en même temps, c'est Kefka qui nous dit ça, alors prenez le avec des pincettes
plus sérieusement :
- avant d'arriver au bac + X, on a déjà un léger souci à propos du bac tout court et notamment de l'orientation vers une filière précise : le bac scientifique. Dans l'idée de très nombreuses familles, le bac S n'est pas destiné à donner à leurs enfants une formation vers des milieux scientifiques mais représente de par ses coefficients, de par certaines conneries racontées par des gens soit-disant bien informés et de par une certaine dose d'imagination collective qui se perpétue depuis plus de trente ans. Le bac S est perçu comme une sorte de bac généraliste "supérieur" par rapport à la filière ES. Mais si vous espérez que les gamins en S soient plus au fait de leurs projets que ceux en ES ou en L, ben vous risquez d'être déçus parce que la plupart y sont poussés par les parents. La peur du chomage et tout ça...
a l'inverse, je connais pas mal d'infos sur le bac L qui contrairement à ce que l'on pourrait croire n'attire pas tant de littéraires que ça. Plus précisément, il attire aussi un certain public qui n'a pas le niveau général dans les matières fortes des sections ES et S mais qui espère pouvoir s'en tirer avec le français et surtout avec les langues étrangères et les options. Il est donc de plus en plus perçu comme une sorte de bac au rabais parmi les bacs généraux, parce que force est de constater qu'il y a de moins de moins de jeunes qui s'y aventurent parce qu'ils ont le goùt de la littérature, des langues anciennes ou modernes.
et entre les deux, on a le bac ES qui fait office de fourre-tout selon la bonne vieille logique "dans le doute, mieux vaut avoir n'importe quel bac qu'aucun". Sans généraliser ni caricaturer, il attire son content de gens aux résultats corrects mais qui n'ont pas envie d'aller en S pour des raisons de coeffs dans les matières scientifiques ou parce qu'ils redoutent une méga-compétition élitiste camouflée.
alors au final, on a quoi ? dans chaque filière générale, des jeunes gens placés là ou il faut selon leurs aptitudes et leurs goùts, voire leurs projets. Mais aussi une certaine proportion de gens qui n'ont rien à y faire si on considère leurs affinités ou même leurs aptitudes mais qui pensent que cela leur donnera un bac, leur permettra de ne pas se fermer de porte ou les armera un peu mieux que les autres selon la filière considérée.
ça représente une belle majorité des bacheliers, les gens issus de ces trois parcours. Et eux, contrairement à ceux qui sont sortis de bacs techniques ou d'autres formations, ils sont censés pouvoir envisager avec des chances de succès raisonnables des études supérieures ensuite (le "censé" a son importance...)
mais des études supérieures pour faire quoi au juste ?
c'est un autre pan du système qui va les gérer en fac ou dans les IUT, les prépas, les écoles etc... plusieurs autres pans du système même. Chacun défendant sa conception des choses et produisant ses propres élites dont on espère que les plus intéressants feront perdurer la machine... ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des gens qui réfléchissent à ce qu'ils font mais que ce ne sont pas forcément eux les plus nombreux ou les mieux placés.
accessoirement, la majorité des acteurs de l'enseignement ne sont pas impliqués plus loin que localement dans l'élaboration des programmes, le réajustement suite aux faits observés et ne parlons pas de politique d'ensemble. Ce sont des choses qui se décident par des jeux d'influence complexe entre certains enseignants, certains représentants de leurs administrations et les lubies du gars dans le fauteuil ministériel à ce moment là. La plupart du temps, le type en question ayant suivi le parcours qui montre que l'élitisme et l'éducation à plusieurs vitesses ça marche bien (pour lui en tous cas...), il ne cherche même pas à trop secouer les véritables inerties du système. Il décrète, les profs descendent dans la rue mais parmi ceux que l'on entend jamais, parce qu'ils ne mangent pas de ce pain là, il y a les minorités qui ont l'oreille des responsables et qui visent surtout à faire perdurer une situation qui leur est confortable, y compris idéologiquement.
les plus dangereux se retrouvent souvent dans les IUFM pour former la génération suivante d'enseignants. Dont la plupart comprennent avant qu'on en ait fini avec eux que c'est de la connerie en barre mais c'est pas comme s'ils pouvaient y changer grand chose.... vu que c'est tout ce qu'on leur donne comme outils pour animer leurs classes, avec des programmes influencés par des connards groupusculaires et des ténors qui emmerdent le monde
(non, je ne suis pas prof. Mais je bosse depuis dix ans dans un lycée et j'ai fait deux mandats d'élu étudiant quand j'étais en fac)