Pas de soucis. D'un autre côté, la logique voudrait alors que l'on ne parle pas de la période Edo.Doji Satori a écrit :Tu peux difficilement utiliser des termes comme bouddhisme et après demander où ça se trouve dans Rokugan. Et justement j'aimerai que tu évites de mélanger.
La période Edo, en plus d'être tardive puisque postérieure à l'accession des Tokugawa au statut de shogun (1600 tout rond) est une période particulière car il s'agit d'une période marquée par la fin des guerres entre clans, ce qui n'est pas vraiment le setting de L5A (sans parler du sempiternel argument comme quoi Rokugan n'est pas le Japon)...
Pour reprendre mon exemple (qui décidément n'est pas passé) avec les esclaves, cela fera chier un daimyo qu'un autre vienne lui "dégrader sa propriété" comme Wismerhills a pu l'exprimer avec son parallèle avec l'agriculteur à qui on vient abattre ses vaches. Mais c'est tout. Après les paysans n'appartiennent pas à un daimyo (et donc pas comme un esclave appartiendrait à son maitre) et ne sont pas des serfs non plus. Ils peuvent donc quitter un fief si ils en ont envie... Ce qui emmerde le daimyo ce n'est pas que l'on tue "son" heimin (il ne lui appartient pas) mais plutôt qu'il risque d'être lésé au niveau de ses impôts...
Quant aux hinin ils sont, avec les eta, les membres de la caste des burakumin.
Les hinin (pouvant être traduit par "mendiant" ou "non-personne") sont des personnes devenues marginales car réduits à mendier ou à faire des métiers "sales" (au sens religieux du terme) pour vivre : amuseurs, prostituées, bourreaux, croque-morts. Ce sont des parias "sociaux".
Les geisha (apparues au XVIII ème siècle ! Donc 100 ans après le début de l'ère Edo) pouvaient fort bien influencer la mode, elles restaient malgré tout des hinin et n'avaient pas le droit de sortir des hanamachi, les quartiers qui leur étaient réservés.
Les eta (littéralement "plein de souillure") sont eux des parias "héréditaires". Ils sont équarrisseurs, bouchers ou tanneurs.
A l'époque Edo (aller j'en mets une couche), les burakumin n'étaient pas autorisés à être en ville à la nuit tombée et n'avaient pas le droit de rester sur la route si ils croisaient des membres des castes supérieures...
Enfin, contrairement aux autres castes, les enfants d'un burakumin et d'un membre d'une autre caste sont des burakumin...
Le concept de "tous égaux" n'est arrivé au Japon qu'avec les missionnaires portugais, au milieu du XVI ème siècle. Et l'ère Edo (50 ans après) a été un grand retour en arrière avec un rejet du christianisme et un durcissement du système de caste...
A l'heure actuelle, bien que le système de caste ait été aboli fin XIX ème, il subsiste de nombreux problèmes liés aux castes : discrimination à l'embauche, refus de faire des mariages avec des burakumin, existence de "ghettos", etc. C'est encore un problème dans la société japonaise actuelle...
Bref je ne pense pas que ma vision soit trop occidentalisée. J'ai au contraire essayé de l'adapter à ce que pouvait être la vision du système de caste en me renseignant sur le sujet. En dehors de la lecture, des films comme ceux de Kurosawa permettent d'avoir un éclairage là dessus (les 7 samurai étant à mon sens le meilleur avec notamment le jeune samurai et la jeune paysanne qui ne peuvent pas s'aimer puisque issus de castes différentes). Par ailleurs le système de caste indien donne aussi de très bonnes idées sur la façon dont les membres des castes inférieures peuvent être considérés par les autres...
La vision occidentale est, à mon sens, justement d'assouplir ce schéma de pensée en accord avec les valeurs d'égalité entre les hommes qui sont historiquement celles qui ont cours chez nous.