Modérateurs : Magistrats de Jade, Historiens de la Shinri
Edit : C'est pas du tout la vision que j'ai. Sans ordre direct, un samurai ne peut désobéir (l'intention ne compte pas, que ce soit celle du daimyo ou d'un simple criminel). S'il passe les gardes de son daimyo, il peut arguer ensuite qu'il faisait cela pour vérifier la sécurité - dans le Bushido il est clair qu'on doit protéger le daimyo y compris contre lui-même et ses autres serviteurs. On ne peut punir quelqu'un pour avoir accompli quelque chose d'audacieux, de risqué et d'implicitement interdit.Kakita Inigin a écrit :Oh ben si, alors.à Rokugan on ne punit pas les intentions, rentrer dans un endroit qui est protégé n'est pas déshonorant ni interdit, ce sont les gardes qui n'ont pas fait leur boulot, et qui devront en répondre, pas l'intrus qui sera traité selon son statut.
"Ton daimyo t'avait interdit d'entrer dans cette pièce, il avait même mis des gardes devant, et toi t'es entré "par inadvertance" ? Bon, tu vas nous expliquer ça, et quand tu l'auras fait, on t'enverra dans une mission d'assistance au Clan du Crabe histoire de t'apprendre à ne pas t'infilter n'importe où.
C'est une conséquence possible, mais c'est très différent d'une punition.Calandil a écrit :Vous m'oterez pas de l'idée qu'entrer chez quelqu'un sans s'annoncer dans les formes et une faute de gout. De même que visiter une demeure qui n'est pas la sienne. Bien qu'ils ne punisssent pas les intentions, ça m'étonnerai que ça se passe comme si rien n'était.
Et ça m'étonnerait que les gardes en faction se fassent ensuite taper sur les doigts sans chercher des noises à l'impudent par la suite. (enfin, je le prendrais mal de recevoir un blame de mon daimyo...)
Malheureusement, le vol est un délit qui au contraire est pris très très au sérieux, s'il faut en croire Way of the Thief et Empire d'Emeraude notamment.Kocho a écrit :Il me semble qu'au contraire le vol bénéficie d'une certaine indulgence à Rokugan par rapport à d'autres délit, en fait le délit en question n'existe même pas.Pénombre a écrit : à rokugan, un voleur reconnu comme tel par des samurai est un homme mort.
Il faut que je retrouve la référence, mais je suis sûr d'avoir lu dans un supplément plus ancien (La CIté des Mensonges ? Le Manuel de Survie du MJ ? Otosan Uchi ? Un des Palais d'Hiver ?) que c'était plus une forme particulière d'insulte qu'un délit. Ce n'est pas la première contradiction qu'il y a dans les suppléments, mais je crois que ce n'est ici pas forcément incompatible avec ce qui est dit dans ces deux suppléments ultérieurs (c'est juste la notion de vol qui y est redéfinie).Pénombre a écrit : Malheureusement, le vol est un délit qui au contraire est pris très très au sérieux, s'il faut en croire Way of the Thief et Empire d'Emeraude notamment.
Sauf que ce qui est décrit spécifiquement dans Empire d'Emeraude n'est pas un vol au sens "occidental" du terme (dérober sous n'importe quelle forme tout objet considéré comme possession personnelle de la partie lésée), mais bien une forme de corruption et d'extorsion particulière. Ce que les samurai ne peuvent faire c'est intimider les paysans et les marchands pour leur remettre leurs richesses (bref EDIT : se livrer à du racket, ce qui est certes un "vol" mais ne recoupe pas l'intégralité de ce qu'on entend par ce mot en occident). Ça a effectivement à voir avec l'ordre céleste et le fait que les marchands et paysans ont une fonction a accomplir (le seul qui peut leur extorquer des richesses par la force et l'intimidation, c'est évidemment le daimyo qui gère les terres où ils travaillent - sous la forme d'impôts).Le système judiciaire rokugani punit très durement les samurai qui volent ouvertement les heimin, parce que l'un de leurs rôles est de les protéger et que si ce pacte social est rompu, on pourrait s'attendre à ce que les heimin ne jouent pas leur rôle dans l'ordre céleste, puisque les samurai eux ne le font pas.
Ça me semble une notion extrêmement moderne de la propriété. Mon grand-père m'expliquait que en Chine rurale (où il a vécu dans les années 30), par exemple, un objet non utilisé par son propriétaire ou mal surveillé devenait grosso modo un bien collectif que n'importe qui en ayant l'utilité pouvait réclamer pour sien… La notion de propriété a beaucoup évoluée à travers les siècle et varie selon les cultures, les régions etc. Apposer la notion moderne de propriété privée inaliénable à Rokugan me paraît juste faux (je me souviens d'ailleurs que l'article de l'Empire d'Emeraude ne m'avait pas tout à fait convaincu, je trouve le terme de "vol" mal choisi). En fait je soupçonne que c'est tellement rare que personne n'a pensé à légiférer dessus (bienheureux les temps où on ne fait pas une nouvelle loi pour chaque cas particulier rarissime).Prendre, si l'on a pas un droit de réquisition qui tient à une autorité réelle - et pas seulement à l'appartenance à la caste samurai qui ne donne d'ailleurs aucun droit d'usage ou de propriété sur les biens des autres - c'est voler.
Il s'agit encore une fois d'usage et d'étiquette, non d'une loi. Il s'agit aussi d'honneur : les samurai sont censé tirer les avantages de leur fonction du fait qu'ils protègent les ennemis, ils ne sont pas censé être mesquins et s'intéresser à leurs possessions. Mais il y a une marge entre faire une action déshonorante et faire une action punissable.Cependant, la quasi-totalité des samurai comprennent très bien les principes généraux de la propriété. Voilà pourquoi, notamment, les samurai en voyage hors des terres de leur daimyo donnent toujours quelque chose quand ils séjournent dans une auberge, ou même s'incrustent chez le chef du village du coin. La plupart donnent ce qui est demandé, marqué ou suggéré, parce qu'ils ne sont pas censés attacher de l'importance à ces considérations là au point de s'abaisser à marchander. Mais même quand un heimin ne dit rien, un samurai paye au moins de manière symbolique. Parce qu'il use de quelque chose qui ne lui appartient pas, bêtement.
Tout à fait, mais j'y vois là une protection de l'ordre céleste, non une protection de la notion de propriété. Voler un daimyo, c'est l'insulter, c'est estimer qu'on mérite ce qu'il a plus que lui. C'est une trahison puisque cela attaque l'autorité même de celui qu'on est censé défendre, cela vise à l'affaiblir, tant auprès de ses hommes que de ses ennemis, donc la loi est particulièrement sévère. Un samurai qui vole son propre daimyo dit aussi "mon daimyo ne s'occupe pas assez de moi, il ne me récompense pas à ma juste valeur", en clair il se substitue au daimyo et bouleverse ainsi l'ordre qu'il est censé faire respecter.Par ailleurs, quand un samurai vole son seigneur, ou le seigneur d'un autre, il est exécuté, ou s'il parvient à se défendre avec assez d'éloquence, on l'autorise à s'ouvrir le bide. On ne l'exile pas. Parce que ça veut dire qu'on lui laisse la possibilité de voler à nouveau, ailleurs...
Les Goju nevievnt pas dans l'Outremonde, à la base, mais dans une vallée retirée des terres du Clan du Scorpion, si ma mémoire est bonne.Le ninja Goju. Mais bon, jouer un mec de l'outremonde
Au minimum, on peut l'accuser d'espionnage pour le compte de son daimyo si c'est un entrepôt appartenant à un autre daimyo.Kocho a écrit : En revanche, être trouvé dans un entrepôt censément gardé par des bushi, sans avoir rien volé ? Que peut-on reprocher au juste à l'intrus ?
C'est peu probable.Soshi Noami a écrit :Au minimum, on peut l'accuser d'espionnage pour le compte de son daimyo si c'est un entrepôt appartenant à un autre daimyo.Kocho a écrit : En revanche, être trouvé dans un entrepôt censément gardé par des bushi, sans avoir rien volé ? Que peut-on reprocher au juste à l'intrus ?
Ce n'est pas une conséquence légale, ce dont on parle ici. Au passage, la médisance à l'égard d'un samurai n'est pas vraiment sans conséquence non plus et il est possible à Rokugan d'en venir à bout (quelques duels et c'est réglé, c'est presque l'intérêt principal du duel d'honneur : faire taire les rumeurs).Si c'en est un de son daimyo, il s'en tirera peut-être mais les médisants devraient facilement monter l'affaire en épingle et le faire passer pour un traitre espionnant au bénéfice d'un autre clan.
Pour l'abandon de poste, dans le cas d'un samurai de son propre Clan, c'est tiré par le cheveux, d'abord un samurai n'est pas un soldat de base dans une organisation militaire moderne, s'il n'a pas de mission assignée dans un endroit fixe, il peut aller où il veut et mener ses affaires comme il l'entend pour servir son daimyo ou sa fonction.On pourrait aussi y ajouter l'abandon de poste si cet entrepôt est en dehors de sa juridiction/domaine de compétence.
Oui, encore faut-il s'entendre sur ce qu'est une faute morale. Encore une fois, seuls les actes comptent, et non, la faute d'étiquette ne mène généralement pas au sepukku : le sepukku doit être validé (sauf dans un cas précis par le daimyo, qui ne se privera pas d'une ressource précieuse (un samurai coûte cher à former et entretenir) pour une broutille. Si un samurai perd la face, c'est tant pis pour lui, tant qu'il n'implique pas le daimyo dans l'histoire et qu'il ne perd pas trop d'honneur…Soshi Noami a écrit :En fait, je pense que Rokugan est bien moins légaliste qu'on ne le pense quand il s'agit des samourais. Les lois s'appliquant à eux sont minimalistes alors que les préceptes moraux ou d'étiquettes sont très pointilleux et bien plus lourds de conséquences.
Aussi, bien qu'effectivement du point de vue légale, un samourai ne risque pratiquement rien, une faute morale ou d'étiquette lui vaudra d'être exécuté ou forcé de se suicider ou renié par son clan/famille.
Ah bon ? Et sur quelles bases on demandera à l'intrus de quitter les lieux, s'il n'a rien fait, à moins de considérer très occidentalement que ses intentions comptent ?Effectivement, l'hôte ne criera sans doute pas à l'espion par égard pour un allié de longue date ou éviter une guerre alors qu'il ne serait pas prêt... Toujours est-il que bien que l'incident aura des répercussions que l'intrus soit obligé de prétexter la maladie d'un parent pour quitter rapidement les lieux et ainsi étouffer l'affaire ou qu'il soit défié par le chef de la garde qui n'aura pas supporté l'affront. Si c'est un Scorpion, il est même possible qu'on lui demande de faire seppuku.
Ce n'est pas le cas dont on parle. On parle d'un samurai qui teste l'efficacité des gardes, selon toute apparence. Faisant cela, il permet au daimyo de mieux renforcer sa sécurité, il le sert au mieux de ses possibilités (la possibilité est clairement évoquée dans l'hagakure : servir le daimyo ce n'est pas lui obéir en toute chose). On ne parle pas d'un samurai qui aurait dit "je ne sais pas que c'était interdit".Pour ce qui est des duels mettant fin aux rumeurs, c'est un peu faux, tout le monde feint de croire la version du vainqueur comme l'on feint de ne pas avoir entendu la discussion se tenant de l'autre côté de la cloison. Etre connu comme le samourai-qui-entre-à-l'insu-de-son-plein-gré-dans-des-endroits-gardés n'est pas des plus glorieux ou honorable même si cela a l'avantage de garder la vie.
C'est précisément le contraire, à mon avis. un samurai ayant une excellente réputation et ayant de gros besoins (vu qu'il a besoin de plus d'entraienment et de richesse, puisqu'il est meilleur) se verra soit offrir un poste où il aura la possibilité d'exercer son talent et de jouir d'une grande liberté (hatamoto, karo, magistrat, etc.) soit se verra offrir la possibilité de fonder une famille et ne sera plus appelé que pour les guerres, partageant le reste du temps entre son entrainement et le conseil de son daimyo, avec des missions de temps en temps (histoire qu'il ne perde pas la main et conserve sa réputation). Il est d'ailleurs noté dans le bouquin d'osprey sur les samurai qu'ils sont loin d'être discipliné et obéissant au sens militaire moderne - un sens ou l'obéissance confine à la servilité - (en bataille, les samurai avaient même un profond dédain pour les ordres). On ne donne pas d'ordre précis à un samurai - il le prendrait mal. On lui donne une mission, à lui de l'accomplir comme bon lui semble pour y trouver le moyen d'en tirer une gloire personnelle. Un samurai chargé de la surveillance d'une frontière n'a pas à rester sur la frontière en permanence, il doit simplement former des ashigaru pour le faire à sa place (en fait, c'est même ce qu'il est censé faire).Enfin, pour ce qui est de l'abandon de poste, ce n'est pas une invention moderne et à partir du moment où un samourai se voit affecter une tâche, il doit être entièrement dédié à celle-ci, il en va de son honneur et il sera tenu responsable pour tout ce qui pourrait arriver. De plus, s'il fait autre chose, ça revient à dire que le samourai qui y serait affecté ne fait pas correctement son boulot, d'où insulte, d'où duel, etc.
De plus, un samourai coûté suffisamment cher à son daimyo pour que celui-ci limite le nombre de oisifs et les quelques uns qu'il y aurait seraient payés le minimum syndical, à peine plus qu'un ashigaru.
* Il a offensé le maitre des lieux (je vois mal l'interlocuteur demander de plus ample explications)Effectivement, l'hôte ne criera sans doute pas à l'espion par égard pour un allié de longue date ou éviter une guerre alors qu'il ne serait pas prêt... Toujours est-il que bien que l'incident aura des répercussions que l'intrus soit obligé de prétexter la maladie d'un parent pour quitter rapidement les lieux et ainsi étouffer l'affaire ou qu'il soit défié par le chef de la garde qui n'aura pas supporté l'affront. Si c'est un Scorpion, il est même possible qu'on lui demande de faire seppuku.
Ah bon ? Et sur quelles bases on demandera à l'intrus de quitter les lieux, s'il n'a rien fait, à moins de considérer très occidentalement que ses intentions comptent ?