Sinon, je n'insiste pas sur certains aspects de l'honneur dans mes parties.
Je répète ce que j'ai dit à Nosh page 2 de ce sujet mais pour moi, raisonner en "vertu" est casse gueule, dans le sens où cela ouvre à tous les contresens possibles et justifie tout et son contraire.
Tout le chapître sur ces vertus dans la voix du Lion qui est fortement inspirés par de "vrais" écrits sur le Bushido part d'une bonne intention mais à mon avis il pose davantage de problèmes, entraine davantage de questions et d'arguties sans fin.
Il ne contribue pas à définir un monde de façon claire et intelligible car il ne donne pas des clés sur des façons de penser d'un samuraï (imaginaire ou "réel" on s'en fout).
Ce n'est qu'une suite de mots, de concepts abstraits posés sur une page sur lesquels chacun peut greffer ce qu'il veut en fonction de sa sensibilité et sa culture.
Difficile d'intervenir sur ce point très subjectif, est ce souhaitable d'aillleurs ? Avoir le "vrai" bushido n'a pas de sens car le vrai bushido n'existe pas, d'autant plus dans un monde imaginaire façonné et animé selon les envies de chacun.
A chacun son bushido, l'important c'est qu'il corresponde à ce que l'on a envie de jouer et que cela soit la même chose dans la tête de toute la tablée.
Ce défonçage de portes ouvertes étant fait, pourquoi de mon point de vue c'est casse-gueule de raisonner en "vertu" ?
Parce qu'en occident l'enfer est pavé de bonnes intentions. Et l'on a beau jeu de pointer une autre "vertu" pour justifier les comportements les plus condamnables.
Au Japon (là à prendre avec des pincettes, il ne s'agit pas du "vrai" Japon mais du Japon archétypal ou tout du moins l'image que l'on se fait du Japon au Japon et donc forcément matiné de modernité), si on trouve un comportement condamnable, on s'arrête là. Il n'est pas concevable d'aller plus loin, de chercher une raison, une explication ou une justification à l'acte.
Pour reprendre l'exemple débattu et rebattu du Scorpion, le joueur occidental va dire "OK, j'ai empoisonné Kakita Jeanpierre mais parce que j'en avais reçu l'ordre, c'est par devoir envers mon seigneur que j'ai mal agit donc c'est honorable, je respecte la plus grosse vertu à mes yeux" (je vous passe les 3 heures de discussion qui suivent sur l'honneur

).
Le joueur Japonais va dire "j'ai empoisonné Kakita Jeanpierre, empoisonner c'est mal, je suis un salaud".
Quand je dis que c'est simple d'avoir une vision japonisante (à deux balles façon cliché certes mais japonisante), c'est qu'il ne faut pas chercher bien loin, inutile de réfléchir de trop. Louis Frédéric qui a écrit une ribambelle de bouquin sur le Japon dit que le Japon est un pays considéré comme sans philosophie. Il y a du vrai dans cette image.
Simple mais compliqué car il faut rompre avec des schémas mentaux qui nous sont quotidiens.
Compliqué surtout car nous autres occidentaux avons le chic pour nous raccrocher au pinceau.
Des phrases toutes faites qui font très "bushido" car dans des "vrais" livres sur le bushido écrites par des "vrais" Japonais comme "il y a plus d'honneur à servir un mauvais maître qu'à servir un bon maître" sont fréquemment prises comme justification à la servilité la plus absolue.
J'obéis à mon maître pour assassiner mais je prends sur moi. Oulala, je suis un martyr du bushido, j'ai mal agit. Mais le devoir avant tout, c'est la vertu "cardinale" du bushido s'pas ?
Mais pour un Japonais, c'est un non-sens car l'obéissance ne dédouane pas de la responsabilité, au contraire.
Accomplir un acte sur ordre, c'est au niveau moral très exactement la même chose que de le décider à sa propre initiative.
Assassiner sur ordre, c'est très exactement aussi déshonorant qu'assassiner de son propre chef sur le plan moral.
Les liens de "giri" responsabilisent au contraire (mais bon autre débat sur quelque chose de complexe et pas nécessairement homogène sur le devoir car on ne calque pas les mêmes choses sur le même terme en occident qu'au Japon).
Servir un "mauvais" maître c'est servir un maître qui oublie sa condition de maître qui ne satisfait pas à ses devoirs : il joue, il ne gère pas son domaine etc.
Ce n'est pas "mauvais" au sens bien et mal, notion toute occidentale ...
Et comme le devoir du serviteur lui impose de ne pas juger la conduite de son seigneur ce n'est pas facile donc de servir un mauvais maitre ...
Pour illustrer ceci, selon l'histoire un samuraï d'Oda Nobunaga avait fait le suicide de protestation car ce dernier oubliait ses devoirs. Oda Nobunaga tout honteux a pris conscience de sa "mauvaise" conduite pour devenir un "bon" daimyo et est devenu un "bon" dictateur ... (mais ceci est une autre histoire)
Toujours est-il que pour moi si on veut retenir quelque chose dans la voix du Lion sur les "vertus", c'est le paragraphe sur la "gemme" (de mémoire) où il est question que toutes le bushido est comme une gemme, si une seule facette est ternie, l'ensemble de la gemme ne vaut rien.
Pas facile d'avoir 5 en Honneur ?
Voilà mes 2 zeni car tout ceci est encore une fois très subjectif, ce n'est qu'une appréhension de choses, une façon de voir.
Juste que j'espère avoir donné toutes les clés, tout le chemin et que ce blabla est relativement clair.

En cherchant la voie, vous trouverez le vide. Dans le vide est la force sans le mal.