Goju Kaze a écrit :Tu disais le RU et l'Iralnde accueille les Polonais. Ma réponse est de dire c'est faut, ils ont un problème aussi, et il est, du dire d'un pote qui vis en Iralnde en ce moment, et après lecture d'un article sur le RU, suffisament important pour causer de gros soucis.
Bref, dire qu'ils sont accueilli, c'est un méchant raccourci pour dire ils sont là et on a rien pu faire contre. Je peux t'assurer que l'afflux de polonais au RU n'a pas renforcé un quelconque sentiment pro européen là-bas...
Le sentiment pro-européen des Britanniques, il n'existe pas. Je suis désolé de décevoir tes espérances.
Les Britanniques n'ont jamais été les moteurs de la construction européenne, et ils ne le seront jamais.
Et je pense que les Polonais qui viennent travailler au RU ou en Irlande, ils ne s'intéressent pas du tout au sentiment europhile des Britanniques. Ils fuient la misère de leur pays, ils veulent travailler pendant quelques mois ou quelques années pour gagner de l'argent (beaucoup d'argent pour les standards polonais) et acquérir de la bonne expérience professionnelle monnayable auprès d'une entreprise étrangère ayant investi en Pologne.
Je pense avoir des références et des informations de première main sur ce sujet, puisque je suis à moitié polonais, que je parle cette langue couramment, que j'y ai de la famille, et que depuis sa retraite l'année dernière, ma mère y passe une grande partie de son temps.
D'ailleurs, je lui ai posé hier la question au téléphone (merci l'abonnement Club-Internet et les communications internationales gratuites), et elle m'a expliqué que les Britanniques veulent diversifier la provenance de leur main d'oeuvre, ne pas avoir que des Polonais, mais aussi des Roumains et des Bulgares. Bref, tous ces "envahisseurs" chers aux europhobes français...
JBeuh a écrit :Pour connaître du monde au Royaume-Uni et mon frère qui y a passé six mois d'études et de petits travails, je peux te dire que je ne me trompe pas.
Je peux d'ailleurs te dire que la frayeur du "plombier polonais" et tout le reste concernait uniquement les travailleurs non qualifiés ou peu qualifiés. Il s'agit des emplois déjà les plus frappés par la mondialisation, et la crainte venait du fait que même ceux qui exigent une présence locale risquaient d'être détruit.
Au Royaume-Uni, ils en abusent, de ces emplois à faible qualification et avec mépris. Pour ceux qui sont à plus grandes qualifications, le problème ne se pose pas et se posait déjà pas. Je pense que tu devrais comparer le nombre de polonais émigrant ayant une forte qualification au total. Puis après regarder celui français pour le Royaume-Uni. Enfin, je peux me tromper, mais 430 000 polonais pour le Royaume-Uni plus 65 000 en Irlande, sans compter d'autres pays ayant attirés... Sur 38 millions, certes, ça ne fait pas tant que ça... Mais tu crois réellement que tous sont dans la même situation que tes connaissances et amis?
En France, Sarkozy dit exactement la même chose : l'émigration choisie. Plus de travailleurs pas qualifiés. Seulement des cerveaux.
Va dans les restaurants. Toute l'arrière boutique s'est peuplée de polonais ces derniers temps. Ils sont traités comme des chiens.
L'habituelle séparation entre l'élite et le bas peuple...
La SPP (Société Protectrice des Polonais) n'a pas détectée de mauvais traitement infligés aux plombiers et consorts. Et alors que des scandales ont éclaté sur le mauvais traitement d'employés saisonniers polonais en Italie (rôle de la mafia) ou en Espagne, rien sur le RU ou l'Irlande. Et je t'avoue lire régulièrement des journaux polonais pour ne pas perdre cette langue faute de pouvoir la pratiquer dans mon entourage quotidien.
Le travailleur immigré n'a jamais été "bien" traité, nul part et jamais... Même dans les grands pays d'immigration comme les USA, les nouveaux immigrés trouvaient toujours du travail dans les secteurs les plus déplaisants : construction, abbatoirs et étaient soumis au racisme des autochtones, arrivés souvent à peine depuis une génération ou deux avant eux.
Le propre d'un travail immigré est de venir faire le travail qu'un "autochtone" ne veut pas faire. Il n'y a pas de concurrence sur le marché de l'emploi.
En France, on a peur du plombier polonais, mais essaye de trouver un bon plombier en plein week-end qui ne te facture pas son intervention au tarif horaire de Maître Collard... D'ailleurs, où retrouves-tu les principaux employeurs d'étrangers récemment arrivés en France : dans les sociétés de nettoyage, dans les sociétés de sécurité, dans les gardes d'enfants et les soins à domicile des personnes âgés, ainsi que bien sûr le bâtiment et les travaux publics... Bref des secteurs aux conditions négatives sous tous les rapports....
On ne leur donne pas d'emplois aux 35h hebdomadaire avec 20 jours de RTT et 5 semaines de congés par an. Ce genre d'emplois dorés n'existe que pour une catégorie limitée de population.
D'ailleurs dans notre génération, même avec les meilleurs diplômes, qui n'a pas connu, chômage, intérim et autres petits boulots...
Et ne pense pas que je gravite dans un monde supérieur, pour payer mes études, j'ai travaillé dans des entreprises de sécurité et mes collègues étaient des diplômés d'universités du Mali, du Sénégal et de Côte d'Ivoire qui venus en France ne trouvaient pas de travail dans leur domaine et pour vivre prenaient les emplois qu'on leur proposait. Mais le truc, c'est qu'ils préfèrent faire un boulot dévalorisant, et vivre dans de mauvaises conditions en France que de crever de faim / de maladie / de la guerre civile dans leur pays d'origine.
C'est pourquoi, tous les jours, des centaines de personnes risquent leur vie pour venir vivre et travailler dans un pays où ils seront mieux que chez eux.
Bref, il faut toujours mieux avoir un placard au paradis qu'une suite en enfer.