[Anthologie de poésie] [AdJ] Le Sennenshishû

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Kakita Inigin
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[Anthologie de poésie] [AdJ] Le Sennenshishû

Message par Kakita Inigin » 27 juil. 2005, 07:14

Le japon impérial a recueilli les œuvres de ses plus grands poètes dans des compilations officielles.
Le Manyôshû, Collection des 10 000 feuilles établi par un poète volontaire vers 760 (époque de Nara) comprend 4516 poèmes (chôka en alternance de 5/7, tanka en 5/7/5/7/7 et d’exceptionnels sedôka en 5/7/7/5/7/7) et des notices. Il est écrit en chinois. Il cite 561 auteurs dont (Iuchi Mushu va adorer) 70 femmes.
Le Kokinshû (Recueil des poèmes du passé et du présent, 908), premier recueil officiel, traduit un délire de préciosité. Les recueils se succèderont à un rythme effrené. Je ne parlerai pas ici de l’honneur contenu dans une publication dans ce genre de recueil, qui en explique peut-être le développement. Disons simplement qu’un Bureau de la Poésie fut institué au palais ...

Citons pour abréger le recueil (privé) d’Asato Miyamori (1932), qui reprend, tiré d’ouvrages dont le nom m’a échappé, les plus grands noms du XVII° : Bâsho, Buson, Issa ...

Et me voici, jeune forumiste plein d’allant et excité comme un pou par l’idée de Katsume-san (domo arigato), en train de chercher à collecter un semblable ouvrage pour Rokugan (je vous préviens que je délaisse complètement les poètes modernes de Rokugan 2000). Jugez du résultat.

J’accepte toute proposition de modification à l’introduction (j’ai assuré le service minimum :help: ), et si vous avez de meilleurs exemples pour la partie I, je prends avec reconnaissance.
Note : Le nom du plus grand poète japonais, Bashô, est Matsuo. D’où une petite élégance. Notez aussi qu’à chaque fois je crée une version différente de Vieille mare. Délices de la poésie ...

Ceci est le plan (et déjà quelques auteurs). Si vous postez derrière moi, indiquez bien le règne et la période. Et si un modo voulait faire de ce sujet un Post-it ou une annonce, je lui en saurais infiniment gré.

Qu'estce qui définit une période ?
On peut imaginer un changement radical dans les préoccupations, un passage du haiku au senryu, au renga etc (ce qui serait suivre l'exemple japonais d'ailleurs) ... enfin ce n'est pas défini et a besoin de l'être.
A ce sujet je voudrais bien une petite notice en introduction de chaque partie ...
Petites précisions : j'ai prévu une deuxi=ème période où tous (y compris les daimyo) se piquaient de poésie, mais à titre privé, et une troisième où la poésie entrait dans les activités militaires et officielles ... on maintient, si cela vous convient.

Pour note au fur et à mesure des posts je me propose de les recopier dans la volume principal, afin d'avoir un ensemble unique plus facile à recopier.

MERCI de ne pas poster sur ce sujet (destiné à devenir une aide de jeu directement consultable) mais d'utiliser le topic de commentaires dédié à cet usage. :jap:
Dernière modification par Kakita Inigin le 29 juil. 2005, 11:43, modifié 3 fois.
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Message par Kakita Inigin » 27 juil. 2005, 07:14

Le génie poétique a écrit : .........................................Le Sennenshishû : Mille années de poésie

Introduction à la poésie

Dame Doji ne donna pas seulement l’écriture aux hommes : elle leur donna le don de s’émerveiller devant les beautés révélées par sa mère Amaterasu, la dame Soleil, et la faculté de transmettre cet émerveillement : la poésie. Depuis mille ans les hommes ont bien su profiter de ces dons ; et la poésie traverse le monde, révélant la gloire et la délicatesse des kami.

Cet ouvrage est découpé en 9 parties, comme les 9 Kami, afin que toutes les époques de Rokugan soient représentées, même les plus insipides et les plus tragiques pour la poésie.

Quelques remarques formelles

Clair matin, deux sabres
Duel pour le sens des formes
De la poésie

Kakita Inigin, règne de Hantei XXXVIII

Un haiku est un poème de trois vers et de 17 syllabes réparties en 5/7/5 pieds, vers qui ne riment pas. Pour le décompte, on compte au choix les dirèses ou non, les « e » en fin de vers ne comptent pas, en milieu de vers les liaisons se prononcent et les « e » en l’absence de liaison se prononcent aussi.
Ainsi « Un ami voyage en traineau rougeâtre » compte pour Un-a-mi-voi-ya-gen-trai-neau-rou-geâtre, soit 10 pieds, tandis que « un voyage lointain » compte pour un-voi-ya-ge-loin-tain soit 6 pieds.
Souvent aux trois vers de base sont ajoutés deux heptasyllabes pour former un tenka.

Quelques formes plus longues ponctuent cet ouvrage, en utilisant une structure plus libre : ces exceptions ne font que conforter la règle.

I Les origines : les balbutiements de la poésie sous Hantei et son fils

Shinjo, pâle et agile
Jamais où on l'attendait
Âme du vent

Dame Doji

Où donc est mon sol
Je cherche un seigneur gentil
J’ai assez des rats !

Bôfu, errant

Entrez mes amis !
Mais froid était le choc sourd
Sur les vantaux frêles

Hida Korai, Derniers poèmes d’un ami mort

II La première période : de Hantei III à Hantei VIII

Cette période se caractérise par une utilisation de la poésie à des fins politiques : exaltation de la gloire des astres et des Kami, beauté de l’ordre Céleste, et c’est l’époque où le plus de formes cohabitent : la structure du haiku n’est pas encore fixée, coexistent donc plusieurs types de poésies primitives issues des origines.

La plume du soir …
Je rentre les filets blancs
Rongés par la mer
_ Qui soignera mon échine
Toute brûlée de soleil ?

Otomo Rezan
Ce nom de plume, Rezan, qui signifie poussières, fut choisi par un poète incontournable du VII° siècle, né Asahina Bishaemon, qui dut sa renommée à deux révélations.
Bishaemon descendait d’une famille de guerriers fameuse, et curieusement entreprit une carrière de shugenja dans l’école de son Clan. Mais, quelques jours avant son gempukku, ses maîtres découvrirent qu’il descendait des amours secrets d’Asahina Yajinden, de sinistre mémoire, et d’une servante rencontrée vraisemblablement à Otosan Uchi. Ils lui interdirent alors de pratiquer la magie et l’envoyèrent à sa famille ... qui fut bientôt endeuillée par les seppuku de son père et de son grand-père. Après quelques années à pratiquer mollement les arts de la guerre puis le métier d’archiviste à Otosan Uchi, il se mit à la poésie sous ce nom énigmatique (personne n’a à ce jour découvert le pourquoi du nom « Otomo »), publiant des œuvres empreintes de grâce et de nostalgie, et parfois d’un poignant désespoir.
Sa renommée ne connut plus de bornes à la suite de la seconde révélation, qui suivit de deux jours sa mort. Quelle ne fut en effet pas la surprise de ses neveux en découvrant chez lui, dans sa demeure familiale remplie de nemuranai que les Asako s’empressèrent de détruire, une volière peuplée de kenku, ces curieux animaux à mi-chemin entre l’homme et le corbeau découverts deux siècles plus tôt par le clan du Crabe, à qui il avait appris la poésie et qui passaient la journée à déclamer les vers admirables de leur maître. Cette incongruité (il semble que les animaux avaient été attirés par le champ magique des nemuranai ...) suffit à le faire connaître jusque dans les plus froides montagnes.
Notons que Rezan a également été choisi comme nom de plume par un errant contemporain de Hantei XXXVIII, originaire de la région de la Famille Ikoma.

Eté exultant
Douce chaleur sur ma peau
Divine radiance

Ansei, moine au service de Dame Amaterasu

Voix tonitruante
Grondements sourds et éclats
Ire d'Osano-Wo

Kuni Hitotsuge, shugenja au service de Osano-Wo

Chagrin comme un fleuve
Un prince remplace l'autre
Renaissant phénix

Hantei (Doji) Ceresi, épouse de Hantei IV
Cette impératrice, poétesse renommée, acquit une célébrité considérable en n'écrivant que des haiku lors de tous ses courriers : ses lettres à son futur époux sont encore aujourd'hui utilisées comme exemples dans les écoles de poésie du Clan de la Grue.
Ici elle salue la mort d'un seigneur de sa Cour dans des vers adressés à la veuve.


III Les perturbations à la fin du règne de Hantei VIII

Cette période est définie chez les anthologistes impériaux par une perte de sens à la fin de la première période : la gloire du Soleil a succombé à la glorification des faits guerriers, la civilisation en construction a cédé la place aux horreurs des guerres de Iuchiban, et les meilleurs poètes sont morts, leur œuvre inachevée.
De cette période ne restent que des vers au mieux médiocres, le plus souvent marmoréens et squelettiques, ou des vers dont la date de création est incertaine ...

Tombeau de jade
Tranchée de crânes sans peau
Tetsubo brisé

Hida Ramina

Un souffle s'éteint
Dans la gorge vermillon
Fouille le sabre

Matsu Shamiko, Souvenirs de guerre

Oublie la pitié
Bientôt la bataille arrive
Devoir du guerrier

Attribué à Hida Yurei

Un rêve de sang
Et des corps aux os saillants
Dans un champ de ruines

Découvert sur le corps d'un samurai du Lion mort lors de la bataille "finale" contre les troupes de Iuchiban ... les historiens Ikoma n'ont pas retenu son nom, et des mauvaises langues prétendent que ce poème a été trouvé sur un des séides du sorcier ...

Furie, cris de guerre
Et je contemple la plaine
Qu'arrose mon sang

Akodo Katsuyoshi, bushi


IV La deuxième période, ou période classique : Hantei IX à Hantei XX

Sous le règne de Hantei XII, Kato Hito, un poète de la fameuse école Kakita, tomba amoureux de Doji (Mirumoto) Kuriko, épouse d'un autre poète de son école, Doji Akiya. Lorsque le mari se rendit compte de la cour du poète, il obtint le droit de le défier en duel iai et désigna sa propre femme comme son champion. Kato Hito ne prit pas de champion et fut défait au petit matin sans même avoir tiré son épée. Alors qu'il gisait agonisant devant Kuriko-hime, il composa ce poème :
Feu sur l'horizon
Et ton regard dans le mien
Un souffle, la fin


La jeune femme obtint permission de faire seppukku peu après et laissa comme poème funéraire :
Matin vermillon
Fleurs de cerisier à terre
A mon tour je tombe


Temple sur la grève
Houle battant la mesure
Des cloches sacrées

Yogo Buso, règne de Hantei IX
Ce fils d’un petit samourai scorpion est à l’origine d’une révolution dans les concepts de la poésie : là où les guerriers transmettaient leur ardeur ou trouvaient un témoin de leurs doutes, lui donne à la poésie la faculté de transmettre des notions plus élevées, plus proches des méditations du Tao de Shinsei. Cette tendance à s’éloigner des préoccupations militaires pour se rapprocher de l’émerveillement devant les charmes de la nature va sortir la poésie de sa tourbière militariste essoufflée et donner naissance à la période dite classique, la plus prolifique.

Pic-vert sautillant
En vain cherche un arbre mort
Cerisiers fleurissent

Kakita Jijoshô, sensei du dojo de Kyuden Asahina

Somnolent étang
Réveil : saut de la grenouille !
Et l’eau qui gromelle

Kakita no Matsu Munefusa, dit Bashu, daimyo de la Famille Kakita puis de la Famille Matsu sur l’ordre de l’Empereur Hantei XII

Cigale éphémère !
Tu ne sembles pas si vieille
Quand j’entends ton chant

Kakita Shôbadaemon, daimyo sous Hantei XII et fils de Bashu

Quel est cet éclair !
Du tréfond de la nuit sonne
Le cri du héron

Matsu Hieritomai, fille de Bashu

Fragment noir de branche
Mort ; une grue qui respire
Feuille odeur de sang

Akodo Jiraboshi, Avant la bataille. Règne de Hantei XIII

V La période de stagnation : de Hantei XXII à Hantei XXVI

Règne chancelant
Un géant aux pieds d'argile
Hiver de l'Empire

Shiba Ganryû, Histoires posthumes
Composé sous le règne de Hantei XXIII

Journée lumineuse
Des ombrelles bariolées
Aux pâles beautés

Daidoji Masauji, yojimbo de Doji Kuriko, courtisane à la cour de Hantei XXIV

Mensonge et vérité
Comme nuit et jour reflets
Lequel est ton masque ?

Bayushi Hayato, Miroirs de cour
Composé sous le règne de Hantei XXV

Encore un matin
Pour maudire le destin
Sans aucun regret

Bachiatari, rônin, La route de l'exil
Composé sous Hantei XXVI

VI La troisième période, du règne de Hantei XXVII Le Poète à Hantei XXXIX

Rossignol joli
Chante au soir ses harmonies
Charmant volatile

Bayushi Kanehide, au début du règne de Hantei XXVII
Lors d'une visite pendant le mois du Serpent à Kyuden Kakita, Bayushi Kanehide offrit ce poème lors d'une soirée. Beaucoup supposèrent qu'il s'adressait à Kakita Akahime, la fille d'un daimyo mineur de la famille Kakita, réputée pour ses talents de musicienne et de chanteuse, mais cela en resta à ce stade de rumeur.

Un ruisseau glacé
A l'ombre des saules blancs
Laver mes erreurs

Agasha Ietsuna, juste avant son seppuku, fin du règne de Hantei XXVII

Le rai sous la clanche
Changement de garde ou flammes ?
Manche de l’ami ...

Otomo Jirohiku, commandant la première légion de Hantei XXVII

Relique qui roule
Rayons d'un soleil nocturne
Bourgeon sur la tombe

- Anonyme
Ce haiku, connu depuis Hantei XXX, illustre les raffinements de l'absurde auxquels parvenaient les haikistes durant ce troisième âge d'or.

Hiver solitaire –
Dans l’univers de couleurs
Bruissement du vent

Rezan, rônin

Un bourgeon éclôt
La neige fondue s’écoule
La montagne dort

Kitsuki Masao
Masao était un bushi Mirumoto en poste à Kyuden Kitsuki, et passait ses nuits de garde, face aux sommets déchiquetés des cols, à contempler la permanence des cycles naturels ... ce qui illustre là une préoccupation majeure d'un Clan guère préoccupé des prétentions humaines.

VII La récession : du règne de Hantei XXXIX à Iweko XVI

Les poèmes de voyage du Clan de la Licorne représentent une tendance novatrice de la poésie rokugani. Développée par les enfants de la Ki-rin lors de leur longue errance dans la région connue sous le nom de Sables Brûlants, cette forme de poésie fut pendant longtemps considérée comme barbare et rejetée par les poètes classiques. Il faudra attendre la chute de la dynastie Hantei et la montée en puissance du Clan de la Licorne lors des règnes troublés des premiers Toturi pour qu'elle finisse par être sinon acceptée, du moins tolérée. Avec la troisième dynastie, cet apport s'accentue.
Composés de six vers en deux sous-groupes de trois, sans métrique, ces poèmes font un grand usage des allitérations. En voici un exemple où un sensei parle à un de ses étudiants :
Vois dans ce pauvre bosquet
Vaciller les pins blancs
Tordus par de terribles tempêtes.
Comprends-tu leur sens ?
Que penses-tu de leur silence ?
Marque bien ces immortels monarques.

Shinjo Chogotai, Souvenirs d'enfance

Désert de sable brûlant
Dominé par le soleil blanc
Dernier décor des damnés
Hôtes des parias, des solitaires et des os
Hospitalité du pain, du sel et de l'eau
Rouge de sang, soif de rage, marche mortelle

Moto Sobotei, un lieutenant du Khan Moto Chai (593-619)
Ce poème nous est parvenu à cette époque, retrouvé dans des archives oubliées du Clan de la Licorne.

De deux, choisis la sagesse
Mais de tous, choisis le poids !
Dans le désert nu
D’un sage ascète efflanqué
D’un lourd marchand stupide
Qui résistera ?

Ide Ludan, barde du daimyo du Clan de la Licorne

Sauvages bourrasques de l’hiver
Suaves brises du printemps
Nulle place où aller, personne à visiter
Errant depuis plus d’un an
Prisonnier du Temps sans bornes
Chagrin de buke !

Ide Ludan, après la mort de son épouse.

Pas de carrefour
Destinée toute tracée
Pauvre samurai

L'œuvre, écrite par un ennemi personnel d'un des Tonnerres après le Second Jour des Tonnerres, alors que chacun louait la mémoire de ces derniers, nous est parvenue mais pas le nom de l'auteur; certains disent que son propre Clan se chargea de le faire disparaître.

VIII La quatrième période : de Iweko XIX à Yoritomo III

IX Déclin et chute de la poésie de l’Empire d’Emeraude, de Yoritomo III à Yoritomo VI
Decline and Fall of the Emerald Empire's Poetry.
Dernière modification par Kakita Inigin le 28 juil. 2005, 06:40, modifié 1 fois.
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