Ouais mais 16 condamnations tout de même ! 16 ! 16 ! (paraît que plus on répète plus ça impressionne).
C'est dire que les peines précédentes ne servaient à rien ! Fallait bien faire quelque chose Madame Michu !
Là il va comprendre qu'on ne transige pas avec la loi le dangereux multi-récidiviste !
A moins que le problème ne vienne du fait qu'il n'avait toujours rien à bouffer...
Mais non, ça n'est pas possible, en France il n'y a pas de pauvres :
http://www.youtube.com/watch?v=YvprI1yghJU[/video]
Et puis bon si on ne réagit pas à ce genre d'incivilité c'est la criminalité la plus dangereuse qui va se développer ! C'est prouvé dans des études américaines !
On ne rigole pas : extrait de la fiche 31 rédigée par l'Institut des hautes études de sécurité intérieure (un machin affilié au ministère de l'Intérieur) dans le cadre de recherches visant à fournir des recommandations aux maires dans l'établissement des "Contrats locaux de sécurité" (sous le gouvernement Jospin) :
"Des recherches américaines ont montré que la prolifération des incivilités n'est que le signe avant-coureur d'une montée généralisée de la délinquance. Les premières conduites déviantes, si minimes semblent-elles, pour peu qu'elles se généralisent, stigmatisent un quartier, polarisent sur lui d'autres déviances, sont le signe de la fin de la paix sociale au quotidien. La spirale du déclin s'amorce, la violence s'installe, et avec elle toutes les formes de déliquance : agressions, cambriolages, trafic de stupéfiants, etc. (cf. J. Wilson et T.* Kelling, "la théorie de la vitre cassée").
C'est en se fondant sur les acquis de ces recherches que le chef de la police de New York a mis en place une stratégie de lutte dite "tolérance zéro" contre les fauteurs d'incivilités, qui semble avoir été l'un des facteurs de la très forte réduction de la criminalité dans cette ville"
Alors ça tombe bien puisque Jack Maple, à l'époque bras droit du chef de la police et vrai architecte de cette politique de tolérance zéro à NY, a lui même dit que c'était des conneries :
"les violeurs et les tueurs ne mettent pas le cap sur une autre ville quand ils constatent que les graffitis disparaissent dans le métro. Le squeegee man (= ceux qui lavent les vitres de bagnoles aux feux) moyen ne se met pas à accepter des contrats pour butter quelqu'un dès qu'il détecte une tolérance plus grande pour son activité. Faire la manche ne se mue pas en homicide à volonté. [...] Beaucoup ont crédité la notion de la "vitre brisée" selon laquelle les malfrats auraient soudain redécouvert le droit chemin parce qu'ils humaient les embruns de la civilité. Ce n'est pas comme ça que ça marche."
Accessoirement cette théorie de la "vitre brisée" n'est rien de plus qu'un basique article (tribune) publié par un politologue ultra-conservateur et un ancien chef de police reconverti en conseil en criminalité au Manahttan Institute (un think tank super baba-cool) dans une magazine du genre l'Express ou Marianne et non dans une revue scientifique de criminalité et n'a toujours pas reçu aujourd'hui la moindre preuve empirique de sa validité. Inversement les études menées pour essayer de mesurer la validité du lien entre indices visibles de "désordre" et taux de criminalité dans les quartiers indiquent une indépendance des deux phénomènes.
Ce qui n'empêche pas des gars comme Sebastien Roché (politologue "spécialiste" de l'insécurité) de publier un bouquin "Tolérance zéro ? Incivilité et insécurité" dans lequel grâce à la magie des corrélations il soutient que les "incivilités" mènent aux infractions. Le livre est sorti en urgence juste entre les deux tours de la présidentielle de 2002.
Arguments et citations tirés de "punir les pauvres, le nouveau gouvernement de l'insécurité sociale" de Loïc Wacquant.
* en plus le type c'est
George Kelling... même pas foutus de faire une biblio sans se planter.