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par Pénombre » 10 mars 2009, 14:53
Déjà, faut voir si la France sera pas obligée de retourner à la case départ, vu qu'au niveau européen, l'ex amendement 138 (rebaptisé amendement 46) est à nouveau soumis au parlement.
Ensuite, attends que deux petits malins aient piraté les connections wifi d'une permanence UMP et je pense qu'on oubliera vite ce genre de conneries que tu as entendues...
Surtout, c'est de l'esbrouffe totale parce que dans le même registre, ça reviendrait à condamner le propriétaire d'une voiture parce que sa femme ou le mec qui a fauché ses clefs a dépassé les limites de vitesse et qu'il n'a pris aucune précaution pour brider le moteur qui le permettait. Puisque l'on ne condamne pas le fait d'avoir une connection internet mais l'usage qui en est fait, s'pas ?
Je serais curieux de voir ça tiens...
Enfin, je pense qu'on attendra au mieux six mois avant de voir sortir de nouveaux protocoles sécurisés sur les applications P2P actuelles, quand on aura pas carrément de nouvelles méthodes de partage sous la main.
C'est la fuite en avant et depuis le bon vieux Napster, quelles que soient les mesures légales ou technologiques envisagées contre le "piratage" on a constaté deux choses :
- on ne peut au mieux espérer qu'arréter 0.01% des contrevenants et peut-être en dissuader dix ou vingt par de plus par type choppé, donc, impact final néant, dixit les "victimes" d'ailleurs...
- le nombre de gens qui participent ne fait que croitre avec le temps et les outils demandent de moins en moins de connaissances informatiques pour être utilisables rapidement
Par ailleurs, les cyberflics eux-mêmes disent que pour des trucs autrement plus sérieux (terrorisme, pédophilie), le fait de courir après des réseaux d'échange ou de communication connus afin de fliquer tous leurs utilisateurs ne fera que déplacer ceux-ci vers des formes d'échange plus difficiles techniquement à surveiller. Mais qu'une fois ces outils existants, ils sont partagés à vitesse exponentielle par des gens qui n'ont rien à voir avec eux... en bref, on doit tout reprendre à zéro : redécouvrir comment ils font, qui le fait, ou ils se contactent, qui développe leurs outils, etc...
Comme le monde ne manque pas de petits malins qui sont capables de développer à peu près n'importe quoi gratuitement juste pour montrer qu'ils en sont capables et que dés que ça peut avoir une dimension légale (le partage d'un fichier en soi n'est pas illégal, c'est le partage de certains fichiers qui l'est...), ils peuvent même obtenir pas mal d'argent sous forme de dons... on ne va absolument rien résoudre. On va juste punir un certain nombre d'internautes, sans forcément qu'ils soient eux-mêmes coupables (parce que là encore, je doute qu'on puisse sanctionner un pirate comme on sanctionne quelqu'un dont la connection a été piratée...) mais on n'arrétera pas le phénomène et il continuera à grandir.
C'est vraiment, mais alors vraiment, totalement n'importe quoi et les plus ardents partisans de cette connerie pourraient - comme n'importe qui d'ailleurs - devenir des victimes du système, ce qui serait encore le plus savoureux de l'histoire.