Modérateurs : Magistrats de Jade, Historiens de la Shinri
Ben, écoute, le Soudan, j'en bouffe matin et soir à cause de ma femme et, honnêtement, non, en fait. La démocratie à l'européenne (de la nature de laquelle ils n'ont qu'une très vague idée) n'est pas ce qu'ils attendent.Pénombre a écrit :c'est ce que disent les gens, depuis le Soudan
La réthorique du "y a tjs pire ailleurs" fait rarement avancer les choses.Pénombre a écrit :c'est ce que disent les gens, depuis le Soudan ou d'autres endroits du genre
Dans le compromis trouvé, le quota de 20 % de HLM devant être atteint par toutes les villes demeure donc intact. Cela revient à admettre que chaque commune doit contribuer à l’effort de solidarité nationale, en logeant des ménages modestes ou en difficulté. Contrairement aux dires de Christine Boutin, tout le monde n’a pas les moyens d’accéder à la propriété, à commencer par les 7,1 millions d’habitants de l’Hexagone qui vivent en dessous du seuil de pauvreté (817 euros par mois pour une personne seule), et représentent 12,6 % de la population. Sans compter les familles qui vivent avec des revenus à peine supérieurs. 1,3 million de ménages sont inscrits aux fichiers des demandeurs de HLM. Le logement locatif aux loyers abordables se révèle une nécessité dans les grandes agglomérations, où le parc du privé est inabordable aux revenus modestes. L’arrangement trouvé stipule donc que les pénalités financières des communes qui n’atteignent pas le quota seront diminuées. Ces dernières peuvent échapper aux pénalités en lançant des programmes d’accession sociale à la propriété. Pour Thierry Repentin, sénateur (PS) de Savoie «la minoration de l’amende est une porte de sortie pour les maires qui ne veulent pas de logement locatif social dans leur commune». Ce que ne nient pas des élus UMP. Après le désaveu du Sénat de Christine Boutin, le débat à l’Assemblée nationale sur la loi SRU promet d’être animé.
Un résumé de faits selon la famille d'Abdoulaye Fofana.On se dit que la colère doit être enfouie au fond de lui, qu’elle finira bien par lui pousser au ventre comme une maladie, qu’il explosera forcément, un jour ou l’autre. Mais, à 20 ans, Abdoulaye Fofana fait plutôt silence. Retranché dans une déférence qui tient lieu d’équilibre, avare de commentaires, il égrène les faits. C’était il y a une dizaine de jours. Abdoulaye s’était enfermé dans sa chambre avec des copains, à Montfermeil, pour regarder le match France-Tunisie. Quand la France a marqué son deuxième but, une armée de policiers – "ils étaient au moins quatre, plus ceux qui sont restés sur le palier" – a surgi chez lui en dehors de tout cadre légal. "Des terminators", comme disent ses copains, qui l’ont roué de coups à la tête, au visage, dans le dos, au ventre, alors qu’il était menotté, devant ses sœurs, sa mère, son oncle. Abdoulaye, 1,90 mètre, 72 kilos, pense qu’un autre, "plus chétif, aurait pu y passer". C’est précisément ce qui l’offense, ce constat auquel il a toujours cherché à échapper : "Je pense qu’on s’en fout de nous. “On” : la justice, le pouvoir politique. Ce qui m’est arrivé tient au fait que j’habite les Bosquets. Il n’y a qu’ici qu’on se croit tout permis, qu’on défonce les portes, qu’on présume que tout le monde est délinquant et sans cerveau." Qu’on s’acharne sans scrupule sur le cliché usé du jeune de banlieue. Pour preuve, Abdoulaye : s’il en était bien un dans le quartier qui n’irait pas caillasser la police, comme la justice l’en suspecte aujourd’hui, c’était bien lui, le "petit étudiant tranquille" en deuxième année de BTS négociation et relation client, "qui trace son chemin sans faire de vagues". Lui, qui, en 2005, a vécu la révolte née de la mort de Zied et Bouna (les deux électrocutés du transformateur de Clichy-sous-Bois), qu’il connaissait, derrière ses fenêtres. Son père, électricien à la retraite, et sa mère, femme de ménage, ont assigné leurs six enfants à résidence, "pour nous protéger, ils savaient que la police attrapait tout le monde". Une éducation un peu stricte qui ne permet pas à Abdoulaye de traîner. L’enfant rêve de devenir médecin. Il a 10 ans quand son père l’inscrit au centre de loisirs jeunesse de la Police nationale, pour l’aide aux devoirs. Plus tard, c’est avec ces mêmes policiers qu’il passe son brevet d’aptitude à la fonction d’animateur. Grâce à ceux-là qu’il a appris "à ne pas entrer dans le jeu des autres". Ne jamais broncher lors des nombreux contrôles d’identité subis depuis son adolescence, ne pas répondre aux cris de singe provocateurs d’un agent de police croisé sur un trottoir de Rosny-sous- Bois. Entre gentils policiers et méchants flics, Abdoulaye dit "faire la différence", même après cet humiliant passage à tabac. Pour ceux qu’il affectionne, il a honte des autres. Et il est désolé aussi de cette justice qui se fourvoie dans ses expressions stigmatisantes. Le procureur de la République, François Molins, a assuré que le patronyme d’Abdoulaye (Fofana), aussi répandu chez les Guinéens que Dupont l’est en France, "est connu du parquet". Comme si le jeune homme, animateur au centre de loisirs de la Police nationale, avait un casier judiciaire. Le parquet confond avec une inscription au fichier Stic en qualité de témoin dans une affaire de gamins.Un recel pour le vol... "d’une nappe". Abdoulaye a de la peine pour tout ça. Il dit que "c’est dur,quandmême".Comme s’il n’en revenait pas de ce qui lui est arrivé, ses soeurs qui ne dorment pas, les cauchemars qu’il enchaîne où il est poursuivi sans fin par la police, où il voit son frère crouler sous lesmêmes coups que ceux qu’il a subis. Il se demande ce qu’il en aurait été de lui, de cette affaire s’il n’y avait eu l’oeil vigilant et citoyen du réalisateur Ladj Ly, habitant du quartier. Il a filmé etmis en ligne l’acharnement des forces de l’ordre sur Abdoulaye, alors qu’il était au sol, dans le hall de l’immeuble Picasso. Le médecin, qui l’a examiné pendant sa garde à vue, ne lui a donné que deux jours d’interruption temporaire de travail (ITT). Le policier qui s’est cassé le petit doigt lors de l’intervention a, lui, eu droit à un mois d’ITT. L’Inspection générale des Services a été saisie, deux policiers ont été mis en examen. L’avocat de la famille Fofana, Yassine Bouzrou, a déposé une plainte pour violences volontaires aggravées, menaces de mort, subornation de témoins, dégradation de biens. Il souhaite "une enquête impartiale".En attendant, celui qui comparaîtra le 10 décembre devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour "violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique", c’est Abdoulaye.
Elsa Vigoureux
IL EST près de 22 heures ce mardi 14 octobre quand une dizaine de policiers, matraques et flash-ball en mains, investit le hall 5 de l’immeuble Picasso. Lancés à la poursuite d’adolescents, ils montent toute la cage d’escalier au pas de course. C’est en redescendant qu’ils entendent des cris dans cet appartement au cinquième étage, face à l’ascenseur. Thierry Henry vient de marquer un deuxième but contre la Tunisie, les Fofana hurlent de joie. Au même instant la porte d’entrée cède sous l’effet de violents coups. Des policiers investissent l’appartement. L’enfant de 2 ans qui se trouvait tranquillement dans l’entrée est pris de panique, il court, tombe, s’ouvre la lèvre. Il y a là au moins quatre hommes, casqués, visières rabattues, qui brandissent leurs matraques et leurs armes devant parents et enfants installés devant le match de foot dans le salon. La mère d’Abdoulaye Fofana s’avance vers les policiers. Qui demandent aussitôt : "Y a personne qui est entré ici ?" Elle répond, consternée : "Non, regardez, nous sommes avec nos enfants." Là, selon elle, les policiers reculent, ils sont comme prêts à repartir. Mais alors qu’Abdoulaye, inquiet, sort de sa chambre où il regardait aussi le match, sa mère retient les hommes armés et leur dit : "Et ma porte, vous avez cassé ma porte…" Abdoulaye insiste : "Pourquoi vous avez cassé la porte ?" Les agents répondent qu’elle était déjà ouverte. Abdoulaye montre les traces de coups. L’oncle d’Abdoulaye entend un policier dire : "On embarque celui-là." On l’attrape par le col, sa tête cogne dans un mur, il entend crier sa mère, ses soeurs. Il est jeté sur le palier, au sol. Et à plat ventre. Sa mère et son oncle sont bloqués dans l’appartement, repoussés de force,menacés au flash-ball. Ils voient Abdoulaye immobile, des pieds sur ses jambes, contre sa nuque, un genou sur le dos. Le jeune homme se prend un coup de pied dans la tête. Il crie, les policiers le menottent, le relèvent. L’un d’eux continue de lui porter des coups de matraque dans le dos. Abdoulaye crie qu’il n’a rien fait, les voisins entendent les policiers l’insulter : "Ferme ta gueule, fils depute." Ils ouvrent leurs portes, on leur ordonne de les refermer. Ils encouragent Abdoulaye à ne pas répondre, tenir bon, garder son calme. Un policier crache au visage d’Abdoulaye. Un autre lui fait un signe, passe son pouce contre sa gorge.Au premier étage, la tête d’Abdoulaye cogne encore dans un mur, et des coups de matraque pleuvent. Un policier le braque avec son flash-ball, lui dit qu’il cesse de crier sinon il tire. La caméra du réalisateur Ladj Ly a filmé la suite, les derniers coups portés à Abdoulaye. Elsa Vigoureux
Lui aussi va essayer comme les parlementaires roumains d'imposer 50% de bonnes nouvelles à la tv..."Source principale de diffusion du pessimisme", la télévision publique "devrait coopérer pour que la situation s'améliore ", a plaidé le chef du gouvernement italien, provoquant les contestations des journalistes de la Rai ainsi que de l'opposition.
Article utile pour battre en brèche certaines idées reçues : Non les conflits ne sont pas moins nombreux, non la négociation ne s'oppose pas à la contestation, non les syndicats n'ont pas cessé de jouer leur rôle au contraire etc.Ce que révèlent les données officielles sur les conflits sociaux
par Sophie Béroud, Jean-Michel Denis, Guillaume Desage, Baptiste Giraud et Jérôme Pélisse
La plupart des conflits dans l’entreprise passent inaperçus. Et pourtant ils existent. Plus nombreux, plus déterminés, plus souvent impulsés par les syndicats qu’on ne le dit généralement.
+1Kõjiro a écrit : (On remarquera aussi - sans mauvais esprit - que le type de conflit qui a le plus augmenté est le refus des heures supplémentaires - Or ces données sont antérieure à l'élection de Nicolas Sarkozy...)
Prêts à travailler jusqu’à 70 ans? C’est ce qu’ont proposé les députés dans la nuit de vendredi à samedi. L'Assemblée nationale a amendé, lors de l'examen en première lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2009, un article qui interdisait, dans sa version initiale, aux employeurs de mettre leurs salariés à la retraite d'office après 65 ans, à partir de 2010.
Objectif affiché: résoudre le problème des salariés qui risquent de percevoir une faible retraite. Selon l'auteur de l'amendement, Denais Jacquat (UMP), «il n’est plus acceptable aujourd’hui qu’un homme ou une femme âgé de 65 ans soit mis à la retraite contre son gré, du seul fait de son âge, alors même qu’il n’a pas forcément toutes ses annuités d’assurance ou qu’il souhaiterait prolonger son activité pour améliorer sa pension». Une proposition qui provoque des remous, notamment auprès des salariés d'Air France, qui craignent de ne pouvoir assurer une évacuation d'urgence à 70 ans.
Au choix?
Les députés veulent laisser «la possibilité aux salariés qui le souhaitent de prolonger leur activité au-delà de 65 ans sous réserve d’en avoir préalablement manifesté l’intention auprès de leur employeur et dans la limite de cinq années».
Avant qu'un salarié n'atteigne 65 ans, l’employeur l'interrogera sur son intention de partir volontairement à la retraite. En cas de réponse négative, ou si l'entreprise a omis de l'interroger, elle n'aura pas le droit de le mettre à la retraite d'office. La procédure se répétera «les quatre années suivantes», donc jusqu'à 70 ans.
Néanmoins, la mesure ne remet pas en cause le droit de partir à la retraite à 60 ans, ni le nombre d'années de cotisations exigée pour avoir une retraite à taux plein : 40 ans actuellement, 41 ans d'ici à 2012.
Travailler, encore et toujours
Du côté de l’opposition, cet amendement suscite une levée de boucliers. «L'âge de la retraite est insidieusement repoussé à 70 ans», s'est indignée en séance Martine Billard (Verts). Mariesol Touriane (PS) a accusé le gouvernement d'utiliser «tous les moyens pour reculer l'âge des départs en retraite et amener les salariés à travailler le plus longtemps possible».
Le PCF a fustigé dans un communiqué, un «scandale» et un «pseudo-volontariat», «comme si les retraités qui vivent aujourd'hui si nombreux sous le seuil de pauvreté (...) pouvaient avoir le choix».
En guise d'argument, Xavier Bertrand, le ministre du Travail, a pris l'exemple de Guy Roux, l'entraîneur de foot, à qui l'on avait demandé de stopper sa carrière comme cela est requis, à 65 ans. Après multiples tergiversements, il a finalement pu reprendre le banc de touche... avant de démissionner, s'estimant trop vieux.