Actualité politique et sociale - Saison 2008 - Episode 1

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Mirumoto Ohmi
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Message par Mirumoto Ohmi » 07 mai 2008, 10:51

L'Europe comme l'aboutissement de la conception nationaliste:
Le premier ministre belge, Yves Leterme, était attendu à Paris, lundi 5 mai, pour y rencontrer le président français, Nicolas Sarkozy, alors que le royaume doit, cette semaine, connaître un vote décisif pour l'avenir de la cohabitation entre Flamands et francophones. La scission de l'arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde, voulue par les partis flamands, menace directement la fragile coalition du leader chrétien-démocrate flamand (CD & V) et l'avenir du pays.



M. Leterme, qui se rendra aussi à Berlin, mardi 6 mai, pour rencontrer la chancelière Angela Merkel, espérait, au cours de ces "visites de prise de fonction", rassurer les partenaires de la Belgique. Ceux-ci ont été alertés par la durée de la crise politique qu'a connue le royaume avant la difficile intronisation de M. Leterme, en mars. Avant ses voyages à Paris et Berlin, le premier ministre belge a déjà rencontré ses homologues Jan Peter Balkenende et Jean-Claude Juncker, à La Haye et Luxembourg. Avec un message à la clé : "La Belgique va bien."

Les capitales y croient-elles ? Aux Pays-Bas, une source gouvernementale confie diplomatiquement que "toutes les questions ne semblent pas levées" quant à l'avenir institutionnel du royaume voisin. En France, le communiqué de l'Elysée annonçant la visite indique que l'entretien "portera principalement sur les relations bilatérales entre nos deux pays, qui sont excellentes, et sur les questions européennes". Quelques conseillers ne cachent cependant plus leur doute, voire leur inquiétude, se demandant à la fois si le modèle fédéral belge est encore viable et si M. Leterme, très impopulaire à Bruxelles et en Wallonie, peut réellement l'incarner.


RADICALISATION DE LA FLANDRE


Le dirigeant belge a, dimanche soir encore, tenté, en vain, de résoudre le dossier de l'éclatement de l'arrondissement électoral bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde, ou "BHV". "Abcès de fixation", "tabou", "bombe" : depuis des mois, les médias belges s'épuisent à qualifier ce sujet. Une proposition de loi flamande pourrait être votée jeudi 8 mai, en séance publique de la chambre des députés, comme elle l'a déjà été en commission, en novembre 2007 : majorité flamande unanime contre minorité francophone tout aussi unanime, ce qui avait valu à cet épisode d'être qualifié d'"historique".

Depuis, les francophones s'étaient résolus à accepter un dialogue pour "une solution négociée". Poussés dans le dos par l'extrême droite et les populistes, les partis flamands de la majorité ont pressé le pas. En guise de riposte, les partis francophones ont décidé de ne pas retarder le vote, même s'il les menace directement.

A la tête d'un gouvernement fragile à cinq partis, M. Leterme connaît d'évidentes difficultés à être l'arbitre entre les deux communautés. Il affronte la radicalisation de sa région, de moins en moins prête aux concessions. "Les francophones doivent se rendre compte que quelque chose a changé dans ce pays", affirme ainsi Ludwig Caluwé, un député du parti chrétien-démocrate CD & V, invitant à ne plus mésestimer la "fermeté" de son parti sur BHV.

Pour les partis francophones, le maintien de l'arrondissement doit permettre aux 150 000 francophones vivant en Flandre de voter pour eux lors des élections pour la Chambre, le Sénat et le Parlement européen, mais aussi d'être jugés en français, de maintenir un lien avec leur communauté d'origine et de bénéficier d'un régime de "facilités" administratives.

Mais il y a plus, souligne Christian Behrendt, professeur de droit constitutionnel. En cas de scission du pays, les autorités internationales jugeraient sans doute que la présence d'un arrondissement bilingue au coeur du pays "(atténue) le caractère tranché et définitif de la frontière linguistique", a expliqué le juriste dans le journal Le Soir. S'ils ne veulent pas courir le risque de voir, un jour, les francophones de Flandre être rattachés d'office à un Etat flamand indépendant, les partis francophones ont intérêt à tout faire pour maintenir BHV, "dernier élément juridique qui (leur) permettrait, le cas échéant, de négocier un tracé frontalier éventuel". C'est donc "un élément essentiel, pour ainsi dire un diamant pur", estime M. Behrendt.
Je me demande si les Belges sont cons, ou si c'est moi qui ne comprends rien...
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Kakita Inigin
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Message par Kakita Inigin » 08 mai 2008, 08:27

http://www.rue89.com/derriere-le-barrea ... e-efficace
Ca vous fait peur ? moi aussi. Encore faut-il remarquer que pour l'insant il ne s'agit que d'une mesure comptable san effet sur le droit : où comment démontrer qu'une politique gestionnaire n'est pas une politique et que Dati est une ... (mettez le teme qui vous semble convenir).


Les Beges se haïssent. En fait, là, on voit ce qu'aurait donné le maintien de pieds-noirs en Algérie pendant 50 ans après l'indépendance.
Résumé : au XIX°, la Belgique se détache des Provinces-Unies avec l'aide de l'armée française, et met en place une monarchie constitutonelle. la langue officielle est le français, le flaman étant considéré comme un vague patois. Le traitement de la langue bretonne par la III° république, ça vous dit quelque chose ?
Après le SGM, le flamand acquiert un peu de reconnaissance et un système bilingue e met en place. ais dans le même temps, les wallons, majoritaires en nombre, deviennent minoritaires. Et les flmaands se vengent ...

On est donc dans le cas d'une minorité linguistique et presque "ethnique" opprimée et humiliée pendant près d'un siècle, qui se retrouve majoritaire, avec pour pincipal but la vengeance. C'et pour ça que dans les communes flamandes à majorité francophone (il y en a plein), la région Flandres oblige les conseils municipaux à délibérer en flamand (conformément à la loi certes ... mais entre gens sérieux et raisonnables on aurait trouvé des compromis ... dans un exemple du Monde, 24 élus francophones, dont le maire, étaient forcés de délibérer dans la langue du dernier élu néerlandophone sou peine d'annulation de décisions ...).

Sachant que si j'ai bien compris, les habitants francophones de Flandres votent ... pour les partis flamands.
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Kyorou
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Message par Kyorou » 08 mai 2008, 11:44

Bon, Inigin, il y a quand-même pas mal d'erreurs dans ton résumé. Ca revient un peu à parler du massacre de la Commune, commis par les Anglais, aidés des Chouans...
Kakita Inigin a écrit :Résumé : au XIX°, la Belgique se détache des Provinces-Unies avec l'aide de l'armée française, et met en place une monarchie constitutonelle. la langue officielle est le français, le flaman étant considéré comme un vague patois.
Tout comme le Wallon, le Liégeois, le Tournaisy et les autres dialectes. A l'époque, il n'existe pas encore de langue flamande unifiée mais un ensemble de dialectes souvent très différents entre eux.

A cette époque, l'appartenance linguistique ne dépend pas de la géographie mais de la classe sociale : la bourgeoisie, qu'elle soit flamande, francophone ou bruxelloise, parle le Français. Les dialectes sont parlés par le petit peuple. Il n'existe pas alors d'identité flamande, ni wallonne d'ailleurs.

Il y a par contre effectivement exploitation du peuple par la bourgeoisie, qui sera réinterprétée bien plus tard par les politiciens flamands (issus de cette bourgeoisie exploitatrice) comme étant une exploitation des Flamands par les Wallons, style "c'est pas nous, c'est les autres".
Kakita Inigin a écrit :Après le SGM, le flamand acquiert un peu de reconnaissance et un système bilingue e met en place.
Ca commence dès la fin du 19ème siècle, Inigin, avec la pénétration progressive d'une identité flamande, qui émane à l'origine d'un milieu d'intellectuels flamands progressistes, vers les milieux politiques et bourgeois, qui se mettent à relayer les thèses du mouvement flamand.
Kakita Inigin a écrit : ais dans le même temps, les wallons, majoritaires en nombre, deviennent minoritaires. Et les flmaands se vengent ...
Progressivement, le mouvement flamand, à l'origine progressiste, change de nature alors qu'il est assimilé et instrumentalisé par la classe politique. Le discours se fait revanchard et identité flamande et identité catholique se mêlent : l'amour de et pour la Flandre est assimilé à l'amour pour et de l'Eglise. En effet, alors que le pouvoir de l'Eglise s'estompe en Wallonie, il demeure en Flandre, créant ainsi un autre critère sur lequel marquer la différence entre les deux régions.

Les demandes évoluent : alors que le bilinguisme était l'exigence originelle, on évolue progressivement vers l'exigence d'un unilinguisme flamand total. C'est ce qui a conduit à l'expulsion de la section francophone de l'UCL de la ville (flamande) de Louvain sous les cris de "Rats Français, roulez vos matelas".
Kakita Inigin a écrit :On est donc dans le cas d'une minorité linguistique et presque "ethnique" opprimée et humiliée pendant près d'un siècle, qui se retrouve majoritaire, avec pour pincipal but la vengeance....
On se retrouve donc avec des politicards qui ont détourné un courant de pensée pour se l'approprier et qui n'ont trouvé comme moyen de se distinguer entre eux que la surenchère dans la connerie nationaliste la plus basse de plafond. Et le peuple a suivi. Jusqu'à ce qu'une extrême droite néonazie ultraflaminguante apparaisse (des mecs qui ont tout compris au business nationaliste, en somme) et que les partis flamands traditionnels soient pris au piège : ils doivent emboîter le pas à l'extrême droite pour ne pas être dépassés.
Kakita Inigin a écrit : C'et pour ça que dans les communes flamandes à majorité francophone (il y en a plein), la région Flandres oblige les conseils municipaux à délibérer en flamand (conformément à la loi certes ... mais entre gens sérieux et raisonnables on aurait trouvé des compromis ... dans un exemple du Monde, 24 élus francophones, dont le maire, étaient forcés de délibérer dans la langue du dernier élu néerlandophone sou peine d'annulation de décisions ...).
Le ministre flamand responsable de la gestion des communes va jusqu'à refuser la nomination des maires élus qui ont commis le péché suprême : avoir envoyé des convocations électorales en Français aux habitants francophones, menaçant ainsi le caractère flamand de l'autorité politique. C'est totalement asumé : la légitimité qui vient du caractère flamand du pouvoir politique a beaucoup plus d'importance que celle qui vient de son éventuel caractère démocratique.

Un autre truc qu'il faut prendre en compte est que l'identité flamande actuelle est basée sur le droit de la terre : le sol est flamand, il a toujours été flamand et sera toujours flamand, et ce même si tous les types qui habitent dessus parlent une autre langue et ne se sentent absolument pas flamands. Dans cette conception de l'identité, les Bruxellois (tels que moi) sont tous des flamands qui s'ignorent, même s'ils ne sont que 10% à parler le Flamand. Sur la terre flamande, il est exclu de parler publiquement une autre langue que le Flamand car ce serait perçu comme une menace pour l'identité. Pas mal de fonctionnaires de la région flamande ont d'ailleurs été freinés dans leur avancement pour avoir répondu en Français à une demande d'un habitant comprenant mal le Flamand.
Kakita Inigin a écrit :Sachant que si j'ai bien compris, les habitants francophones de Flandres votent ... pour les partis flamands.
Ou pour le FDF (Front de Défense des Francophones)...
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Message par Kakita Inigin » 08 mai 2008, 15:23

Merci pour ces précisions.
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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 08 mai 2008, 22:41

Ils ont pris le temps d'apporter des réponses en plus de leurs critiques. Sans doute la meilleure leçon et la plus grande humiliation. Malheureusement je doute que tout cela ait un écho à la mesure de l'immonde bruit originel ou des insultes de bac à sable de BHL et Guaino mais ça fait quand même du bien...

Discours de Dakar : une réponse à Nicolas Sarkozy
NOUVELOBS.COM | 08.05.2008 | 18:06

Des intellectuels africains ont formulé jeudi une réponse au discours sur l'Afrique du chef de l'Etat qui résulte selon eux de préjugés sectaires.

Des intellectuels africains ont dénoncé, jeudi 8 mai, à Dakar le discours sur l'Afrique prononcé en juillet 2007 par le président français Nicolas Sarkozy, lors de la présentation d'un ouvrage rédigé en réponse à ses propos résultant selon eux, de "préjugés séculaires".
Dans cet ouvrage, rédigé par 23 intellectuels africains et publié en France en février, les auteurs estiment qu'il est "difficile de laisser passer des accusations, des propos d'une violence inattendue".
"Ce que nous combattons, ce n'est rien de moins que des préjugés séculaires qui empoisonnent les relations de l'Afrique avec le reste du monde", a déclaré Makhily Gassama, coordonnateur de l'ouvrage collectif paru chez l'éditeur Philippe Rey, "L'Afrique répond à Sarkozy. Contre le discours de Dakar".

Archives de la décolonisation

"Le discours de Dakar (de Sarkozy) aura une place notable dans les archives de la décolonisation et notre ouvrage l'y accompagnera", a dit Makhily Gassama, ancien ministre de la Culture du Sénégal, en présence de plus d'une centaine de personnes, dont des hommes politiques et des étudiants, à l'Université de Dakar.
Parmi ses rédacteurs, il y a notamment le linguiste et historien congolais Théophile Obenga et l'historien guinéen Djibril Tamsir Niane.
"J'ai été étonné qu'on ait pu servir un tel discours à un chef d'Etat français dans lequel on retrouve des idées de (Friedrich) Hegel", philosophe allemand du 19e siècle qui a nié toute histoire à l'Afrique, a dit Ibrahima Sall, un des contributeurs du livre.

Nouvelle citoyenneté

Pour Boubacar Diop, co-auteur sénégalais du livre, "il y aura d'autres Sarkozy jusqu'au jour où il y aura une nouvelle citoyenneté, faite de respect mutuel, de connaissances partagées et quand les préjugés seront déstructurés".
La rédaction de cet ouvrage est une des initiatives prises en Afrique en réaction au discours de juillet 2007. L'historienne malienne Adame Ba Konaré, avait notamment annoncé en janvier un ouvrage rédigé par des intellectuels africains sur le même thème.
Nicolas Sarkozy avait suscité une vive émotion à l'occasion de son premier déplacement en Afrique subsaharienne, en évoquant notamment "le drame de l'Afrique, (qui est) que l'Homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire". (AFP)
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Kyorou
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Message par Kyorou » 09 mai 2008, 08:03

Un discours solide, au top de la crédibilité :
L'Union européenne se prépare à renforcer sa lutte contre l'immigration clandestine avec l'adoption dans les prochaines semaines de nouvelles règles sur la détention et l'éloignement des personnes trouvées en situation illégale, a indiqué jeudi la Commission européenne. "Un accord est possible dans deux semaines", a assuré Friso Roscam Abbing, porte-parole pour les affaires de justice et de sécurité à la Commission européenne. Cet optimisme n'est toutefois pas totalement partagé au sein des institutions européennes, en raison de réserves émises sur le projet par de nombreux Etats membres et par certains groupes politiques du Parlement européen. Un texte de compromis a été élaboré en avril après de très difficiles négociations qui ont duré près de trois ans. Il fixe les règles pour encadrer l'éloignement des ressortissants de pays tiers, y compris les mineurs, trouvés en situation irrégulière sur le territoire de l'UE. Ce départ, qui se fera en avion, doit être "si possible volontaire", mais dans le cas contraire, l'usage de la contrainte sera reconnu comme une nécessité et la détention, de 6 à 18 mois, sera encadrée. "On ne peut pas parler de +directive de la honte+", comme le disent des ONG, "ces dispositions concernent des personnes en situation d'illégalité", a dit le porte-parole. "Si leur retour n'est pas organisé, cela sape la crédibilité et l'adhésion de l'opinion publique aux politiques migratoires de l'Union européenne", a-t-il soutenu. "Cette directive est destinée à lutter contre l'immigration clandestine. L'éloignement est un devoir pour les Etats membres", a-t-il ajouté. Les défenseurs des droits de l'homme ne sont pas de cet avis. La fédération internationale des ligues des droits de l'homme a dénoncé jeudi dans un communiqué "l'organisation d'une détention potentiellement arbitraire du fait de sa quasi-automaticité, de sa durée excessive -18 mois- et de sa justification pour des raisons administratives".
J'aime beaucoup la partie "il faut expulser afin que le peuple sache que l'on peut/veut expulser"... Ca fait très "j'agis afin de légitimer les postulats arbitraires qui sont à la base de mon action".
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Pénombre
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Message par Pénombre » 09 mai 2008, 08:11

Ce qui est dommage, sur le plan de la politique médiatisée que nous connaissons, c'est que cela survienne près d'un an après un discours qui n'avait déjà pas à l'époque déchainé grand-monde dans notre beau pays.

A plus long terme (ce que dit très bien Diop d'ailleurs), on peut espérer qu'historiquement (et politiquement ?) ça finisse par avoir son importance mais malheureusement, là, tout de suite, le retentissement risque d'être à peu près nul.

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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 09 mai 2008, 11:21

Par rapport à ce dont je parlais dans "bonne journée".

Ca ne nous concerne pas vu que ma copine et moi ne sommes pas un couple mixte tel que défini ici (au sens ayant deux nationalité différentes) mais je pointe ça parce que ça dénote de l'absence de scrupules à trouver des moyens pour inciter les gens à renoncer à leur nationalité française surtout s'il n'ont pas la bonne couleur.

Sans-papiers : réouverture de la chasse aux couples.

Voir le dernier paragraphe.
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Mirumoto Ohmi
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Message par Mirumoto Ohmi » 09 mai 2008, 11:50

Le dernier rapport du Comité interministériel de contrôle de l’immigration (décembre 2007) comporte un passage sidérant (p.90) sur les couples mixtes. Il affirme, tout d’abord, qu’il existe beaucoup de titres de séjours délivrés aux conjoints de Français, sous-entendu beaucoup trop ! Il faut donc aller au-delà de la simple lutte contre la fraude, pour faire diminuer ce chiffre. Trois conditions permettraient d’atteindre cet objectif. Il faut tout d’abord renforcer les contrôles. Cela semble pourtant difficile de faire pire ! Deuxième proposition, il faut tenir compte de «l’employabilité» du conjoint. Ainsi, ne pas travailler dans un secteur «sous tension» deviendrait un obstacle à l’obtention du titre de séjour. Enfin, il faut tenir compte des liens du couple avec le pays d’origine du conjoint étranger, dans lequel ils pourraient s’installer si ces attaches sont importantes. Des Français seraient ainsi bannis à travers leur conjoint étranger ! C’est d’ailleurs très sournois : les premiers visés sont bien sûr les Français d’origine étrangère, qui sont le plus à même d’avoir ces « liens », ou tout simplement qui ont plus de chance de rencontrer un conjoint à l’étranger, lors de vacances dans leur pays d’origine par exemple. Le rapport conclut enfin que ces mesures seraient dans «l’intérêt de la France». Les Français qui tombent amoureux d’étrangers ne répondent apparemment pas à cet intérêt ! »
C'est tellement gros que ça en devient ubuesque. Ceci dit, ce genre de mesquinerie est assez incroyable. Une copine me disait qu'elle avait beaucoup de mal à obtenir un titre de séjour de six mois à la pref de LYON que d'obtenir ce genre de document à Besançon.

Mais je me demande si la Franche Comté est une région bien intégrée: après tout, elle n'est française que depuis 1678, et suite à une conquête militaire. Alors on peut douter de la fiabilité et de la fibre nationale de la population actuelle...
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Message par Moto Shikizu » 09 mai 2008, 12:08

:lire: reflechissez deux secondes, y a du bon la dedans... Je connais un gars qui a epouse une italienne, il a lui meme des origines etrangeres d'europe de l'est. Les liens sont evidents, il y est meme alle il y a quelques mois et y a ete fete en hero ! De plus ils arborent des tenues hors de prix, rolex, prennent des vacances gracieusement payees par de riches amis, et elle a meme fait des photos nues, tout ca c'est louche, et pas utile a la France ! Donc il devrait partir avec sa moitie, ca parait justifie. Et ca nous enleverait une sacree epine du pied... :evil:


;)
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Message par Mirumoto Ohmi » 09 mai 2008, 12:57

C'est vrai, c'est suspect tout ça... En plus de se manger une sécession de provinces à l'Est de la France, on va virer tout un tas d'inutiles en plus...

Ohmi, Décidé à militer pour l'indépendance de son logement...
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Message par Kakita Inigin » 12 mai 2008, 21:44

Oui je sais je suis taquin
Note : dans les commentaires il y a un certain alain mouguy dont le it est celui d'un populiste qui fait semblant d'appeler au bons sens pour proposer des régressions ...
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Message par Kõjiro » 13 mai 2008, 08:23

Kakita Inigin a écrit :Oui je sais je suis taquin
Note : dans les commentaires il y a un certain alain mouguy dont le it est celui d'un populiste qui fait semblant d'appeler au bons sens pour proposer des régressions ...
Certaines sont particulièrement bien formulées ;)

Et il y en aurait tellement d'autres à ajouter...
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Message par Kakita Inigin » 14 mai 2008, 10:16

Proposition n° zéro : fermer ce thread !
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Message par Kõjiro » 14 mai 2008, 15:01

Les États-Unis battent un record d’inégalités vieux de 80 ans !
La nouvelle aurait dû faire la « une » des médias si l’on accordait autant d’importance aux indicateurs sociaux qu’à la croissance économique ou aux performances boursières. Il est rare qu’un record mette près de 80 ans à être battu. Mais les politiques néolibérales au service des nantis et des actionnaires, appliquées avec obstination depuis les années 1980 aux États-Unis et ailleurs, ont permis cette « performance ». Une étude très récente (15 mars 2008) d’Emmanuel Saez, économiste à Berkeley (Californie), en fournit les preuves. Son article, en anglais, peut être consulté en ligne, et je vous recommande au moins les deux graphiques : http://elsa.berkeley.edu/~saez/saez-USt ... 06prel.pdf

Il existe bien des façons de mesurer les inégalités de revenu dans un pays. On dispose par exemple d’indicateurs synthétiques assez complexes (le plus connu étant l’indice de Gini) qui ont l’avantage de prendre en compte l’ensemble de la distribution des revenus des ménages. Mais aussi bien pour le commun des mortels que pour nombre d’analyses simples, on peut se contenter d’indicateurs très faciles à comprendre et finalement presque aussi significatifs. Ceux qu’utilise cette étude sont les suivants : quelle est la part du revenu de l’ensemble des ménages qui revient aux 10 % les plus riches, aux 5 %, et aux 1 % ? En suivant au cours du temps l’évolution de la part qui échoit aux 10 % et 1 % les plus riches, on a une assez bonne idée de l’évolution des inégalités, sous l’angle de la concentration des richesses « en haut ».

Certes, il serait encore mieux de connaître aussi la part qui revient aux 10 % du bas de l’échelle et de calculer le rapport entre le revenu des 10 % les plus riches et celui des 10 % les plus pauvres. Cet excellent indicateur d’inégalités figure dans les tableaux du rapport annuel du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), mais on n’a pas de séries longues sur plusieurs décennies. Contentons-nous donc, pour commencer, de cette variable calculée depuis 1917 aux États-Unis : le « taux d’accaparement » du revenu des ménages par les 10 % les plus riches.

La courbe obtenue par Emmanuel Saez (à la page 6 de son texte) fait partie de ces rares graphiques dont on aimerait qu’ils fassent le tour du monde et la couverture des magazines, en alternance avec des courbes semblables sur l’empreinte écologique des nations… Qu’y voit-on ?

1) En début de période, de 1917 à 1928, les 10 % les plus riches voient leur part du gâteau national progresser nettement, passant de 40 % à 49 %. Un déclin modeste commence ensuite, de 1928 à 1939, suivi par un plongeon pendant la guerre, ou cette part chute à 33-34 %. Plus étonnant est le fait que ce niveau assez bas reste de mise ensuite, à partir de 1945, pendant les « Trente Glorieuses » et jusqu’à la fin des années 1970. Plus de trois décennies d’inégalités relativement réduites, selon ce critère.

2) À partir de 1981-82, années charnières pour les inégalités, y compris en France (voir mon essai « En finir avec les inégalités », 2006), un retournement de tendance s’installe puis s’accélère. Le néolibéralisme produit ses impacts délétères, ou, si l’on préfère, il a des effets incroyablement bénéfiques pour les plus riches.

3) Après 25 ans de progression forte et presque continue (juste un mini plongeon entre 2000 et 2002, une situation vite corrigée ensuite), l’année 2006, dernière année pour laquelle on dispose de données, enregistre un record historique : LES 10 % LES PLUS RICHES DEPASSENT LEUR PERFORMANCE DE 1928 ET, POUR LA PREMIERE FOIS, ILS ACCAPARENT LA MOITIE DU REVENU DES MENAGES.

4) On peut aller plus loin, ce que permet un autre graphique de cette étude (page 7). Quelles sont en effet les catégories qui, parmi ces 10 %, ont raflé la mise pendant cette période d’enrichissement des riches ? Vous devinez la réponse : les grands gagnants ont été les 1 % les plus riches (le dernier « centile »). Leur part du gâteau, qui avait chuté de 24 % en 1928 à « seulement » 8 % au cours des années 1970, retrouve en 2006 un poids de 23 %. En 2006, ce centile est composé de ménages gagnant plus de 382 000 dollars par an, soit 32 000 dollars par mois.

5) Enfin, un tableau de l’auteur fournit un calcul de l’évolution du pouvoir d’achat entre 2002 et 2006, période de la forte « croissance Bush », d’une part pour les 1 % les plus riches (11 % de progression par an en moyenne), d’autre part pour tous les autres ménages (0,9 % par an en moyenne). Près des trois-quarts de la progression des revenus pendant cette période ont ainsi été capturés par les 1 % les plus riches !

D’autres données montrent que la croissance américaine, que beaucoup nous montrent en exemple, s’est traduite, pour la majorité de la population, par une stagnation ou régression du niveau de vie, et parfois sur une longue période. Quasi stagnation depuis 2000 pour le pouvoir d’achat du salaire horaire médian, qui n’est, en 2007, que 8 % supérieur à son niveau de… 1973 ! Progression infime du salaire réel hebdomadaire des salariés non cadres depuis 2000, etc. Voir :
http://www.epi.org/content.cfm/bp195

Quant au pouvoir d’achat du salaire minimum horaire fédéral, mesuré en dollars constants de 2008, il approchait les 10 dollars en 1968. Il n’était plus que de 5,15 dollars en 2007 ! Certes, ce salaire minimum de misère touche, aux États-Unis, une proportion de salariés plus faible qu’en France. Certes, beaucoup d’états américains pratiquent des niveaux supérieurs, de l’ordre de 7 à 8 dollars. Certes, des revalorisations sont prévues au niveau fédéral en 2008 et 2009, mais cela ne conduira, en 2010, qu’à un pouvoir d’achat de 7,2 dollars, bien inférieur à celui de 1968. Voir : http://en.wikipedia.org/wiki/Minimum_wa ... ted_States

En France, l’évolution des inégalités de revenu, évaluée selon les mêmes critères, est moins catastrophique, mais elle suit une tendance semblable, surtout dans la période récente, comme l’a montré la belle étude de Camille Landais dont j’ai rendu compte dans mon premier texte sur ce blog, le 7 septembre 2007 : « Nouvelles estivales d’un pays qui affiche l’égalité au fronton de ses édifices publics ». Entre autres résultats, l’auteur montrait qu’entre 1998 et 2005, la progression du pouvoir d’achat du revenu fiscal des 90 % des ménages du bas n’avait été que de 4,6 %, alors que celle des 1 % les plus riches était de 19,4 %, et celle des 0,01 % les plus riches de 42,6 %. Il concluait ainsi : « Tout en restant un pays plus égalitaire que les pays anglo-saxons en termes de distribution des revenus primaires, la tendance actuelle n’exclut pas que la France puisse converger vers les modèles anglo-saxons. Tous les éléments disponibles pour 2006-2007 laissent d’ailleurs penser que la tendance de croissance des hauts revenus et des hauts salaires se poursuit, voire s’amplifie. ». Voir :
http://www.jourdan.ens.fr/~clandais/documents/htrev.pdf
Et sinon, encore un article sur la question de la durée de travail réelle :

http://olivierbonnet.canalblog.com/arch ... 58795.html
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"Les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée. Trop de citoyens veulent la civilisation au rabais" - Henry Morgenthau, remettant son rapport sur l'utilisation abusive des paradis fiscaux par les contribuables au président Roosevelt en 1937.

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