a priori, très peu de backgrounds qu'on ma proposé m'ont séduit en tant que mj, même si certains étaient écrits et de belle manière
j'ai un certain respect pour les joueurs qui ont le "sens de l'histoire" c'est à dire qui donnent au mj l'opportunité de se servir de leur BG pour relancer les choses, quitte à les mettre en difficulté.
ça m'amène à une petite disgression mais elle ne sera pas inutile pour la suite :
La plupart des joueurs de JDR sont médiocres. Partant de ce fait, je préfere un joueur qui joue bien un archetype qu'un joueur qui joue mal un perso dit fouillé.
désolé, je m'inscris en faux là dessus : la plupart des joueurs valent leur mj et c'est bien plus ce qui se passe en cours de jeu qu'avant qui fera que l'interprétation du perso sera agréable pour tous... ou pas. D'excellents joueurs qui ont gavé une table en trois séances, j'en ai vu. Des joueurs a priori "médiocres" qui tout à coup ont réussi à percuter comment incarner leur personnage, parce que le mj a su aussi veiller à ne pas les zapper quand ils ont essayé, j'en ai vu aussi.
fin de la disgression et retour à la trame principale :
a mon sens, c'est la relation entre le mj et les joueurs qui fait que le background servira, ou pas. Cette relation est changeante et souvent difficile à prévoir à moins de vouloir jouer les psychorigides. Il y a de bons interprètes de rôles qui vous filent des backgrounds sur lesquels il est difficile de broder, et d'autres au contraire qui vous laissent totalement dans le noir.
ma table actuelle compte deux joueurs vétérans et deux qui ne connaissaient pas L5a (dont une qui n'avait joué que deux ou trois fois avant au jdr). Le coup des 20 questions, je l'ai zappé.
Mes deux vétérans m'ont fourni des backgrounds assez détaillés pour que je puisse nourrir ma campagne (pas seulement les péripéties concernant les personnages mais même l'implication de certains évènements et personnages de leurs backgrounds de manière mineure dans la trame principale)
les deux débutants n'ont rien fourni ou presque. J'ai laissé courir et c'est au fur et à mesure de la campagne, lorsqu'ils ont commencé à se sentir plus à l'aise, que je suis revenu, très légérement, dessus. L'un des persos débutants voulait un ancêtre Isawa, alors je lui ai collé Isawa Chuda, le fondateur du clan du Serpent. Ce qui m'a permis de mettre en place quelques trucs qui ne devraient pas tarder à murir. L'autre n'a pas souhaité détailler son duelliste kakita mais c'est pas gràve, vu que je lui ai brodé une histoire de famille secrète qu'il commence tout juste à entrevoir...
à mon sens, ça implique surtout que joueurs et mj soient clairs sur une chose : les désavantages et les éléments de background ne sont pas là pour piler du joueur mais pour relancer l'histoire. Lorsque je coince un perso gràce à son background (le sombre secret qu'il garde risque d'être révélé par exemple), par exemple, il y a toujours plusieurs décisions possibles et le joueur doit garder la main un maximum.
de même, un joueur dont le perso est par exemple toxicomane peut finir par racheter ce désavantage si son perso cherche à se soigner.
ce sont des évidences et parce qu'elles sont évidentes, nous passons complètement à côté.
j'essaye aussi souvent que possible de rappeler ceci aux joueurs : un désavantage, ou une difficulté en cours de jeu, n'est pas forcément un mur infranchissable. Souvent, c'est un obstacle à surmonter, ou à contourner. Ou un moyen de relancer l'évolution du personnage vers d'autres directions que le joueur lui-même n'envisageait pas au départ.
la difficulté, la vraie, c'est d'arriver à naviguer au sein de ces éléments concernant plusieurs personnages. De mettre en place certaines choses de manière vraisemblable, (ou en tous cas pas trop outrées), d'avancer un élément, puis de passer à autre chose pour y revenir quelques séances plus tard et avancer l'élément suivant, jusqu'à ce que le joueur réalise que certaines choses n'ont pas lieu par hasard ou que ce qu'il pensait définitif a pu sensiblement évoluer.
parfois, un ennemi juré se révèle être quelqu'un que l'on peut estimer, dans certaines limites. Parfois, être chassé de son clan peut donner l'opportunité de se trouver sa place ailleurs, de rencontrer des gens que l'on aurait même pas calculé auparavant... et peut-être de voir certains évènements sous une nouvelle perspective et de découvrir des "secrets" ou de se trouver une place agréable simplement parce qu'on a une autre perspective.
parfois, être handicapé peut s'avérer un avantage lorsque vous surpassez les gens normaux au coeur de la bataille et contribuez modestement à la victoire. Vous n'êtes plus un handicapé dont on détourne les yeux mais un modèle vivant de l'éthique samurai : surpasser l'impossible
mais ça implique que le joueur comprenne que le mj n'est pas là pour le secouer ou le martyriser. Juste pour utiliser ce qu'on lui donne afin de proposer des pistes, des choix, des trames. En laissant assez de marge de maneuvre au personnage pour que même contraint d'y participer il ne soit pas forcément réduit à un seul cheminement.
les joueurs qui ne comprennent pas cela ne sont pas de mauvais joueurs. Ils sont juste des gens qui ne veulent pas jouer.
les mauvais joueurs, ce sont ceux qui ont les capacités, qui ont l'expérience et qui continuent à emmerder le monde autour de la table avec leurs délires médiocres et narcissiques. Ce sont ceux qui voudraient bien qu'on écrive un roman ou ils auraient la place centrale et ou les autres seraient uniquement là pour les applaudir entre deux figurations.
et ça, il me semble que ça n'a rien à voir avec le background
