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par ?kami » 05 mars 2005, 14:05
Caractéristiques esthétiques du Rokugan no to ou le katana a travers les clans majeurs.
Traduction par Tetsuo, professeur en loisirs parallèles de l’Université de Ryoko Owari et JMT, son assistant (moi).
Cet article est la traduction du rokugani ancien d’un texte que l’on date par son contenu aux alentours de l’an 1100, soit à l’époque de la fin de la dynastie Hantei. On attribue ce texte à Okami Shihan, un forgeron et kensei de cette époque. Ce personnage, ronin pour autant que l’on puisse juger, revient régulièrement au sein des chroniques impériales et on lui attribue de nombreux faits légendaires dont la véracité est plus que controversée tant ils sont rocambolesques. Il reste que si nous comparons ce texte aux sabres datant de cette époque, ce document reste une de nos seules informations sur les sabres durant l’accession au trône de Toturi Ier. Du reste, il existe encore une lame répertoriée portant la signature de Okami. Ce sabre, un katana, appartient à la collection de la maison impériale.
Pour profiter pleinement de cet article, il vous faudra assimiler un peu de vocabulaire. Rassurez-vous, il s’agit essentiellement des expressions qui reviennent régulièrement. Les autres termes seront expliqués en temps voulu entre des parenthèses.
Tachi : cousin du katana à la courbure plus prononcée et porté lame vers le bas un peu comme un sabre de cavalerie européen.
Shirasaya : monture de présentation de la lame entre les différentes phases de fabrication et avant la monture finale, se compose d’une poignée et d’un fourreau en bois et d’un habaki (cf. ci-dessous), souvent le saya comprend le sayaki, des informations relatives à la lame.
Tsuba : garde
Tsuka : poignée, elle se compose de :
(Tsuka-)Ito : tressage caractéristique de la tsuka d’une arme rokugani
Fuchi : collier entre le ito et la tsuba
Mekugi : la goupille qui assure la liaison entre la lame et la tsuka
Menuki : Ornementation placée de chaque coté de la lame, là où viennent se placer les doigts, elles ont surtout une fonction ergonomique en plus d’être esthétiques.
Same : peau de requin ou de raie collée sur les deux joues de la tsuka avant le tressage du ito, elle a pour principale fonction d’empêcher le ito de glisser, en effet la peau des sélaciens ressemblent à du papier à poncer et était d’ailleurs utilisée comme telle par les ébénistes de Rokugan à l’époque.
Kashira : pommeau, dans le cas d’un tachi, le kashira est remplace par le kabuto game ressemblant au kashira mais ayant deux parties venant recouvrir le bas de la tsuka sur 2 cm environ au niveau sur les deux cotes.
Habaki : collier servant à maintenir la lame, place au-dessus de la tsuba
(O-)Seppa : cale très fine servant à faire le réglage entre le habaki et la tsuba, plus épaisse pour un tachi d’où le O.
Saya : le fourreau, se compose :
Sageo : la dragonne, lien servant à attacher le saya au obi
Kurikata : belliere, petit pont servant à lier la sageo au saya
Koiguchi : ouverture du saya, sculptée de telle façon que le saya vient s’arc-bouter sur le habaki et former ainsi une sécurité pour éviter une sortie non désirée de la lame de son fourreau, exemple quand on salue… Une des raisons pour laquelle il faut deux mains pour dégainer en iai, la gauche sert entre autres à faire sauter cette sécurité
Kojiri : bout du saya, recouvert du saya jiri pour un tachi, pendant du kabuto game.
Semegane : bague de renforcement situer 1/3 avant le bout du saya pour un tachi
Saya ito : tressage semblable au ito de la tsuka mais sur le premier tiers du saya d’un tachi
Ashi : suspente du saya d’un tachi, vont par deux, la lame ne doit pas pointer vers le bas ce qui serait lui faire offense.
Accesoires : chaque joue du saya d’un katana peut comporter un orifice qui sert de fourreau à un accessoire soit un petit couteau (kozuka sa poignée, go (ou ko) katana sa lame), le kogai (pointe servant de peigne ou d’épingle à cheveux), wari kogai (wari bashi, des baguettes pour manger mais pointues) et le umabari (pointe à section triangulaire dont j’ignore la fonction) ; outre une utilisation pratique, ce sont aussi des armes d’appoint
To : La lame : le cœur du sabre
Kissaki : la pointe
Boshi : partie trempée du kissaki, le hamon de la pointe
Yokote : frontière marquée entre le kissaki et le reste de la lame
Ha : le fil
Hamon : le dessin de la ligne de trempe
Mune : le dos de la lame
Shinogi-ji : plat de la lame
Ji : plat de la lame formant la partie tranchante
Shinogi : frontière entre les deux parties précédentes
Hada : le grain de l’acier
Horimono : gravure optionnelle sur la lame
Nakago : la soie, vient se placer dans la tsuka
Ha machi : épaulement cote fil entre la lame et la soie, vient se bloque dans le Habaki
Mune Machi : cf. ci-dessus sur le dos
Yasure me : marques laissées brutes de la forge sur la soie
Mei : signature de l’artisan, gravée sur la soie sur un coté ou sur les deux (omote et ura)
Mekugi ana : perçage pour le mekugi
Nagasa : longueur de la partie tranchante
Sori : courbure
Kasane : épaisseur de la lame
Mihaba : hauteur de la lame
« Les sabres travers les clans
Le crabe est en guerre contre des adversaires qui ne laissent pas le droit à l’erreur et ses sabres montrent bel et bien cet état de fait. Ceux qui n’ont pour image des samourai de ce clan que des brutes aimant fanfaronner imaginent leurs sabres décorés des multiples exploits dont ils se vanteraient, repus de sake. Il n’en est rien. Le crabe est souvent bruyant il est vrai mais il est avant tout efficace. Il ne se permet donc pas les fioritures, même les lames ancestrales du clan sont sans artifices. Pour ce qui est de la monture, nous suivons cette logique. Les couleurs sont généralement celles du clan, en général bleu, bleu nuit et noir. Les motifs des tsuba, s’il y en a, rappellent les mon claniques et familiaux de même que les menuki, kashira et fuchi. Ces différentes pièces sont aussi assez souvent agrémentées de représentations liées à l’élément de Terre, des caractères, des montagnes… en particulier sur les wakizashi des shugenja qui ont une affinité avec cet élément. Les samouraï crabes apprécient d’avoir un same en peau de requin, sorte de superstition car ainsi ils profiteraient de la force de ce prédateur. En revanche, leur esprit pratique ne les pousse pas à adopter un ito en cuir comme au sein du clan de la licorne pourtant plus efficace que ses pendants en coton ou en soie. Un samourai de ce clan m’expliqua un jour que, outre le fait que le cuir animal soit impur, avoir sur soi, à proximité de l’Outremonde, un morceau de quelque chose qui a été vivant rendait nerveux. Ce à quoi je répliquais que le requin ou la raie qui on avait pris la peau pour le same était tout aussi vivant. Il me répondit en riant que, même mort vivant, un poisson n’est guère dangereux hors de l’eau. Le ito comme au sein de tous les clans majeurs est fait de soie et pas de coton qui est généralement réservé aux montures de peu de prix qu’ont les ronin, le principal défaut étant surtout de garder les mauvaises odeurs dues à la transpiration. Il arrive assez souvent qu’une arme de ce clan soit montée d’une manière rappelant un tachi. Le kashira est remplacer par un kabuto game ce qui renforce la tsuka et permet des coups de pommeau efficaces. De même, le saya porte saya-ito, same gane et saya jiri, ce qui le transforme en une arme redoutable (Note JDR : compte comme un bokken, sans les renforcements le saya a une chance sur quatre de se briser lors d’un choc). Le saya-ito assure une bonne saisie et les divers renforcements augmentent la résistance à l’impact et les dommages portes. Ainsi le samourai crabe est rarement à cours d’arme. De même, les kogatana sont très prises.
Pour ce qui est de la lame, une arme du clan du crabe avec son parangon, les lames Kaiu, se reconnaît par un kissaki très court, pour ne pas risquer de casser la pointe. Le yokote est donc très marque. De plus en plus de lames ont des pointes en korasu-maru zukuri (kissaki en forme de feuille, le ha passe du ji au mune et ainsi sur le tiers avant de la lame). Cette innovation apportée de ses voyages par la Licorne permet de frapper aussi avec le dos de la lame en armant le coup, ce qui est très utiles contre de multiples adversaires ou pour les surprendre avec une attaque venant d’une direction inattendue. De même, de plus en plus de sabres comportent une ou des gorges de chaque coté sur le shinogi. Cela permet d’alléger la lame sans la fragiliser, de faciliter l’écoulement du sang alors même que la lame est plantée et, selon les samourais, les coups sonnent comme un vent rageur qui fait fuir les gobelins. La lame est longue et épaisse, correspondant au gabarit imposant de ceux qui les manient. Un tachi de ce clan est proche d’un no dashi d’un clan aux samourais plus petits comme le Phénix. Les samouraïs de ce clan préfèrent frapper de taille. Piquer un adversaire est le meilleur moyen de voir sa lame rester figée ; si la cible meure ce n’est pas toujours très grave dans le cas d’un duel mais au milieu d’une bataille et si la cible est un ogre, les risques sont trop importants. Afin de porter des coups plus puissants et d’avoir une meilleure prise pour retirer la lame de l’adversaire, le samourai du clan du crabe apprécient les longues tsuka. N’étant que rarement dans des espaces confinés, il ne s’en trouve pas gêné. Le sori est assez peu prononcé généralement en torii sori (point d’inflexion au milieu de la lame). En effet, une lame courbe privilégie les frappes de taille mais une fois prise dans les chairs d’une lourde créature, le bras de levier que cela constitue risquent d’amener la lame à se vriller voir se casser. Le hamon est généralement suivant le motif sugu (droit), toujours simple. De même, les lames ne portent pas de horimono qui sont considérés comme inutiles et vaniteux, dignes des grues selon les crabes. Seuls ceux qui peuvent regarder une lame de ce clan de plus près peuvent en voir toute la beauté. Comme chacun le sait, le clan du crabe tire une partie de ses richesses de ses mines de fer dont le minerai est reconnu à travers l’Empire ; l’acier produit par le clan de qualité exemplaire et le travail des artisans lui rend honneur. Sur la lame d’un samourai même de faible extraction, le hada est généralement très fin voir muji (pas de grain) ce qui traduit un nombre de pliage idéal et un polissage très soigneux ce qui en fait de lames solides qui ne vous trahiront pas. Les plus belles lames, majoritairement forgées par les membres de l’école Kaiu, ont parfois des reflets verts, car ils mélangeant à leur minerai de la poudre de jade lors de la composition du tamahagane (acier brut). Rares sont cependant les lames portant un mei. A part pour les chefs d’œuvres que sont les lames Kaiu, les artisans du clan accomplissent leur devoir comme les homologues quand ils sont sur le mur, en silence…
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?kami le 09 mars 2005, 14:31, modifié 1 fois.