The Reader est un film triste, beau et émouvant. C'est aussi un film qui traite trois problématiques qui, apparemment, n'ont rien à voir : l'anormalité face aux conventions sociales, l'analphabétisme dans le monde moderne, et la Shoah. Cette dernière thématique se double de la perception qu'ont les Allemands de la Shoah.
C'est donc un film sur la Shoah qui réussit à être beau et émouvant. Il y réussit prcisément par l'angle inhabituel qu'il utilise : raconter l'histoire d'un bourreau.
C'est aussi un film d'amour.
Alors, bien sûr, on pourrait ne le voir que pour Kate Winslet, implaccable ange de la mort dans ses uniformes impeccables ; pour son jeu d'acteur, pour le père torturé de doutes ; pour les tirades étudiantes contre les torts de la génération de leurs parents, placés comme véritables coupables quand les accusées du procès ne seraient qu'une diversion ; pour l'horreur qui prend à la gorge, durant le procès d'abord, durant la visite du camp d'extermination ensuite ; mais The Reader est un film d'amour impossible, qui se prolonge par-delà les murs d'une prison et vit dans des petites cassettes audio puis dans l'apprentissage obstiné de la lecture.
Le film dément ce qui fait figure de conclusion : "Rien ne sortira des camps". Dans The Reader, il en sort un peu plus de douceur dans ce monde, et peut-être que cette douceur s'étendra au reste de l'humanité. Il est déjà sorti des camps l'idée que l'humanité était une et entière : pour la suite, pour la paix et l'amitié entre les peuples, on peut y rêver.
edit : j'étais persuadé que Ralph Fiennes jouait dans Love Actually.
En fait, non. mais je l'avais bien vu dans un autre film ...
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Sur un autre sujet, neuilly-sa-mère, film comique anti-ségrégation (et anti-Sarkozy) promet d'être génial.