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par Pénombre » 11 août 2009, 14:12
Ben tu leur dis simplement que dans les "quartiers réservés" on trouve des théatres ainsi que des salons ou les gens peuvent se distraire sans forcément que ça implique d'enlever tout ou partie de ses vètements
de fait, une soirée avec des geisha consiste en général à manger, boire, assister à quelques représentations de numéros musicaux ou de danse, voire des pantomimes réalisés par les jeunes dames, qui sont également là pour te servir à boire et faire la conversation.
et tu peux très bien te contenter de celà. Dans l'imaginaire samurai, il est agréable de temps en temps de pouvoir rire, se vanter, jouer à de petits jeux idiots le temps d'une soirée en écoutant de la musique jouée par de jolies femmes.
il peut aussi y avoir des spectacles avec des prestidigitateurs, des jongleurs, etc... surtout dans les établissements les plus côtés où le cadre est en plus assez enchanteur.
ils font quoi de leurs soirées sinon ? ils tournent en rond dans leur chambre ? ils font les kata ? ils lisent pour la 485.000ème fois Commandement ? ils vont s'en jeter un au comptoir en ayant rien à faire d'autre ?
parlons maintenant des connotations sexuelles de "plaisir" :
- il faut d'abord distinguer les prostituées, les vraies, des geisha. Si ce sont des prostituées que l'on cherche, on se rend généralement dans un établissement approprié à cette activité. Les plus basiques font ça à la chaine. En un peu plus luxueux, tu as les établissements où tu choisis la jeune fille qui t'intéresse. Elles sont rassemblées dans une pièce donnant sur la rue, derrière un croisillon de bois et chacune porte une fleur brodée sur sa manche de kimono. Donc, tu reluques, tu choisis, tu entres, tu te mets d'accord sur le prix et tu montes à l'étage pour passer à l'action. Quand l'établissement est un peu plus raffiné, les filles y mettent les formes : on te sert à boire, il peut y avoir une salle commune avec un ou deux spectacles pour les gens qui attendent que leur "fleur" se prépare ou qui veulent plusieurs distractions. Certains établissements font à la fois maison close et restaurant, aussi. En fait, tu payes pour avoir une chambre avec une ou plusieurs filles, à boire et à manger. Certaines de ces filles sont des apprenties geisha virées ou en cavale, donc, elles peuvent avoir un certain talent artistique (qui permet de cibler une clientèle un peu plus aisée qui réalise ainsi le fantasme de coucher avec une artiste dés la première rencontre).
- les véritables geisha ne couchent pas, elles dispensent des faveurs. C'est à dire qu'on doit les courtiser, évidemment. C'est tout à fait accepté dans le sens ou au niveau de la société, on ne courtise pas la belle pour faire des galipettes mais pour montrer qu'on est un homme chanceux car parmi les nombreux clients de la belle, c'est envers vous qu'elle témoigne d'un certain intéret. Quand une relation courtoise en arrive à la phase galipettes, la plupart des geisha - et toutes n'en arrivent pas là car bcp de samurai, qui sont mariés au demeurant et pas forcément malheureux dans le lit conjugal, cherchent bien plus une admiration féminine et quelques heures de distraction musicale en belle compagnie que de se trémousser sur le tatami - deviennent plus difficilement accessibles aux autres clients. On sait - et la renommée du chanceux s'en ressent - que la dame est l'égérie d'un homme précis. C'est à partir de ce moment là que peut éventuellement se poser la question du concubinage (tout à fait légal au demeurant). Si cette relation ne dure pas, la dame redevient "disponible" et certaines geisha acquièrent une grande réputation car on sait qu'elles ont eu pour admirateurs, voire pour amants, des personnalités réputées.
La geisha est censée incarner une sorte d'idéal abstrait de raffinement féminin et artistique. Et rien que cela. Une épouse peut être une musicienne accomplie, on attend avant tout d'elle qu'elle agisse comme épouse. Par assimilation, être reconnu comme admirateur d'une geisha montre que l'on est perçu par ces dames qui n'ont que raffinement et esthétique en tête comme un être également raffiné, ce qui est une qualité parmi les nombreuses que peut avoir un samurai.
Fondamentalement, si on peut se permettre le parallèle : beaucoup de gens de la bourgeoisie chez nous s'intéressent à certaines formes d'art et l'on considère dans leur milieu que le fait qu'ils en maitrisent en partie les subtilités fait d'eux des gens raffinés. Tout comme on considère que savoir apprécier le vin et avoir un palais éduqué est un signe de raffinement. Bon, ben à Rokugan, être apprécié d'artistes qui passent toute leur vie uniquement à faire de l'art et de la conversation (contrairement aux Courtisans et Artisans samurai qui sont aussi... samurai...), c'est une marque de raffinement. Un plus sur ton CV presque. Parce que ça montre que tu es parvenu à entrer dans le monde de l'éphémère par excellence : celui des nuits dans les quartiers réservés, des moments de beauté qui ne reviendront jamais. Et savoir capter l'éphémère et la beauté, ça fait énormément partie de la mystique samurai (et de ses racines zen), car le samurai ne doit jamais perdre de vue que chaque instant de sa vie peut être le dernier. Il peut devoir combattre, on peut lui ordonner de s'ouvrir le ventre, la malchance ou le destin peuvent frapper sans prévenir... chaque instant est unique.
Après, il y a une frontière étroite entre la dimension "esthétique" valorisée des soirées de détente et la débauche. Aller de temps en temps dans un établissement, avec des amis qui plus est, c'est faire preuve d'un certain raffinement. Surtout si l'établissement est bien réputé. Avoir une égérie que l'on rencontre occasionellement - et pas forcément sur l'oreiller - est symbole de prestige. Mais aller dans le quartier réservé chaque samedi soir et rentrer à l'aube avec l'haleine qui sent et les yeux cernés, ça craint un max.
Donc, un certain nombre de gens se rendent masqués dans les quartiers réservés, afin de garder la face. Généralement, même leurs amis qui peuvent être bien plus convenables qu'eux et acceptent parfois une sortie de ce genre se cachent aussi le visage, simplement pour que le principal intéressé ne perde pas la face (si on ne t'as pas reconnu toi mais eux oui, ben c'est pas trop difficile si on connait votre amitié de savoir que tu étais présent...).
Autre dimension prestigieuse : faire venir une geisha à domicile. Ca, ça coute beaucoup plus cher et on le fait généralement pour impressionner ses invités : la dame vient pour faire quelques morceaux de musique et ensuite elle reste là pour la conversation et embellir la soirée. C'est une marque de prestige que de pouvoir faire venir chez soi une femme réputée alors qu'il est déjà couteux - et pas forcément facile - d'obtenir un rendez-vous avec elle dans l'établissement où elle travaille.
Là encore, il se peut qu'après le départ des invités, la dame et l'hôte soit suffisamment "proches" pour qu'elle reste sur place. Et évidemment, comme il y a des prostituées qui font preuve d'un certain raffinement dans les bordels les plus classes, il y a aussi des prostituées capables d'agrémenter un repas convenable et qui coutent moins cher qu'une véritable geisha.
un certain nombre de signes indicateurs au niveau vestimentaire par exemple permettent généralement rapidement de savoir si la dame est une geisha ou une prostituée et sa renommée relative. Les gens un peu mondains savent donc facilement reconnaitre la dame pour ce qu'elle est du premier coup d'oeil et s'ils sont des gens du coin, ils peuvent même savoir que son nom est côté.
On se permet bien des choses dans le "monde du saule" mais il y a aussi des convenances et on évite de mélanger torchons et serviettes sans qu'ils soient reconnaissables...
plus clair comme ça ?