[Récit de parties] [Spoilers] Katsume no seishin no nikki

Ce Forum est dédié à être un recueil pour les histoires que les Forumistes rédigent dans le monde de L5R.

Modérateurs : Magistrats de Jade, Historiens de la Shinri

Avatar de l’utilisateur
Kitsuki Katsume
Samurai
Messages : 984
Inscription : 30 juin 2005, 18:13
Localisation : transféré à la capitale

Message par Kitsuki Katsume » 09 déc. 2005, 19:42

Chapitre 22 – 失面 Shitsumen et 熱血 nekketsu (perte de face et "sang chaud")

Malgré la réception glaciale du gouverneur à l’annonce de la réduction de la surface autorisée à la culture du pavot, et surtout malgré la probable tentative d’assassinat avortée contre eux, Musashi-sama et Moshibo-san, accompagnés de Colombe et de Mori, ont continué leur tournée des villages pour annoncer aux paysans cette décision des magistrats.
De leur bord, suivant en cela une idée d’Aki-sama, Aiko-sama, Yoshiro-sama et le Crabe, accompagnés de la petite troupe de ronin recrutés sur notre ordre par Aki-sama, ont entrepris d’essayer de retrouver Kaeru en relâchant la monture capturée à la suite de l’embuscade dont nous avons été victime et qui a coûté la vie à Naishi. La première journée occupée à cette activité n’a pas été un franc succès. Après avoir amené le cheval sur les lieux de l’embuscade, ils lui ont donc rendu sa liberté. Mais bien que la bête les ait menés à travers les collines et les bois, elle avait régulièrement tendance à rejoindre le groupe formé par leurs montures et, une fois le soir arrivé, elle s’est définitivement jointe à eux et a refusé de les quitter.
En fin de compte, Aki-sama s’est rendu compte que vouloir appliquer cette tactique en groupe n’était sans doute pas la meilleure solution. Il a d’ailleurs été seul à vouloir persévérer sur cette voie, Yoshiro-sama, en particulier, estimant qu’il avait mieux à faire que de perdre son temps à arpenter la campagne à la suite d’un animal. Le Crabe est donc reparti seul les jours suivants, avec toute l’obstination qu’on peut attendre de ceux de son Clan.
En forme d’avertissement déguisé, le gouverneur ayant exigé sa présence pour cette démonstration sans gloire, Aiko-sama a dû assister à la séance d’exécutions publiques lors de laquelle une quarantaine de criminels arrêtés suite à nos interventions contre les trafiquants d’opium ont été décapités. Je l’ai accompagnée à cette occasion, où force m’a été donnée de constater que les hommes de la Garde-Tonnerre ne gâche pas certaines opportunités : la séance d’exécution a permis aux derniers engagés de faire la démonstration de leurs capacités à couper des têtes proprement, et les corps de certains criminels, au lieu d’être envoyés vers la morgue, étaient mis de côté afin de servir à des tests sur la qualité des armes de la garde.
Pour sa part, Yoshiro-san a alors repris des activités plus mondaines. Après une visite auprès de Sukemara-san, au sujet de laquelle je préfère ne pas me perdre en conjectures en dépit de mes soupçons, des opportunités nouvelles de satisfaire ses goûts en la matière se sont d’ailleurs présentées. En effet, comme Musashi-sama nous l’avait annoncé, une petite troupe de représentants de la Grue apparentés à son épouse est arrivée en ville à l’approche de l’accouchement de Dame Amako. Mené par Kenzo-san, le beau-frère du Dragon, et accompagné de serviteurs et servantes variés, ce petit groupe comprenait en outre Kakita Oshio-sama, cousine de Dame Amako et fille d’un daimyō de la Grue, ainsi que son chaperon, Doji Eri, une femme plus âgée et très digne, et enfin la sage-femme promise par sa mère à Dame Amako.
Je me suis senti exclus dans cette affaire : ma piètre prestation lors du mariage de la fille du gouverneur est-elle en cause ou est-ce quelque chose de plus profond ? Je ne sais, mais j’ai bien compris que je n’étais pas le bienvenu pour tenir compagnie à ce petit monde et guider les nouveaux arrivants dans la ville. Certains regards et remarques tout juste polis m’ont incité à m’éclipser rapidement et à laisser tout ce petit monde entre les mains de Yoshiro-sama, lequel s’est fait un plaisir de leur faire découvrir (ou redécouvrir ?) les meilleurs endroits de Ryoko Owari. Mon exclusion n’a jamais été aussi évidente que lors de la soirée organisée pour les nouveaux arrivants à laquelle le magistrat de la Grue fut invité mais pas moi. Yoshiro-sama et nos trois nobles visiteurs ont donc passé la nuit dans la meilleure maison de l’Ile de la Larme en compagnie du fils du gouverneur, de Bayushi Saigo et de sa délicieuse épouse, et de la veuve de Bayushi Korechika.
Diverses remarques et bribes de conversations entendues par la suite m’ont fait comprendre pourquoi Yoshiro-sama n’est pas revenu aussi heureux de cette soirée qu’il aurait pu l’être. Eri-sama possède apparemment une solide réputation d’entremetteuse dans son Clan et elle semble être venue en compagnie de Oshio-sama pour explorer les possibilités d’alliance entre cette dernière et Jocho-sama. Mais cela ne serait pas la seule raison : des discussions seraient aussi en cours visant à joindre le magistrat Grue et Bayushi Saisho. Quand on sait les… relations plutôt ambiguës que Yoshiro-sama a entretenu avec feu Korechika-sama, il n’est pas possible de ne pas sourire – intérieurement du moins – à cette perspective à la si délicieuse ironie. Surtout au vu de l’implication de Saigo-sama dans cette affaire !
Je n’ai aucune idée des positions que peuvent avoir le gouverneur et son fils sur ces sujets, mais il m’est aussi revenu que notre collègue Grue n’est pas le seul à ne pas apprécier certaines initiatives des Grues. Ikoma Yoriko serait fortement irritée de ces manœuvres qui viseraient à écarter la possibilité d’une alliance entre Jocho-sama et Aiko-sama. Compte tenu du peu d’enthousiasme que cette dernière semblait éprouver à l’idée de son union prochaine, j’aurais donné beaucoup pour assister à l’entrevue entre les deux Lionnes !

Pendant tout ce temps, écarté des mondanités pour des raisons qui m’apparaissent de plus en plus politiques, j’ai commencé à explorer les archives du tribunal à la recherche d’indices, aussi obscurs soient-ils, concernant les fameux Kolats. Ces gens me semblent des plus dangereux et je n’arrive pas à me décider à révéler leur possible existence à mes collègues. Certains diront que je me suis laissé gagner par la paranoïa et qu’une telle organisation aurait été découverte depuis longtemps si elle existait vraiment. Le problème est que ceux qui auraient les meilleures chances d’être au courant sont les membres du Clan du Scorpion ; mais, outre leur propension à ne pas dévoiler les secrets dont ils sont détenteurs sans une bonne raison, je ne peux me résoudre à leur faire confiance, car trop de choses ici à Ryoko Owari nous ont montré que nous ne pouvions pas leur faire confiance. Malheureusement, tous mes efforts se sont révélés infructueux et cette affaire me rend nerveux et maussade : comme si nous n’avions pas assez de problèmes à résoudre dans cette ville !
L’autre tâche dont je me suis occupé ne m’apportera sûrement pas de gloire. Tandis que Moshibo-san visite les paysages pour les mettre au courant des dernières mesures à propos de la culture du pavot, je me suis chargé de revoir l’organisation logistique de l’approvisionnement en graines et autres semences destinées à permettre le remplacement de cette plante par des cultures vivrières certainement moins avantageuses financièrement parlant, mais qui ont le mérite de ne pas conduire à la fabrication d’une drogue pernicieuse. La saison bien avancée n’est pas très propice à cette activité mais j’ai fait de mon mieux à partir des données collectées par Moshibo-san. Espérons que ce sera suffisant. Comme les événements à venir allaient nous le démontrer, malheureusement, plus que cela allait s’avérer nécessaire.
De façon presque anecdotique, je dois aussi mentionner que Moshibo-san a aussi été invité à une nouvelle entrevue avec le gouverneur, et que cette dernière lui a offert de le faire protéger discrètement en ville par deux gardes du corps. Je ne me hasarderais pas à essayer de comprendre les raisons profondes de son geste ; peut-être craint-elle que l’assassinat d’un second magistrat n’entraîne la prise de mesures beaucoup plus draconiennes – sans mauvais jeux de mots – par le Champion d’Emeraude.

Alors que j’étais immergé dans les archives, deux incidents mineurs m’ont momentanément distrait. Tout d’abord, contre toute attente, deux ou trois jours après avoir commencé à suivre seul la monture qui avait appartenu aux hommes de Kaeru, Aki-sama m’a un soir informé qu’il avait ramené un prisonnier et qu’il souhaitait savoir ce que mon interrogatoire donnerait. L’homme était le chef d’un petit village dont son ‘guide’ s’était approché un soir. Il l’avait bien un peu « secoué », selon ses propres termes, mais l’individu aurait seulement avoué que le bandit serait bien passé par son village il y a quelques semaines de cela et aurait protesté de son innocence, arguant que de pauvres paysans ne pouvaient rien contre des samurai en armes. Bien sûr, il prétend ne pas avoir revu les bandits depuis et n’avoir aucune idée de l’endroit où notre cible pourrait bien se terrer en ce moment. Après avoir interrogé l’homme, je suis convaincu qu’il n’en sait pas plus et je l’ai fait remettre en liberté en lui essayant de lui faire comprendre ce qu’il encourt à ne pas prévenir la justice à l’avenir. Pourquoi donc personne dans cette région ne fait-il confiance aux magistrats ? Je ne me suis pas étendu auprès de Aki-sama quant à cette libération ; j’espère que ce paysan se montrera plus coopératif à l’avenir, mais je ne crois pas que le Crabe comprendrait vraiment ma motivation. Je voudrais bien recevoir des nouvelles de Takeshi-san, mais le samurai de la Guêpe semble avoir disparu depuis l’épisode entre Naishi et sa sœur à la veille du mariage de Kimi-sama et Asamitsu-sama.
La nouvelle du second incident m’est arrivée par l’intermédiaire de Aiko-sama. Apparemment, un affrontement a eu lieu près d’une des portes de la ville menant aux quartiers des pêcheurs. Le combat aurait pris place aux environs de l’aube et aurait fait plusieurs victimes, m’apprit-elle. Tandis qu’elle se dirigeait directement vers les lieux, j’ai fait un détour par le quartier des tanneurs. J’ai réussi à voir Rauque et j’ai donc pu, comme je le pensais, obtenir quelques informations complémentaires. Apparemment, le combat n’a même pas duré une minute et a opposé un ronin seul, maniant katana et wakizashi, à une dizaine d’autres ronin ; à la fin des hostilités, le premier a disparu, laissant au sol les cadavres de ses adversaires ! D’après le chef des eta, le groupe qui a mal fini appartiendrait à des hommes obéissant à un des cartels de l’opium et, à ces allusions, je devine qu’il s’agirait de celui lié à la famille Shosuro. Un certain nombre de ces informations seront confirmées lorsque je me rends sur les lieux du massacre. Osako-san est elle aussi présente, mais elle maintient malgré son visible ennui qu’il s’agit d’une altercation sans importance entre ronin. Aiko-sama a, quant à elle, eu l’occasion de voir les corps et est déjà persuadée qu’un seul assaillant est responsable et il lui semble probable qu’un combattant utilisant des techniques favorisées par les samurai du Dragon est responsable de ce sanglant épisode. Mes informations la confortent dans cette opinion bien que je me garde de lui révéler le lien qu’il y aurait entre les défunts et la famille du gouverneur. Je n’ai de toute façon aucun témoignage digne de ce nom mais je ne vois aucune raison de provoquer un problème supplémentaire. Le gouverneur va déjà probablement être suffisamment énervée par cette affaire.

Les évènements se sont précipités quelques jours plus tard. Alors que je me trouve au tribunal avec Yoshiro-sama, Aki-sama vient nous prévenir qu’un garde l’a alerté d’un rassemblement hors de la ville : un groupe important de paysans, plusieurs centaines d’après l’information qui nous est livrée, portant des bâtons et des outils agricoles variés, se dirigerait vers la porte de la Fortune Croissante par la Route Autrefois Oubliée. Conscient que chaque minute pouvait s’avérer cruciale dans une telle affaire, Yoshiro-sama et moi-même nous sommes immédiatement dirigés vers la porte, ordonnant au Crabe de rassembler les ronin sous ses ordres et de nous suivre. Nous avons aussi envoyé un garde-tonnerre prévenir nos collègues restés au palais.
En approchant de notre destination, Aki-sama nous a fait remarquer que l’atmosphère à l’intérieur de la ville-même lui paraissait tendue et il nous sembla possible que l’émeute puisse prendre place non seulement hors des murs, mais aussi à l’extérieur.
Arrivant enfin à la porte, nous trouvons cette dernière fermée, mesure inhabituelle s’il en est durant la journée. Tandis que les ronin à notre service s’activent sur mon ordre pour l’ouvrir, Yoshiro-sama remarque la présence non loin de Bayushi Saigo et de samurai de sa Famille et il va s’entretenir avec lui. Je n’ai pas le temps de savoir exactement de quoi il retourne ; alors que la porte achève de s’ouvrir et que je donne l’ordre au Crabe de déployer ses hommes juste à l’intérieur et de se tenir prêt à la refermer le plus rapidement possible, nous sommes rejoints par Moshibo-san et nous sortons. Yoshiro-sama aurait visiblement bien tergiversé un peu en espérant voir arriver Aiko-sama et Musashi-sama, mais si nous voulons éviter que la situation ne dégénère encore plus, j’estime qu’il nous faut intercepter les paysans le plus loin possible hors des murs et je m’engage donc sans attendre ni discuter sur la route. Yoshiro-sama et Moshibo-san m’ont emboîté le pas et c’est côte à côte, la main sur la tsuba mais l’arme restée dans son saya que nous allons faire face à la foule en colère à plusieurs centaines de mètres de l’enceinte.
La situation est extrêmement tendue car le rassemblement est nettement plus important qu’annoncé initialement : plus d’un millier de paysans sont là, devant nous, et il en arrive de nouveaux d’instant en instant. Le seul point positif à ce moment-là est que la colonne sur la route s’est arrêtée en nous voyant arriver. Sa position étant supérieure à la nôtre, Moshibo-san et moi-même laissons la parole au magistrat de la Grue.
D’entrée de jeu, je me demande si je n’aurais pas dû prendre la parole ; je ne peux absolument pas nier la qualité de la rhétorique du discours de Yoshiro-sama, ni ses facultés oratoires, mais je crains que ses paroles soient difficiles à comprendre pour les simples heimin qui nous font face. Son discours serait peut-être du meilleur effet à la cour, mais ici ?! Mais mes craintes vont se révéler vaines et je revois à la hausse les capacités de mon collègue à manipuler ses interlocuteurs. Certes, il nous a fallu du temps, certes, nous avons dû faire des concessions, promettre une réduction des impôts et même une compensation non négligeable cette année – je me demande d’ailleurs comment nous pourrons trouver ces deux cents koku, mais finalement nous avons averti le massacre. Notre mort probable en cas d’échec m’aurait moins troublé que la perte de face et le déshonneur pour ma famille de finir aussi misérablement.
Malheureusement, notre action avait laissé seuls à l’intérieur, face aux citadins en colère eux aussi, les trois bushi parmi nous. D’après les informations que j’ai pu recueillir par la suite, Aiko-sama et Musashi-sama ne nous ont pas rejoints en même temps que le Phénix car ils avaient pris le temps de revêtir leurs armures. Arrivés alors que nous nous efforcions de convaincre les paysans de repartir sans violence, ce sont eux qui ont dû faire face aux artisans et petits marchands de Ryoko Owari rassemblés intra muros face à cette même porte de la Fortune Croissante. Je ne peux voir maintenant ce nom que comme un mauvais augure ! Le Dragon et la Lionne ont tenté d’ordonner à la foule de rentrer dans ses foyers, mais leur éloquence n’est pas celle d’un courtisan, seulement celle d’un guerrier. Malgré la menace de combattants en armes, la foule a refusé de se disperser ; pire, des ustensiles divers et des cruches ont été lancés dans leur direction, quoique sans les atteindre. Ce qui devait alors arriver… Aiko-sama a donné l’ordre à Aki-sama et à ses hommes de charger la foule, et les samurai de Bayushi Saigo, plus nombreux même que nous n’avions pu le constater en arrivant, leur ont prêté main-forte sans remords. Je ne peux pas parler de combat : aucun samurai n’a seulement été blessé ! Mais le sang a bien coulé, celui de ces artisans rassemblés pour nous faire part de leur inquiétude quant à leur avenir, et ce sang macule maintenant les mains de tous les magistrats, que nous ayons participé au massacre en personne ou non. Je doute fort que nous puissions désormais obtenir quelque aide que ce soit de la majorité de la population de la ville ; tout le capital de bonne volonté qu’avait pu nous obtenir notre intervention de l’an passé au temple d’Amaterasu est épuisé…
Je ne peux m’empêcher aussi de noter l’absence remarquable de la Garde-tonnerre durant cet épisode sanglant. Je suis à peu près certain que tout ceci a été organisé en sous-main par des gens au service du gouverneur, mais je ne peux en dire de même quant à la nature de son jeu, et encore moins quant à la nature de celui de la Famille Bayushi qui nous a prêté son concours dans cette affaire.
Et je ne peux pas dire avoir été surpris quand nous avons reçu une convocation de Hyobu-sama après ces tristes événements. Le gouverneur nous tient pour clairement responsables des événements de ces dernières heures et elle n’a pas l’intention de nous tendre une main secourable afin de mettre en place la politique de réduction des cultures de pavot que nous souhaitons. La répression de l’émeute dans la ville a fait au moins trente morts parmi la populace et autant de blessés grave. Malgré tout, sur le moment, nous sommes restés unis derrière cette mesure.

Une discussion âpre s’est engagée entre nous ce soir-là, et Yoshiro-sama, soutenu par Aki-sama, se sont opposés principalement à Moshibo-san. Incroyablement, le Phénix, d’habitude discret, est le tenant le plus acharné de la réduction drastique des surfaces cultivées en pavot dont il a d’ailleurs été à l’origine. Les arguments de la Grue et du Crabe, aussi recevables soient-ils d’un point de vue stratégique ou tactique, puisqu’ils apparaissent convaincus que vouloir procéder aussi brutalement envers et contre tous ne mènera qu’à un échec total, me laissent un goût légèrement amer dans la bouche ; je les soupçonne bien trop de nourrir des desseins nettement moins honorables que le laissent entendre leurs propos, sachant les liens de l’un avec Doji Sukemara et me doutant de ceux de l’autre avec Yasuki Nobuko.
Après plus d’une heure de palabre, le Phénix a finit par faire des concessions : il accepte que la réduction soit étalée sur trois ans et que les surfaces autorisées pour le pavot passent d’année en année à quarante pour cent, puis vingt pour cent, et finalement cinq pour cent de ce qu’elles sont aujourd’hui. Yoshiro-sama est chargé d’aller annoncer la nouvelle dès demain au gouverneur. Je suis certain que la plupart des trafiquants actuels d’opium, et ceux qui vaudraient bien eux aussi participer à ces affaires juteuses, se réjouiront ; ce calendrier, sans être totalement satisfaisant, va clairement leur offrir une meilleure chance pour se retourner, trouvant de nouvelles terres hors de notre juridiction pour cultiver le pavot, mais aussi leur laisser une chance de nous voir quitter la ville avant que nos mesures ne soient conduites à leur terme.
Sitôt cette réunion – lors de laquelle je suis resté malgré tout silencieux – terminée, j’ai demandé une entrevue à Musashi-sama et à Aiko-sama. Je leur ai demandé l’autorisation de me rendre à Otosan Uchi le plus tôt possible afin de pouvoir y rencontrer le Champion d’Emeraude. Mes raisons sont de deux ordres : la première, obtenir les réductions d’impôts que Yoshiro-sama a promises aux paysans en notre nom, la seconde est privée et je leur dis seulement qu’il s’agit d’une question d’honneur personnel. Je vais finir par penser que je deviens aussi manipulateur et hypocrite que le magistrat Grue à jouer ainsi de l’honneur et de la droiture de la Lionne et du Dragon : tous deux m’ont donné leur permission, et je suis parti à l’aube, « négligeant » d’en informer mes autres collègues.

Le voyage jusqu’à la capitale, effectué dans la plus grande urgence, a été éprouvant en cette seconde moitié de l’automne. Le passage de la passe de Beiden en particulier n’a pas été une sinécure, bien qu’il s’agisse d’une des principales routes de l’empire.
A mon arrivée, j’ai tout juste pris le temps de me rendre présentable avant d’aller solliciter une entrevue auprès de Satsume-sama. Je ne me fais aucune illusion, la rapidité avec laquelle celle-ci m’a été accordée n’est pas sans rapport avec les nouvelles qu’il m’a annoncées. Commençant par la tâche que j’ai entreprise en notre nom à tous, j’ai entamé l’entretien par l’exposition des arguments pour justifier une diminution des impôts qui écrasent les paysans de Ryoko Owari, à la fois en raison du trafic de l’opium mais aussi à la suite de l’assassinat de notre prédécesseur ; j’ai bien entendu utilisé l’information liée à l’autorisation qu’il nous avait lui-même donnée par l’intermédiaire de Moshibo-san, mais je lui ai aussi annoncé que nous pensions désormais connaître les meurtriers de Nartioki-sama, dénonçant donc les adorateurs d’Onnotangu, dont nous avions désormais eu la preuve concrète qu’ils étaient à nouveau – ou avaient toujours été – présents dans Ryoko Owari. M’a-t-il cru ou non ? Je n’en suis pas sûr, dans un sens ou l’autre ; il a en tout cas accepté mes explications sans me traiter de menteur. Une telle action n’aurait pu avoir qu’une conclusion : une perte totale de face qui n’aurait pu être lavée que par mon seppuku, à supposer que cette option me soit accordée. Espérons que je n’aurai pas à m’en vouloir de mes actions.
A la fin de cette première partie de mon rapport, Satsume-sama a admis que le retour des impôts à un niveau plus normal serait en effet de mise si notre action portait ses fruits. Mais il m’a aussi annoncé que suite à des plaintes et à des rumeurs diverses parvenues jusqu’à la capitale, un censeur impérial, Miya Kagenori, venait de partir pour Ryoko Owari Toshi afin d’examiner en détail notre travail sur place. Certains magistrats – non nommés bien sûr – seraient en effet soupçonnés de corruption ; si ceci devait se révéler exact, des mesures exemplaires seraient prises, et à cet effet, un contingent des Légions d’Emeraude accompagnerait le censeur. Dire que cette annonce me fit l’effet d’une douche froide est peu dire, et je dus prendre sur moi-même pour rester impassible à cette nouvelle.
Malgré tout, je décidai de procéder avec la deuxième partie de mes motivations pour venir ici, et je lui révélai tout ce qui tournait autour de l’affaire des Kolat. Si je ne peux faire confiance au Champion d’Emeraude en personne dans cette affaire, alors, de toute façon, tout est probablement perdu pour moi et pour l’Empire. Satsume-sama m’a écouté avec attention et m’a même posé quelques questions. Mais son visage n’a encore une fois rien montré, et il s’est contenté de me dire qu’il me ferait contacter sous peu si nécessaire. En définitive, je me rends compte que raconter tout ceci à l’autorité suprême en matière de justice dans l’Empire ne m’a pas vraiment soulagé, ni véritablement satisfait.

Mon retour dans les terres du Scorpion a été tout aussi dur que l’aller. Seul point positif, j’ai passé en chemin ce qui était certainement Kagenori-sama et les troupes à ses ordres. J’ai donc pu annoncer son arrivée prochaine à mes collègues qui n’auront pas eu la mauvaise surprise de découvrir sa présence à Ryoko Owari à l’occasion de la cérémonie d’accueil du gouverneur. J’ai bien entendu été accueilli avec suspicion par certains de mes collègues, en particulier Yoshiro-sama, quand je leur ai expliqué que je ne connaissais pas les détails des chefs d’enquête du censeur.
A peine étais-je revenu que j’ai reçu dans la nuit une visite inattendue : Meichozo Nisei est de retour dans la Cité des Mensonges. Accompagné d’une ronin, Shinko Yomiko, qui le sert comme yojimbo, il m’a informé que son enquête sur les sectateurs du Seigneur Lune l’a à nouveau conduit ici. Ces criminels auraient d’ailleurs en leur possession un nouveau masque maléfique qui, d’après Nisei-san, serait encore plus dangereux que celui que nous avions récupéré l’an passé ! Compte tenu de sa qualité de magistrat d’Emeraude, je l’ai informé de la présence dans la ville d’un autre tsukai sagasu ; il ne l’a pas manifesté ouvertement, mais les questions qu’il m’a posées montrent bien qu’il n’apprécie pas vraiment de savoir Kuni Visten ici lui aussi. Je voudrais pouvoir dire qu’il s’est montré moins évasif que son collègue, mais tel n’a pas été le cas : lui aussi est reparti sans me laisser de moyen pour le contacter, filant telle une ombre dans la nuit, me prévenant juste qu’il me contacterait à nouveau plus tard, entendant lui aussi mener une enquête discrète à partir des informations que j’ai pu lui fournir.

Le lendemain a été le jour de la seule véritable bonne nouvelle de ces dernières semaines. Dame Amako est entrée en labeur en fin de matinée et, après plusieurs heures angoissantes pour Musashi-sama, la sage-femme est venue lui annoncer la naissance d’un fils en bonne santé, tout comme sa mère qui aurait juste besoin de repos. Le bonheur du Dragon nous a tous mis de bonne humeur pour un soir et certains n’ont pas manqué de se moquer gentiment de son cri de joie à l’annonce de cette naissance ; même Dame Amako, quand elle a eu vent de l’incident, aurait souri, dit-on, expliquant que le « Iya » de son époux était à n’en pas douter le diminutif de Ieyasu que les montagnards employaient aisément.

Le jour suivant est loin d’avoir été aussi festif. Miya Kagenori-sama est arrivé en grande pompe dans la Cité née de l’Ordure et a été immédiatement et chaleureusement accueilli par le gouverneur. Ses troupes n’ont pas pénétré en ville, sans aucun doute un geste de conciliation envers Hyobu-sama, et stationnent dans des quartiers vers les tours de l’œil ; Kagenori-sama lui-même logera au palais du gouverneur.
Nous étions bien sûr tous présents pour accueillir cet auguste personnage. Ce dernier n’est pas très impressionnant, physiquement parlant ; pas très grand et plutôt maigre, il porte des vêtements à la coupe impeccable du dernier cri à la cour impériale, et s’exprime avec une voix haut perchée et sur un ton affecté que je ne dois pas être le seul à détester en silence. Un serviteur personnel l’accompagne partout où nous avons eu l’occasion de le rencontrer, portant son épée dans un saya magnifiquement décoré.
Notre première entrevue a été aussi désagréable que prévue : Kagenori-sama a rendu publiques les raisons de sa venue, s’étendant particulièrement sur l’étonnement qu’avait généré à la cour notre façon de mener la justice impériale dans les affaires de trafic d’opium. Il s’est en particulier attardé sur la coïncidence entre le financement d'un établissement destiné à aider les opiomanes et mis entre les mains d'un heimin parrainé par Doji Sukemara d’une part, et la très récente obtention par ce même Sukemara d'une licence de commercialisation de l'opium médicinal. Yoshiro-sama est donc le tout premier visé par son enquête. Et dans un premier temps, il nous fait savoir que notre pouvoir d’action sera limité et qu’il souhaite nous voir demeurer en ville jusqu’à nouvel ordre. Nous voici donc en quelque sorte assignés à résidence et privés d’une bonne part de nos prérogatives.
Toutefois, lorsque notre seconde entrevue, à laquelle Hyobu-sama assiste toujours, se termine le lendemain, je ne saurais dire qui est le plus dépité de nous-mêmes ou du gouverneur. Il est clair que Kagenori-sama a dû bénéficier de toutes les ressources de la cour en matière d’information et que le gouverneur a dû profiter de la soirée pour lui faire part de ses propres impressions. Pourtant, après avoir écouté les explications – ou devrais-je dire les justifications ? – que nous fournissons à ses questions, Kagenori-sama a légèrement relâché les restrictions qui pesaient sur nous. Nous pouvons désormais continuer à mener nos enquêtes, en particulier sur le front de l’opium, et même, pour des cas majeurs comme par exemple la poursuite du bandit Kaeru, quitter l’enceinte de la ville ; nous devons seulement – seulement !? – veiller à informer le censeur de toute opération importante que nous entreprendrions. De plus, il a fait savoir qu’il resterait sans doute plusieurs semaines à Ryoko Owari pour régler cette affaire. Hyobu-sama est restée impassible à cette nouvelle mais, couplée à la présence proche de troupes impériales sous le commandement du censeur, elle n’a pas dû beaucoup apprécier.

Cette liberté d’action retrouvée arrive d’ailleurs à point. En début de soirée, Kuni Visten reprend contact avec Aki-sama pour lui annoncer savoir que les adorateurs d’Onnotangu vont se réunir cette nuit, à minuit, dans les caves d’une maison du quartier des pêcheurs. Il nous prévient que cinq sorciers pourraient être présents, ainsi qu’un nombre indéterminé de participants ; il explique aussi patiemment au Crabe que tergiverser ou tenter une reconnaissance des lieux, fut-elle menée par un shugenja, aura de bonnes chances de donner l’alerte aux criminels car outre les hommes, des esprits malins sont souvent attirés par les pratiquants de la maho et peuvent les prévenir, notamment lorsque les kami sont mis à contribution près d’eux. Après cet avertissement, il ajoute d’ailleurs qu’au cas où il ne pourrait se joindre à nous pour l’attaque, mieux vaut ne pas l’attendre, et disparaît une nouvelle fois.
Il reste très peu de temps de toute façon pour préparer notre intervention. Immédiatement, malgré les risques d’indiscrétions, Aki-sama a décidé de se renseigner sur la demeure où doit prendre place cette noire cérémonie. Une petite discussion avec le chef de l’organisation des kajinin qui contrôle cette partie du quartier lui apprend que les caves de la maison en question communiqueraient avec celles de la bâtisse accolée derrière ; le tunnel serait un vestige de l’occupation de l’endroit par des contrebandiers. Qui plus est, cette seconde maison, abandonnée elle aussi, serait occupée par plusieurs des ronin qui ont afflué en ville depuis que nous avons commencé à éradiquer les différents cartels.
Munis de ces informations, quoiqu’elles semblent bien parcellaires, nous mettons au point notre plan de bataille. Nous aurions bien fait prévenir Nisei-san, mais nous ne savons où il loge, et aucun de nous ne pense – ou ne veut ? – faire appel aux kami contrôlés par Moshibo-san pour le mettre au courant. Par ailleurs, les demeures concernées par notre intervention, même si elles n’en sont pas loin, ne sont pas sur le bord de la rivière. Nous pouvons certes réserver des embarcations pour pouvoir débarquer sur le quai le plus proche, mais il ne saurait être question de pénétrer discrètement dans le dédale des ruelles qui sillonnent ce quartier, même si nous ne disposions pas des remarques de Visten-san. Finalement, seule Aiko-sama décide de solliciter une nouvelle fois l’aide de Yoriko-san. Cette dernière se postera sur un toit pour intercepter ceux qui tenteraient de fuir les demeures concernées. Les ronin que nous avons engagé seront chargés d’une tâche similaire au sol, et pour cela se disposerons autour des deux maisons dès que nous y aurons pénétré. Pour notre part, nous nous séparerons en deux groupes et interviendrons plus ou moins simultanément des deux côtés : Aiko-sama, Yoshiro-sama, Aki-sama et Moshibo-san entreront directement par la porte de la demeure désignée par Visten-san, tandis que Musashi-sama, Colombe et moi-même investirons celle dans laquelle débouche le tunnel révélé au Crabe.
Jusqu’au dernier moment, nous avons attendu, espérant que le tsukai sagasu se manifesterait, mais en vain. Après avoir fait prévenir Kagenori-sama de l’opération en cours, nous nous sommes mis en route. Les débuts de l’action se sont déroulés sans anicroche. D’un côté comme de l’autre, nous avons pu pénétrer sans difficulté, et les ronin qui occupaient les rez-de-chaussée des deux maisons sont tombés rapidement sous les coups de mes collègues bushi. Dans un cas comme dans l’autre, les trappes menant vers les caves se repéraient aisément, marquées par des bougies partiellement consumées. Fonçant alors, nous nous sommes précipités dans les sous-sols et… c’est alors que nos plans ont commencé à dérailler.
En effet, un nouveau tunnel avait été aménagé à partir de la cave où notre petit groupe, mené par Musashi-sama, débouche. Décidant aussitôt qu’au point où nous en sommes nous n’avons plus rien à perdre à compter sur la vitesse, et voyant nos compagnons arriver de l’autre cave, nous nous y engouffrons à la queue leu leu. Il est évident que l’effet de surprise sera limité puisque nous entendons une course juste devant nous.
Le premier à déboucher du passage est Musashi-sama qui, sans hésiter, se jette à l’assaut des hommes qui lui font face. Ses deux épées s’abattent et tournent dans la lumière inégale, semblant par moment se mélanger avec leurs propres ombres ; ses premiers adversaires s’écroulent et le Dragon s’avance vers les individus suivants. Quand je pénètre à mon tour dans l’espèce de caverne qui abrite cette cérémonie impie, je constate que ses occupants nous font face. Les visages des plus lointains se perdent dans les ombres mouvantes des bougies plantées ça et là, un peu au hasard, sur les parois, tandis que les plus proches me montrent leurs faces hallucinées ; tous psalmodient des paroles incompréhensibles et devant moi, tanguant en rythme, ces hommes déchirent ou entrouvrent leurs kimonos et entaillent leur poitrine de leurs couteaux. Je jette la lanterne que j’avais à la main sur le premier que je vois. A cet instant, je perçois Musashi-sama qui recule, comme soudainement frappé par un coup invisible, et s’adosse au mur qui semble être la seule chose l’empêchant de s’effondrer ; ses bras s’abaissent et l’extrémité de son katana s’en vient reposer sur le sol tandis qu’un grognement de douleur lui échappe et que sa mâchoire se crispe sous la douleur. L’un de ses adversaires s’avance, espérant sans doute l’égorger pendant qu’il ne peut se défendre ; alors je me précipite sur lui et le tranche d’un coup violent, l’envoyant dans la mort tout en ignorant les coupures qui s’ouvrent sur mon visage, mes bras et mon torse bien que personne ne s’en soit pris à moi. Derrière moi, Colombe et Aki-sama sont à leur tour entrés dans la danse, et le tetsubo du Crabe réduit en bouillie les adversaires qui leur font face. Désormais, je n’ai plus vraiment le temps de distinguer ce qui arrive à mes compagnons, engagé comme moi dans le combat, et une bonne partie de ce que je vais conté ici, je ne l’ai appris que plus tard… plus tard, quand nous avons dû constater le prix de notre échec…
Tout d’abord, avant même d’avoir pu faire face à mon adversaire suivant, le sol se dérobe sous mes pieds. Tandis que Musashi-sama, au prix d’un réflexe incroyable, réussit d’un bond à échapper à cette traîtresse manœuvre, je me retrouve au fond d’une fosse de plusieurs mètres, souffrant d’ecchymoses diverses en plus des estafilades par lesquelles s’écoule mon sang. Pratiquement simultanément, Colombe a subi un assaut similaire à celui qui avait initialement frappé Musashi-sama mais, contrairement au Dragon, elle s’effondre au sol inconsciente alors que son arme tombe à ses pieds ; pour couronner le tout, Aki-sama est frappé d’une sorte d’éclair sombre qui lui paralyse le bras droit et l’oblige à abandonner son tetsubo. Dans les instants qui suivent, alors que Musashi-sama continue sa chorégraphie de mort, Aki-sama est de nouveau victime du même sort impur qui lui immobilise cette fois la jambe gauche avant de finir lui aussi, en compagnie de Colombe toujours inanimée, au fond d’un trou qui s’ouvre sous ses pieds. Yoshiro-sama a réussi quant à lui à sauter au-dessus de ce fossé et Aiko-sama a entrepris de le contourner en longeant la paroi opposée. Alors que je me relève et m’approche du Crabe et de la ronin, Musashi-sama est à nouveau victime du sort de douleur et, sous celle-ci, recule et chute dans le trou derrière lui. Presque simultanément, le plafond qui s’écroule sur nos tête brise définitivement nos chances de sortir vainqueurs de cette confrontation : Colombe est enfouie sous les débris, le Crabe, qui ne semble pas outre mesure blessé, est toujours paralysé, le magistrat Grue et la Lionne ont survécu mais sont sérieusement touchés, quant à moi, je n’ai pas été assommé par les gravats mais je suis à peine conscient et je sens ma vie qui s’échappe avec le sang qui quitte mon corps d’un peu partout. D’ailleurs, je sombre bientôt et seule l’intervention de Moshibo-san, qui dans cette affaire n’a guère eu l’occasion d’utiliser ses pouvoirs, sauvera ma vie, combinée à l’apparition de Yoriko-san et de nos ronin qui se sont approchés attirés par l’effondrement du sol ; je ne suis pas le seul dans ce cas, Yoshiro-sama, Aiko-sama et Colombe eux aussi ont la même dette. En fait, après ma perte de conscience, le Grue et la Lionne, enragés, ont bien encore réussi à mettre hors de combat quelques adversaires avant de succomber à leur tour, mais les chefs de nos adversaires se sont enfuis par un autre tunnel inconnu de nous. Ils ont même pris le temps avant de partir de causer la formation d’une fosse supplémentaire sous Musashi-sama, de déchirer le kimono d’Aiko-sama pour en retirer le mon de sa Famille et… d’emporter l’épée ancestrale de Yoshiro-sama…
Curiosité
Lourd prix de la Vérité
Ton honneur perdu

"sujet d'expérience d'un daimyo" : copyright Kõjiro Corp.

Répondre