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par Kõjiro » 21 nov. 2011, 10:04
Samedi j'ai joué les accompagnateurs pour ma fille et une de ses copines pour aller voir Twilight 4 : Révélation 1ère partie.
Bon... C'est du Twilight. Un peu différent celui-ci dans le sens où c'est quand même un peu plus gore pour des raisons évidentes liées au scénario. Mais on y retrouve le même cocktail que d'habitude avec une énorme dose de romance (avec toujours le même triangle amoureux constitué dès le 2ème opus), un doigt d'action, et une lichette de contes et légendes remixées.
Visuellement on a, par contre, définitivement quitté les tons froids du premier chapitre et la langueur exagérée (mais qui faisait la marque de fabrique de cette série). Le dernier réal' en charge est loin d'être le meilleur sur cette franchise. Pas d'inventivité particulière, c'est pas mal fait mais ça n'a rien d'original en matière de ciné.
Après je crois qu'on est sur le film qui parmi les quatre porte le plus à l'excès l'ambivalence que l'on peut ressentir face au scénario et à sa mise en oeuvre.
D'un côté la romance est sympathique. Comme je l'avais écrit dans ma critique du deuxième on est face à un pur fantasme féminin, mais une fois ce postulat accepté on se laisse porter par les situations décrites et le déroulé des événements avec facilité. L'univers décrit, quoique peu étoffé, est plaisant et relativement robuste (pas de contradictions majeures). Les scènes d'action ne sont pas mal foutues (mais très peu nombreuses - sans que ce soit un défaut d'ailleurs). Les loups sont superbement réalisés (la scène où Jacob brise le lien avec la meute est très réussie et on arrive à "voir" les émotions sur des sfx de loups ce qui n'est pas mal quand même). Certains points du script sont même assez jouissifs (l'empreinte de Jacob). Bref dans l'ensemble il y a de quoi adhérer facilement.
Mais...
Mais en face on a cette pu**** d'idéologie puritaine de me***... Et alors, autant dans les 3 premiers opus c'était léger (en gros ça se ressentait surtout dans l'absence de sexe et plus globalement dans le scriptage des relations amoureuses) autant là ça débarque avec des sabots taille 72 pour t'écraser la tronche histoire d'être bien sûr que t'as compris un certain nombre de choses (attention ça spoile un poil ici). Déjà le sexe c'est après le mariage. Avant, bizarrement, on en a envie grave mais pour une raison qui nous échappe on le fait pas... Ensuite le sexe ok ça te file du plaisir, c'est vachement bon (mais c'est brutal et ça fait mal aussi) mais c'est le début des pires emmerdes de ta vie (alors attends bien avant de te lancer). En plus bon... on a évidement au passage une énième resucée d'Eve, la pomme tout ça... Mais passons tout le monde sait que la femme et ses désirs sont les pires ennemis de l'humanité... En gros le sexe quand on y goûte c'est bon, on en veut toujours plus, mais ça ne va pas durer longtemps la phase joyeuse parce que tu comprend les conséquences elles sont immédiates et elle vont bien te bousiller ta vie, ta santé (et p'têt bien buter un ou deux ours polaires on ne sait jamais). Ensuite le sexe mène à la procréation, c'est comme ça (contraception anyone ?*). Tu couche, hop t'es enceinte. C'est comme quand tu met un premier coup de cuillère dans un pot de nutella, hop il est fini... C'est une loi naturelle à laquelle on a jamais trouvé de parade... Même quand tu pensais être à l'abri en couchant avec un cadavre sur patte ça peut t'arriver. Alors fais gaffe. Enfin, une fois qu'il est là, tu comprend ce serait immoral de le dégager. Même si tu dois en crever dans d'atroces souffrances va au terme et met au monde en te sacrifiant. De toutes manières dès lors tu ne contrôlera plus ton destin. Ca aussi c'est une loi naturelle : toute jeune fille qui tombe enceinte dans les pires conditions, risque de mourir, se voit offrir et conseiller les alternatives médicales refusera et, touchée par la grâce de son nouvel état, s'engagera à 18 ans à peine révolu dans le combat de sa vie pour mener à terme cette grossesse. Et si dans la vraie vie tu le fais pas t'es quand même un peu une belle salope qui choisit la facilité et sacrifie une vie pour son petit confort (moi j'dis ça j'dis rien).
Bref... C'est le genre de moments dans le film où on éprouve un grand sentiment de lassitude face à toutes ces conneries antédiluviennes. Or comme ces moments sont quand même relativement plus nombreux cette fois (bah oui après 3 épisodes passés à se morfondre d'amour en long, en large et en travers avec de longues séquences retraçant cette frustration de l'absence de passage à l'acte ils ont enfin fait retomber la tension et franchit le pas) ça ne facilite pas le visionnage de ce quatrième opus.
Malgré tout, il reste des passages très chouettes qui font que je n'arrive pas à détester ce film malgré ses grosses louches idéologiques.
Jacob et Edward devraient encore mettre en émoi les jeunes (et moins jeunes) filles. Ils sont tellement mignons tout deux dans leur dévotion envers l'héroïne, toujours autant à l'écoute, prévenants etc. En plus Edward y a été mollo sur le fond de teint blanc et ressemble un peu moins à un cadavre à côté du surfeur indien...
Et rien que pour ça je pense que j'ai déjà pris un abonnement pour aller voir le suivant (qui devrait être le dernier...).
* en plus le réal' s'appelle "condon" ça ne s'invente pas... A une lettre près merde !

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Les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée. Trop de citoyens veulent la civilisation au rabais" - Henry Morgenthau, remettant son rapport sur l'utilisation abusive des paradis fiscaux par les contribuables au président Roosevelt en 1937.