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par Doji Satori » 27 déc. 2006, 17:15
J'aime toujours autant les écrits d'Akaguma-dono qui me fait à peu près le même effet qu'à Rom1 "une image forte : un ascète parcourant la campagne, avec son baton tintinabulant et sa caisse dans le dos".
Une petite histoire pour aller avec la description, écrite en 1966 par Shinohara Shirô, prêtre du sanctuaire de Nachi, d'après les mémoires du grand maître Osawa Enkaku sur la noyade volontaire du yamabushi Jitsukaga en 1884 :
Un jour que l'on avait mis du thé à sécher devant la porte de la maison Doi de Owase, un dragon blanc apparut au milieu de ces feuilles de thé. A cette vue, effrayé, le maître de maison voulut l'abattre au moyen d'un baton, mais le serpent disparut.
Le lendemain, la jeune fille de la maison contracta une forte fièvre et fut jetée dans un état proche de la folie. Comme on s'enquit par divination de l'origine de ce mal étrange, il fut décrété que c'était là le fait du dragon blanc. Bien que des moyens divers aient été essayés, la guérison ne put être obtenue. Aussi fit-on appel au sendatsu (directeur de pélerinage) Jitsukaga, qui pratiquait alors l'ascèse de la cascade de Nachi. Conduit à la maison Doi, il y fit un service d'invocations, durant lequel l'état de la jeune fille s'améliora. Mais lorsqu'il sen retourna, le mal empira de nouveau. La fille Doi fut alors conduite auprès du maître de Nachi, qui lui fit subir le grand rituel secret de l'hikime.
La jeune fille, entrant ainsi en état de possession, révéla à Jitsu-kaga : " Je suis la divinité dragon à neuf têtes de Owase. Tandis que je me manifestais pour prendre en offrande le thé de la maison Doi, on a voulu me tuer. Par bonheur, j'ai pu sauver ma vie, mais j'ai décidé de povoquer l'extinction de la famille Doi. Ignorant les arcanes du rituel secret de l'hikime, j'ai dû me soumettre à la loi de Jitsukaga et m'avouer vaincu. Masu désormais m'appliquant moi aussi à la pratique de l'ascèse, je combattrai dans cette lutte de pouvoirs."
A ces mots, il disparut, la jeune fille retrouva son état normal et rentra chez elle saine et sauve. Peu après, Jitsukaga perdit la lutte et, désemparé, rassembla un grand nombre de gens. Il célébra le grand service des cent huit lampes. Puis, se substituant à la jeune fille qui subissait la malédiction de la divinité dragon, durant la nuit il se jeta dans la cascade. Au plus profond de celle-ci, il conserva la position assise de méditation.
Le grand maître Gkidô de l'ermitage Gyôja-bô de Zenki vint et fendit l'eau des neuf et dix mûdra secrets de l'épée. Puis, mettant un radeau à l'est du pied de la chute, il y hissa Jitsukaga. Il enterra son corps dans le lieu de retraite de celui-ci. Mais comme c'était là une souillure pour cette terre sacrée, il fut ensuite transporté dans le cimetière de Jô-no-o.
En cherchant la voie, vous trouverez le vide. Dans le vide est la force sans le mal.