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par Doji Satori » 05 déc. 2005, 21:38
Pour compléter les considérations linguistiques et historiques de Akaguma (toujours aussi instructives et claires !), quelques extraits du livre de Gregory Irvine - Le sabre japonais - Editions DésIris déjà cités pour partie :
" Les sabres fabriqués au cours de la période Nara (646-794) sont connus sous le nom de chokutô. Bien que droites et à tranchant unique comme le tachi kanto, leurs lames présentent une nouvelle forme : une arête longitudinale (shinogi) sur une face de la lame près du tranchant, l'autre face restant plate. Ce type de lame est appelé katakiri-ha zukuri. Le shinogi renforce la structure, réduisant le risque de casse lors des combats. "
page 13.
" Le sabre japonais tel que nous le connaissons aujourd'hui, avec sa courbure élégante et prononcée, a été créé vers le milieu de la période Heian, afin de répondre aux besoins d'une classe militaire de plus en plus influente. Sa forme traduisait les changements dans l'art de la guerre au Japon. La cavalerie représentait désormais l'unité militaire prépondérante et les anciens chokutô droits étaient particulièrement mal adaptés au combat à cheval. En revanche, le sabre incurvé était une arme bien plus efficace lorsqu'il était manié par un cavalier : en effet, la courbure de la lame ajoutait une force considérable à la frappe. "
page 20.
" Le sabre tachi est porté à gauche, suspendu à la ceinture, tranchant vers le bas et poignée vers l'avant. La signature sur le nakago (i.e. poignée non polie de la lame, soie) de la lame est inscrite de telle manière qu'elle se trouve toujours sur le côté extérieur du sabre, lorsque celui-ci est porté par le guerrier. Ce trait caractéristique joue un rôle important pour identifier l'évolution, la fonction et les différents styles de port des sabres à partir de cette période de l'histoire du Japon. Lorsque le sabre est porté par le guerrier, la face externe du nakago est appelée omote et la face interne ura. Le guerrier en armure peut être équipé, en plus de son tachi, d'une lame plus courte, nommée koshigatana, signifiant " sabre de taille ". Il s'agit d'une arme courte sans garde (tsuba), où la poignée et le fourreau se rejoignent pour former le style de monture aikuchi (" bouche réunie ").
" La période Muromachi (1333-1600) fut le théâtre d'un changement presque total dans l'art de la guerre : la cavalerie et les combats de corps à corps furent peu à peu remplacés par l'infanterie et les régiments de soldats à pied.
Cette évolution entraîna l'utilisation d'une forme différente de sabre long, auparavant employé par les classes inférieures de soldat à pied. Il s'agissait de l'uchigatana, un style de sabre utilisé depuis la période Kamakura. La plupart de ces uchigatana, destinés aux simples soldats, n'étaient pas de très bonne qualité. Aucun spécimen formellement identifiable n'est parvenu jusqu'à notre époque. Cependant, au cours de la période Muromachi, des samuraï de haut rang commencèrent à utiliser ces lames en complément de leur tachi et des exemplaires beaucoup plus raffinés furent alors fabriqués.
Les uchigatana sont forgés en deux tailles différentes : ceux mesurant plus de soixante centimètres sont appelés katana et les autres ne dépassant pas soixante centimètres sont appelés wakizashi, " sabre compagnon ". Le katana est porté dans une large ceinture, tranchant vers le haut. Il est maintenu en place par une dragonne ou cordon (sageo), passée dans une bélière du fourreau appelé kurikata (en forme de chataigne). Le bas du fourreau comporte une saillie en forme de crochet , kaeri-tsuno, " pommeau de retour ", qui empêche le fourreau de sortir de la ceinture quand le sabre est dégainé. Pour le soldat à pied, le katana a l'avantage, par rapport au tachi, de pouvoir, dans un seul et même mouvement, être dégainé rapidement afin de frapper l'ennemi. Plus court et donc plus léger, le katana peut être utilisé plus facilement d'une seule main. Il offre un atout incontestable dans ces féroces guerres d'infanterie au corps à corps, typiques de la période Muromachi, où la vitesse de dégainage du sabre était l'essence même de ces batailles. La courbure de la lame facilite également la coupe et le dégainage. Elle est plus prononcée au niveau de la partie supérieure de la lame, avec un point de courbure qui s'est éloigné de la poignée. Ce type de courbure est appelé saki-zori. Il est également utile pour les samuraï à cheval, le tachi nécessitant deux actions distinctes, dégainer puis couper. "
page 47-48
" Comme pour les autres types de sabre, les forgerons ont perpétué la tradition de signer la lame des katana sur l'omote, le côté le plus en vue. Généralement, l'emplacement de la signature constitue une indication de la façon dont la lame était porté, en style tachi ou katana ; malheureusement, il existe de nombreuses exceptions à cette règle. Selon la coutume établie de longue date, il est d'usage de modifier le sabre afin de l'adapter à ses préférences ou aux techniques de combat de l'époque. Un sabre peut ainsi être raccourci pour l'ajuster à la taille, à la force du guerrier ou simplement pour satisfaire ses goûts personnels. Après l'étape de raccourcissement, la lame est appelée suriage. Comme le sabre est toujours coupé au niveau du nakago, la signature authentique peut fort bien être éliminée. L'histoire japonaise abonde en exemple d'anciens tachi raccourcis et remontés en style katana ou inversement, au cours des périodes ultérieures. "
page 48.
L'appellation katana ou tachi est avant tout une question de monture (fourreau & habillage) de la lame même si la monture katana impose une taille limite (fonction de la longueur du bras du guerrier) pour pouvoir effectuer un " dégainer - frapper ".
Comme pour Akaguma, chez moi les caractéristiques du tachi et du katana sont identiques.
J'ai songé à un moment de limiter le Iaïjutsu au katana et de donner un bonus au tachi à cheval ou plus de résistance mais bon ... je joue plutôt sur les qualités. Un tachi recevra plutôt un bonus au dommage, un katana un bonus au touché.
Du coup, pour moi les Licorne sont essentiellement équipés de Tachi, les Kakita de katana. C'est avant tout une question de style ...
En cherchant la voie, vous trouverez le vide. Dans le vide est la force sans le mal.