Actualité politique et sociale 2007 - Troisième acte

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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 30 oct. 2007, 10:49

Nos fabuleux médias indépendants :

Le SNJ-CGT s'étonne de la Une de Matin Plus sur Biya.

Boutin fait interdire le Dal : la SNJ-CGT dénonce un "acte de censure".
NOUVELOBS.COM | 29.10.2007 | 19:36

Le syndicat de journalistes s'insurge contre les pressions exercées par la ministre du Logement pour que le président du Dal ne soit pas invité à l'émission de Paul Amar, "Revu et Corrigé", diffusée sur France 5.

Le syndicat de journalistes SNJ-CGT a qualifié d'"acte de censure", les pressions exercées par l'entourage de la ministre du Logement, Christine Boutin, visant à empêcher le président de Droit au Logement (Dal) de participer à une émission télévisée.
C'est la journaliste du Nouvel Observateur, Florence Aubenas, qui avait révélé cette affaire sur le plateau de l'émission "Revu et Corrigé" de Paul Amar diffusé, samedi 27 octobre, sur France 5.

L'incident en direct

La journaliste avait affirmé en pleine émission que la ministre du logement, Christine Boutin a "fait comprendre" à la production qu'elle ne voulait pas voir Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du Dal (Droit au Logement) dans l'affaire des mal-logés de la rue de la Banque (IIe), sur le plateau de l'émission, ne souhaitant pas débattre avec lui.
Apprenant avant l'émission, que Christine Boutin avait refusé de débattre avec le porte-parole du Dal, Florence Aubenas a décidé d'en parler en direct, ce qui a provoqué la gêne de Paul Amar et de Christine Boutin.
Le présentateur avait alors confirmé qu'en effet, il était prévu que Jean-Baptiste Eyraud soit présent pour le débat, mais on aurait "fait comprendre à Pascal Petit (rédacteur en chef de l'émission)" que Christine Boutin ne voulait pas débattre avec lui. Paul Amar a alors expliqué qu'il préférait faire l'émission et parler des mal-logés en respectant l'esprit de l'émission même sans la présence du porte-parole du Dal plutôt que de ne pas du tout évoquer le sujet. "Quand quelqu'un ne veut pas débattre, on en tient compte" a-t-il déclaré pendant l'émission.
Christine Boutin avait, de son côté dénoncé la situation, la qualifiant de "traquenard" et a nié les accusations portées contre elle, expliquant avoir rencontré Jean-Baptiste Eyraud et n'avoir aucun problème avec lui.
Paul Amar avait conclut l'émission en expliquant que le rédacteur en chef de l'émission lui aurait déclaré dans son oreillette que le directeur de cabinet aurait dit que Christine Boutin ne voulait pas de débat à la télévision.

Démenti du ministère

Interrogé par l'AFP, Paul Amar a expliqué, lundi que le rédacteur en chef avait appelé l'attaché de presse de Christine Boutin dans le cadre de la préparation de l'émission et qu'il avait répondu que la ministre ne "viendra pas s'il y a Jean-Baptiste Eyraud" sur le plateau.
L'entourage de la ministre a démenti cette information. "C'est faux. On (France 5, NDLR), nous a présenté la semaine dernière une émission de décryptage avec d'autres journalistes dont Florence Aubenas", où Jean-Baptiste Eyraud ne figurait pas, a-t-on affirmé.
"L'attitude de Mme Boutin nous a mis devant le fait accompli et on était devant un choix cornélien: soit on ne faisait pas de ce sujet car il n'y avait pas de débat possible sans elle, soit on le faisait mais sans M. Eyraud", a ajouté Paul Amar à l'AFP.
"M. Eyraud a quand même eu la parole dans un reportage, et sur le plateau Mme Boutin avait plusieurs contradicteurs dont Florence Aubenas", a-t-il souligné.
Le SNJ-CGT a dénoncé de son côté un "acte de censure" de la part de la chaîne publique.
Jean Baptiste Eyraud a affirmé pour sa part avoir été "contacté la veille de l'émission par un représentant de France 5 qui m'a dit que Mme Boutin avait demandé que je ne sois pas là".
(Avec AFP)
Interview de Paul Amar et de Florence Aubenas.

Elle avait déjà fait le coup à Augustin Legrand (des Enfants de Don Quichotte) en refusant de débattre avec lui préférant lui proposer d'entrer dans son ministère. C'est là qu'on comprend un peu mieux encore le principe de l'"ouverture". Combo laisse + muselière en fait...

Et puis, de manière annexe, saluons l'arrivée au gouvernement d'un mombre très représentatif de celui-ci :

Une plainte déposée au pénal contre Bernard Laporte.
NOUVELOBS.COM | 30.10.2007 | 09:43

Le secrétaire d'Etat aux Sports aurait monnayé ses relations avec Nicolas Sarkozy contre des parts dans un casino du bassin d'Arcachon.

Une plainte pénale pour "tentative d'extorsion de capital", visant le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte, a été déposée au parquet de Paris, révèle Libération dans son édition du mardi 30 octobre. Selon le journal, c'est la première fois que l'ancien entraîneur de l'équipe de France de rugby est visé directement par une procédure judiciaire, même s'il fait l'objet, lui-même ou son entourage, d'enquêtes sur des activités commerciales ou fiscales irrégulières.
La plainte a été lancée le casino de Gujan-Mestras (Gironde), gérée par Frédérique Ruggieri. L'établissement est en concurrence avec les groupes Partouche et Barrière et serait, affirme Libé, "en butte à l’ostracisme du ministère de l’Intérieur", qui privilégierait les deux grands groupes. Selon le casino de Gujan, Bernard Laporte aurait fait jouer ses relations avec Nicolas Sarkozy contre des parts dans l'établissement.

"Donne-moi 10%"

Libération rappelle que Bernard Laporte, dans une édition de L'Equipe d'octobre, expliquait : "C’est elle (Frédérique Ruggieri) qui m’avait demandé de lui organiser un rendez-vous avec Nicolas Sarkozy. En déconnant, j’ai répondu : Donne-moi 10 % et je te l’aurai, le rendez-vous". Pour Me Francis Terquem, avocat du casino, "il est assez inopérant que M. Laporte ait tenu ces propos 'pour rire' ou 'en déconnant'. Les faits relèvent d’une tentative d’extorsion de capital".
Cette plainte du casino est la troisième. Une première plainte a été retirée en 2005, "après un coup de fil du chef adjoint du cabinet de Sarkozy, contre la promesse d’un examen serein de (la) demande d’ouverture (du casino, ndlr), acquise dans la foulée", indique Libération. Une deuxième plainte avait été lancée en mars 2007 après que le casino s'était vu refuser des machines à sous supplémentaires.

Irrégularités fiscales

La semaine dernière, L'Equipe magazine affirmait qu'au terme de près d'un an d'enquête visant Bernard Laporte et d'une quinzaine de perquisitions, la Direction nationale d'enquêtes fiscales, qui dépend de la direction générale des impôts, a mis au jour une série d'irrégularités dont les plus graves pourraient être transmises à la justice.
Bernard Laporte avait pour sa part assuré avoir "la conscience tranquille", ajoutant : "il n'y a pas d'enquête. Il y a juste une société qui est contrôlée comme cela arrive tout le temps".
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"Les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée. Trop de citoyens veulent la civilisation au rabais" - Henry Morgenthau, remettant son rapport sur l'utilisation abusive des paradis fiscaux par les contribuables au président Roosevelt en 1937.

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Ben
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Message par Ben » 30 oct. 2007, 10:55

Rien à redire,

Je n'aurai pas cru en arriver là, mais si on a a autant de soupçons sur lui, qu'il le mette de côté le temps de l'instruction du dossier !!!!

Sinon, il est clair que les journalistes se battent bec et ongles pour leur défense et je suis derrière eux.

Je ne sais plus qui avait dit que l'un des grands journalistes français était Morandini, ça laisse à réfléchir.


BEn
Dernière modification par Ben le 30 oct. 2007, 11:04, modifié 1 fois.
Un esprit aiguisé est la plus puissante de toutes les armes

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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 30 oct. 2007, 11:03

Ben a écrit :Sinon, il est clair que les journalistes se battent bec et ongles pour leur défense et je suis derrière eux.

Je ne sais plus qui avait dit que l'un des grands journalistes français était Morandini, ça laisse à réfléchir.


BEn
:cut:

Morandini, journaliste ? :lol:

'fin ça devait être une boutade sur le niveau du journalisme en France.

Sinon, dans le genre ça me met de bonne humeur :

Samir, parfait gibier de quotas d'expulsion.

Extraits :
Samir est arrivé à 14 ans en France en ânonnant à peine la langue française. Il a suivi des cours de soutien, décroché un CAP avec toutes les félicitations du jury et un BEP tout aussi flatteur.

«Ses diplômes ont pourtant été tous signés par le recteur d’Académie», reprend Luc Manin qui veut y voir une preuve que Samir n’a pas toujours été aussi irrégulier que Brice Hortefeux voudrait le voir aujourd’hui.

Il n’est pas non plus vraiment un modèle de fauteur de troubles : il laisse derrière lui les moins de 15 ans de l’équipe de foot de Sainte-Livrade. Il les entraînait en même temps qu’il jouait ailier dans l’équipe 1 en promotion d’Honneur.

Abdeslem Bouchyoua, le père avait choisi de garder son fils aîné avec lui dans le Lot-et-Garonne. Avec l’ambition de lui faire faire quelques études. Il aura cru jusqu’au dernier moment avoir réussi son coup.

Ses voisins tentent de le décrire tel qu’il est depuis ce mercredi : «il est comme quelqu’un qui ne comprend rien, mais rien à ce qui lui arrive».
La confiscation des enfants, nouvelle mesure du ministre Hortefeux.

Extraits :
Quand elle arrive au bureau de poste, le vendredi 26 octobre, la responsable lui annonce qu’elle ne peut plus travailler car elle n’a pas de papiers et elle la chasse. Mme Sima demande à téléphoner pour qu’un ami vienne la chercher car il n’y a pas de bus. Refusé. Elle part donc à pied pour rejoindre la station où elle prendra un autre bus. Mais là, l’attendent visiblement quatre policiers qui fouillent son sac et l’embarquent. Coïncidence ? Peu probable. La question est de savoir si c’est la police qui a prévenu la poste ou la poste qui a dénoncé son employée. Mme Sima demande aux policiers à passer chez elle car elle a un bébé qu’elle allaite. Refusé.
[...]
Pendant ce temps, Mme Sima est placée en garde à vue. Elle n’est ramenée chez elle qu’à midi, heure à laquelle les policiers constatent que Bambo Moussa est chez la voisine et Ladji seul dans l’appartement. Elle est autorisée à l’allaiter. Les policiers fouillent l’appartement en attendant que Yamadou rentre de l’école. Ils embarquent alors tout le monde : les «grands» sont placés «dans un foyer», le bébé «à la Croix-Rouge». Ladji sera amené à sa mère deux fois dans l’après-midi et la soirée du vendredi pour qu’elle l’allaite. En revanche il ne lui a plus été présenté entre le vendredi soir et le samedi 11 heures, date de sa libération. Sevrage à la hache. Dans l’après-midi, les douleurs dues aux montées de lait obligent Mme Sima à se rendre à l’hôpital.
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Message par axl_2baz » 30 oct. 2007, 11:09

Ma grand mere disait " Il vaut mieux voir ca qu'etre aveugle"...
Ba la je prefererais etre aveugle je crois...
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Kõjiro
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Message par Kõjiro » 30 oct. 2007, 11:25

Bon je ne sais plus si je l'avais copié ici alors je le remet au cas où (parce que ce texte est très bien et parce qu'il y a une suite un peu plus bas) :

Môquet n’est pas mort, je l’ai rencontré.
Aline Louangvannasy professeure de philosophie au lycée Rive-Gauche de Toulouse et secrétaire régionale de la CGT Educ’action Midi-Pyrénées.
QUOTIDIEN : lundi 22 octobre 2007

Aujourd’hui, le président d’une grande démocratie ira dans un lycée lire la lettre d’adieu d’un jeune condamné à mort, Guy Môquet. Cette lettre l’a, selon ses dires, beaucoup ému. Mais Guy Môquet n’est pas mort, je l’ai rencontré.

Il s’appelle Armen. Armen a 7 ans. Le 25 septembre 2007, le cartable sur le dos, il traversait la cour de son école de Montauban. Il était encadré par deux policiers en uniforme et en armes.

Les parents d’Armen sont étrangers. Le mercredi 10 octobre 2007, Armen a été placé en centre de rétention. Dans un premier temps, le juge des libertés avait prononcé sa remise en liberté, car il ne semble pas que dans notre beau pays les enfants aient leur place en prison. Mais le tribunal de Toulouse a fait appel, et le juge des libertés, le bien mal nommé, a donc émis un nouveau jugement : Armen restera en détention.

Aujourd’hui, Armen est au centre de rétention de Cornebarrieu avec ses parents et sa sœur de 8 ans. Armen ne mange plus. Armen ne parle plus. Armen est trop petit pour comprendre. Pour l’anecdote, il faut préciser que les parents d’Armen viennent d’un pays, le Monténégro, qui ne fera rien pour faciliter leur retour, parce qu’ils sont d’origine serbe. La mère, elle, pourrait être envoyée en Albanie avec les enfants, mais comme elle est aussi d’origine serbe, ils ne seront pas les bienvenus. Ils seront donc difficilement expulsables.

Ce sont les victimes innocentes de l’histoire, d’une histoire qui s’écrit au présent, n’en déplaise aux historiens. Tout dépend du bon vouloir de la préfète du Tarn-et-Garonne, qui pourrait les régulariser à titre humanitaire. Pour l’instant, son argument consiste à dire qu’elle a déjà régularisé trois familles et que c’est donc suffisant.

La santé des enfants se dégrade ; de toute façon, ils sont en état de choc et ont besoin d’un soutien psychologique, qu’ils ne trouveront pas en Albanie. Après que les policiers sont venus chercher Armen dans son école pour être conduit au commissariat, il n’a pas revu ses parents. Il a été placé avec sa sœur dans un foyer. Ce n’est qu’une dizaine de jours plus tard, lorsqu’ils ont été placés en centre de rétention, qu’ils ont pu retrouver leurs parents.

Le cas de cette famille est exemplaire du cynisme de notre gouvernement et devrait nous alarmer.

Comment peut-on accepter qu’un instituteur soit obligé sur injonction de sa hiérarchie de remettre à la police un enfant de 7 ans ? Comment des fonctionnaires de police peuvent-ils accepter l’ordre de se rendre dans une école pour interpeller un enfant ? Comment un juge des libertés peut-il se livrer à une telle parodie de justice et bafouer les droits les plus élémentaires de cet enfant ? Tous les vendredis, un petit groupe de manifestants se rassemble devant la préfecture. J’espère que notre président lira Libération lundi et fera un geste. Il faut leur donner de la visibilité à un moment où beaucoup préféreraient ne pas voir.

Je suis en train de lire un texte de Camus, je cite : «Le monde a horreur de ces victimes inlassables. Ce sont elles qui pourrissent tout et c’est bien leur faute si l’humanité n’a pas bonne odeur» (Actuelles II, «Persécutés et persécuteurs»). Nos institutions, dont la fonction est de garantir un ordre social fondé sur la solidarité et le respect de la dignité humaine, sont-elles à ce point devenues vides de sens ? Le traumatisme psychologique que nous faisons subir à cet enfant aujourd’hui est semblable au traumatisme que subissent les enfants des pays en guerre. Mais sommes-nous en guerre ?

Il est inacceptable que l’on instrumentalise à des fins politiques la vie de cet enfant que l’on condamne. Nous devons réagir.
Et aujourd'hui, le dénouement :

Armen, 7 ans, est parti.
Un journaliste de France Inter voulait m’interviewer à propos de l’article publié dans Libération du 22 octobre (et qui a été repris partout sur Internet) «Môquet n’est pas mort, je l’ai rencontré» : «Il s’appelle Armen. Il a 7 ans. Le 25 septembre, le cartable sur le dos, il traversait la cour de son école de Montauban, il était encadré par deux policiers en uniforme et en armes… Armen a été placé en centre de rétention.»

Quand j’ai donc appelé, le 24 octobre, pour avoir des nouvelles, un monsieur, très gentil, m’a poliment fait comprendre que ce n’était plus d’actualité. Le 25 octobre à 4 heures du matin, Armen Vera, 7 ans, arrêté dans son école par la police française, a été expulsé vers l’Albanie – ses parents viennent pourtant du Monténégro et sont d’origine serbe. La police française a dû payer la police albanaise des frontières pour qu’ils laissent entrer le père d’Armen, qui est maintenant sans papiers en Albanie ! Devant la catastrophe, il n’y a plus de mots pour la décrire. Günther Anders a raison de dire que nous sommes «les premiers des derniers hommes». Nous avons perdu l’essentiel, le sens de l’humanité. Le droit a même intégré la possibilité de l’inhumain : la solidarité peut être désormais un délit sanctionné par la loi.

Armen parti, il ne nous reste plus que le poids écrasant de notre responsabilité. Nous étions responsables de lui, et nous n’avons rien fait.
On sait maintenant ce qu'est l'identité nationale française.
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Message par Ben » 30 oct. 2007, 11:29

On a renvoyé quelqu'un dans un pays qui n'est pas le sien ? Mais quelle bande de c...

Par contre, on parle beaucoup de ces renvois massifs dans les médias papiers. Pendant ce temps, des lois passent sans qu'on est le temps d'en parler car trop de choses arrivent en même temps.

Vu que la place dans les médias coûtent cher plusieurs syndicats des impôts refusent de faire la gréve car la SNCF veut s'y greffer et qui si celà arrive on ne parlera pas d'eux à la télé mais bel et bien des cheminods.

Allalala qui disait qu'avec la télé on aurait tous son 1/4 d'heure de gloire :biere:


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Goju Kaze
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Message par Goju Kaze » 30 oct. 2007, 11:37

Andy Warhol : Dans le futur : tout le monde aura son quart d'heure de célébrité

:kaze:
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Message par Kõjiro » 30 oct. 2007, 11:42

On a renvoyé quelqu'un dans un pays qui n'est pas le sien ? Mais quelle bande de c...
C'est plus compliqué que ça je pense, cf ex Yougoslavie mais je ne suis pas assez calé pour en parler.
Par contre, on parle beaucoup de ces renvois massifs dans les médias papiers. Pendant ce temps, des lois passent sans qu'on est le temps d'en parler car trop de choses arrivent en même temps.
C'est vrai mais là c'est même pas une question de loi. On savait à quoi s'attendre il y a des mois, des années de cela vu que ça a commencé sous Sarkozy ministre de l'intérieur. Le truc, et le prend pas mal Ben, c'est que 53% des français ont accepté tacitement et en toute connaissance de cause que ce genre de choses se produisent. Il n'y a aucune surprise, juste une longue agonie dans les sables mouvants de l'ignominie, de l'inhumanité qui achève progressivement d'effacer de nos mémoires notre devise...
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Message par Goju Kaze » 30 oct. 2007, 11:48

Kõjiro a écrit :c'est que 53% des français ont accepté tacitement et en toute connaissance de cause que ce genre de choses se produisent.
Correction, 53% des votants ayant exprimé leur voix au second tour.

Je rappelle que Ding On par exemple n'a pas pu voter (au passage "grâce" à une loi proposée par notre actuel président modifiant en douce les conditions pour avoir sa carte d'élécteur), et que entre Charybde et Scylla j'ai refusé de choisir.

:kaze:
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Message par Mirumoto Ohmi » 30 oct. 2007, 11:50

Je suppose que si un fonctionnaire déclare quelque chose du genre "j'ai honte d'être français quand je vois notre façon de traiter les étrangers", il risque de se faire foutre dehors puis expulsé dans son pays d'origine?

Misère, y a-t'il un risque de devenir étranger dans son propre pays?

P.S: je n'ai pas déclaré ce qui est écrit en début de message, je suppose que vous l'aviez compris.

Pragmatisme ou lacheté?
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Message par Kõjiro » 30 oct. 2007, 11:51

Kõjiro a écrit :c'est que 53% des français ont accepté tacitement et en toute connaissance de cause que ce genre de choses se produisent.
Correction, 53% des votants ayant exprimé leur voix au second tour.

Je rappelle que Ding On par exemple n'a pas pu voter (au passage "grâce" à une loi proposée par notre actuel président modifiant en douce les conditions pour avoir sa carte d'élécteur), et que entre Charybde et Scylla j'ai refusé de choisir.

:kaze:
C'est vrai.

Mais ils sont 60 ou 70% à continuer de lui faire confiance...

Edit : je sais que je simplifie.
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Message par Goju Kaze » 30 oct. 2007, 11:57

Kõjiro a écrit :Mais ils sont 60 ou 70% à continuer de lui faire confiance...
60 à 70% des personnes intérogées, suposément représentative de l'opinion française.

:kaze:
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Message par Ben » 30 oct. 2007, 11:59

Rien à redire Kojiro


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Message par Shosuro Uso » 30 oct. 2007, 11:59

C'est un sondage OpinionWay?

[/cynique]
Shosuro Uso

"On ne peut pas faire confiance à un Scorpion. Au mieux, s'en méfier différemment des autres."

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Message par Kõjiro » 30 oct. 2007, 12:21

Tiens, Fontenelle le dit bien mieux que moi en fait...

Le Venin.
On s'habitue, finalement, pas vrai?

On se laisse mithridatiser.

Mithridatisation: "Immunité à l'égard des poisons (...), acquise par accoutumance progressive".

On laisse le régime nous inoculer jour après jour son venin dégueulasse, à doses plus ou moins homéopathiques, une monstruosité par-ci, une abomination par-là, noyées dans le flot des nouvelles, dans le grand fleuve de l'information, qui ne dort jamais, coco.

De telle sorte que nous sommes déjà moins sensibles, donc, au venin, au poison, à la peste innommable qui lentement nous infecte - nous ronge - de l'intérieur.

De telle sorte que nous restons sans vraiment réagir, quand l'ignominie se banalise.

Voyez si nous sommes tolérants.

Rappelez-vous ce que "Libé" a relevé le 20 octobre (✩): "Le plus jeune prisonnier de France a trois semaines.

Arrêté avec ses parents sans-papiers, il a passé une nuit en garde à vue et est détenu depuis le 18 octobre au centre de rétention administrative (CRA) de Rennes.

Autres exemples: le 4 octobre, un bébé de 15 mois est enfermé au CRA de Toulouse avec sa mère enceinte.

Celle-ci fait une fausse couche et perd des jumeaux.

Le même jour, une autre femme enceinte est enfermée au CRA de Cayenne en Guyane.

Transférée à l'hôpital, elle accouche d'un foetus mort.

Ce même 4 octobre, une fillette de 3 ans et sa mère sont placées au centre de rétention administrative de Lyon.

Le 10, un enfant handicapé et ses parents sont enfermés au CRA de Toulouse".

Chronique, au jour le jour, d'une abjection devenue ordinaire.

Mais on s'habitue, finalement - pas vrai?

On reste sans vraiment réagir, à faire, comme ici, des billets à la con sur des blogs à la con.

On reste confits en précautions langagières à deux balles, pendant que pour la première fois depuis soixante et quelques annnées, le régime rafle des enfants - au motif qu'ils ne sont pas nés blancs aux pays des petits blancs.

On a de ces pudeurs, encore - que le régime n'a pas.

Le régime lance des OPA sur le "compagnon" Guy Môquet.

Le régime récrit l'Histoire.

Le régime ranime très opportunément le souvenir d'un Résistant rouge - mais le régime rafle des enfants de trois semaines, dans l'ombre de ces glauques cérémonies.

(Jean Daniel, dans son éditorial de la semaine: "J'ai beau me pincer, je n'arrive pas à trouver ni arbitraire ni suspect le fait de souhaiter la lecture dans les écoles de la lettre (de) Guy Môquet".

Pince-toi encore, camarade - et tu finiras par percuter.)

Et on se retient encore d'écrire ce que parfois ça nous inspire - parce que malgré tout on se rappelle que tout ne se vaut pas, qu'on ne peut pas comparer ce qui n'est pas comparable.

On garde nos retenues - quand le régime se donne à fond à sa décomplexion.

On hésite encore à dire à qu'un pays qui place des nouveaux-nés en garde à vue est un pays qui oublie déjà trop ce que sont la brume et le crépuscule...

(✩) L'info n'a donc pas été "révélée" hier par France Info, comme l'a prétendu "Le Figaro" - mais il est significatif qu'elle ait mis tant de temps à se faire un chemin jusqu'à la radio, où l'on est certes plus rapide à commenter le divorce du chef de l'Etat...

(Merci, Pescade.)
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"Les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée. Trop de citoyens veulent la civilisation au rabais" - Henry Morgenthau, remettant son rapport sur l'utilisation abusive des paradis fiscaux par les contribuables au président Roosevelt en 1937.

Verrouillé