde le Brésil ; il y a là la main d'œuvre, une masse de chercheurs rapidement aussi compétents et beaucoup plus nombreux, plus l'absence des mêmes règles sociales et politiques.
- la mise à bas du contrat républicain : égalité, liberté et fraternité étant opposés à cette logique économique ; ou la mise à mort parce qu'on aura stimulé le replis nationaliste ou l'atomisation communautaire (religieuse, ethnique, sociale)
- l'accélération d'une autodestruction par un refus de prendre en compte la donnée environnementale : la santé, les équilibres internationaux, la survie même d'une plus ou moins grande partie de la population, et tout bêtement l'économie sont en jeu. C'est une logique aveugle de refus de la vie en dehors de soi, de parasite et à terme une logique de mort.

Un dernier point qu'on pourrait croire recevable : Guaino nous dit que NS aurait changé. C'est effectivement non seulement possible humainement mais trouver anormal qu'on évolue serait souvent une belle ânerie… sauf que… pour cela il faudrait croire que l'ensemble de son camp a changé en même temps. Je veux bien qu'un homme seul change mais que tout un ensemble de personnalités politiques changent en même temps aussi profondément, là il faudrait parler de la « secte UMP ». Donc on se doute bien qu'il n'y a inflexion réelle que tactique, globalement la logique économique et sociétale n'a pas varié au fond, elle est juste dissimulée, sinon NS se serait coupé de tous ses compagnons de route, évidemment.

Guaino est il naïf dans ce cas ? Il dit l'avoir été pour Chirac qui l'a déçu par son manque de volontarisme et je ne suis pas madame soleil pour savoir ce qu'il pense au fond. Je le crois honnête mais j'ai peur qu'il ne se trompe une fois de plus.
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Message par Kõjiro » 10 avr. 2007, 18:45

Tiens revoilà le canard :

Lien.
Sarkozy aurait promis une amnistie "déguisée" à Chirac

NOUVELOBS.COM | 10.04.2007 | 19:06

D'après Le Canard Enchaîné, le candidat UMP se serait engagé, en cas d'élection, à limiter à dix ans la durée maximale d'une instruction judiciaire, en échange du soutien de Jacques Chirac à sa candidature.

Le Canard Enchaîné révèle, dans son édition du mercredi 11 avril, un accord que Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac auraient passé il y a quelques semaines, qui devrait permettre au président sortant d'éviter toute poursuite judiciaire. D'après l'hebdomadaire satirique, le candidat de l'UMP s'y est officiellement engagé, s'il est élu à la présidence de la République, en échange du soutien de Jacques Chirac à sa candidature.
Concrètement, le nouveau projet de loi sur la lutte contre la délinquance, promis par Nicolas Sarkozy pour juillet s'il est élu, comportera un article qui imposera aux juges de clore leurs dossiers au plus tard une dizaine d'années après les faits, pour les simples délits. Le Canard Enchaîné cite un proche de Jacques Chirac, sous couvert d'anonymat: "Les dossiers trop anciens, encore à l'instruction, seront purement et simplement annulés. Le tout, au nom d'une bonne administration de la Justice…".

"Nettoyage approfondi"

Pour le président sortant, cette réforme reviendrait à annuler toute poursuite judiciaire à son encontre. Le Canard Enchaîné, qui parle de "nettoyage approfondi", rappelle les trois affaires dans lesquelles Jacques Chirac est -encore- impliqué: le dossier de l'emploi fictif d'une secrétaire de l'ex-RPR, les enquêtes sur des dizaines d'autres emplois fictifs de la Mairie de Paris et l'instruction de son collègue Jean-Marie d'Huy sur les fausses factures de l'imprimerie municipale Sempap.
D'anciens collaborateurs de Jacques Chirac, notamment Robert Pandraud et Michel Roussin, ainsi que Jean Tiberi, pourraient également bénéficier de cette disposition. Le Canard Enchaîné fait par ailleurs remarquer que cette nouvelle règle, "fixant à dix ans la durée maximale d'une instruction", va également "rendre caducs" des dossiers touchant directement Nicolas Sarkozy dans les Hauts-de-Seine: par exemple, l'affaire de son appartement sur l'île de Jatte.
Avant la présidentielle de 2002, Nicolas Sarkozy avait déjà promis une loi similaire si le président le nommait Premier ministre, toujours selon l'hebdomadaire. Mais c'est Jean-Pierre Raffarin qui avait alors été désigné...
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Aemon
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Message par Aemon » 11 avr. 2007, 09:04

Pénombre a écrit :mauvaise comparaison je trouve

... pour une protection sociale inexistante

Ensuite, si tu veux masquer le chomage comme au japon, met les jeunes filles dans tous les ascenseurs des supermarchés et les garçons devant toutes les pompes à essence du pays. Juste pour être payés comme de la merde, porter un uniforme et passer la journée à dire "bonjour" et "au revoir merci d'être passé". Comme ça, tu généraliseras l'emploi de type Contrat d'Avenir qui nous est cher.
Mh, prenons une autre comparaison alors ^^
En Suisse, un code du travail minuscule grande flexibilité (même un CDI peut être licencié assez facilement) chômage à 3%, salaires parmi les plus hauts d'Europe provoquant l'envie de beaucoup (de français)!

Bon, dans l'absolu je ne vais pas répondre à tout, tout d'abord parce que je ne vais pas défendre la droite française, je ne vois pas ce que je peux défendre de ce côté là et ensuite parce que là entre Pénombre et Kojiro, je suis noyé :lol:

Juste deux points pour le quote plus haut :

-La GB s'est muni ces dernières années sous Tony Blair d'un smic et d'un système de santé qui s'est réellement amélioré, donc hop ! On réactualise svp ^^
-Pour le Japon, leur principe du "boulot de merde" est très connu mais quand tu vois le salaire que touchent les Japonais (un serveur touche 2000 e par mois), je peux te dire que je connais un certain nombre de personnes qui aimeraient avoir ce genre de boulot plutôt que galérer avec le RMI.

Ensuite, pour faire dans le global, mon problème avec les 35 h en France c'est que l'impact sur le chomage fut famélique, si on se réfère aux chiffres de l'inse :zzz: , et que le salaire moyen ne permet franchement pas "d'apprécier la vie", quand tu stresses à chaque fin de mois, pour les impots etc.. alors ok, on n'a pas la pression de gros pays qui fonctionnent comme des tarés (Japon en tête), on a une vie plus paisible, certains pourraient même dire qu'on a une "vraie" vie sociale et familiale (peu importe, pas là la question) mais quand tu vois que l'électorat de base du FN est le monde ouvrier, quand tu vois les grèves (la dernière en date chez psa) qui s'enchainent pour des revalorisations salariales tu te dis qu'il y a un soucis :chepa:
Travailler plus pour gagner plus n'a aucun sens pour moi, gagner plus n'est qu'un moyen pour "vivre mieux" dans une société où on se suffit de moins en moins du minimum pour vivre :eien:

Bon, gros le global mine de rien :lol:

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Ding On
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Message par Ding On » 11 avr. 2007, 09:24

En Suisse, un code du travail minuscule grande flexibilité (même un CDI peut être licencié assez facilement) chômage à 3%, salaires parmi les plus hauts d'Europe provoquant l'envie de beaucoup (de français)!
Citer en exemple des paradis fiscaux 10 fois moins peuplé que la France... Il fait aussi bon vivre à Monaco, à Andorre et au Luxembourg tu sais.
Hitler, qui était beaucoup plus petit que Mannerheim (Mannerheim mesurait plus de 1,90 m), portait des talonnettes et avait demandé à ses photographes de trouver un angle favorable pour la photo officielle.

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Ben
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Message par Ben » 11 avr. 2007, 09:38

Différences énormes entre suisse/luxembourg et monaco/andorre tout de même

évitons les amalgames tout de même
Un esprit aiguisé est la plus puissante de toutes les armes

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Goju Kaze
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Message par Goju Kaze » 11 avr. 2007, 09:42

Luxembourg est le pays d'Europe ou le salaire minimum est le plus élevé.

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Message par Pénombre » 11 avr. 2007, 09:47

plusieurs choses :
-La GB s'est muni ces dernières années sous Tony Blair d'un smic et d'un système de santé qui s'est réellement amélioré, donc hop ! On réactualise svp ^^
tu parles du "New Deal" de Blair ? celui qui a éliminé toutes les allocations sociales universelles britanniques ? j'arrive toujours pas à savoir ce qui a été mis à la place mais je suis preneur de toute info à ce sujet. En tous cas j'ai rien trouvé sur le site du sénat, ni dans la rubrique des politiques sociales du site de la commission européenne.

tu parles aussi du salaire minimum dont une augmentation de 20 pence de l'heure a été refusée en 2005 par le gouvernement, pour des raisons de "compétitivités", ce qui le maintient (brut) à 4.85 livres de l'heure (7.13 euro, par rapport aux 8.15 bruts du smic français) pour un adulte, de 4.10 pour un 18-21 ans, de 3.00 pour un 16-17 ans et les apprentis n'y ont pas droit. Par contre, je crois que la fiscalisation british est nettement plus favorable que la notre sur les salaires, vu qu'on considère là-bas que le simple fait d'employer quelqu'un est en soi un "acte citoyen".

mieux vaut un salaire minimum que pas de minimum mais j'en reviens à ma question du précédent post : il est suffisant pour qui le minimum en fait ?
Pour le Japon, leur principe du "boulot de merde" est très connu mais quand tu vois le salaire que touchent les Japonais (un serveur touche 2000 e par mois), je peux te dire que je connais un certain nombre de personnes qui aimeraient avoir ce genre de boulot plutôt que galérer avec le RMI.
et qui aimeraient dormir dans des appartements japonais, aussi ? comme je crois l'avoir dit plus haut, y a le revenu et y a le reste. Le coùt de la vie, quoi.
mais quand tu vois que l'électorat de base du FN est le monde ouvrier,
il y a 15% d'ouvrier dans la population française et ils votent tous FN ?

http://www.afrik.com/article10655.html

une bonne part de l'électorat FN n'est pas composé d'ouvriers mais d'employés de bureau, de retraités, d'agriculteurs. Intéressant cet article par ailleurs.

d'accord, le FN fait bcp de dégats dans les couches modestes et elles sotn sérieusement malmenées depuis déjà un paquet d'années, mais tu ne serais pas en train de faire un amalgame petits salaires = grévistes = électeurs du FN dans ton post ?

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Message par Ding On » 11 avr. 2007, 09:48

Ben a écrit :Différences énormes entre suisse/luxembourg et monaco/andorre tout de même

évitons les amalgames tout de même
Et différences encore plus gdes entre ce genre de pays et la France ou l'Allemagne.

Juste à un moment, cette réthorique me lasse : l'herbe est tjs plus verte à côté. C'est peut-être vrai dans certains cas (les pays scandinaves semblent bien s'en tirer) mais pitié, citer le Japon, l'Angleterre ou les USA comme pays où il fait mieux vivre qu'en France...
Qu'il y ait des pb chez nous, personne ne le nie. Qu'il faille sans arrêt loucher sur le pré du voisin et nous rabaisser par rapport à lui : stop.
Hitler, qui était beaucoup plus petit que Mannerheim (Mannerheim mesurait plus de 1,90 m), portait des talonnettes et avait demandé à ses photographes de trouver un angle favorable pour la photo officielle.

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Message par Ben » 11 avr. 2007, 10:06

je suis bien d'accord rom1 mais je t'avouerai que si je prend mon cas personnel aprés avoir été balladé de CDD en CDD je commence à saturer de cette mode bien française des contrats à durée daubé,

les CDI sont normaux dans les autres pays car la législation du travail n'est pas aussi draconienne et le fait de trouver du travail peut paraître plus simple,

je demande juste un CDI (et à 27 ans je commence à saturer de ne pas en trouver) mais il semble que pour la France ce soit le Saint Graal


BEn qui digére de moisn en moins les CDD
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Message par Kakita Inigin » 11 avr. 2007, 10:38

JBeuh, le Monde alterne : un coup Sarko, un coup Bayrou.
JMC va du coté qui l'arrange de toute façon.
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Message par Kõjiro » 11 avr. 2007, 10:43

La vache, ça paraitra simpliste à bcp mais ça fait du bien d'avoir enfin une position simple et claire, lucide et intelligente sur un sujet aussi difficile...

Encore un point de clivage énorme entre droite et gauche (du moins de par leur candidats respectifs, je ne parle pas des "peuples" de droite ou de gauche mais bien des gens qui prétendent les représenter actuellement).
REPENTANCE

Entre la repentance et la suppression des lois mémorielles demandée par un certain nombre d'historiens, où vous situez-vous ?

Je crois que la France doit assumer son histoire, toute son histoire. Sans amnésie et sans repentance. Elle doit avoir la fierté de ses moments radieux, glorieux, de sa Révolution qui, comme disait Saint-Just, « vota la liberté du monde ». Mais je crois que notre pays doit aussi être capable de porter un regard apaisé et de poser les mots justes sur les pages plus sombres de notre histoire commune. Nous devons être capables de reconnaître l'esclavage pour ce qu'il fut : un crime contre l'humanité. C'est ce qu'a fait la loi portée par Christiane Taubira et votée en 2001. Nous devons être capables de reconnaître la colonisation pour ce qu'elle fit : dominer et spolier. Nous devons être capables de reconnaître la part prise par la police française de Vichy dans la rafle du Vél' d'Hiv et la déportation des Juifs de France. Mais aussi de rendre hommage aux Justes qui assumèrent, eux, le devoir de protection. Tous coupables ? Non, bien sûr ! Il y eut toujours, dans ces moments-là, des Français pour s'opposer à l'injustice, et des résistants pour ne pas accepter l'inacceptable. En outre, ce n'est jamais aux descendants de payer pour les crimes qu'ils n'ont pas commis. Mais tous comptables de la transmission de l'histoire collective, oui !

C'est pourquoi j'ai fermement désapprouvé, en décembre 2005, cet article de loi indigne voté par la droite, qui vantait les « aspects positifs » de la colonisation. Un système politique, quel qu'il soit, fondé sur l'inégalité des personnes, ne peut pas être bon. Dans les départements d'outre-mer, où l'on n'a pas oublié ce temps du mépris et de la citoyenneté à deux vitesses, l'insulte fut très vivement ressentie et la mobilisation immédiate. Aimer son pays, ce n'est pas trafiquer le passé pour mieux mentir sur l'avenir. Le déni de l'histoire attise la rivalité des mémoires. Moi, je veux pour la France la lucidité d'une histoire partagée.

Le candidat de l'UMP prétend faire la synthèse d'une histoire de France expurgée de ses moments d'arrachement à l'ordre établi. Comme si la France était la synthèse molle de l'Ancien Régime et de la Révolution, du Code noir qui codifiait l'esclavage et de la déclaration des droits de l'homme au nom de laquelle il fut une première fois aboli en 1794. La République, en 1802, c'étaient Louis Delgrès, la mûlatresse Solitude et leurs compagnons qui la défendaient en Guadeloupe les armes à la main et non les troupes dépêchées par Bonaparte pour remettre les anciens esclaves sous le joug. Et c'est la République de retour qui, en 1848, mit un terme définitif à ce crime. Voilà pourquoi je souhaite que l'on connaisse mieux et que l'on honore, dans l'Hexagone aussi, ces républicains des Antilles.

La liberté, l'égalité et la fraternité n'étaient pas du côté de la sujétion coloniale mais des peuples en lutte pour leur émancipation au nom de nos valeurs universelles. Aimé Césaire, ce poète incandescent que j'admire tant, l'a magnifiquement écrit.

Péguy aussi le disait à sa manière : c'est parce que nous sommes bien français que les massacres coloniaux nous donnent comme un remord personnel. Ce n'est pas appeler à la repentance, encore moins à la haine de soi, mais savoir qu'une nation est d'autant mieux assurée d'elle-même qu'elle est au clair avec son passé. Car l'histoire éclaire et travaille le présent. L'admettre n'est pas verser dans les abus d'une mémoire doloriste, ni prôner quelque vérité d'État empiétant sur le domaine des historiens. C'est continuer une tradition républicaine : sur quelques sujets touchant à l'essentiel, la République, dès le XIXe siècle, a eu recours à des « lois mémorielles », tantôt pour poser un interdit majeur, tantôt pour décider une célébration nationale, comme le 14 juillet.
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"Les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée. Trop de citoyens veulent la civilisation au rabais" - Henry Morgenthau, remettant son rapport sur l'utilisation abusive des paradis fiscaux par les contribuables au président Roosevelt en 1937.

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