
Modérateurs : Magistrats de Jade, Historiens de la Shinri
Rien de transcendant en soi dans cette émission. Rien de très nouveau non plus. On sait qu'à Neuilly c'est super friqué et qu'il vivent "entre eux". On sait que dans les cités c'est le chaos et qu'ils vivent "entre eux".Ghetto chic à Neuilly, quartier gitan à Perpignan, bandes de jeunes qui s’affrontent en plein Paris… Plus de six mois après son arrivée au pouvoir, quel est le visage de la France de Nicolas Sarkozy ? Quelle est la réalité de ce pays où des jeunes noirs revendiquent leur différence ethnique, où des gitans sont tenus à l’écart des centres-villes, où un protégé de Nicolas Sarkozy veut lui succéder à la tête de sa ville ?
Faut-il craindre cette division entre communautés ? Faut-il s’inquiéter de voir se former des ghettos, pour riches, noirs ou pauvres ? Bandes, communautés, ghettos…Faut-il s’inquiéter d’une France qui ne se parlerait plus ? Peut-on encore vivre ensemble ?
Benoît Duquesne répondra à ces questions avec ses invités : Complément d’Enquête chez ceux qui ont choisi de faire France à part.
Reportages :
Neuilly, la crème du ghetto
Un reportage de Laurent Bijard et Virginie Travers
Avec 60 000 habitants, Neuilly-sur-Seine, à l’ouest de Paris, est une ville à part : 50% de cadres supérieurs, villas au bout des voies privées, pas d’usines, presque pas d’HLM et un fort sentiment d’appartenance. Comment vit-on dans la ville dont Nicolas Sarkozy fut le maire ?
Le camp des gitans
Un reportage de Yvan Martinet et Samuel Humez
Ils vivent dans le centre ville de Perpignan depuis le Moyen-Âge, mais semblent toujours à l’écart du reste de la ville. Les gitans ont gardé leurs moeurs, leur langue, leurs coutumes. N’entre pas qui veut dans les ruelles du quartier Saint-Jacques !
Black à part
Un reportage de Séverine Lebrun et Alexis Orand
Délires anti-sémites d’un groupuscule radical... Affrontements violents jusqu’au coeur de la capitale entre « bandes ethniques »… Délinquance ? Repli communautaire ? Seule certitude, ces deux phénomènes, bien distincts à priori, semblent se rejoindre. Au point d’inquiéter les services de police.
Belgique : le royaume s’effrite
Un reportage d’Eléonore Gay et Bruno Vignais
Depuis plusieurs mois, la vieille rivalité entre Wallons francophones au sud et Flamands néerlandophones au nord prend un tour politique : forte poussée de l’extrême droite, pas de gouvernement d’union nationale, des villes où les habitants ne se parlent plus...
Le pire, c'est qu'après mon commentaire positif sur cette émission, je suis également d'accord avec Shneidermann... Paradoxal ? Non en fait, à force de disette de sens à la télé on fini par se satisfaire d'un truc qui, s'il n'invente pas la poudre et continue de véhiculer des stéréotypes ou même une vision biaisée des choses, ne dit pas QUE des conneries... Incroyable...Figurez-vous que Benoît Duquesne, l’investigateur en chef de Complément d’enquête, sur France 2, s’est procuré un rapport des Renseignements généraux. C’est sérieux, les Renseignements généraux. C’est du béton. Tellement sérieux qu’un ancien patron des RG, Yves Bertrand, assurait le mois dernier à la télévision que la principale menace terroriste dirigée contre la France est constituée par les «Robins des toits», ces militants qui luttent contre les ondes émises par les téléphones portables, et par les groupes de défenseurs des animaux, ces redoutables commandos encagoulés qui, de temps à autre, libèrent nuitamment les lapins dans les fermes devant les caméras de la télé.
Bref, le rapport des Renseignements généraux que s’est procuré cette semaine Benoît Duquesne conclurait à la constitution, dans certaines cités de la région parisienne, de «bandes ethniques». C’est-à-dire uniquement composées de Noirs. Diable ! Le premier qui insinue que ce rapport explosif des Renseignements généraux aurait à voir avec la multiplication, dans les derniers mois, de reportages télévisés sur la redoutable «bande de la gare du Nord» n’aurait rien compris à la nature du travail policier de terrain.
Munie de ce rapport explosif et d’une inébranlable volonté d’«en-finir-une-fois-pour-toutes-avec-le-politiquement-correct», une journaliste de Complément d’enquête est donc partie explorer ces cités mystérieuses du côté de la Seine-et-Marne, à la recherche des «bandes ethniques» et des «modes de vie quasi tribaux» décelés par les Renseignements généraux. Au terme d’un parcours à la Livingstone, elle arrive dans un immeuble délabré. L’ascenseur «a pris perpète», comme dit plaisamment un jeune autochtone (noir). Qui ajoute (d’une voix noire) : «C’est parce qu’on est noirs que nos ascenseurs sont laissés sans réparation.» Eurêka ! L’enquêtrice de Complément d’enquête a trouvé sa «bande ethnique». CQFD.
Tout au long de ce reportage, on ne pouvait s’empêcher de repenser au reportage précédent de la même émission, quelques minutes plus tôt. Là, Benoît Duquesne avait choisi comme territoire de chasse la délicieuse commune de Neuilly-sur-Seine, en suivant les pas de David Martinon, porte-parole de l’Elysée et candidat désigné par le président de la République aux municipales. Dans un appartement neuilléen, vaste comme une piste d’aéroport, Martinon venait frôler la jeunesse locale (dont un des deux fils Sarkozy). Rires, drinks, émotion, jeunesse bien nourrie et luisante de santé. Exploration du Neuilly des impasses privées, fermées par une barrière, et des fermes reconduites à la grille en cas de franchissement. Le tout conclu par un entretien de Duquesne avec Martinon (ses adversaires bénéficieront-ils de la même exposition télévisuelle ?) au cours duquel le porte-parole saluait la «discrétion» et la «pudeur» de ses futurs administrés.
Mais dans ce reportage-là, le commentaire ne parlait pas de «bande ethnique». Quoique tous les visages fussent aussi blancs qu’ils étaient noirs dans le sujet suivant, Complément d’enquête n’éprouvait pas le besoin d’insister sur le caractère monocolore de la population étudiée. Là, le «mode de vie quasi tribal» s’appelait autrement : «farouche volonté de rester entre soi». Et l’on rêvait follement d’un incident technique qui aurait interverti les deux bandes-son. On rêvait d’entendre ces développements sur les bandes ethniques plaqués sur les images de Neuilly.
Et ces dissertations sociologiques sur le désir d’entre soi plaquées, elles, sur la cité aux ascenseurs en panne. Ce sera peut-être pour la prochaine fois. Quand les Renseignements généraux, qui sait, s’intéresseront à la riante commune de Neuilly. Fut un temps où le reportage de France 2 sur les «bandes ethniques» aurait déchaîné les associations antiracistes et les quelques médias qui restent attentifs à ne pas laisser déraper sur le terrain racial l’analyse de tensions qui sont avant tout sociales et économiques.
Mais c’est fini. Les dirigeants d’Emmaüs ou de Ni putes ni soumises sont ministres, ou chargés de mission, ou hauts-commissaires. Et quand ils ne sont pas ministres, ils sont submergés par les transgressions désormais quotidiennes du «politiquement correct» d’antan. La ministre du Logement, Christine Boutin, peut comparer à «une meute» les mal-logés qui campent depuis des semaines sur un trottoir parisien, personne ne reprend (et le Monde censure même une allusion sacrilège au mot de Boutin dans une tribune libre de la comédienne Emmanuelle Béart).
Le blog de notre confrère de Libération Jean Quatremer peut bien rapporter des propos violemment antimusulmans tenus par Sarkozy, personne ne reprend ni n’enquête sur leur véracité. Faute de temps ? Faute de place ? Faute de courage ? Faute d’issue ? Faute de conviction ? Peu importe. Tout cela à la fois, sans doute.
En tout cas, cela s’appelle une bataille perdue.
Massacre du code du travail dans le silence général
Gérard Filoche inspecteur du travail.
QUOTIDIEN : vendredi 23 novembre 2007
Le code du travail va être réécrit en quelques heures à l’Assemblée nationale, le 27 novembre et le 4 décembre.
En 2005, une commission de cinq «rédacteurs» avait été mise en place et il était prévu de publier le nouveau code en mai-juin 2006 si la grande mobilisation victorieuse contre le CPE ne l’avait empêché. Au forcing, l’UMP a glissé dans la loi «sur le développement de l’actionnariat salarié», publiée le 30 décembre 2006, un «cavalier parlementaire», l’article 57, renouvelant les délais du 1er janvier au 30 septembre. Puis le ministre Gérard Larcher a annoncé qu’ils allaient le passer avant la présidentielle. Tous les syndicats ont protesté : «Ne faites pas de coup de force, pas à marche forcée !» Mais Larcher, Villepin, Chirac et Sarkozy l’ont imposé quand même, le 7 mars, en Conseil des ministres. On a donc pu, dans ce pays, en dépit de l’opposition totale des syndicats, changer le code du travail de fond en comble.
On est, depuis le 1er octobre, dans une zone de non-droit : quel code s’applique, l’ancien ou le nouveau ? La partie réglementaire serait prête le 1er janvier 2008, applicable le 1er mars 2008 au plus tard. La partie législative n’entrerait, semble-t-il, mais c’est contesté, en vigueur qu’à ce moment-là.
Sur le fond, ils n’ont rien simplifié, ils ont complexifié : «Plusieurs mois, voire plusieurs années seront sans doute nécessaires pour que ce nouveau code révèle tous ses secrets», a reconnu Christian Redé, l’un des cinq rédacteurs du «comité d’experts».
Il y avait 271 subdivisions, on en arrive à 1 890. Il y avait 1 891 articles de loi, il y en a 3 652 ! Ils ont déclassé près de 500 lois en décrets modifiables à l’avenir… sans repasser par le Parlement. Ils font s’écrouler toutes les jurisprudences, abrogent des articles clés, restructurent le fond théorique et pratique du code. Tout est modifié. Dans les questions d’hygiène, de santé, de sécurité, les obligations des employeurs sont devenues un élément avec «les obligations des travailleurs» faisant partager les risques et responsabilités avec les salariés – ce qui est un recul décisif d’un siècle !
Certaines catégories de salariés sont externalisées vers d’autres codes : salariés agricoles, assistants maternels, salariés du transport, des mines, de l’éducation, marins, dockers. Les contrats de travail sont de plus en plus précaires avec la permissivité à l’égard du marchandage du prêt de main-d’œuvre : intérim et CDD, salariés détachés, pigistes, indépendants, etc. Les moyens de contrôle de l’inspection du travail sont démantelés, ainsi que les obligations d’information de l’employeur (registres, affichage). On a une quasi-suppression du droit pénal du travail : plus de sanctions prévues en récidive pour les employeurs. Les prud’hommes sont quasi supprimés, le nombre de délégués baisse. La question de la durée du travail est renvoyée à la partie «salaires».
L’apprentissage a été chassé de la partie «contrat de travail» pour être renvoyé à la formation professionnelle. Le droit de grève a été introduit dans la partie «négociation collective» alors que c’est un droit constitutionnel non négociable. L’inspection du travail, indépendante des gouvernements en place du fait de la convention 81 de l’Organisation internationale du travail, a été renvoyée dans la partie «administration du travail».
Tous les professionnels – syndicalistes, inspecteurs du travail, juristes, avocats, magistrats – signent des pétitions, des appels contre ce massacre. Des recours devant le Conseil d’Etat ont été déposés contre cette étrange procédure, alors le gouvernement envisage de passer par l’Assemblée plus tôt que prévu : le 27 novembre en commission. Ce n’est pas un classique débat parlementaire, il s’agit de ratifier une ordonnance. On peut encore rétablir ce qui a été supprimé (nous avons fait le travail, avec quelques inspecteurs du travail, et proposons environ quatre cents modifications pour réintroduire le droit constant).
Le code du travail, c’est le droit le plus intime, le plus quotidien, pour seize millions de salariés du privé, mais aussi le droit le moins connu, le plus contesté, le plus fraudé. C’est la base de l’Etat de droit dans l’entreprise. C’est le seul droit qui protège – trop fragilement – et contribue à fixer le coût de la force de travail de 91 % de la population active.
C’est un droit évolutif, élaboré en cent trente ans, avec des hauts et des bas, minutieusement, sous l’impact des luttes sociales et politiques. Chaque ligne, chaque article, chaque alinéa représente de la sueur et des larmes, des souffrances et des grèves, des victoires et des échecs, produits de toute l’histoire des mouvements sociaux de notre pays. C’est un texte de notre droit qui ne devrait pas être réécrit. Ce qui est effrayant, c’est le silence général, déterminé, étouffant sur une telle affaire. Pas de une. Pas de débat. Pas d’explication. Motus et bouche cousue de tous. Il paraît que c’est «trop compliqué» pour «intéresser les gens» alors que la vie de seize millions de salariés en dépend et qu’ils savent, souvent instinctivement, ce qui va en résulter pour eux : des conditions de travail dégradées, une souffrance accrue, une protection moindre, des salaires bloqués et des droits syndicaux diminués.
Petit ajout (même source) :Kõjiro a écrit :Je copie colle un post de Wizard (du Sden) que j'ai trouvé plutôt intéressant :
La suite est là : http://www.sden.org/forums/viewtopic.php?t=32761wizard a écrit :[...]je tiens à souligner deux évènement qui sont passés à peu près inaperçus mais qui sont pourtant très éclairant sur la situation actuelle et sur la politique économique qui est actuellement menée :
- Le 16 novembre dernier, l'Assemblée nationale a supprimé "l'impôt de bourse". De quoi s'agit-il ? L'impôt de bourse taxait à hauteur de 0,3% les opérations boursière supérieures à 7.668 euros et était plafonné à 610€. En outre, les valeurs cotées dont la capitalisation boursière était égale ou inférieure à 150 millions d'euros étaient exonérées afin de favoriser l'investissement (tout comme les valeurs du Trésor et les SICAV) . En gros, c'était un impôt léger (et même très léger), prélevé sur les grosses transactions boursières et qui ne dépassait pas 610 €. Toutefois, bon an, mal an, il rapportait 240 millions d'euros. Soit 40 millions d'euros de plus que ce que le gouvernement espère récupérer en "réformant" les régimes spéciaux (Et oui, le gouvernement a provoqué une situation de crise qui coûte environ 300 millions d'euros par jour à notre économie pour économiser 200 millions par an, Sun Tzu enfoncé !)
- Le Sénat (à la demande du gouvernement) a décidé que la contribution salariale de 2,5 % sur la plus-value dégagée par le bénéficiaire lors de la levée de stock-options ne sera pas rétroactive. Elle ne portera que sur les nouveaux plans attribués à compter du 16 octobre 2007. Les bénéficiaires de stock-options se voient ainsi accorder un délai d'au moins quatre ans, correspondant à la période d'indisponibilité fiscale de cette forme de rémunération des cadres et des dirigeants. Rappelons que d'après le rapport annuel de la Cour des comptes sur la Sécurité sociale, l'exonération de cotisations sociales des stock-options représente un manque à gagner considérable pour la Sécurité sociale estimé à 3 milliards d'euros par ans. L'ensemble des dispositifs d'exonération a représenté une perte de recettes pour le régime général comprise entre 6 et 8,3 milliards d'euros en 2005. [...]
Le week-end dernier, l'Assemblée nationale a choisi de lever l'exonération de la redevance télé qui touchait jusqu'ici 880.000 contribuables. Jusque là, ces contribuables, n'avaient pas à s'acquitter des 116 euros de redevance en raison de leurs revenus jugés trop faibles. Cette exonération touchait principalement les retraités pauvres.
Cela devrait permettre à l'État de récupérer 100 millions d'euros par an, soit moins de la moitié de ce que rapportait l'impôt de Bourse, supprimé au même moment.
Et après ça on me dit, il y a encore 15 minutes, mais tu sais les gens qui ont voté pour Sarkozy, c'est juste une différence d'opinion, c'est pas non plus très grave. Et puis ils étaient pas forcément d'accord avec tout ce qu'il disait.Ding On a écrit :Tiens Kojiro, Wyatt vient de me dire que 2 de ses collègues de France Terre d'Asile avait été mise en garde à vue pdt 12 h. Leur crime : avoir donné leur n° de téléphone à des réfugiées afghanes. Soit en Sarkozie : complicité d’aide au séjour irrégulier en bande organisée. Ca confine au génie là.