Moto Shikizu a écrit :vu un reportage sur la fracture Belge. Et ben je ne m'etais pas rendu compte a quel point la fracture etait importante, ce n'est pas seulement du politique comme on pouvait le croire, il y a un paquet de defiance/haine des flamands envers les francophones et bien sur vice versa aussi
Oui, il y a aussi plein de rancoeurs des deux côtés, pour toutes une série d'offenses réelles et imaginaires (ces dernières constituant par ailleurs l'essentiel du stock, mais il est mal vu de soulever ce point).
Enfin, la crise actuelle est surtout politique malgré tout. Il y a bien des demandes de plus d'autonomie du côté flamand (auxquelles le matraquage "nationalisme-victimisation-xénophobie" que leur ont infligé leurs élites ces 50 dernières années n'est pas étranger, mais bon) qui ne plaisent pas du tout aux francophones.
Mais ce qui est bloquant est le comportement des négociateurs du futur gouvernement (je rappelle que, en Belgique, tous les gouvernements sont des coalitions regroupant au minimum 4 partis. Ici, il s'agit du CDH -centre-droit "ex-chrétien passé à l'Humanisme" francophone, du MR -libéral francophone, du CD&V-NVA -alliance flamande conservateurs chrétiens + nationalistes, et du VLD - libéral flamand). Evidemment, chacun cherche à obtenir le maximum de l'autre -ce qui est capital pour les partis flamands, vu que le parti politique le plus important, et de loin, (en nombre de voix et de sièges au Parlement) en Flandre est le Vlaams Belang, ultranationaliste et xénophobe (ben oui, à force de servir du "nationalisme-victimisation-xénophobie" aux gens, on en fait des fachos) et qu'ils n'ont pas intérêt à passer pour des mous aux yeux de leurs électeurs. Même chose pour les partis francophones : le PS, qu'ils viennent de renvoyer dans l'opposition, menace de revenir (avec pas mal d'hypocrisie, d'ailleurs) s'ils devaient s'écraser devant les Flamands.
Donc, ça négocie depuis plus de 4 mois, entre claquage de porte, coups de bluff et de gueule, etc. Aux dernières nouvelles, on commencerait à approcher d'une solution.
Accessoirement, je suis Bruxellois de culture francophone mais d'ascendance flamande. C'est donc particulièrement au sujet de l'appartenance communautaire de gens comme moi que l'on se crèpe le chignon. Sans que l'on me demande mon avis, d'ailleurs.