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par Taka » 08 juin 2008, 22:16
Puisque personne n'a l'air décidé à en parler, je vais le faire:
Je reviens donc d'une séance d'Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal.
D'abord, passons sur tout l'aspect technique du film. C'est le trio Spielberg-Kaminski-Williams qui est à la barre et qui marche toujours aussi bien, les acteurs ont l'air de s'amuser et ne sont pas en roue libre et les effets sont bien évidement chiadés.
Venons en au vrai point qui semble bloquer sur ce film et qui m'a valu d'entendre beaucoup de critique du genre "le film est bien mais les 20 dernières minutes sont à chier" : le scénario. Attention, ça va être dur d'en parler sans spoiler! Celui-ci comporte tout ce qu'on peut attendre d'un Indiana Jones, c'est-à dire des péripéties, des cascades, de l'humour, des méchants avec des accents, etc. Le personnage de Mutt est bien amené et ne m'a pas paru antipathique alors que c'est ce qu'on pouvait craindre avec un tel personnage. Au contraire, celui-ci est un parfait complément à un Indy vieillissant. Quelques scènes semblent malgrès tout un peu hors sujet comme celle de la ville-test et de l'interogatoire tendu avec le FBI après (j'y reviendrais).
Enfin, le final, (SPOILER!!!) qui fait définitivement basculer le film dans la SF que certains ont trouvé ridicule et complétement hors sujet dans un Indiana Jones. C'est sur qu'on a plus était habitués à du fantastique pur (Arche d'Alliance aux pouvoirs divins, malédiction et culte de la mort, quête du Graal) qu'à voir Indy face à des petits gris et un final très "Rencontre du 3ème Type". Effectivement, il y a une rupture de ton très nette. Cependant, ce final est, pour moi, parfaitement dans l'esprit de la saga. Lucas et Spielberg ont toujours chercher à travers les films de cette franchise à retranscrire une partie de l'ambiance des époques où ils se déroulent, ou plus exactement à retranscrire l'ambiance qu'avait le divertissement à ces époques. Dans les années 30 et jusqu'au début des années 40, ce divertissement, c'était le pulp, complétement baigné dans le fantastique et fleurtant avec l'horreur. C'est ce qu'on voit dans les 3 précédants films. Dans les années 50-60, avec la guerre froide et le maccarthysme, on a vu débouler des films d'invasions E.T. et un sentiment de paranoïa qui impregnait toute cette époque. Et c'est justement dans cette époque que se situe ce 4éme volet. Des scènes comme celles mentionnées plus haut avec la ville-test et l'explosion ou le debriefing avec les agents du FBI paranos viennent donc parfaitement s'inscrire dans cette logique, qui est d'ancrer le film dans une époque bien précise. Il n'est alors pas surprenant de voir notre archéologue préféré se frotter au mythe de Roswell...
