Hohoho
Hahaha
Huhuhu
Alors donc la différence entre Akira le manga et Akira l'anime.
Evidemment, y'a des SPOILER à foiso, donc venez pas vous plaindre.
Tout d'abord, l'ampleur : on ne raconte pas en 2h une BD-fleuve de 1500 pages (c'était environ le nombre de pages publiées à l'époque de la sortie du film, au final il y a 2159 pages -si,si j'ai compté- dans l'édition japonaise reliée). C'est impossible.
Certes, il aurait été possible d'en faire une série animée ou des OAV. Je pense qu'Ôtomo se serait senti frustré techniquement, et l'impact mondial aurait forcément été moindre.
Dire que "le manga est mieux que l'anime" c'est un raccourci qui me hérisse. Ils n'abordent pas les mêmes thèmes de la même façon, et certains qui sont développés longuement dans la BD sont assez vite traités dans le film.
Tout d'abord, au niveau des personnages il est surprenant de voir que la quasi-totalité est là. Parmi les personnages importants, seule manque Chiyoko, une résistante/terroriste au physique d'athlète est-allemande, très liée à Kei.
Bon, Dame Miyako est réduite à pas grand-chose dans le film. La dirigeante de la secte (par ailleurs elle aussi anciennement victime des expériences des scientifiques et affublée d'un numéro et de pouvoirs extra-lucides) qui dicte les actes du politicien Nezu devient une vulgaire prédicatrice de rue fanatique que la VF a même affublée d'une voix masculine
Il manque donc au film beaucoup de l'aspect "espionnage" de la BD. Là, il se réduit à l'infiltration par les égouts dans l'immense bâtiment de l'armée alors qu'il constitue l'essentiel des tômes 1 et 3 de la BD.
La BD est divisée en 2 chapitres bien distincts, correspondant chacun à une moitié des volumes de l'ouvrage.
A la fin du tôme 3, Akira, qui n'a jamais été coupé en rondelles (idée reprise par ailleurs de la BD "Fireball" d'Ôtomo) détruit Néo-Tôkyô.
A partir du tôme 4, Tetsuo créée un "empire" sur les ruines fumantes de la capitale.
Contrairement à ce que l'on dit souvent, cette seconde partie est bien traitée dans le film. Simplement il est surtout question de l'évolution de Tetsuo qui passe de l'anonymat au statut de leader, et il manque toute la description de la capitale en ruines, où des millions de pauvres hères sont partagés entre l'Empire et le bastion de Dame Miyako.
Manque aussi évidemment la relation entre Akira et Tetsuo, qui évolue très fortement. Au départ, il s'agit d'un jouet que Tetsuo pense pouvoir utiliser, puis une incursion dans son "esprit" lui fait comprendre à quel point il se leurre.
Manque enfin toute l'évolution de la relation de Tetsuo avec la dope dont il s'éloigne sous l'influence de Miyako. Du coup ses pouvoirs augmentent et son contrôle sur eux diminue (comme dans le film, mais beaucoup plus lentement) au point que le pouvoir finit par prendre le contrôle.
Celà dit, tout n'est pas "mieux" dans la BD :
Il y a plus de cohérence dans le film (par exemple, comment se fait-il que la BD se finisse dans le stade olympique, qui devrait être coupé de l'Empire par des ponts coupés ?).
Ôtomo a tendance à se répéter vers la fin et à faire dans la surenchère de pouvoirs.
Il évite certaines longueurs de la seconde partie, qui étaient dûes à la nature très "roman-feuilleton" de l'ensemble (Chiyoko allant chercher Kiyoko dans l'Empire ça m'a toujours laissé de marbre)
Enfin, la BD doit au film certaines idées qui en était absentes, comme par exemple la métamorphose de Tetsuo.
Pour le reste, les 2 oeuvres sont très semblables.
Eh ! ça marche mieux qu'une mauvaise orthographe de "Daimyô"...