J'ai exactement ce même sentiment. Il suffit de trainer un peu les oreilles à droite et à gauche pour voir qu'actuellement, être un conservateur à tendance droitière est très in, et ce même qd on appartient aux couches pauvres de la population (pasque même ces couches se trouvent des bouc-émissaires moins bien lotties : les SDF, les étrangers, les RMIstes, etc. désignés par le gouvernement ou TF1). Moi ça me fait peur, pasque parler de redonner le goût d'aimer son pays en votant pour un président qui appelle sans cesse à la division (travailleur contre chomeur, classe moyenne contre RMIste, privé contre fonctionnaire, Français de souche contre immigré, etc. etc.) je trouve ça un poil ubuesque.Je manque sans doute de recul pour juger d'une quelconque évolution en ce domaine mais j'ai quand même le sentiment que les idées réac', les petites haines ordinaires, les peurs etc... ont trouvé un terreau extrêmement favorable pour s'épanouir. Et peu importe d'où venait ces idées (ce n'est pas un propos partisan). Parce que ok pour les valeurs de "gôche" façon travail. Mais n'oublions pas que c'était quand même une manière un peu particulière de présenter les choses : le travail est supérieur à la fainéantise, la réussite à l'échec, etc... On pourrait faire la même chose pour toutes les valeurs, une autre exemple : solidarité, la solidarité individuelle étant présentée comme un substitut à la solidarité de l'état, la solidarité collective, elle dévalorisée.
N'en déplaise à certains, je maintiens que le vote Sarko était le vote de la peur : peur de l'autre, peur d'une image (fantasmée) de la société, peur du chomage, peur que le voisin gagne plus alors qu'il mérite pas, etc. Sarkozy a joué démagogiquement sur tout ce sentiment individualiste qui dort en chacun, laissant entendre à tt le monde qu'il méritait sa place au soleil - sous-entendu plus que le voisin feignant là, celui qui fait rien qu'à profiter des allocations de rentrée de ses gamins pour se payer le satellite. Qu'on le veuille ou non, c'est exactement ce qui s'est passé, il suffit de se repasser le film : lundi Sarko va dans les Ardennes fustiger les patrons-voyous devant les fondeurs qui gagnent 1.300 € net après 20 ans de travail et le mardi, il va au MEDEF promettre de détruire le CDI et de démanteler le Code du Travail devant un parterre d'héritiers autosatisfaits pour qui le paradis actuel est la Chine.
Depuis son élection, certains trouvent qu'il la joue fine. Perso ce n'est pas mon cas. Il fait exactement ce qu'on pensait qu'il ferait : sérieux, qui pense ici que le Paquet fiscal va profiter aux classes moyennes et défavorisées ? Que les abattements sur l'immobilier vont profiter au gars qui gagne un salaire médian et pour qui acheter une maison devient de plus en plus un doux rêve ? Qui croit que les durcissements de peine que les magistrats trop peu nbx ne peuvent appliquer vont changer quoi que ce soit ? Qui croit que reconduire 25.000 sans papiers par an va sauver la France, qui croit que l'immigration choisie va améliorer le sort des salariés français (demandez donc aux infirmières ce qu'elles en pensent) ?Que penser d'un président que ses 'amis', Bolloré ou anonymes, invitent pour des vacances de nabab ? Pense t'on réellement que le jour où ces gens viendront demander un service à Nicolas, celui-ci aura le coeur de refuser ? "J'ai le droit d'avoir des amis" nous dit notre président. Et bien non : un président n'a pas d'amis, il n'a que des obligations.
Pour moi, la France a fait un bond de 30 ans en arrière avec Sarkozy aux manettes. Tous les autres pays autour de nous ont fait l'expérience de ce genre de politiciens (Italie, Espagne, USA) et les ont éconduit finalement ou s'apprêtent à le faire. Comme tjs notre pays est pas en avance sur la tendance globale, et je suis sûr qu'on va le regretter. Mais pas grave : il sera tjs temps de se trouver de nouveaux boucs-émissaires.