Je m'écarte pas mal du sujet, mais bon...
Pas tout à fait, Banshee. En fait, à l'origine, j'ai lut cette idée sur un post de Matsu Yumi, et je me suis demandé des années plus tard comment ça pourrait être retranscrit. J'ai testé cette version, mais je ne l'utilise pas "par défaut", si tu vois ce que je veux dire. Sinon, tu trouveras d'autres infos sur l'ADJ, dans la Forge Kaiu.
Et puis, je dois aussi préciser que j'aime Rokugan malgré tout plus que le Japon historique, par ce que Rokugan montre par certains aspects mon rêve de la société idéale, suivant un système monarchiste méritocratique, dans lequel tout tourne autour des arts martiaux (bugei) et de la Culture (compétences valorisantes). Avec le simple fait des valeurs d'Honneur de départ 2,5 en moyenne, et des traits bonus à la création d'un personnage on peut justifier qu'il y a toujours au moins un fond de méritocratie (les personnages sont des gens capables, habiles...), alors que le Paysan a beaucoup de trait à 1 et son Honneur est de 0 ou 1 en moyenne, par exemple, et le marchand avec un rang d'Honneur 1 ou 2 passe pour un brave homme.
De plus, dans Rokugan 2000, les gens sont nettement moins hypocrites que les japonais modernes, même s'ils leurs ressemblent beaucoup dans les mentalités. C'est par ce que malgré les efforts de modernisation au Japon, le féodalisme n'a jamais totalement disparu là-bas, mais la plupart des aspects positifs ont disparus pour ne laisser que les mauvais côtés. C'est notamment le cas dans les Zaibatsu, mais aussi et c'est plus grave, dans les hôpitaux, quand un directeur de service ou d'hôpital incompétent utilise des jeux politiques pour prendre le pouvoir (genre, se marier avec la fille du directeur, aller jouer au golfe avec lui...) et pour le conserver, alors qu'il n'est pas forcément compétent comme médecin. Par exemple, entre autres ignominies, une fois par semaine, un directeur de service d'hôpital fais une ronde dans son service pour rencontrer les patients et compagnie. Tous les médecins du service le suivent dans un ordre précis et selon leur "rang" dans la hiérarchie de l'hôpital (la secrétaire juste derrière le directeur et les internes tout au fond, etc). Tu sais comment ils appellent cela ? "La procession du Daimyô". Après, si le pseudo "Daimyô" parle dans le jargon médical à ses subordonnés devant les patients, ceux-ci ne comprennent pas ce qu'il dit, même s'il leur ordonne de se décharger d'un cas à risque (l'échec d'un traitement ferait baisser le taux de réussite et donc affecterait la réputation du service...). Ca veut dire que les patients remettent leurs vies dans les mains des médecins, exactement come les paysans remettent leur sort dans les mains d'un seigneur féodal.
Mais contrairement à l'époque Edo, la majorité des gens impliqués dans ces systèmes féodaux n'ont aucun "code d'honneur" à respecté, ils n'ont pas de Noblesse Oblige, et bien sur, le Seppuku est passé de mode depuis très longtemps (maintenant, les japonais se suicident comme tout le monde, en sautant dans le vide, en faisant une overdose, en se coupant les poignets, etc). Mais tout ça n'empêche pas le moindre drama "Jidai Geki" (films télévisés de samouraï) de coûter et de rapporter beaucoup d'argent au Japon. De même, le manga typique contient un personnage archétype du samouraï ou au moins du sabreur japonais avec son katana, même si ça ne se passe pas à une époque féodale. Et je parle même pas des manga où les samouraïs ont survécus jusqu'à l'époque moderne (sans avoir étés totalement absorbées dans une pseudo armée nationale comme aux ères Meiji, Taisho et Showa) voire même où ils ont le droit de porter en public leurs sabres.
Et pourtant, dans le manga "Until Death Do Us part", par exemple, l'un des héros secondaires attaque avec un katana un braqueur de banque armé d'une arme à feu. Il le guette depuis la porte de la chambre (ils sont dans un hôtel) et essaie de se rapprocher pour le capturer. Le méchant ouvre le feu et arrose la porte, du coup un des clients voisins sort de sa chambre pour voir ce qui se passe. Il voit notre héros tenant un katana et pousse un cri de peur. Vous comprenez ce que ça veut dire ? Ce faible d'esprit a eut plus peur d'un homme avec un katana que d'un type leste de la gâchette. Pitoyable. Et c'est tout le temps comme ça, même dans la réalité. Dans un drama que j'ai vu, il y a toute une foule de policiers qui s'agitent pour un katana tenue par un adolescent (en fait c'était un Tachi, mais la plupart des japonais ne savent même pas faire la différence à priori), ils l'encerclent et s'éloignent dès que le sabre est brandie dans leur direction... Enfin "brandie", il est rengainé et même pas "pointé" sur la foule, alors c'est pas comme s'ils étaient vraiment en danger. Ca fait pourtant des milliers d'années que les chinois ont appris aux japonais que les tigres n'ont pas de crocs sur les fesses, mais cette vérité subtile s'est perdue avec les "lumières" de l'époque moderne à ce qu'il semble...
Bon, c'était le quart d'heure râlage de Tôgashi Michinori Dôgen-daishi.
