Modérateurs : Magistrats de Jade, Historiens de la Shinri
Autant le reste est cohérent, autant ce passage est absurde à mes yeux.Propriétaires: l'absurde subvention
Par Thomas PIKETTY
QUOTIDIEN : lundi 4 juin 2007
Thomas Piketty est directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'Ecole d'économie de Paris. (En raison des élections législatives, la prochaine chronique Economiques, avec Esther Duflo, sera publiée jeudi 14 juin.)
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Surtout, l'expérience passée montre que le rendement économique des aides fiscales au logement est extrêmement faible. Qu'il s'agisse des subventions à l'immobilier locatif, des allocations logement... ou de la déduction des intérêts d'emprunt (pratiquée en France jusqu'en 1997), toutes les évaluations disponibles indiquent que ces aides se transmettent presque intégralement en inflation immobilière, sans réel impact sur la construction et les conditions de logement. Gabrielle Fack a ainsi montré que 80 % des hausses d'allocations logement ont été absorbées par des hausses de loyer.
Je ne pense pas.Kõjiro a écrit :Je ne peux pas très bien discuter de ce point particulier mais il me semble qu'il y a quand même une différence entre le marché du logement (locatif) et la majorité des marchés de consommation.
Je ne vois pas où tu veux en venir. Un loueur qui est face à des problèmes de rentabilité sur un immeuble ne va pas construire un autre immeuble (augmenter l'offre). Il ne va pas même augmenter ses loyers étant lié à IRL.Kõjiro a écrit :C'est cette fameuse élasticité justement. Face à une hausse des dépenses (par hausse de revenu) le producteur (ici "les loueurs") a plusieurs choix : augmenter ses prix ou augmenter l'offre.
La demande solvable est satisfaite par l'offre privée.Kõjiro a écrit :Après basiquement ça dépend de l'état de la concurrence et de la législation. Pour l'offre c'est plié : le marché du logement est en déficit chronique d'offre.
Parce que ce n'est pas un contrôle des prix à proprement parler mais un contrôle de l'augmentation des prix.Kõjiro a écrit :Après pour la législation, franchement je n'y connais rien (pourtant c'est le taf de ma belle soeur...), mais j'ai du mal à voir un" contrôle" des prix. Sinon, pourquoi est ce réclamé à corps et à cris par l'extrême gauche (remarque ce ne serait pas non plus transcendant que des gens demandent avec ardeur ce qui existe déjà - regardez l'histoire du vouvoiement dans les classes...) et surtout pourquoi a t on assisté à une telle flambée des loyers ces dernières années ?
Un propriétaire fixe le prix d'un loyer nouveau sur le marché par rapport au prix du marché (ce qui se pratique localement pour un bien comparable).Kõjiro a écrit :Du coup pas vraiment d'oeuf ou de poule ici. Les loyers augmentent selon un rythme propre au marché du logement. L'état accorde une aide "à la demande" --> l'offre s'adapte rapidement en profitant de l'aubaine --> seule une faible part de l'aide est effectivement allouée à l'amélioration de la capacité d'achat des ménages. C'est tout à fait estimable je pense tout ça avec une méthodologie séparant les effets (économétrie).
Sauf si il y a des choses que je ne conçois pas dans cette histoire d'encadrement des loyers (où j'avoue mon ignorance).
En effet. Parce qu'il y a des gens qui n'ont pas les moyens de se payer du pain ... et de la brioche non plus. Peu importe que les loyers augmentent ou pas après que tu aies loué, si tu ne peux pas louer parce que c'est trop cher.Parce que ce n'est pas un contrôle des prix à proprement parler mais un contrôle de l'augmentation des prix.
Le loueur est libre de déterminer le prix de la location à l'entrée du locataire mais il n'est pas libre de l'augmentation du loyer.
Ce que veut l'extrème gauche, c'est un contrôle des prix total, ce qui revient à légiférer sur le prix de la baguette de pain.
Cela m'etonne beaucoup car dans les années 80, subsistait encore le texte sur l'interdiction de refus de vente entre professionnels (abrogation du texte en 1996).Pénombre a écrit :heu... c'est pas joué
ça c'était déjà vu dans les années 80, ou quelques petits malins avaient tenté de vendre la baguette bcp moins cher dans je sais plus quel département
résultat : ils ont du fermer ou s'aligner illico, parce que les minotiers ont cessé de leur fournir de la farine
argument des minotiers : si on continue à vous fournir, tous les autres boulangers du coin vont aller voir ailleurs et ne seront plus nos clients...
j'en ferais pas une généralité, hein, mais bon, les rackets corporatistes, c'est pas que dans les feuilletons sur les mafias new-yorkaises
J'ai lu dans un autre résumé que ce serait entre 50 et 80% des aides qui auraient été "annulées" par la hausse des loyers. Donc Piketty a peut être utilisé de manière un peu légère l'argument. Mais il semble bien que cet effet soit réel.Comment les aides au logement affectent-elles les loyers ?
Les aides personnelles aux locataires sont très repandues : elles touchent près d'un locataire sur deux.
Elles ont été créées afin d’alléger la part du budget que les familles à faibles revenus consacrent à leur
logement et pour que ces ménages soient mieux logés. En termes économiques, les aides personnelles
ont pour effet d’augmenter la demande de logement locatif. Augmenter la demande de logement crée
une pression sur l’offre. À court terme, les loyers augmentent pour répondre à cette demande
supplémentaire. À long terme, le niveau des loyers dépend de la réaction de l'offre.
Cet article met en évidence trois observations. Après le « bouclage » des aides opéré en 1992-1994
(c'est-à-dire leur extension à tous les locataires sous conditions de ressources), les loyers moyens au
mètre carré des logements dont le locataire était aidé ont progressé plus vite que ceux des logements
dont le locataire ne percevait pas d'aide.
Ensuite, cet effet demeure, bien qu'atténué, lorsqu'on raisonne à caractéristiques des logements
comparables. Les loyers des logements aidés ont donc progressé plus vite que ceux des logements
non aidés.
Enfin, les taux de croissance des loyers logement par logement sont, en moyenne, plus élevés lorsqu'un
logement passe du statut de « non aidé » à celui de « aidé ». Ceci est vérifié sur toute la période
observée (1989-1997), indépendamment de tout bouclage des aides.
Tout se passe donc comme si le propriétaire bailleur profitait de l'aide nouvelle pour en récupérer une
partie sous forme de loyer. L'étude ne permet cependant pas de mesurer exactement l'impact des aides
sur le niveau général des loyers à long terme.